| La Gay Pride de Jérusalem devrait avoir lieu malgré les troubles des derniers jours largement orchestrés par les fondamentalistes juifs pour tenter de provoquer son interdiction par les autorités. Le Procureur général de l'Etat d'Israël, Menahem Mazouz, a indiqué dimanche avoir pris la décision d'autoriser la marche gay "pour que le principe de la liberté d'expression soit respecté". Il a précisé dans un communiqué que la Gay Pride aurait lieu "prochainement" sans confirmer la date du 10 novembre, donnée par les organisateurs. Il a cependant appelé les organisateurs à opter "pour la discrétion" et à définir avec la police "un itinéraire approprié".
Une réunion doit se tenir ce lundi à cet effet, a indiqué à la télévision publique le commandant de la police du district de Jérusalem. Le porte-parole de la police a indiqué que celle-ci redoutait des violences à l'occasion du défilé. Trois policiers ont été blessés et 30 personnes arrêtées au cours de heurts cette semaine à Jérusalem entre la police et des manifestants ultra-orthodoxes (voir photo). Dans ces conditions, 12.000 policiers seront mobilisés pour encadrer le défilé de la Gay Pride. Ce dispositif de sécurité impressionnant est rendu nécessaire par les menaces que font peser les adversaires de la marche gay.
A l'annonce de la décision du Procureur général de l'Etat, des milliers de Juifs orthodoxes ont à nouveau incendié dimanche soir des poubelles et barré des rues ainsi que plusieurs importants axes de circulation à Jérusalem. Des manifestations violentes ont également éclaté dans une ville ultra-orthodoxe proche de Tel-Aviv.
Les organisateurs de la Gay Pride ont de leur côté indiqué à la radio publique israélienne que la décision du Procureur général de l'Etat était "une victoire de la démocratie".
Jour après jour, la semaine dernière, des milliers de manifestants juifs orthodoxes ont violemment protesté contre l'événement, qu'ils qualifient de "défilé de la débauche". La tenue de cette marche a également été dénoncée par des responsables religieux chrétiens et musulmans. Plusieurs appels ont également été déposés auprès de la Cour suprême en vue d'interdire cette manifestation. Lors du dernier défilé homosexuel en 2005 à Jérusalem, un juif ultra-orthodoxe avait poignardé trois participants et a été condamné à 12 ans de prison.
Mis en ligne le 06/11/06 Source : http://www.e-llico.com/ |