| "La World Pride Parade" aura-t-elle sa place à Jérusalem ? Après avoir été annulée au début du mois d'août pour raisons de guerre, cette manifestation de la fierté homosexuelle, qui réunit chaque année des milliers de personnes dans une ville du monde, est programmée pour le 21 septembre dans la ville trois fois sainte, mais non sans controverses.
Cette parade qui suscite un débat depuis plus d'un mois devrait se tenir la veille de la célébration de Rosh ha-Shana [le nouvel an juif]. Entre fin septembre et début octobre, plusieurs fêtes religieuses réunissent en effet des milliers de personnes dans la ville sainte. Et pour cette raison, la police de Jérusalem a décidé de ne pas autoriser la World Pride Parade. "C'est une période d'intense activité touristique. Si on nous présente d'autres dates, nous réexaminerons la situation et l'approuverons", déclare un représentant de la police au quotidien israélien Yediot Aharonot.
Cela ne satisfait pas la communauté homosexuelle de Jérusalem, qui veut intenter un recours. Début août, en raison du conflit au Sud-Liban, la World Pride Parade avait déjà été annulée par la police également pour des raisons de sécurité. "La situation au nord d'Israël ne permet pas de fournir suffisamment de forces pour sécuriser un événement d'une telle ampleur, qui risque de provoquer des altercations dans la ville", relevait Yediot Aharonot.
Pour le directeur de l'Open House, le centre qui organise la manifestation, "il est important que la municipalité et la police n'essaient pas d'entraver la liberté d'expression". Une réaction à relier au fait que la manifestation avait été condamnée par des leaders juifs, musulmans et chrétiens du monde entier, ainsi que par plusieurs politiciens locaux.
Toutefois, pour la communauté gay et lesbienne de la ville, le fait que la parade puisse avoir lieu cette année, un jour avant Rosh ha-Shana, constitue "un enjeu clé dans la lutte pour la promotion de la liberté d'expression, du droit de la communauté [gay et lesbienne] et pour la promotion des valeurs démocratiques et pluralistes", affirme Noa Sattath, de l'Open House, à Yediot.
Un éditorialiste du quotidien, Andrew Frieman, se demande toutefois "pourquoi cette manifestation, dont l'objectif est de promouvoir les droits de l'homme et les valeurs démocratiques, ne parade pas dans les quartiers où les homosexuels sont fréquemment assassinés. Pour quelle raison les drag queens de King George [quartier juif] sont-elles légitimes alors qu'elles sont marginalisées dans les rues Salah Al-Din [quartier arabe] ? Bien que les militants homosexuels affirment ne pas vouloir faire un pied de nez, il semble que ce soit le seul message que l'on retienne de la marche en question." Source : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=65713 |