| De justesse. La coalition des partis de gauche conduite par Romano Prodi a remporté les élections en Italie. Avec 342 sièges sur 630 à la Chambre des députés et 158 sièges sur 315 au Sénat (des résultats que le sortant Silvio Berlusconi conteste), Romano Prodi est assuré de diriger le gouvernement. Reste que cette victoire à l’arrachée et cette faible majorité ne vont pas lui faciliter les choses. Ce sera très probablement le cas pour la question très controversé, y compris dans son propre camp, de la reconnaissance des couples de même sexe par le biais d’un équivalent du PaCS. Durant la campagne, Prodi, catholique fervent, a soufflé le chaud et le froid sur ce sujet alors que celui-ci a été un des thèmes importants de la campagne et souvent au cœur des attaques de la droite et de l’extrême-droite. A gauche, les soutiens (des Verts, de Refondation communiste, de personnalités comme le juge Di Pietro, candidat aux législatives…) n’ont pas manqué mais on est loin, coalition oblige, de l’unanimisme pro-gay qu’a connu l’Espagne. Il y a donc peu de chances que cette revendication LGBT soit rapidement au menu des députés et des sénateurs et ce malgré l’élection de plusieurs candidats ouvertement homos et lesbiennes. Les députés sortants Franco Grillini (du parti L’Olivier et fondateur de l’association Arcigay) et Titti De Simone (Refondation communiste et fondatrice d’ArciLesbica) ont été réélus. Vladimir Luxuria (Refondation communiste) est la première députée transgenre italienne de l’histoire tandis que Giampaolo Silvestri (Verts) a été élu sénateur. Il est d’ailleurs le premier sénateur ouvertement gay d’Italie. Un beau succès pour ce militant historique des droits LGBT.
Jean-François Laforgerie
Lire notre dossier "Italie : le PaCS pianissimo".
Mis en ligne le 13/04/06 Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12825 |