| La candidate à la candidature socialiste rassure les uns (notamment SOS Homophobie, qui serait "rassuré par son élection" au motif que ce serait "une alternance politique"). Elle inquiète les autres (dont le Collectif contre l’homophobie de Montpellier, "inquiet d’une hostilité affichée et renouvelée à certaines revendications LGBT"). En un mot : elle divise. Un seul point fait consensus : la candidature d’une femme à la présidentielle serait une bonne chose. En revanche, sur les revendications LGBT, la stratégie de Ségolène Royal — une variante de Docteur Jekyll et Mister Hyde — suscite circonspection et exaspération.
"Ségolène Royal est incontestablement une femme de gauche avec des conceptions de mère de droite" explique Stéphane Corbin, de la Coordination InterPride France, qui ne désespère pas cependant qu’elle puise changer d’avis sur l’homoparentalité, "à l’instar de sa nouvelle position sur le mariage ouvert aux couples de même sexe, alors qu’elle y était opposée en mai 2004. On peut sérieusement s’interroger sur sa méthode et il faudra qu’elle clarifie sa position (…) Ségolène Royal ne peut pas déclarer, il y a quelques mois, "L’Espagne nous a montrés que c’était possible" tout en assénant aujourd’hui que "La famille, c’est un père et une mère" sans passer pour une girouette, à moins que d’ici là, la grâce ibérique l’aie touchée".
"Ses positions plutôt conformistes et conservatrices sur la famille la placent plutôt sur l’aile droite du PS" jugent Christine Le Doaré et Claude Chantereaux, présidents du CGL de Paris. Pour eux, elle " n’est peut-être pas le candidat du PS le mieux placé pour défendre les droits LGBT, d’autres ont exprimé des positions plus ouvertes. Néanmoins, la candidature à la présidence la conduirait à porter les revendications et le programme du PS qui a adopté une position clairement favorable à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels et aux lesbiennes."
Selon l’Inter-LGBT, le cas est assez simple à cerner. "Ségolène Royal est décomplexée quand il s’agit de droits concrets pour les personnes, et rigide quand il s’agit de symboles et de représentations" note Alain Piriou, porte-parole de l’association. Quant à lui faire confiance pour faire progresser les droits LGBT, "Répondre oui à cette question, ce serait faire preuve de naïveté. Répondre non, ce serait faire dans le procès d’intention. Quand elle promet un "débat" sur cette question, ses "camarades" seraient toutefois bien avisés de lui rappeler qu’il a déjà été tranché [lors du dernier congrès du PS]. Ce que je sais, avance Alain Piriou, c’est que nous saurons rappeler aux candidats les engagements qui ont été pris en leur nom par leur parti, et que nous refuserons tout double discours." Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=dossier&articleID=12618 |