/http%3A%2F%2Fwww.e-llico.com%2Fimg%2Fregine_corti.jpg) | En trois éditions, le salon Rainbow Attitude était devenu le deuxième événement LGBT français. Il fait désormais partie du passé avec le dépôt de bilan puis la confirmation de la cessation de paiement prononcée par le tribunal de commerce de Paris, le 14 mars. C’est un mandataire qui, désormais, clôt le dossier.
Comment en est-on arrivé là ? En 2003, quatre associés dont Régine Corti (notre photo), qui ne connaissent pas spécialement l’univers des salons professionnels, décident de créer un gigantesque salon LGBT s’adressant au grand public. Le pari est double : proposer une vitrine de la scène LGBT française et donner les moyens aux grands annonceurs (constructeurs autos, industries du luxe, services…) de s’adresser à la nouvelle niche marketing du moment : les gays. Pour cela, la société qui crée le salon décide de mettre les gros moyens. Ce sera Paris Expo et trois jours de salon en 2003.
"Nous n’avions pas d’autre choix, explique Régine Corti, ex-gérante de la société Rainbow Attitude. Nous ne voulions pas ghettoïser la manifestation et nous souhaitions proposer un lieu valorisant pour les visiteurs et les exposants. C’était un choix militant et stratégique." Mais différents problèmes apparaissent : une fréquentation très fluctuante au fil des trois éditions (voir encart), la mobilisation de très gros moyens (le budget avoisine le million d’euros) et le refus des banques de soutenir la société.
"La première édition du salon, en dépit de difficultés liées à nos fournisseurs, a été équilibrée. Nous l’avons financée sans soutien. La seconde a été bénéficiaire de 96 000 euros avant impôts, indique Régine Corti. Même avec cela, nous n’avons pu obtenir de soutiens bancaires. La troisième édition a connu une baisse de fréquentation et une baisse des rentrées (- 42 % de chiffre d’affaires) dans un contexte difficile de désinvestissement des entreprises en communication. Moins de visiteurs, moins de stands : le résultat a été un déficit de 195 000 euros." En novembre 2005, Régine Corti sort une première situation financière. Elle décide alors de licencier ses huit salariés et de trouver un nouveau partenaire pour une augmentation de capital. Un candidat est intéressé, mais renonce finalement en février. Le 28 février, elle dépose une déclaration de cessation de paiement au tribunal de commerce.
"Je reste persuadée que Rainbow Attitude est une bonne idée, affirme Régine Corti. Il faut cinq ans pour imposer un tel salon, nous aurons donc manqué de temps. Cette expérience, douloureuse pour moi, qui a exigé de nombreux sacrifices personnels de toute l’équipe, montre bien aussi les limites de l’autofinancement. Je pense qu’un tel salon est viable mais hélas pas sans soutien bancaire."
(1) Notamment le 2 mars un article sur tetu.com
Jean-François Laforgerie
>> Les chiffres du salon
Rainbow Attitude a comptabilisé 27 000 entrées (gratuites et payantes) en 2003, 38 000 pour l’édition 2004 et 30 000 en 2005. Les entrées payantes représentaient 8 % du chiffre d’affaires et la vente de stands : 88 %. Le salon n’a été déficitaire qu’en 2005. Attaquée par des créanciers, Régine Corti a porté plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre l’un d’entre eux qui parlait de Rainbow Attitude comme d’une "énorme escroquerie".
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=12636 Mis en ligne le 15/03/06 |