Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.

Publicité

Expulsion de deux homosexuels pacsés

Expulsion de deux homosexuels pacsés : une étape supplémentaire vient encore d’être franchie dans la guerre aux étrangerEs.
publié le 7 mars 2006
 
 
Pour la première fois en France depuis la mise en application du pacte civil de solidarité (PaCS) en 1999, nous avons connaissance officiellement de l’expulsion le 10 janvier dernier de Robson, DJ brésilien de 28 ans, malgré les liens qu’il avait noués avec son compagnon Philippe. Il y a quelques jours Taoufik un jeune Tunisien pacsé à un Français a également été expulsé.
 

La majorité actuelle refuse l’égalité des droits aux gays et lesbiennes sous prétexte entre autres que le PaCS serait suffisant. Or, les droits au séjour ne sont pas les mêmes pour les couples binationaux pacsés et pour les couples mariés. Le PaCS n’est qu’un élément d’appréciation pour les préfectures qui exigent que les couples prouvent au moins un an de vie commune, conformément à la circulaire du 30 octobre 2004, avant d’accorder un titre de séjour " vie privée et familiale ". Le partenaire étranger pacsé se retrouve par conséquent sans aucun droit pendant un an en attendant sa régularisation.

Le PaCS était censé protéger les couples de même sexe. Robson et Philippe vivaient ensemble depuis bientôt trois ans. Robson aurait donc dû bénéficier d’un titre de séjour. La préfecture a donc agi dans l’illégalité, profitant de la méconnaissance des deux hommes de leurs droits, et préférant répondre aux exigences du ministre de l’Intérieur qui demande plus de 25 000 expulsions pour 2006. Taoufik a lui aussi été expulsé au mépris de la loi.

Il s’agit d’une entrave au droit à la vie privée pourtant garantie par les textes internationaux sur les droits humains. La séparation des couples est également contraire à la récente résolution du Parlement Européen qui réaffirmait le 18 janvier dernier : "les partenaires de même sexe bénéficient du même respect, de la même dignité et de la même protection que le reste de la société". Elle condamne fermement toute discrimination sur la base de l’orientation sexuelle et réclame à la Commission européenne de garantir la liberté de mouvement des "citoyens et de leurs familles ainsi que de leurs partenaires ayant contracté une union civile", même dans les pays où une telle union n’existe pas.

Act Up-Paris exige :
-  Que le ministre de l’Intérieur organise le retour immédiat de Robson et de Taoufik.
-  Que la loi soit appliquée pour touTEs.
-  Que les couples de même sexe puissent bénéficier des mêmes droits que les couples hétérosexuels dans l’accès au mariage ou à la parentalité.
-  Que le PaCS dès sa signature ouvre le droit à un titre de séjour renouvelable sans condition au partenaire étranger.
-  La régularisation de toutES les sans papierEs

-  la lettre ouverte à Nicolas Sarkozy du compagnon de Robson :

Philippe LÉPINE

Villeurbanne, le 3 mars 2006

Objet : retour en France immédiat de Robson

Monsieur le Ministre,

Le 10 janvier dernier, vos agents de la police des frontières ont expulsé Robson, mon compagnon depuis trois ans. Nous nous étions pacsés en septembre 2005. Robson, qui était en situation irrégulière, avait fait l’objet d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Un jugement du Tribunal administratif de Lyon avait annulé cette décision pour violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui protège le respect de la vie privée et familiale. La Cour administrative d’appel avait ensuite infirmé ce jugement. Mais le lundi 9 janvier, alors que nous préparions le pourvoi en cassation, la police des frontières est venue chercher Robson à notre domicile, pour l’emmener en centre de rétention. Le lendemain après-midi, il était expulsé. Il est arrivé à l’aéroport de Rio, sans effet et avec 20 _ en poche. Robson n’a pu, à aucun moment, contacter son avocate.

Dans son acharnement, la Préfecture du Rhône reste fidèle à ses pratiques. Cette même Préfecture a plusieurs fois refusé le séjour à des étrangers séropositifs, contre l’avis du Médecin Inspecteur de santé publique. Vous ne sauriez nier votre responsabilité dans l’application de méthodes inhumaines qui bafouent le droit français.

Doit-on déduire de ces faits qu’un couple homosexuel ne représente rien aux yeux des autorités françaises ? Le concept de vie privée et familial est-il destiné à la protection d’une seule catégorie de la population, hétérosexuelle et franco-française ? La justice et l’administration considèrent visiblement qu’une relation amoureuse de trois ans ne mérite aucune considération, dès lors qu’elle est partagée par deux personnes de même sexe. Vous comprendrez la crainte légitime qui saisit les couples homosexuels binationaux.

En terme de droit au séjour, le pacs n’offre pas les mêmes droits que le mariage. Que reste-t-il alors aux couples homosexuels pour faire valoir leur droit au respect de leur vie privée et familiale ? Le 18 janvier dernier, le Parlement européen votait pourtant une résolution qui réaffirme que " les partenaires de même sexe bénéficient du même respect, de la même dignité et de la même protection que le reste de la société ". A l’heure où l’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique et les Pays-Bas ont légalisé le mariage entre deux personnes de même sexe, en France le gouvernement s’apprête à présenter un projet de loi sur l’immigration qui démantèle le droit au séjour au titre de la vie privée et familiale. Les couples homosexuels binationaux sont plus que jamais en sursis.

Je demande en conséquence à votre ministère de bien vouloir :

organiser le retour de Robson en France dans les plus brefs délais, régulariser sa situation.

Dans l’attente d’une réponse rapide et favorable, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération, mais aussi de ma colère.

Philippe LÉPINE

Avec les signatures de :

Patrice BEGHAIN, 6° adjoint au Maire de Lyon, Jacky MAJDA, Conseiller Municipal de Bihucourt, Pierre SERNE, Conseiller Municipal de Vincennes

Philippe ELZIÈRE, Président de GAYVOX.COM, Le SNEG, ACT UP-PARIS,  SOS-HOMOPHOBIE, LDH - Ligue des Droits de l’Homme Rhône-Alpes, CIMADE - DER 69
L’Inter-LGBT, qui regroupe une quarantaine d’associations, Commission Verts LGBT
Collectif contre l’Homophobie de Montpellier, Warning, Les Panthères Roses, LGP - Lesbian and Gay Pride de Lyon, MOOVE !, ARIS, ADHEOS, Cultur’elles, Sans Contrefaçon

Source : http://www.actupparis.org/article2356.html

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Post-scriptum : Pour les sources, il suffit de s'informer sur l'actualité politique ou de consulter le livre "Mots à Maux, dictionnaire de la lepénisation des esprits" (par Sylvie Tissot et Pierre Tévanian, édition Dagorno, 1998).
Répondre
A
C'est ABSOLUMENT ABJECT ! Les raffles continuent, rappelant de bien sombre souvenirs de l'Histoire de France !<br /> Je manifeste mon plus totale et cordial soutien à Philippe et Robson, ainsi qu'à Taofik, tout comme pour l'ensemble des immigré-es face à cette loi fasciste et honteuse !<br /> Ce n'est pas les immigré-es qu'il faut virer mais le gouvernement qu'on doit expulser et exiger l'abrogation des lois Pasqua/Debré ainsi que l'abandon de la future loi tant désirée par Yzokras (Sarkozy) sur l'immigration choisie.<br /> Comme disait un tract  disponible sur www.phototheque.org "Si j'ai utilisé le bulletin "Jacques Chirac" au 2ème tour des présidentielles, c'était pour empêcher Le Pen d'être élu, pas pour que Nicolas Sarkozy et le gouvernement UMP mettent en oeuvre la politique du front national"<br /> N'oublions cependant pas que nos ami-es ne sont pas non plus du PS car il n'a jamais souhaité abroger les lois Pasqua / Debré, il les a même soutenues (Michel Rocard : " On ne peut pas accueillir toute la misère du monde", Lionel Jospin, s'adressant à des dirigeants Maliens : "Il faut réguler les flux migratoires, sinon les réactions de notre opinion seraient grandes, et le chemin ouvert pour telle ou telle formation extrémiste serait trop facile" ) , et qu'il a été à l'origine de l'expulsion manu militari des sans papiers de l'église St Ambroise. Nos ami-es ne sont pas non plus du Mouvement Des Citoyens (Jean-Pierre Chevènement : "Les problèmes du sud doivent se régler au sud"), ni  de l'ancien RPR (Jacques Chirac - alors premier ministre en 1976 -  : "Il ne devrait pas y avoir de problème de chômage en France, puisqu'il y a 1 million de chômeurs et 1 million 800 mille travailleurs immigrés."  Jean-Louis Debré : "A une immigration de travailleurs a succédé une immigration d'ayants droit" , "Est-ce que vous acceptez que des étrangers viennent chez vous, s'installent chez vous et ouvrent votre frigidaires, se servent ? Non, bien naturellement !" , Marc Fraysse : "Il y a parmi les élus du FN des gens qui sont prêts à nous rejoindre si on leur montre que nous avons du courage" , Suzanne Sauvaigo : "Le général De Gaulle l'a dit : la France est un pays européen de race blanche, de cultures grecque et latine, de religion chrétienne", Jacques Chirac : " Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui ensemble gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassés, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, qui gagnent 50 000 francs par mois de prestations sociales sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien, le travailleur français sur le pallier, il devient fou ! Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial. Et il faudra enfin un jour poser le grand débat qui s'impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s'il est naturel que des étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d'une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne paient pas d'impôts"), ni de l'UDF (Christian Bonnet : "Nous faisons face aujourd'hui à une immigration d'allocataires" , un député UDF : "Le groupe UDF est heureux de voir aboutir ce projet de loi qui permettra, n'en déplaise à l'opposition, de lutter contre l'immigration... Je veux dire : contre le travail clandestin" , Michel Poniatowski : "Nous allons vers les Saint Barthélémy si l'immigration africaine n'est pas strictement contrôlée, limitée, expurgée" , texte de présentation du site internet de Démocratie Libérale, composante de l'UDF : "Il y a derrière la préférence nationale un sentiment naturel qui consiste, particulièrement, en période de difficulté, à préférer son prochain à son lointain" ...). Nos ami-es ne sont pas non plus, bien sûr, du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers (Pierre Bernard : "Je vous offre un appartement pour vous et votre famille, et vous verrez que ce projet de loi [Debré] est trop timide. Je vous trouverai même une place de parking devant l'immeuble, mais je ne vous garantis pas que vous retrouverez votre voiture."), ni chez le Front National, bien entendu (Jean-Marie Le Pen : "Demain, les immigrés s'installeront chez vous, mangeront votre soupe, coucheront avec votre femme, votre fille ou votre fils. (...) Permettriez-vous que le plombier que vous avez appelé pour réparer votre robinet se couche dans votre lit ?", Jean-Marie Le Pen : "Les étrangers sont toujours des usagers, mais rarement des contribuables.", Jean-Marie Le Pen : "2 millions et demi de chômeurs, ce sont 2 millions et demi d'immigrés en trop"), non, nos ami-es ne se trouvent pas dans ces partis, mais bien dans ceux qui se sont opposés à ces lois racistes, inadmissibles dans toute société qui se prétend respectueuse des droits humains et de la dignité humaine. Or, ces partis ne sont pas bien nombreux, et ils sont à gauche, dans une gauche que l'on qualifie d'extrême.  
Répondre