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Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.

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L’intérêt de l’enfant soluble dans l’homoparentalité !

L’intérêt de l’enfant soluble dans l’homoparentalité !

 

 

communiqué GayLib - 27 février 2006

GayLib [1] se félicite de l’arrêt de la Cour de cassation, qui a autorisé qu’un parent homosexuel délègue tout ou partie de son autorité parentale à son partenaire avec lequel il vit en union stable à condition que cette mesure soit prise dans l’intérêt supérieur de l’enfant, celui-ci étant notamment lié à l’existence d’une seule filiation.

La plus haute juridiction française donne ainsi raison à la Cour d’Appel d’Angers, qui avait autorisé le 11 juin 2004, une mère à partiellement déléguer son autorité parentale à sa partenaire afin qu’elle puisse tenir auprès de leurs enfants "le rôle éducatif qu’elle avait toujours eu" à leurs yeux.

Une fois de plus, le pouvoir judiciaire est en avance sur le législatif. La Cour de cassation vient d’infliger un formidable camouflet aux signataires de l’entente parlementaire pour lesquels l’homoparentalité « expose dangereusement [l’enfant] à des difficultés d’identification et de structuration de sa personnalité ». Elle est également clairement un désaveu pour la mission parlementaire sur la Famille, qui considère que l’intérêt supérieur de l’enfant est incompatible avec l’homoparentalité.

Compte tenu de cet arrêt qui fera jurisprudence et afin que l’égalité de traitement soit assurée sur l’ensemble de notre territoire, GayLib souhaite que la loi du 4 mars 2002, relative à l’autorité parentale, soit amendée pour prendre en compte explicitement les arguments développés par la Cour de Cassation. Afin de faciliter l’organisation de la famille, GayLib est également favorable à ce que cette délégation d’autorité parentale puisse intervenir par voie de convention, rejoignant ainsi la proposition de la mission parlementaire pour la délégation de responsabilité parentale. Le recours à la justice ne serait ainsi plus nécessaire.

Cet arrêt aussi formidable soit-il ne doit pas faire oublier qu’il reste du chemin à parcourir pour que les enfants élevés par des couples homosexuels bénéficient de la même protection que les autres et pour que les gays et lesbiennes soient considérés comme des citoyens à part entière.

Stéphane DASSÉ, Emmanuel BLANC et Emmanuelle REVOLON

 

[1] Mouvement associé à l’UMP chargé d’évoquer les problématiques sociales et politiques liées à l’homosexualité.

Source : http://www.france.qrd.org/actualites/article.php3?id_article=2297

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Z
Je vous conseille un excellent article sur l'homoparentalité. L'adoption : réservée aux hétéros ?http://www.dailyjungle.net/?idarticle=103
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M
Merci pour ce lien Zelda ! :-)<br /> Si tu le permets, je vais ajouter cet article dans ce commentaire afin qu'il soit plus facilement accessible :<br /> L'Adoption : réservée aux hétéros ?<br /> On appelle hétérosexisme le fait de croire que les relations hétérosexuelles sont normales et bonnes ; on appelle homophobie la peur et la désapprobation de l'homosexualité. On peut ainsi résumer par ces deux mots le débat actuel de l'adoption chez des couples ou des personnes homosexuelles.<br /> Débat, tout du moins idéologique, car juridiquement la question a été tranchée. Mardi 26 février la Cour Européenne des droits de l'homme (de tous les hommes) a refusé à une personne homosexuelle le droit d'adoption. La cour a parlé de distinction et non de discrimination, mettant en avant la protection de la santé et des droits de l'enfant, « le droit de pouvoir adopter trouve sa limite dans l'intérêt des enfants susceptibles d'être adoptés ».<br /> Voilà qui est clair, la cour s'est prononcée sur un modèle familial, socialement correct. Il est à noter que la décision ne fait pas l'unanimité, car adoptée par 4 juges (français, tchèque, lituanien, albanais) contre 3 (britannique, belge, autrichien), ces derniers exprimant leur opposition à cet arrêt.<br /> Qu'est ce qui peut motiver un tel jugement ? Sur ce sujet sensible les préjugés ont, hélas, une grande influence (le dogme religieux n'y est pas pour rien). Ainsi pour qu'un enfant se développe normalement, il lui faut un père et une mère, un modèle sain, un environnement stable, c'est-à -dire la famille traditionnelle comme on nous l'a toujours présentée. L'enfant qui ne serait pas élevé dans ce contexte, encourrait des risques psychologiques et psychosociaux. Il aurait des problèmes d'identité sexuelle, serait rejeté par ses paires, risquerait d'être abusé sexuellement par ses parents, ou pourrait contracter le HIV.Toutes ses idées sont à la base du rejet du droit d'adoption chez les homosexuels ; elles sont largement répandues dans notre société et constitues des préjugés qu'il est difficile de remettre en cause tant le sujet est tabou et pour certain choquant.<br /> Hors, si l'on observe les études scientifiques menées sur ce sujet, chaque argument énoncé plus haut est systématiquement cassé. Ainsi Patterson (1992) a t-il comparé les enfants de parents gays et lesbiennes et ceux de parents hétérosexuels. Pour résumer, il en ressort que l'orientation sexuelle des enfants est la même : 5% à 8% d'homosexuels chez les hétérosexuels comme chez les homosexuels. Aucune différence n'a été relevée du point de vue de la santé psychologique ou mentale des enfants, tous les enfants étant aussi vulnérable aux mêmes problèmes. Les craintes d'abus sexuel ont été étudiées (Finkelhor & Russell, 1984 ; Jones & MacFarlane, 1980 ; Sarafino, 1979), et il apparaît que cette croyance n'est pas fondée empiriquement. Golombok (1983) ne relevait pas de différence dans les relations avec leurs pairs entre enfants d'hétérosexuels et d'homosexuels.<br /> Toutes les études empiriques réalisées convergent vers le même résultat : il n'existe pas de différences fondées entre les enfants de couples hétéros ou homosexuels, toutes les craintes exprimées ne sont pas raison mais préjugés.<br /> Alors face à ce constat objectif, pourquoi le droit d'adoption n'est pas reconnu au homosexuels ? Au delà de la question juridique, tout est une question de mentalité. Notre société est trop imprégnée des influences judéo-chrétiennes selon lesquelles, l'institution sacrée qu'est la famille se compose d'un père et d'une mère (la famille monoparentale étant aussi une aberration), deux pères ou deux mères relevant du « sacrilège » ! Nous sommes coutumiers d'une norme qu'il paraît impossible de faire évoluer, tant les mentalités sont réticentes. Pourtant le fait de ne pas avoir d'enfant est une souffrance, et aujourd'hui on peut l'interpréter comme une punition en vers ceux dont la sexualité en différente. L'instinct de reproduction existe dans chaque homme et femme, quelque soit son orientation sexuelle. Avoir un enfant (naturellement ou pas), permet aux hommes d'affronter l'avenir plus sereinement, laissant une part d'eux-mêmes, physique ou spirituelle, « pour les siècles des siècles ».<br /> Mais quatre juges ont vu les choses autrement, largement influencés par l'opinion publique, ils ont permis à la France de refuser le droit d'adoption aux homosexuels. La société n'est donc pas prête, mais se n'est pas en interdisant l'adoption qu'elle le deviendra un jour. Comment normaliser quelque chose que l'on cherche à marginaliser ? Comment faire accepter quelque chose sans l'encourager ?<br /> Est-il normal que des gens aient à mentir sur leurs choix pour pouvoir accéder à la parentalité ?<br /> A tout ceux qui doutent encore, une question : un enfant sera-t-il plus heureux abandonné dans les rues d'un pays du tiers monde, placé dans un centre spécialisé ; ou bien recueilli par deux papas ou deux mamans dont le plus cher désir est d'élever un fils, une fille avec tout la bienveillance de deux parents ?<br /> A vous de voir...<br />