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Klaus le libéral ne veut pas du pacs chez les Tchèques

Klaus le libéral ne veut pas du pacs chez les Tchèques

Le Parlement revote demain pour passer outre le veto présidentiel.

par Alexis ROSENZWEIG
QUOTIDIEN : lundi 06 mars 2006

Prague correspondance

«Cette fois-ci, on y croyait, mais notre Président a tout gâché.» Karel vit avec Jakub depuis une dizaine d'années à Prague. Ils se préparaient à conclure un «partenariat enregistré», l'équivalent du pacs, que le Parlement avait fini par adopter, en janvier, après quatre tentatives infructueuses. Mais le 16 février, le président Vaclav Klaus a opposé son veto, et la question va de nouveau être débattue et votée le 7 mars au Parlement. Mais pour surmonter le veto, une majorité de 101 voix sur 200, difficile à atteindre, est désormais nécessaire.

Déchristianisée. Cette loi est une «erreur tragique», «une extension sans précédent de la réglementation par l'Etat des relations humaines», a dénoncé Klaus. Ultralibéral et protestant, le chef de l'Etat n'est pourtant pas réputé conservateur sur le plan des moeurs, ni croyant forcené. Pour expliquer son veto, les commentateurs avancent deux hypothèses : la volonté de récupérer les voix des chrétiens-démocrates pour être réélu par le Parlement ou celle de se faire valoir, l'homme ayant un ego affirmé.

A trois mois des législatives des 2 et 3 juin, la question est devenue un thème de campagne qui divise plus la classe politique que la société tchèque, libérale et largement déchristianisée. Selon un sondage, 62 % des Tchèques approuvent d'ailleurs la légalisation des couples gays. A part les chrétiens-démocrates, unis pour dénoncer cette atteinte à l'institution de la famille, tout comme l'Eglise catholique, les partis sont divisés. Dans les rangs du Parti civique démocratique (ODS), dont Klaus reste président d'honneur, certains se sont même permis d'émettre des réserves sur l'attitude du chef de l'Etat. Le vice-président du parti, Jan Zahradil, a déclaré que «les arguments utilisés par le Président [étaient] faux». Sans surprise, Vaclav Klaus a trouvé le soutien de son homologue polonais Lech Kaczynski, qui a assuré qu'une telle loi «n'aurait aucune chance de passer» au Parlement de Varsovie, dominé par la droite catholique et nationaliste.

Sans ce veto, la République tchèque serait, depuis le 16 décembre, le premier pays ex-communiste de l'UE à avoir légalisé les unions homosexuelles, sans toutefois autoriser le mariage ou l'adoption. Les associations gays ont pris en exemple l'Europe, sa législation qui assure l'égalité en droits et le fait qu'un tel partenariat existe déjà dans d'autres pays.

Demande sociale. «Nous vivons dans une république libérale, mais le Président se comporte comme un monarque archaïque», regrette le président de l'Initiative gay et lesbienne, Jiri Hromada. «Nous avions pourtant espéré qu'il ne suivrait pas uniquement son opinion personnelle et respecterait la demande sociale, a regretté Martin Strachon, porte-parole de la Ligue gay et lesbienne tchèque. Espérons que les députés penseront, au cours du prochain vote, à ceux que la loi se propose d'aider.» Les députés tchèques ont déjà rejeté par quatre fois la légalisation des couples homosexuels, la première fois en 1998 et la dernière en février 2005, à une voix près. «Si la loi n'entre pas en vigueur, nous irons dans un pays où les unions gays sont légales», soupire Karel.

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=364731

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