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Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.

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L'éjaculation féminine

Quelques points de vue différents sur l'éjaculation féminine.

L'éjaculation féminine : mythe ou réalité ?

L'éjaculation féminine demeure un sujet très controversé. Et la controverse ne tient pas au fait que l'éjaculation soit la chasse gardée des hommes, mais bien au fait que l'on n'arrive pas encore à en prouver l'existence réelle, pas plus d'ailleurs que sa composition. Mythe ou réalité? Phénomène particulier s'il en est, l'expérience est vécue par un certain nombre de femmes même si bien peu d'entre elles en parlent.

L'éjaculation féminine consiste en l'expulsion (en jet parfois puissant), pendant l'orgasme, d'un liquide corporel plus clair et moins visqueux que celui qui sert de lubrifiant vaginal. La quantité éjaculée est minime ou abondante selon la femme et selon l'intensité de l'orgasme. L'éjaculation peut survenir lors de stimulations vaginales ou clitoridiennes. Le liquide est expulsé de l'urètre, et non du vagin. Cette éjaculation, qui ne survient pas automatiquement lors de chaque orgasme, est associée à une notion de plaisir intense lorsqu'elle est connue et acceptée par la femme.

Le liquide éjaculé ne ressemble en rien à ce qu'on connaît déjà. Ni le sperme, ni l'urine, ni les sécrétions vaginales ou utérines ne s'en rapprochent. Le liquide serait clair, trouble, pas ou peu odorant, selon les femmes. Il peut cependant contenir des traces d'urine étant donné que l'éjaculat passe par l'urètre.

Même si la majorité des femmes ont la capacité physique d'avoir une éjaculation pendant l'orgasme, bien peu peuvent en profiter. Il semblerait que seulement 10 à 40 % des femmes réussissent à vivre l'expérience. Une bonne connaissance de son corps et une musculature vaginale forte seraient les éléments responsables de l'éjaculation féminine. De plus, l'orgasme, qui implique une dimension physique et mentale, serait une condition sine qua non.

Les études sur le sujet sont encore trop peu nombreuses pour décrire ce que les femmes ressentent vraiment lors de l'éjaculation. Celles qu'on a interrogées affirment que l'éjaculation crée un état euphorique et leur permet d'accroître l'effet de jouissance. L'éjaculation pourrait se répéter plusieurs fois de suite, et ce, dans des intervalles assez rapprochés.

La controverse

Les chercheurs n'arrivent pas à s'entendre. Certains d'entre eux (Grafenberg, 1950; Sevely & Bennet, 1978; Belzer, 1981; Perry & Wipple, 1981; Zaviacic et al., 1984; Kratochvi, 1994) croient que le liquide éjecté durant la phase orgasmique est différent du lubrifiant vaginal. D'autres (Masters & Johnson, 1988; Bohen, 1982; Kaplan, 1983; Alzate, 1985) pensent que l'émission d'un liquide résulte d'un certain degré de dysfonctionnement urinaire lors des contractions provoquées par l'orgasme. D'autres encore (Addiego et al., 1981; Sensabaugh & Kahane, 1982; Golberg et al., 1983), pour qui l'émission d'un liquide durant la phase de l'orgasme est un fait vérifiable chez certaines femmes, affirment ne pas pouvoir différencier l'éjaculat féminin de l'urine.

Quant à eux, Santamaria et Nesters émettent l'hypothèse d'une forme d'éjaculation féminine rétrograde qui se comparerait au déversement du sperme dans la vessie lors de l'éjaculation masculine, un phénomène qui peut se produire dans certaines conditions. Après avoir analysé le contenu de la vessie des femmes avant et après un orgasme, les chercheurs Santamaria et Nesters ont constaté que la composition du liquide contenu dans la vessie était différente. Cette différence s'expliquerait par la contribution de différentes glandes qui interviennent durant la réponse sexuelle.

Lubrification simplement plus abondante? Sécrétion des glandes de Skènes? Quoi qu'il en soit, les femmes qui expérimentent régulièrement l'éjaculation n'attendent pas de se faire confirmer l'existence de la chose. Pour elles, l'éjaculation féminine existe et peu importe l'explication biologique, elle fait partie des plaisirs de la vie.

En fait l'éjaculation féminine n'a pas la même texture que l'éjaculation masculine : elle est liquide comme de l'eau, transparente et inodore ! Elle peut arriver au moment de l'orgasme ou pas. En général elle est liée à l'orgasme vaginal ( et oui, il existe un orgasme vaginal différent de l'orgasme clitoridien et en général il est beaucoup plus fort !!!! ). Elle peut simplement couler ou partir en petits jets. Si ça vous arrive, ne paniquez pas, ce n'est pas de l'urine !!! Ca se voit à l'absence de couleur et d'odeur. Mais ça peut couler beaucoup ( et faire littéralement une flaque... )

L'éjaculation féminine

Trop peu de femmes savent qu'elles en sont capables.

La première condition est de savoir qu'on peut le faire.

Après, il faut se détendre et surtout ne pas être pressée (ça n'arrive pas au bout de deux minutes... Ca peut arriver plus facilement si on a déjà joui clitoridiennement juste avant.

Il faut trouver la zone sensible qui provoque l'éjaculation ( appelée également point G ). Elle se situe à l'intérieur du vagin du côté de la vessie, elle a la texture d'une éponge, elle est en relief. Quand on appuie dessus, on peut avoir l'impression qu'on a envie de faire pipi, mais on se rend compte rapidement que ça n'a rien à voir.

Après, le but du jeu est d'être "sollicitée" vaginalement en s'arrangeant pour que ce qui nous pénètre stimule le point G. La stimulation du clitoris peut aider à provoquer l'éjaculation.

LE POINT-G

Le point-G mesure 2 à 4 cm et est placé à environ deux doigts de l'entrée du vagin. Sa sensibilité à été découverte par Ernest Graefenberg (1881-1957) en 1950 - d'où le nom de point 'G'. En réponse d'une stimulation directe, le point-G se comporte comme une éponge et se remplit de fluide. Jusqu'à présent l'origine et la fonction du fluide sont inconnue. Ce n'est ni de l'urine, ni du liquide vaginal et il n'a pas d'effet lubrifiant. Un orgasme combiné à une éjaculation est plus qu'un orgasme masculin, y compris la fatigue et la nécessite de repos. L'éjaculation se produit en plusieurs émissions, le nombre et l'intensité des émissions dépendent de chacune. Les scientifiques ne sont pas d'accord sur la question de savoir si toutes les femmes ont un point-G et si elles sont toutes capables d'éjaculations.
Stimuler le point-G jusqu'à éjaculation nécessite trois choses : le temps, la douceur ou la tendresse et - généralement - la pénétration vaginale. L'utilisation du lubrifiant peut aider si nécessaire.
Un truc : réchauffez le lubrifiant (trempez le tube ou le flacon dans de l'eau chaude) afin qu'il soit à la température du corps avant de vous en servir, n'hésiter pas à en user aussi bien sur le gant qu'autour du vagin. Il est compréhensible qu'une femme ait du mal à se détendre après application d'un gel lui faisant l'effet d'une douche froide !
Quand vous y êtes, stimulez, stimulez et ... stimulez (comme disent les anglophones "pump up the volume") jusqu'à ce que vous sentiez le vagin se resserrer sur votre main, le premier signe de l'éjaculation est là. N'arrêtez pas et... laissez le venir...
L'orgasme est très intense, il peut aussi être multiple.
C'est très très intime, pas seulement l'éjaculation, mais surtout l'intensité de l'orgasme. Souvenez-vous que beaucoup de femmes ne connaissent pas ce genre d'orgasme, elles sont plus habituées aux orgasmes clitoridiens ou vaginaux qui sont très différents et il faut quelques jours pour qu'elles acceptent ces sensations.

Un autre article :

Femmes fontaines, le tabou

On les appelle “fontaines” car, lorsqu’elles jouissent, un liquide s’écoule entre leurs cuisses, qui inonde les corps et les draps. L’indice d’un plaisir intense ? Mal vécu, ce jaillissement peut inspirer de la honte, du dégoût, de la peur parfois. Le point sur un phénomène physiologique plus répandu qu’on ne le croit.

A propos des femmes fontaines“ : c’est sous ce titre que, dans le numéro de “Psychologies” de l’été 2002, Jacques Salomé choisissait d’écrire sa chronique.

Quelques semaines plus tard, plusieurs lettres de remerciements nous parvenaient. Emmanuelle : « Je m’y suis retrouvée à chaque ligne, depuis la découverte chez moi de ce jaillissement, avec toute la surprise, mais aussi toute la honte au départ. Puis le questionnement, et jamais de réponse, ni dans ce que j’ai pu lire, ni auprès de personnes censées me donner des informations, comme ma gynécologue. »

« Je vous remercie pour le choix courageux de cette mise en mots généreuse », ajoute une autre lectrice. Il fallait se rendre à l’évidence : la femme fontaine n’est pas un mythe. Elle existe, elles existent, et plus nombreuses que le manque d’information sur le sujet ne le laisse croire.


Jusqu’à quinze centilitres par orgasme

« Je ne sais pas avec qui en parler. J’ai honte », confie Solange, 27 ans. « J’avais 25 ans quand je me suis découverte fontaine, j’ai d’abord cru que j’avais une malformation. J’étais terrorisée », raconte Sabine, 38 ans. C’est un écoulement violent et abondant : quatre, cinq, parfois jusqu’à quinze centilitres par orgasme (l’équivalent d’un verre d’eau). Bien sûr, il y a eu le plaisir, fort, mais après il n’y a plus que ce liquide qui inonde les draps et les corps. Et bientôt la gêne, la peur, la honte, l’inquiétude. Consciente de n’avoir jamais ressenti un tel plaisir, la femme culpabilise à l’idée de s’être peut-être "abandonnée" à l’excès. « Je ne savais pas si c’était de l’urine, de l’eau ou du sperme, avoue Solange. J’avais tellement honte, j’étais tellement déboussolée que j’ai éclaté en larmes »

« Contrairement à ce qu’on leur laisse croire, les gens ne connaissent rien de la sexualité féminine », se désole le sexologue et urologue Gérard Zwang (auteur notamment de ”Aux origines de la sexualité humaine“, PUF, 2002). La femme fontaine fait partie de ces phénomènes jamais évoqués, donc laissés en proie aux idées reçues. Sexologue et psychanalyste, Robert Gellman explique : « On en parle très peu, parce que le liquide émis est assimilé à tort à de l’urine, et qu’il y a donc une grande gêne à l’évoquer, tant de la part de la femme que de son partenaire. »

Cette assimilation erronée tient au fait que le liquide est émis non par le vagin, mais par l’urètre. Mais, comme l’expliquent les spécialistes, il ne contient aucun des composants de l’urine : il s’agit en réalité d’un liquide assimilable à de l’eau (par sa texture, mais aussi parce qu’il est incolore, inodore et plutôt insipide), émis par les glandes sous-cervicales de la vessie lors de l’orgasme. Chez l’homme, ces glandes très développées forment la prostate. Chez la femme, elles sont le plus souvent atrophiées, mais peuvent apparaître sous la forme d’ébauches embryonnaires qui sécrètent plus ou moins de liquide selon leur développement et la qualité de l’orgasme. Il s’agit d’un phénomène strictement physiologique. On ne peut ni le freiner ni le provoquer.

« Mais il peut arriver sur le tard, explique Gérard Zwang. Chez celle qui n’aurait connu que de petits orgasmes jusque-là. » Anne-Cécile, 35 ans, confirme : « Depuis un an, “j’inonde” carrément mon homme à chaque relation sexuelle. Au début, j’étais gênée, mais je ne pouvais pas non plus cacher que, jamais auparavant, je n’avais ressenti un plaisir aussi fort. »


Plaisir exceptionnel… ou vraie galère ?

La découverte de son "fontainisme" vient en effet avec celle d’un plaisir nouveau et immense. Mais inutile de chercher le "point F", les femmes fontaines émettent ce liquide sans qu’une zone particulière soit stimulée. C’est l’expression physiologique de l’orgasme, vaginal autant que clitoridien. D’après le sexologue, tout orgasme profond serait plus ou moins accompagné d’un écoulement de ce liquide urétral, « mais chez la plupart des femmes, ce ne sont que quelques gouttes à peine remarquées, chez d’autres plusieurs centilitres ».

Pour autant, on ne saurait juger la qualité du plaisir féminin à l’aune de la quantité de liquide déversé. « Que les autres femmes se rassurent, précise donc Gérard Zwang, elles peuvent tout à fait vivre un orgasme aussi fort sans pour autant être des “fontaines” ! » Heureusement, d’ailleurs ! Car à en croire les spécialistes, le phénomène de la femme fontaine, connu à travers le monde, reste très peu répandu. Aucune donnée précise n’existe sur la question, mais Robert Gellman estime en moyenne à une par an le nombre de femme fontaine reçue en consultation sur la place de Paris. Un chiffre faible, qui ne prend pas en compte toutes celles qui choisissent de se taire et de gérer seules leur "problème" : « C’est une vraie galère », confirme Corinne, 28 ans. Avant chaque rapport, elle doit se plier à un véritable cérémonial : « J’étale des serviettes sur le lit, j’en laisse une à côté à portée de main et, bien sûr, je change les draps à chaque fois. » Plus question pour elle de faire l’amour à "l’improviste", n’importe où et dans n’importe quelle condition.

Je vous passe le chapitre sur les réactions des mâles...

« Il faut du temps, des imprévus, des découvertes avant d’assumer ce phénomène, confirme Catherine. Le plus merveilleux, c’est quand on ressent enfin le “naturel” de ce je-ne-sais-quoi et que ce jaillissement est accueilli par l’autre comme un cadeau. » Jusque-là honteux, le "fontainisme" devient un privilège : celui de rapprocher les partenaires dans l’expérience du plaisir "ostensible".


FERTILITE ?

Les premières évocations de la femme fontaine sont attribuées à Hippocrate, médecin grec du ve siècle avant J.-C. Le père de la médecine occidentale pensait alors que la conception dépendait des deux humeurs fécondantes des partenaires. La femme devait donc être "fontaine" pour être fertile. Plus d’un siècle plus tard, sa théorie était infirmée par Aristote. Le philosophe révélait, au contraire, que la femme pouvait féconder sans orgasme et que, donc, les femmes fontaines n’étaient pas les seules fertiles.

Pendant plusieurs siècles, savants hippocratiques et savants aristotéliciens vont s’opposer, incapables de trancher entre les deux théories. Au XVIIe siècle, des moines jésuites chargés d’étudier la sexualité féminine vont même jusqu’à suggérer que Marie elle-même aurait "sécrété sa semence" lors de la divine conception…

Le sujet sera plus ou moins délaissé jusqu’aux années 50, lorsque le docteur Graffenberg (découvreur du "point G") fait une description plus précise du liquide émis. Mais ce n’est qu’à la fin des années 70 que des femmes fontaines accepteront de se prêter à une étude de leur sécrétion. On découvre alors la véritable origine de ce liquide, émis par les glandes sous-urétrales qui, chez l’homme, correspondent à la prostate.

Anne Laure Gannac
mars 2003

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