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Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.

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Une nouvelle sociologie du mariage

FEMMES D'AILLEURS •  Une nouvelle sociologie du mariage

 

Il y a vingt ans aujourd'hui, Newsweek faisait en une l'état des lieux du mariage aux Etats-Unis. En s'appuyant sur des données démographiques recueillies à l'époque, le magazine avançait alors qu'une femme de 30 ans non mariée n'avait que 20 % de chances de trouver un mari, et qu'à 35 ans il ne lui en restait plus que 5 %. Le magazine soulignait même, sous forme de boutade, qu'à 40 ans une célibataire avait plus de chances d'être tuée par un terroriste que de se marier. Aujourd'hui, il apparaît que 90 % des babyboomers, hommes et femmes, se sont finalement mariés. Les mentalités vis-à-vis du mariage ont donc beaucoup évolué, grâce aux femmes.

Nous sommes loin de l'époque de Jane Austen, où le mariage était la première, si ce n'est l'unique, préoccupation des femmes. La bonne nouvelle, pour Newsweek, est que l'âge n'a plus rien à voir avec l'affaire puisque, selon les statistiques les plus récentes, à 40 ans une femme a encore 40,8 % de chances de se marier. L'ère de la peur de rester vieille fille est révolue. "Nombreuses sont les femmes qui choisissent de vivre en concubinage ou d'être mères célibataires", avance E. Kay Trimberger, sociologue à l'université d'Etat de Sonoma, en Californie, et auteur du livre La Nouvelle Célibataire.

Les temps ont vraiment changé. Avant 1980, les femmes non mariées à 30 ans avaient de grandes chances de rester célibataires. Aujourd'hui, elles préfèrent prendre leur temps. Et, si un mariage tardif a statistiquement autant de chances qu'un autre de se terminer par un divorce, de nombreux experts pensent que, plus on se marie tard, plus les chances de survie du couple sont importantes. "C'est logique : quand on a un certain âge et qu'on a déjà vécu un certain nombre d'expériences, on a une idée précise de ce que l'on veut et surtout de ce que l'on ne veut pas", explique Elizabeth Gregory, responsable des études féministes à l'université de Houston et auteur de La Nouvelle Maternité tardive, à paraître en 2007.

En dépit du modèle imposé par Condoleezza Rice, la vieille idée reçue voulant qu'une femme professionnellement brillante ait peu de chances de trouver un mari a également vécu. Pour nombre de femmes qui ont réussi, la sécurité financière acquise leur permet d'avoir autour d'elles un "pool" d'hommes dans lequel elles peuvent choisir. Ces rôles inversés aboutissent souvent à une relation beaucoup plus équilibrée, surtout dans le partage des tâches. Enfin, si la tendance générale actuelle, dans la population américaine, est d'épouser une personne proche en âge, un autre tabou est tombé : "nombreuses sont les femmes qui n'hésitent plus à épouser un homme bien plus jeune qu'elles", note encore le magazine.

Toutefois, les femmes ne sont pas les seules à changer. L'attitude des hommes vis-à-vis du mariage évolue également. Et, malgré l'idée répandue que ce sont les femmes qui s'impliquent dans la préparation de leur mariage, ce sont les hommes qui rêvent aujourd'hui devant les devantures des bijoutiers ou à la fête à tout casser qu'ils comptent faire le jour de leurs noces.

Anne Collet
Source : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=63251
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