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| États-Unis (Politique)
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Hier, mercredi 7 juin, après trois jours de débats, le Sénat a refusé d'adopter l'amendement constitutionnel interdisant le mariage des couples du même sexe, qui était pourtant soutenu par le président George W. Bush (lire Quotidien du 6 juin). Plus précisément, les démocrates, qui sont minoritaires au Sénat, ont eu recours à une technique «d'obstruction parlementaire», qui est généralement utilisée lorsque la minorité souhaite absolument bloquer un texte. Pour mettre fin à ce blocage, il aurait fallu que 60 sénateurs, sur les 100 que compte le Sénat, votent en faveur de l'amendement. Or, hier, seuls 49 sénateurs ont apporté leur voix pour mettre fin à ce blocage. Ce vote était largement prévisible, dans la mesure où les républicains, bien que majoritaires, ne comptent que 55 sénateurs. Comme lors du précédent vote en 2004, certains sénateurs républicains n'ont pas soutenu le texte. Le vote est d'ailleurs identique, à une voix près, à celui du 14 juillet 2004. La pression du président George W. Bush au cours des derniers jours se solde donc par un cuisant échec. Après avoir consacré son allocution radio hebdomadaire au soutien à l'amendement constitutionnel, il était revenu sur le sujet lundi en organisant une conférence de presse à la Maison Blanche, entouré des responsables d'organisations de la droite religieuse opposées au mariage des couples du même sexe, mais aussi à toute forme de protection pour les personnes LGBT. Parmi les invités figuraient les responsables de l'organisation des ex-gays Exodus, qui propose de se «libérer de l'homosexualité par le pouvoir de Jésus Christ». La Maison Blanche avait ensuite publié un communiqué de presse pour à nouveau appeler les sénateurs à voter cet amendement constitutionnel. Lors des débats, le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy, chef de file des démocrates dans la puissante Commission des affaires juridiques du Sénat, a rappelé que «la constitution était trop importante pour qu'on l'utilise à des fins politiciennes». Et de conclure: «Elle n'est pas un panneau d'affichage pour accrocher des affiches et des slogans politiques destinés à attiser les passions à des fins partisanes.» Parmi les républicains qui se sont opposés à cet amendement, figurait le sénateur de Pennsylvanie, Arlen Specter, par ailleurs président de la Commission des affaires juridiques du Sénat. Comme le vice-président Dick Cheney, il considère que la question ne doit pas être réglée par le gouvernement fédéral, mais doit être laissée à chaque état. L'association des républicains gay, les Log Cabin, s'est félicitée du rejet de l'amendement, et surtout du fait que certains sénateurs républicains aient eu le courage de ne pas suivre les consignes du président Bush. Les autres organisations de défense des droits LGBT se sont fort logiquement réjouies de ce rejet de l'amendement par le Sénat.
par Alexis Delano
Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=9647