| Alors que Christian Vanneste a tenté de justifier sa proposition de dépénalisation des propos homophobes qui le concerne en premier lieu ayant été condamné en janvier dernier en première instance pour ce délit, Jack Lang vient de demander à Nicolas Sarkozy de prendre «clairement position» sur le cas de son homologue du Nord. «Il me paraît fondamental», estime l'ancien ministre socialiste dans un courrier à Nicolas Sarkozy, «que vous-même et votre mouvement preniez clairement position sur M. Vanneste: les propos qu'il tient sont-ils compatibles avec l'éthique de l'UMP ?».
A plusieurs reprises les associations LGBT ont demandé au président de l'UMP de sanctionner et d'exclure l'élu homophobe, GayLib, mouvement associé à l'UMP, émettant le même voeu.
Malgré des assurances exprimées en ce sens par le ministre d l'Intérieur au tout début des dérapages verbaux de Christian Vanneste, le président de l'UMP s'est refusé à toute autre sanction que celle verbale et molle d'une condamnation générale des propos homophobes et à ne pas s'afficher à ses cotés lors d'un déplacement. Face aux récidives du député du Nord, ce dernier a adhéré au CNI, parti associé à l'UMP, adhésion opportune qui visait à déresponsabiliser directement le parti de la majorité de l'élu outrancier.
Christian Vanneste vient de répondre sur son blog à Jack Lang : «Tout le monde sait que Monsieur Lang est un personnage loquace qui, de temps en temps, ferait mieux de tourner sept fois sa plume dans sa main avant de sortir des énormités, comme son envie de poser la question de mon avenir au sein de l'UMP.». Le même réaffirme que «Un député peut proposer de modifier la loi qu'il souhaite. Nous ne sommes ni en Allemagne Nazie, ni dans l'URSS stalinienne : personne n'a le droit de faire taire un représentant de la Nation.». Jack Lang est tout autant un représentant de la Nation et a davantage oeuvré pour la République que l'élu du Nord qui, il est vrai, n'a pour seuls faits d'arme notables que ceux d'avoir été le premier élu condamné pour propos homophobes et d'avoir proposé la mention du rôle positif de la France dans la colonisation SIC
Christian Vanneste a publié également sur son blog la liste des 18 députés cosignataires de sa proposition de loi qu'il reprend sous le titre "Et s'il n'en reste qu'un je serai celui-là". Ce vers est le dernier d'un poème, "Ultima verba", paru dans le recueil Les Châtiments, pamphlet de Victor Hugo contre Napoléon III et le coup d'état du 2 décembre 1851.
Entre délires de persécution et narcissisme, Christian Vanneste ne souhaite qu'une chose, être un martyr. Alors, de grâce, que Nicolas Sarkozy accède au souhait de l'élu. Il pourrait comme le grand homme choisir l'exil, nombreux sont les pays homophobes qui lui accorderaient l'asile politique pour, à loisir, écrire contre «Napoléon le petit».
Finalement et avant une improbable entrée au Panthéon, Christian Vanneste retrouvera un autre temple de la République, celui d'une juridiction de seconde instance qui examinera l'appel de sa condamnation pour injure homophobe. Christian Vanneste ne sera pas en l'espèce un grand homme dont la patrie devrait être reconnaissante, mais un simple homme que la patrie jugera. Est-ce cela le plus dur à accepter ?
Cosignataires de la proposition de loi de Christian Vanneste :
Pierre AMOUROUX, Yvelines Nicole BESSE, Vendée Etienne BLANC, Ain Roland CHASSAIN, Bouches du Rhône Louis COSYNS, Cher Olivier DASSAULT, Oise Lucien DEGAUCHY, Oise Franck GILARD, Eure Jean-Pierre GORGES , Eure et Loir François GUILLAUME, Meurthe et Moselle Marc Le FUR, Côtes d'Armor J.H. LEONARD, Charente Maritime Alain MARLEIX, Cantal Yves MARSAUDON, Essonne Pierre MICAUX, Aube Jacques MYARD, Yvelines Michel ROUMEGOUX, Lot Joël SARLOT, Vendée |