Le chanteur homophobe Sizzla débute sa tournée à montreuil
ci dessous quelques paroles aimables pour nous les gays.
Brûle les hommes qui ont du sexe par derrière avec d'autres hommes... Bute les pédés, mon gros flingue va tirer...
Pan ! Pan ! Les pédés doivent être mis à mort..." Reggae homophobe : Sizzla a entamé sa tournée française à Montreuil Sizzla, le chanteur de reggae jamaïcain connu pour ses appels au meurtre racistes et homophobes, s'est produit mercredi soir à Montreuil malgré les regrets de Dominique Voynet, nouvelle maire de la ville et la campagne de plusieurs organisations LGBT demandant l'annulation de ses concerts. Saisie la veille du concert par une "Lettre ouverte aux maires et aux responsables de salles de concerts accueillant la tournée de Sizzla en France", signée par seize organisations dont Tjenbé Rèd et Act Up-Paris, Dominique Voynet a déploré " que le chanteur Sizzla ait été programmé dans la ville de Montreuil " en condamnant " très fermement les propos racistes et homophobes que ce chanteur a tenu à de nombreuses reprises, ainsi que les incitations au meurtre que contiennent certaines de ses chansons ". La maire Verts a estimé que "la présence de ce chanteur est un affront aux valeurs républicaines auxquelles les Montreuillois sont profondément attachés ".
Des militants de Tjenbé Rèd et de CQFD - Fierté lesbienne ont marqué leur désaccord avec la venue de Sizzla en distribuant un tract aux quelques centaines de personnes présentes et en nouant le dialogue avec elles. Selon ces militants, un certain nombre de fans du chanteur sont tombés des nues en découvrant les textes de leur idole. Une jeune femme se trouve en état de choc en lisant les paroles que lui rapportent les protestataires, au point d'en avoir les larmes aux yeux, souffle coupé, ne trouvant plus ses mots : "C'est pas possible... Il a pas pu chanter ça... C'est pas possible... J'me sens mal...". D'autres spectateurs évoquent la promesse du chanteur de ne plus interpréter ses textes homophobes, comme il s'y était engagé le 15 avril 2007, lors de la signature du "Reggae Compassionate Act". En réalité, cet engagement a été rompu dès le 13 juin suivant à Berlin.
D'autres fans, enfin, détournent le regard et refusent de lire le tract qui leur est tendu.
Comme à Montreuil, les prochaines étapes de la tournée de Sizzla pourraient être l'occasion de manifestations de contestation. A Villeurbanne, le Centre culturel oecuménique a décidé d'annuler le concert prévu le 30 mai. Les associations LGBT mettent la pression sur l'étape du 20 mai à Mulhouse. Le maire Jean-Marie Bockel et Olivier Dieterlen, le responsable de la salle ainsi que le préfet du Haut-Rhin ont été saisis.
Allemagne : Sizzla contourne l'interdiction d'entrée sur le territoire
Sizzla doit se produire en Allemagne dans les jours qui viennent malgré une interdiction d'entrée sur le territoire qui a été prise à son encontre à l'appel de la fédération allemande gay et lesbienne (LSVD).
Sizzla serait entré sur le territoire allemand par la Hongrie, déjouant la vigilance du système de protection de l'espace Schengen qui fixe les frontières des pays de l'Union européenne qui y ont adhéré. Les associations LGBT d'outre-Rhin dénoncent cette violation et appelle les autorités à la vigilance.
Source:
http://www.lepost.fr Communiqué de presse (de l'association TJENBÉ RÈD *)
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Sizzla entame sa tournée française à Montreuil le 14 mai 2008.
Alors que la Journée mondiale contre l'homophobie arrive, cette tournée sera l'occasion de contrer l'homophobie sur le terrain
Sizzla, ce chanteur de reggae jamaïcain connu pour ses appels au meurtre racistes et homophobes [1], s'est produit ce mercredi soir à Montreuil, halle Paris-Est Montreuil, dite aussi halle Marcel-Dufriche - une atteinte à la mémoire de Marcel Dufriche (1911-2001), maire de Montreuil de 1971 à 1984, militant antifasciste, militant syndicaliste, prisonnier de guerre, évadé, résistant, militant anticolonialiste [2]. Et c'est bien des militantEs - des résistantEs, si l'on ose, des résistances à tout le moins - que Sizzla (alias Miguel Orlando Collins) a rencontré sur son chemin :
A) Résistance d'abord du Centre culturel oecuménique, qui nous a indiqué par téléphone avoir pris la décision d'annuler le concert prévu le 30 mai à Villeurbanne ;
B) Résistance ensuite de la maire de Montreuil (saisie la veille par une «Lettre ouverte aux maires et aux responsables de salles de concerts accueillant la tournée de Sizzla en France», signée par seize organisations dont Tjenbé Rèd, Act Up-Paris ou CQFD - Fierté lesbienne) [3] : selon un communiqué diffusé quelques heures avant le concert, Dominique Voynet a déploré «que le chanteur Sizzla ait été programmé dans la ville de Montreuil» en condamnant «très fermement les propos racistes et homophobes que ce chanteur a tenu à de nombreuses reprises, ainsi que les incitations au meurtre que contiennent certaines de ses chansons», et en estimant que «la présence de ce chanteur est un affront aux valeurs républicaines auxquelles les Montreuillois sont profondément attachés» ; cette position rejoint les propos clairs, dignes et courageux tenus en pareilles circonstances, le 29 octobre dernier, par Pierre Cohen, aujourd'hui maire de Toulouse mais alors maire de Ramonville-Saint-Agne, ou par Fabienne Keller, alors maire de Strasbourg ;
C) Résistance encore des personnes LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans), puisque des militantEs de Tjenbé Rèd et de CQFD - Fierté lesbienne ont marqué leur désaccord avec la venue de Sizzla en distribuant un tract aux quelques centaines de personnes présentes et en nouant le dialogue avec elles ;
D) Résistance surtout de ses fans, loin d'adhérer en bloc aux thèses de leur idole, surtout lorsqu'on les leur explique dans le texte. Une jeune femme ainsi se trouve en état de choc en lisant les paroles que nous lui rapportons, au point d'en avoir les larmes aux yeux, souffle coupé, ne trouvant plus ses mots : «C'est pas possible... Il a pas pu chanter ça... C'est pas possible... J'me sens mal...». D'autres personnes soutiennent que «les paroles sont mal traduites», comme si le créole jamaïcain était une langue insusceptible de traduction (mais elles se taisent lorsque nous leur montrons noir sur blanc ces paroles, en version originale et en version française). «Il a promis de ne plus les chanter», disent-elles ensuite en évoquant sa signature, le 15 avril 2007, du «Reggae Compassionate Act» - mais elles se taisent lorsque nous leur apprenons qu'il a rompu cet engagement dès le 13 juin 2007 à Berlin, où il a interprété la chanson «Nah Apologize» («Aucune excuse») . «Il devrait arrêter de les chanter», disent-elles alors, s'excusant presque : «Moi, c'est sa musique que j'aime... Moi, c'est sa voix que j'écoute...», s'engageant pour certaines : «S'il chante ces paroles ce soir, promis, on va le siffler» !
Mais d'autres fans détournent le regard et refusent de seulement lire le tract («Ce que je pense, je le garde pour moi»), allant pour certains jusqu'à légitimer les appels au meurtre de Sizzla avec une panoplie d'arguments éculés voire glaçants : «Moi, j'ai un fils, si demain il est pédé, je le bute»... «Moi, personnellement, les homos, il faut les rayer de la carte»... «Vous nous avez colonisés»... «Il y a eu l'esclavage»... «C'est comme ça là-bas, c'est leur culture, il faut la respecter»... «Si tout le monde devient homo, c'est la fin de l'humanité»... Lorsqu'à ceux-là nous lançons : «Tout' moun sé moun !» («Chaque personne est une personne !»), ceux-là nous répondent : «Tout' moun sé pa moun !» («Chaque personne n'est pas une personne !») - et qu'ajouter ?
À quelques jours de la Journée mondiale contre l'homophobie, qui aura lieu ce samedi 17 mai et qui sera, comme chaque année, riche en colloques et séminaires, les personnes LGBT ont l'occasion de saisir les prochaines étapes de la tournée de Sizzla comme autant de travaux pratiques pour poursuivre ce dialogue difficile et contrer l'homophobie sur le terrain : il est certes important d'obtenir des lois contre les propos ou les actes homophobes, il n'est pas moins important de veiller au respect effectif de l'esprit de ces lois. Prochaine étape de cette tournée : le 20 mai à Mulhouse, au Noumatrouff, 57, rue de la Mertzau, 20h30. Jean-Marie Bockel, le maire de Mulhouse, et Olivier Dieterlen, le responsable du Noumatrouff, ainsi que Michel Fuzeau, le préfet du Haut-Rhin, ont été saisis par notre lettre ouverte du 13 mai : aux Mulhousiennes et Mulhousiens de jouer, le relais leur est transmis !
(*) TJENBÉ RÈD ! Mouvement civique pour l'action & la réflexion sur les questions noires, métisses & LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans) en France ultramarine & hexagonale