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Thérèse et Isabelle
de Violette Leduc
Langue : Français
Éditeur : Gallimard (octobre 2000)
Collection : Blanche
Format : Broché - 138 pages Texte intégral édition
ISBN : 2070758958
Dimensions (en cm) : 1 x 14 x 21
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Chroniques et points de vue
La chronique de Lire :
Le sabbat de Violette Leduc
«Si une femme décrivait ses sentiments tels qu'elle les éprouve, aucun homme ne l'éditerait», affirme Virgina Woolf; les malheurs de Violette Leduc en fournissent la preuve. Au début des années 50, auteur de deux romans qui lui ont valu la réputation d' «écrivain pour écrivains», elle veut frapper un grand coup et entame Ravages.
Comme le craignait Simone de Beauvoir, scandalisé par l'obscénité «énorme et précise» de l'ouvrage, Gallimard exige des coupes (cent cinquante pages), qui seront, un peu édulcorées, réintégrées dans La bâtarde. Voici enfin le texte originel, postfacé par Carle Janciti, à qui nous devons déjà une biographie de Mme Leduc. A nous de juger sur pièces, et quelles pièces! Saignante, brûlante, offensante, à faire rougir Baudelaire et Sapho, elle s'impose à l'arraché.
Entrées en amour comme on entre en guerre, deux collégiennes se consument au fil des mois. Isabelle, l'initiatrice, mène le sabbat. Thérèse, l'élue, s'abandonne pieds et poings liés à «la galère du plaisir». Bien qu'elles aspirent à «jouir sans trêve», elles pressentent la séparation finale et l'angoisse les éperonne. «Plus vite, plus haut, plus bas, encore...», les ordres se croisent, les corps s'entrechoquent, le vertige gagne le lecteur qui se croyait à tort affranchi par les petites pornographes contemporaines. Violette Leduc, qui a rapporté le feu de sa saison en enfer, les coiffe d'une fière tête.
Gabrielle Rolin, ©Lire
Quatrième de couverture :
"Je posais des questions, j'exigeais de silence. Nous psalmodiions, nous nous plaignions, nous nous révélions des comédiennes innées. Nous nous serrions jusqu'à l'étouffement. Nos mains tremblaient, nos yeux se fermaient. Nous cessions, nous recommencions. Nos bras retombaient, notre pauvreté nous émerveillait. Je modelais son épaule, je voulais pour elle des caresses campagnardes, je désirais sous ma main une épaule houleuse, une écorce. Elle fermait mon poing, elle lissait un galet. La tendresse m'aveuglait. Front contre front nous nous disions non. Nous nous serrions pour la dernière fois après une dernière fois, nous réunissions deux troncs d'arbres en un seul, nous étions les premiers et les derniers amants comme nous sommes les premiers et les derniers mortels quand nous découvrons la mort." Ce texte se rapporte à une édition épuisée ou indisponible de ce titre.
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