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Sur les prestations familiales, Dominique Strauss-Kahn s'est démarqué de ses rivaux en estimant, sans donner plus de précisions, qu'il fallait "concentrer" les aides sur les familles défavorisées.
En juin 1997, le gouvernement de Lionel Jospin avait, au nom de la justice sociale, placé les allocations familiales sous conditions de ressources avant de faire machine arrière un an plus tard en rétablissant le principe de l'universalité des allocations, quels que soient les revenus des parents, et en remplaçant cette réforme par une forte baisse du plafond du quotient familial.
JURYS CITOYENS.
Laurent Fabius écarte sans ménagement cette proposition, à qui il reproche implicitement d'"épouser une espèce de populisme qui ferait le lit de l'extrême droite". Dominique Strauss-Kahn n'approuve pas plus ces structures à ses yeux mal définies et dont il se demande si elles auront ou non un pouvoir de sanction. Il redoute alors qu'elles puissent entrer en conflit avec les instances élues. "On risque de créer un désordre", estime-t-il.
LE RÔLE DU PRÉSIDENT.
Il insiste sur la règle du non-cumul des mandats et sur la nécessité d'"un président qui agisse et non plus qui soit simplement un arbitre". Laurent Fabius insiste aussi sur le rôle du président de la République mais, estime-t-il, celui -ci doit impulser les "décisions d'urgence sociale" et "tracer la voie du long terme".
Pour Ségolène Royal, "le président ou la présidente de la République est garant du pacte social noué pendant la campagne de l'élection présidentielle (...) et va donc demander à son gouvernement de l'appliquer dans toutes ses facettes".
IMMIGRATION.
Tout en affirmant chacun vouloir rompre avec la politique mené par l'actuel ministre de l'intérieur, les trois candidats socialistes se sont distingués dans leur approche de la question de l'immigration clandestine. Ségolène Royal, comme le prévoit le projet socialiste, veut restaurer la possibilité de régularisation après dix ans de séjour supprimée par la loi Sarkozy promulguée le 24 juillet dernier. Sans souhaiter aller plus loin. La favorite des sondages a tenu à rappeler qu'elle était contre toute "régularisation massive".
Sans donner davantage de détails, Laurent Fabius se prononce pour sa part pour une "régularisation large". Entre les deux, Dominique Strauss-Kahn choisit la "régularisation régulière", telle que l'avait introduite la loi Chevènement de 1998. Cette loi, avec la création d'une carte "vie privée et familiale", valable un an et renouvelable, ouvrait la possibilité de régulariser de plein droit, au fil de l'eau, des personnes disposant de liens personnels et familiaux en France. Dispositif qui a là encore été fortement restreint par la dernière loi Sarkozy.
Pour Dominique Strauss Kahn, réduire l'immigration clandestine suppose avant tout de lutter contre les passeurs, les employeurs et les logeurs de clandestins. Le député du Val d'Oise plaide pour la création d'un "ministre des migrations" qui échapperait à la tutelle du ministère de l'Intérieur.