| L'Allemagne a accepté mardi l'ouverture aux chercheurs et historiens d'un important fonds d'archives sur les 17,5 millions de victimes des nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, après en avoir limité l'accès pendant soixante ans.
La décision a été annoncée par la ministre allemande de la Justice Brigitte Zypries mardi à Washington, après une rencontre avec Sara Bloomfield, directrice du musée de l'Holocauste de la capitale fédérale américaine.
Ces archives, connues sous le nom de Service International de Recherches, comprennent des documents tenus de façon méticuleuse par les nazis sur les camps de prisonniers, les travailleurs forcés et les autres victimes du régime dont les homosexuels, mais les historiens et le public n'avaient pas eu accès à ces données jusqu'à présent, l'Allemagne invoquant le respect de la vie privée.
Selon le site internet du Service International de Recherches (SIR), les informations contenues dans ces archives sont éminemment personnelles et peuvent être "extrêmement sensibles", portant notamment sur des "catégories de motifs d'incarcération (assassins, ou homosexuels notamment)".
"Le SIR est tenu, aux termes de l'article 5 de l'accord de 1955, de prendre toute précaution pour éviter la divulgation de données susceptibles de porter préjudice aux anciens persécutés ou à leurs familles", indique le site. L'absence d'ouverture du fonds a été critiquée par les chercheurs sur la période de l'Holocauste, qui font valoir que l'étude des documents permettrait de compléter l'image du régime nazi et du massacre de millions de juifs, homosexuels ou tziganes.
"Notre point de vue est que le respect des données personnelles est parvenu à un niveau suffisant pour assurer... la protection de la vie privée des personnes concernées", a déclaré la ministre allemande de la Justice mardi.
Mis en ligne le 19/04/06 Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12853 |