| "Des investigations supplémentaires approfondies sont nécessaires" dans cette affaire "complexe", a estimé la 12e chambre correctionnelle. Elle a donc décidé de renvoyer le dossier devant le procureur, comme l'avait plaidé Me Rachid Hallal, l'un des avocats de la défense, suivi dans sa demande par le ministère public. Le tribunal a aussi constaté la nullité de sa saisine pour juger sous le régime de la comparution immédiate des injures publiques, délit relevant de la loi sur la presse de 1881. Ce point avait été soulevé par un autre avocat de la défense concernant deux des prévenus, renvoyés en comparution immédiate et non convoqués comme les cinq autres.
Les sept agresseurs présumés sont poursuivis pour injures publiques à caractère homophobe et menaces de mort en raison de l'orientation sexuelle. Deux d'entre eux sont en outre prévenus de tentative de destruction volontaire par substance explosive et deux de complicité.
Une information judiciaire sera ouverte "dès mercredi par le parquet" pour traiter "cette affaire grave et complexe dans sa globalité", a indiqué après l'audience à l'AFP le procureur de la République de Créteil Jean-Michel Durand.
L'altercation avait éclaté le 9 juillet, soir de la finale du Mondial, quand Laurent Concourdel, 41 ans, et son ami, Nicolas Baudoin, 30 ans, avaient demandé à des personnes écoutant de la musique en bas de leur immeuble de baisser le son. Jusqu'au 13 juillet, "les insultes et les menaces sont allées crescendo", selon Laurent Concourdel. Les deux victimes ont déménagé depuis. Les prévenus, âgés de 22 à 31 ans, nient les faits et invoquent des insultes à caractère raciste.
"On ne lâchera pas l'affaire, on sera présent jusqu'à ce que justice soit rendue", a déclaré après l'audience Laurent Concourdel. L'association SOS homophobie s'est constituée partie civile dans ce dossier qui ne devrait désormais pas être jugé avant plusieurs mois.
Mis en ligne le 06/09/06 Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=13879 |