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Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.

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Enfants d'homos comme les autres

 


Les enfants des homosexuels sont élevés comme les autres

LE MONDE | 27.10.05 | 13h57 • Mis à jour le 27.10.05 | 13h57

A quoi ressemble le quotidien des enfants élevés par des couples homosexuels ? Quels souvenirs ces enfants devenus jeunes adultes ont-ils de leur enfance ? Les mêmes que ceux des enfants nés dans des familles hétérosexuelles.

C'est ce que révèlent plusieurs études présentées lors de la troisième Conférence sur l'homoparentalité, organisée à Paris les 25 et 26 octobre par l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL).


Longtemps présentée comme un danger par les pourfendeurs de l'homoparentalité au nom de l'intérêt de l'enfant, l'éducation par deux personnes du même sexe ne semble pas générer les difficultés psychologiques et sociales que certains auguraient. Les travaux de la psychologue britannique Susan Golombok ou du pédopsychiatre français Stéphane Nadaud avaient en partie levé les réticences mais l'émergence de nouvelles recherches, en particulier sur les jeunes adultes, apporte des éléments inédits sur le vécu de ces enfants.

Psychologues du développement et de l'éducation à l'université de Séville (Espagne), Maria del Mar Gonzales et Francisca Lopez ont ainsi livré les premiers résultats d'une enquête en cours, menée auprès de 16 jeunes adultes âgés de 17 à 31 ans. Sur ce corpus, 14 ont été élevés par un couple de femmes et 2 par un couple d'hommes. A l'exception d'un jeune adulte, tous proviennent d'unions hétérosexuelles antérieures. "Il y a quinze ans, l'insémination artificielle, le recours à une mère porteuse ou l'adoption étaient extrêmement rares , explique Maria del Mar Gonzalez. Pour disposer d'un panel suffisamment âgé, la seule solution était de prendre des enfants qui avaient été conçus au sein de familles hétérosexuelles mais qui avaient été élevés au moins à partir de l' âge de 12 ans par un couple du même sexe."


TOLÉRANCE, LIBERTÉ, ÉGALITÉ


S'appuyant sur des éléments comme les compétences académiques, sociales, l'ajustement comportemental ou émotionnel, les deux chercheuses concluent que "les enfants qui grandissent dans des familles homoparentales ne se différencient pas substantiellement des enfants d'hétérosexuels" . En revanche, les familles homoparentales présenteraient trois principales spécificités. Les valeurs de tolérance, la liberté de choisir sa sexualité mais aussi l'égalité des tâches entre hommes et femmes yseraient particulièrement promues.

Les familles homoparentales se révèlent également "ordinaires" à la lumière d'études sur les liens intergénérationnels.

Danielle Julien, professeur de psychologie à l'université du Québec à Montréal (Canada), a planché sur les liens de grand-parentalité au sein des familles lesbiennes françaises et canadiennes. "Dans les couples hétérosexuels, l'implication des grands-parents maternels est généralement supérieure à celle des grands-parents paternels. Nous avons voulu savoir comment les liens intergénérationnels se tissaient dans un contexte purement féminin. Les deux grands-mères "maternelles" s'impliqueraient-elles de la même façon ?, explique Danielle Julien. En réalité, nous avons trouvé que l'avantage se reportait en faveur de la lignée biologique maternelle. C'était la mère de la femme qui avait porté l'enfant qui était la plus disponible auprès de l'en fant."

Si ces deux exemples montrent le dynamisme d'une recherche qui ne s'attache plus à montrer seulement la capacité des homosexuels à élever des enfants mais aussi à en faire des enfants bien dans leur peau, ils ne doivent pas occulter les limites de ses études.

Les biais sont essentiellement méthodologiques. Scott Ryan, professeur à l'Institut du travail social à l'Université de Floride, a mené une enquête sur les familles adoptives homoparentales. Chercheur hétérosexuel, comme il le précise, il a essayé, à travers ses travaux, de "dissiper un certain nombre de mythes sur l'homoparentalité et ses conséquences sur les enfants" .

Si ses conclusions montrent que les enfants adoptés par des homosexuels grandissent de façon aussi harmonieuse que dans un contexte hétérosexuel, il reste lucide sur ses travaux. "Les homosexuels ayant adopté des enfants ne sont pas répertoriés aux Etats-Unis. J'ai donc passé des annonces dans les journaux, visité les associations gays ou lesbiennes, fait fonctionner le bouche-à-oreille. Dans ce contexte, mon échantillonnage n'est sûrement pas représentatif."

Autre écueil, les études portent sur des cohortes de familles très peu nombreuses, aux caractéristiques assez semblables. "Les travaux foisonnent et c'est une bonne chose , affirme Danielle Julien, de l'université du Québec. Mais il ne faut pourtant pas perdre de vue les spécificités des familles homoparentales étudiées : elles sont constituées de personnes très bien équipées dans la vie, cumulant niveau d'études élevé, revenus supérieurs à la moyenne, homosexualité assumée, et vrai désir d'enfant, bref un environnement favorable . Il n'est donc pas si étonnant que tout se passe bien."

Catherine Rollot
Article paru dans l'édition du 28.10.05

L'abbé Pierre pour une "alliance" gay

Dans un livre intitulé Mon Dieu... pourquoi ? , qui paraît jeudi 28 octobre chez Plon, l'abbé Pierre s'exprime sur l'homoparentalité. Dans cet ouvrage écrit avec Frédéric Lenoir, directeur du Monde des religions , le fondateur d'Emmaüs dit "comprendre" le désir des couples homosexuels de faire reconnaître leur amour par la société et rappelle que son secrétaire, le Père Peretti, a contribué à fonder l'association d'homosexuels chrétiens David et Jonathan. Il suggère cependant de parler d'"alliance" homosexuelle plutôt que de "mariage" car cela "créerait un traumatisme et une déstabilisation sociale forte" . Sur l'adoption des enfants par des homosexuels, le prêtre souhaite s'assurer que les enfants ne subissent pas de préjudice psychologique ou social, "ce serait à mes yeux la meilleure raison qui pourrait interdire l'homoparentalité. Car pour le reste, on sait tous qu'un modèle parental classique n'est pas nécessairement gage de bonheur et d'équilibre pour l'enfant" . ­ (AFP.)

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-703890@51-702833,0.html

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