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Si être Lesbienne dispense de prendre la pilule, cela ne dispense pas des visites régulière chez votre gynéco, que bon nombre d'entre nous ne jugent pas nécessaires. Les statistiques démontrent que les cancers du seins non diagnostiqués à temps dans la communauté lesbienne sont en augmentation et révèlent une issue dramatique. Alors Lesbienne raisonnable ?
Les parties de jambes en l'air peuvent avoir des lendemains qui déchantent. Voici quelques infos, détails et symptômes pour vous aider à y voir clair sans céder à la panique, et vous rappeler qu'il est conseillé de voir un médecin-gynécologue au moins un fois par an, pour un contrôle d'usage et un dépistage des cancers du sein et du col de l'utérus ainsi que pour effectuer un bilan sérologique.
Tout contact entre muqueuses et/ou un liquide biologique est potentiellement contaminant. La pénétration non protégée est une pratique à très hauts risques, qu'il y ait ou non "éjaculation". La fellation, le cunnilingus... (ça sera, un cunnilingus et l'addition SVP !) peuvent aussi véhiculer les MST...
Symptômes
J'ai tout le temps des pertes (leucorrhées)
Ce "tout le temps" permet de dire que ces pertes n'ont pas une origine infectieuse mais hormonale. C'est à l'examen gynécologique que l'on se rend compte qu'il n'y a aucune inflammation, donc aucune infection : pas de symptômes comme des brûlures ou des démangeaisons. C'est embêtant, mais pas dangereux. A certaines périodes, ces pertes ont tendance à croître (pendant la grossesse par exemple) ou à décroître (avec certaines pilules). Il n'y a pas de remède miracle, il faut apprendre à vivre avec.
J'ai des écoulement transparents et liquides quand je vais aux toilettes
Cela ressemble à du blanc d' oeuf ? Ce n'est rien d'autre qu'une hypersécrétion de glaires au niveau du col pendant l'ovulation. Chez certaines femmes, elle est très importante, d'où ces pertes totalement transparentes. Mais ce n'est en aucun cas une infection.
After (beaucoup de) Sex :
J'ai souvent des pertes !
- Si ces pertes sont ponctuelles, ce n'est rien, mais si elles augmentent de jour en jour, c'est que l'on est en présence d'une infection. Il est normal que le corps réagisse avec une activité sexuelle intensive ; il doit faire face à une irritation anormale, qui provoque une hypersécrétion passagère. Seul le facteur temps permet de définir si l'on est en face de quelque chose de plus grave ou non.
Mon clitoris est tout gonflé !
- Il y a eu trop de sexe ! 48 heures de repos, et il sera à nouveau d'attaque. Parfois, il faut savoir dire stop !
Démangeaisons externes
C'est certainement une mycose. Les candidas albicans sont les plus répandus. Se laver d'avantage ne sert à rien car les champignons se développent dans l'humidité confinée. La seule solution avant la visite chez son gynéco est de s'appliquer de la crème pour bébé, genre Mytosil et, de garder les fesses à l'air.
Pendant que vous y êtes, pensez aussi aux parasites tels que Gale, Morpions...
Démangeaisons internes
On a très certainement affaire à une MST : (ex. Trichomonas Vaginales, parasites vaginaux qui provoquent des pertes liquides, de couleur verdâtre, très irritantes)
Si les symptômes persistent et augmentent, il faut aller chez le gynéco !
J'ai un bouton sur la chatte !
Placé sur ou autour du pubis,
- dans 7 cas sur 10, c'est un bouton d'acné mal placé ou une mini-infection due à la mauvaise repousse d'un poil, que l'on soigne avec une crème antibiotique.
Placé à l'intérieur des lèvres, ce peut être :
- un petit kyste graisseux formant une boule absolument indolore.
- des condylomes (crêtes de coq), virus de la famille des verrues, qui provoquent des excroissances de chair, que l'on soigne au laser.
- le signe avant-coureur d'une crise d'herpès génital. Apparition de vésicules dans la région génitale, qui en s'ouvrant formeront de petits ulcères. (Localisation chez la femme : vagin, vulve, fesses, anus, col de l'utérus. Chez l'homme : pénis, scrotum, fesses, anus, cuisses, urètre.) Vives douleurs et démangeaisons dans la région génitale.
Dans ce cas, il est nécessaire de suivre d'urgence un traitement et de modifier ses comportements sexuels. Pas de sexe pendant la crise et une semaine après, pour éviter toute contamination de la ou des partenaires. (mêmes précautions à prendre que pour les boutons de fièvre ou herpès labial). Et attention en cas de grossesse !
EN GÉNÉRAL : Ayez un bon suivi et des examens gynécologiques réguliers. Si il y a apparitions de boutons, ganglions, saignements en dehors des règles, pertes (couleur et odeur) inhabituelles, démangeaisons (vulvo-vaginales ou urétrales), douleurs, rougeurs suspectes, fatigue... Sans attendre, consultez et demandez conseil à votre gynéco préférée !!!
Le suivi gynécologique des lesbiennes
Vous pouvez penser que consultation gynécologique rime avec contraception, prise en charge des infections sexuellement transmissibles (IST), maternité. Vous ne vous sentez pas nécessairement concernées par ces thèmes.
Cette brochure vous informe sur le suivi gynécologique préventif et l'importance qu'il revêt dans votre vie. Ce suivi régulier (une fois par an) peut se faire par un gynécologue comme par votre généraliste, s'il est formé en gynécologie. Le gynécologue reste le spécialiste de cette discipline.
La consultation gynécologique
L'entretien avec votre gynécologue doit lui permettre de mieux vous connaître, d'établir votre dossier médical et d'optimiser le suivi gynécologique en tenant compte de vos préoccupations, de vos attentes et de vos craintes.
Il est essentiel qu'un climat de confiance s'établisse afin de vous permettre d'aborder les questions relatives à votre intimité. Cette relation de confiance ne s'instaure pas toujours avec le premier gynécologue rencontré.
Le dire ou pas?
La question de votre orientation sexuelle ne sera pas abordée par votre gynécologue. C'est à vous, si vous le souhaitez, de lui faire part de vos préférences sexuelles ou de lui fournir des éléments de votre vie qui lui permettront de vous identifier comme lesbienne : vous pouvez par exemple lui dire que vous venez de la part d'une de vos amies lesbiennes. Vous pouvez aussi solliciter d'autres filles sur internet pour obtenir des adresses.
Il est important que vous puissiez parler de vos préférences et pratiques sexuelles qui vont influer sur votre corps et sur les maladies que vous pourrez rencontrer tout au long de votre vie. Le médecin est un professionnel soumis au secret médical. Il n'a pas un rôle de censeur ou de juge, il est là pour vous aider. S'il semble méconnaître les pratiques homosexuelles, vous pouvez l'informer sur votre mode de vie… Si vous ne vous sentez pas à l'aise avec votre médecin, choisissez-en un autre.
Comment se passe l'examen gynécologique?
Il commence par un examen général: contrôle de votre tension, de votre poids, etc. Suit l'examen gynécologique à proprement parler.
Il comporte une palpation des seins. Le gynécologue examine vos seins : les regarde, les palpe et presse doucement les mamelons. Il vérifie ainsi qu'il n'y a aucun écoulement dû à un trouble hormonal ou autre. Il recherche aussi des ganglions au niveau des aisselles. Profitez-en pour vous faire expliquer comment surveiller vous-même vos seins.
Puis c'est le passage à "l'hémisphère sud": examen extérieur de la vulve, de l'entrée du vagin et du méat urinaire. Pour l'examen du vagin et du col de l'utérus, il va utiliser un spéculum. Celui ci permet de les examiner et d'effectuer des frottis, qui consistent à prélever des sécrétions et des cellules de l'orifice du col de l'utérus afin de rechercher d'éventuelles infections virales et lésions susceptibles d'évoluer vers un cancer si elles ne sont pas dépistées. Votre gynécologue procédera à cet examen au moins tous les deux ans. Si vous n'avez pas eu de rapports avec pénétration depuis longtemps, signalez le. Votre gynécologue utilisera un spéculum plus petit prévu à cet effet.
Le toucher vaginal permet d'évaluer la forme, la place des organes (utérus, ovaires) et de sentir d'éventuelles masses suspectes.
Cet examen est presque toujours indolore. Si ce n'est pas le cas, signalez le. Cela peut être du à des problèmes particuliers comme une infection.
En fonction des symptômes et des données recueillies, le médecin pourra éventuellement vous demander des examens complémentaires (bilans sanguins, prélèvements bactériologiques vaginaux, échographies...).
Les IST
Pour mieux soigner il faut dépister tôt!
2/3 des infections génitales (par exemple les mycoses, vaginoses bactériennes) ne sont pas spécifiquement des IST, ce qui signifie que la majorité des contaminations n'est pas d'origine sexuelle mais doivent être prises en charge.
Les infections les plus courantes chez les lesbiennes:
Les champignons
Les mycoses sont dues à des champignons, présents dans votre corps, et qui se développent en présence de certains traitements ou de maladies. Une transmission est toutefois possible lors de rapports sexuels: pénétration avec les doigts, échange d'objets sexuels, cunnilingus ou anulingus.
Les bactéries
Quant aux chlamydiæ, la transmission peut se faire de manière exceptionnelle lors du partage d'objets sexuels. Cette infection se développe avec peu de symptômes. Décelées à temps, les chlamydiæ se soignent facilement avec des antibiotiques.
Les virus
L'herpès existe sous deux formes: l'herpès labial (bouton de fièvre) et l'herpès génital. Ces virus se transmettent très facilement, par simple contact entre les muqueuses lors des rapports bouche-bouche, bouche-sexe, sexe-sexe, ou lors de l'échange d'objets sexuels.
La transmission est possible dès l'éruption de la ou des vésicules et jusqu'à 2 semaines après la cicatrisation, ainsi que lors de la réactivation du virus. Il n'existe pas de traitements définitifs, ils permettent seulement de diminuer la fréquence et l'intensité des poussées.
Le papillomavirus (condylomes ou crêtes de coq) se transmet par contact des muqueuses. Il peut être à l'origine de condylomes de la vulve mais aussi d'infections virales du col qui peuvent évoluer vers une dysplasie* et un cancer du col de l'utérus. D'où l'importance du frottis qui permet de le dépister. Des méthodes de destruction des condylomes existent mais le virus reste présent dans l'organisme.
* dysplasie: transformations cellulaires susceptibles d'évoluer vers un cancer.
En ce qui concerne le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine), la contamination par l'échange d'objets sexuels est avérée, surtout en période de règles.
Par ailleurs, certaines d'entre vous peuvent aussi vivre des relations hétérosexuelles ou en avoir vécues dans le passé. En cas de rapports non protégés, sachez qu'il existe la contraception d'urgence, la prophylaxie post-exposition* et pensez à vous faire dépister.
* prophylaxie post-exposition: traitement antirétroviral à prendre le plus rapidement possible, dans les 48 heures après une prise de risque, administré pendant un mois pour tenter d'éviter une contamination par le VIH.
L'utilisation de préservatifs masculins ou féminins lors de pénétrations vaginales et anales, des digues dentaires pour le cunnilingus et l'anulingus permet d'éviter tout risque de contamination par voie sexuelle.
Les menstruations
Le vécu des menstruations est parfois difficile: règles longues, abondantes, douloureuses. Votre médecin peut vous aider sans prescrire nécessairement une pilule contraceptive mais plutôt avec des traitements comme les anti-inflammatoires ou des progestatifs. Vous pouvez aussi utiliser des méthodes plus naturelles: bouillotte, relaxation, yoga, tisanes calmantes...
La maternité
En France la législation réserve explicitement la procréation médicalement assistée aux couples hétérosexuels mariés ou pouvant apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans, en âge de procréer et présentant une stérilité reconnue médicalement. Ce n'est pas le cas dans d'autres pays européens comme la Belgique, les Pays-Bas, la Finlande ou le Royaume Uni, qui déclarent légales les inséminations artificielles de femmes seules ou vivant avec une femme. Cette situation pousse de nombreuses lesbiennes à partir à l'étranger. Avant d'obtenir un don de sperme, vous devez arriver avec une série d'examens cliniques comme une échographie et suivre un traitement de fertilité. Ces examens d'accompagnement ne peuvent être prescrits par votre gynécologue sans le mettre dans l'illégalité.
Attention en cas d'"arrangements entre amis", ou de don par un inconnu lors d'une soirée, prenez garde aux risques de transmission d'IST et du VIH/sida pour vous comme pour votre futur enfant.
La ménopause
La ménopause peut aussi être un sujet de consultation gynécologique. Cette période qui marque la fin des règles arrive en moyenne entre 48 et 52 ans. Elle peut s'accompagner des symptômes suivants: bouffées de chaleur, excès de transpiration, vertiges, palpitations, sautes d'humeur… pas toujours faciles à vivre pour vous et votre entourage! Des traitements substitutifs existent mais sont encore sujets à polémique.
Le cancer du sein
Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers féminins, avec un risque accru pour celles qui n'ont pas eu d'enfant. Se faire dépister régulièrement permet de le prendre en charge rapidement, et augmente vos chances de guérison. Il est important d'effectuer un dépistage tous les 2 ans dès 40 ans car les risques sont accrus à partir de cet âge. La consommation d'alcool et l'hérédité sont des facteurs de risques. Si une de vos proches (mère ou sœur) a souffert d'un cancer précoce, un dépistage doit se mettre en place avant 40 ans.
Lignes d'écoute
Pour d'autres questions sur les IST et le VIH/sida:
Sida Info Service
0800 840 800 24h/24 7j/7 anonyme et gratuit
http://www.sida-info-service.org
Pour vous informer sur votre santé:
AMG (Association des Médecins Gais)
permanence téléphonique les mercredi de 18h à 20h
et le samedi de 14h à 16h au 01 48 05 81 71
http://www.medecins-gays.org
Liens internet
Le site Gyneweb est consacré à la santé au féminin : gynécologie, contraception, fertilité, grossesse, sexualité, ménopause, nutrition, pédiatrie : http://www.gyneweb.fr/
Le Réseau Québecois d'Action pour la Santé des Femmes met en ligne un dossier sur la santé des lesbiennes : http://www.rqasf.qc.ca/
L'association Tasse de thé propose une rubrique Santé axée sur la sexualité des lesbiennes, la prévention du sida et des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) : http://www.tassedethe.com/
L'association ARIS (Lyon) met en ligne une brochure de prévention sida/IST à destination des lesbiennes : http://sidaids.free.fr/lesbsida/pages/misopoin.php
Source : http://www.lecrips.net/L/L1/index.htm