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Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.

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L'insoutenable visibilité de l'être -2- Jacqueline Julien

Article précédant : L'insoutenable visibilité de l'être -1-


Notes
1. Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique de pouvoir – L’idée de Nature, Côté-femmes, 1992.

2. Si au fil des trois dernières décennies (1970-2000), le rapport de force avec l’establishment hétéropolitique a pu évoluer légèrement, occasionnellement ou localement en notre faveur, le système phallocentrique reste propriétaire de tous les lieux (privé, public, étatique, et bien sûr mental, conceptuel et « sexuel »), et par là de tous les enjeux de l’existence humaine. Désigner ce système comme Pensée dominante est user de pléonasme. Il en est de même pour Domination masculine.

3. Cf. La reine Victoria (la pauvre, c’est toujours elle qu’on ressort !) affirmant que nous n’existions pas – et qu’il n’était donc pas besoin de légiférer contre nous – ne parlait pas de nous mais d’elle et de sa phobie : elle répugnait tant à l’idée que nous puissions même exister qu’elle nous frappait d’inexistence – plus exactement frappait sa propre lesbophobie à coup de déni. (Autre interprétation : c’est çui qui dit qui y est ?) Le client de prostituée ne procède pas autrement, sur le mode binaire de l’obsession et du rejet. Il se sert des putes, mais les méprise et les nie (lire : les hait).

4. Les lesbiennes « de placard » sont dites « lesbiennes voilées » par les Italiennes. Cela revient au même, pour l’enfermement hors de soi.

5. Il ne sera pas question ici d’homme, qui n’a pas plus de raison d’être que n’en recouvre la dénommée femme. Mais puisqu’il faut bien désigner les genré-es dans leur respective et inégale manifestation existentielle, je choisis pour « homme » andro- (élément initial du grec anêr, andros, mâle, pendant éthymologique de gyné-, premier élément de guné, gunaïkos, « femme »). C’est à partir de cette racine andro- que Michèle Causse a bâti et conceptualisé le terme d’androlecte, ou langue (d’)« homme » (cf. « Sexolecte » dans son Glossaire, p. 18 de Contre le sexage, Balland, 2000).

6. Animateur d’émission cultureuse à la télévision française. Du style à choisir d’inviter Daniel Welzer-Lang pour un débat (?) sur le féminisme et, lors dudit débat, lui manifester son amitié admirative de manière plus qu’ostensible. Pour savoir en quoi cette solide manifestation de la solidarité du fratriarcat est choquante (lire : paradigmatique), se rendre sur le site de l’ANEF.

7. Toni Morrison, Invitée au Louvre - Étranger chez soi, Christian Bourgois éditeur, 2006. Toni Morrison, née en 1931, a reçu le prix Nobel de littérature en 1993.

8. Je choisis à dessein cette scription ironique avec trait d’union, en lien avec le choix théorique et politique de Monique Wittig qui transcrivait ainsi l’irréalité de « la-femme » et l’inanité de sa naturalisation. Cf. « On ne naît pas femme », in La Pensée straight, Balland, 2001.

9. Colloques internationaux d’études lesbiennes, organisés par Bagdam Espace lesbien, à Toulouse. Cinq colloques ont eu lieu entre 2000 et 2006, assortis de leurs actes (revue Espace lesbien). Le 6e et prochain colloque se tiendra également à Toulouse, et devrait avoir lieu en avril 2008. Informations sur le site www.bagdam.org

10. Ou « sexolecte ». Voir Michèle Causse, déjà citée : « Langage sexisant et sexualisant que parlent tous les êtres humains. Élaboré par le détenteur du phallus dominant, il instaure l’inégalité entre les animés de l’espèce humaine. Le seul sexolecte existant est l’androlecte », op. cit., p. 18. Lire également l’ouvrage de Françoise Leclère, Miso mis à nu, les maux du dico, Pepper/L’Harmattan, sept. 2007.

11. Ou « sex(c)ision », terme et concept développés par Michèle Causse, ibid.

12. Ob-, préposition latine signifiant « en face », « à l’encontre ».

13. Monique Wittig, « Le Point de vue, universel ou particulier (avant-note à La Passion de Djuna Barnes) », in La Pensée straight, op. cit.

14. Trissotin : personnage des Femmes savantes de Molière. Archétype du phallocrate logorrhéïque et logomachique, émettant son avis sur… Tout, comme s’il en était seul propriétaire. Dans la pièce, cet odieux est en outre un violent coureur de dot.

15. Brigitte Boucheron, « La visibilité lesbienne en France: It’s a long way », in Fureur et jubilation, Actes du 4e colloque international d’études lesbiennes, Espace lesbien, n° 4, Bagdam édition, rééd. oct 2005. Article actualisé sur le site www.bagdam.org et qui a servi de base à son intervention pour le colloque de la CLF, Paris, 19 mai 2007 : « Introduction à une histoire du mouvement lesbien en France ».

16. J’ai développé déjà ce point dans ma communication au colloque Le sujet lesbienne, Rome, mai 2004 : « F(emale) to L(esbian) – Pour un nouveau GENRE de visibilité », traduit et publié en français sur le site de Bagdam Espace lesbien.

17. Cf. à ce propos Danielle Charest, « Les contrats apparentés de mariage : une fuite en arrière », in Lesbianisme et féminisme, histoires politiques, Natacha Chetcuti et Claire Michard éd., L’Harmattan, Paris, 2003.

18. Cf. Katy Barasc, « Pour une généalogie du mot lesbienne : du subir au jouir », in Fureur et jubilation, op. cit. « (…) Comble du paradoxe, la lesbienne est nommée lesbienne pour ne pas devenir ce qu’elle est, pour succomber dans la représentation logo-phallocentrée. Bref, à peine est-elle évoquée qu’elle se perd en sa nomination. »

19. Christine Delphy, L’Ennemi principal, tome 1, Économie politique du patriarcat, Syllepse, 1998. C’est l’article « L’ennemi principal », paru dans le numéro spécial de Partisans, « Libération des femmes année zéro », publié en novembre 1970, qui a donné son titre au double recueil. Le tome 2 de L’Ennemi principal, Penser le genre, est paru en 2001.

20. Elle écrit : « Les lesbiennes sont des femmes marron, des échappées – en partie – de leur classe », dans « À propos du contrat social », op. cit.

21. Toni Morrison, « On Slam, on Louvre : une prise de parole », op. cit.

22. Cité par Alain Brassart, L’homosexualité dans le cinéma français, Nouveau Monde éditions, 2007.

23. Ibid. Alain Brassart évoque ici la levée de boucliers qu’a suscité le film de Jacques Rivette, La Religieuse de Diderot (1965). Sujet de scandale et objet de censure à sa sortie « pour violence et obscénité », il obtint ensuite son visa d’exploitation avec interdiction au moins de 18 ans. Jean-Luc Godard avait défendu le film en écrivant une lettre incendiaire au « Ministre de la Kultur » (sic : son orthographe), André Malraux.

24. Cf. depuis les années 2000 : la recrudescence de viols ou tentatives de viols punitifs en Italie où l’intégrisme papiste se déchaîne contre « l’homosexualité » – les lesbiennes et gays politiques ayant par bonheur des capacités de réactions collectives très rapides. Voir site facciamobreccia.it

25. Mots de Claire Lejeune, poète philosophe francophone, née en Belgique en 1926. In L’œil de la lettre, éd. Le Cormier, Bruxelles, 1984.

26. Claire Lejeune, ibid. Je ne puis m’empêcher de penser au maniement du discours par certaine droite « nouvelle », incarnée par le dernier élu à la présidence de la République française, en 2007. 

Source : http://www.bagdam.org/articles/insoutenable.html

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