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Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.

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La loi sur le voile a conduit à deux premières exclusions

La loi sur le voile a conduit à deux premières exclusions

Dounia et Khouloud, 12 ans, ont été exclues, mardi 19 octobre, du collège Jean-Macé de Mulhouse, en application de la loi du 15 mars sur l'interdiction du port des signes religieux ostensibles à l'école. Huit autres jeunes filles devaient passer en conseil de discipline avant la Toussaint.

Mulhouse de notre envoyée spéciale

Pour la première fois depuis l'entrée en vigueur de la loi du 15 mars interdisant le port de signes religieux à l'école, deux collégiennes de Mulhouse ont été exclues, mardi 19 octobre, de leur établissement. Dounia et Khouloud, 12 ans, étaient scolarisées en cinquième au collège Jean-Macé. "Le conseil de discipline s'est prononcé à la majorité pour l'exclusion de deux élèves pour non-respect de la loi du 15 mars 2004", a annoncé la principale, Michelle Feder-Cunin. "Quelque part, un conseil de discipline, c'est un échec, a poursuivi la responsable du collège, car ce que nous voulons, c'est que les élèves réussissent leur scolarité."

A la rentrée, les deux adolescentes, françaises d'origine algérienne, s'étaient présentées coiffées d'un foulard. Mais ce qui avait été autorisé en 2003 ne l'était plus en vertu de la loi sur la laïcité. Elles ont donc été isolées de leurs camarades d'abord ensemble puis dans deux salles séparées. "Un suivi scolaire et pédagogique" a été assuré et "un dialogue entrepris avec elles et leurs parents pour leur expliquer la nécessité de se plier aux exigences de la loi", a déclaré la principale.

Au bout de quelques jours, les deux jeunes filles ont "troqué leur foulard pour un bandana". "Leurs pères ont pensé qu'elles sortaient ainsi du contexte de la loi mais cela n'enlevait pas le signe sur leur tête", a conclu Mme Feder-Cunin, qui n'a pas voulu donner de détail sur les conseils de discipline en raison de son "devoir de confidentialité". Au total, les deux réunions ont duré près de trois heures, de 16 h 15 à 19 heures.

Mardi, vers 17 heures, à la sortie des cours, de nombreux élèves s'étaient massés devant le collège scandant le prénom de leurs camarades et criant "Vive le voile !" A l'issue des conseils de discipline, les pères des deux élèves exclues ont annoncé leur intention de faire appel des décisions auprès du recteur de l'académie de Strasbourg. Ils disposent pour cela de huit jours.

"Khouloud avait 17 de moyenne générale, c'était une des meilleures élèves de sa classe dont elle était déléguée l'an dernier", a assuré son père, bouleversé par la décision d'exclusion. "Pendant près de deux mois, nos filles ont subi un véritable cauchemar : isolement, interdiction de se mêler aux élèves à la récréation, de parler à leurs camarades, a expliqué à son tour le père de Dounia. Nous épuiserons toutes les procédures légales leur permettant de réintégrer les cours." Les deux pères prévoient, en attendant, de scolariser leur enfant au Centre national d'enseignement à distance (CNED).

Dounia et Khouloud assurent toute deux que le port du foulard résulte d'un choix personnel. "Ma mère était contre, mon père aussi, assure Dounia. Pour moi, ce n'est pas un signe religieux ostensible, c'est un signe de pudeur." Son père, présent au conseil de discipline de sa fille ainsi qu'à celui de Khouloud dont il assistait le père, a présenté un mémoire en défense.

"INQUISITION"

"En remplaçant leur foulard par un bandana, nos filles ont décidé de ne pas se mettre en porte-à-faux avec la loi, a-t-il assuré. Sur la question de savoir pourquoi ma fille met un couvre-tête, je vous répondrais qu'il est contraire à la laïcité de répondre. Le tissu qui constitue un couvre-tête chez ma fille n'a aucune connotation religieuse et si vous me dites le contraire, nous aurons affaire à un délit de faciès." "J'avais l'impression d'être à l'époque de l'Inquisition", a-t-il estimé après les conseils. Selon lui, l'exclusion l'a emporté par 8 voix pour, 1 voix contre et 1 abstention.

Le père de la jeune fille considère qu'en France "le problème du foulard a été utilisé par certains pour exprimer leurs sentiments anti-immigrants et anti-musulmans". Il voit dans la loi "le produit de l'idéologie du moment", à savoir "une loi d'exception contre une pratique religieuse". "Nos parents ont traversé des souffrances ardentes pendant le colonialisme, explique-t-il. Je ne pensais pas que mes enfants auraient aussi à connaître cette souffrance." Mercredi 20 octobre, deux autres conseils de discipline étaient prévus dans deux lycées de Mulhouse au motif du non-respect de la loi sur la laïcité. Le premier concerne la sœur aînée de Dounia, Manèle, scolarisée en première S au lycée Louis-Armand. Le second vise une élève d'origine turque, scolarisée en seconde, au lycée Lavoisier. Elle devait être assistée par le docteur Abdallah Thomas Milcent, médecin strasbourgeois musulman qui a contribué à la mise en place d'un numéro vert dans le cadre du Comité 15 mars, libertés.

L'académie de Strasbourg, où vivent de nombreux musulmans, comptera, à l'issue des quatre conseils de discipline de cette semaine, encore 13 cas problématiques. "L'an dernier, nous avions entre 450 et 500 cas de jeunes filles voilées dans l'académie", rappelle le rectorat. Le dialogue engagé à la rentrée avec la cinquantaine d'élèves récalcitrantes a abouti "dans la quasi-totalité des cas". Six autres conseils de discipline sont prévus avant les vacances de la Toussaint (quatre dans l'académie de Caen, un dans celle de Dijon et un dans celle de Lyon).

Martine Laronche

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-383696,0.html
Mis en ligne le 20/10/04

Et pour une réflexion plus approfondie, je me permettrai de joindre à cet article un texte paru dans le Journal du Dimanche, le 18 janvier 2004, p.12.

LETTRE AUX NOUVELLES VOILEES

De Chahdortt Djavann.

Etrange semaine ! Les images insoutenables d'Envoyé spécial : la lapidation de femmes iraniennes, l'arrachement de l'œil coupable…Hani Ramadan, le frère de Tarik, chantre officiel de la lapidation de la femme adultère, est invité à l'UNESCO ; les islamistes ont organisé leur deuxième défilé de mode féminin. Etrange semaine où les masques sont tombés, mais où l'on a pu mesurer la perversité du double langage auquel ont recours les islamistes pour défendre l'oppression des femmes au nom de la liberté individuelle et la barbarie religieuse au nom de la liberté culturelle.

Les nouvelles voilées organisent des manifestations pour défendre leur " droit " au voile, au voile qui, de l'Ancien Testament au Coran en passant par le Nouveau Testament est le symbole de l'oppression des femmes, le symbole qui autorise toute violence à l'endroit des femmes. Elles l'ont fait d'abord au nom de leur " culture ", puis de leur " choix individuel ", changeant de thème sur commande, comme sous la baguette d'un invisible chef d'orchestre, et maintenant elles se drapent de tricolore, moins pour affirmer qu'elles sont françaises que pour imposer en France le projet de société des islamistes.

Le régime fasciste et islamiste de l'Iran demande à la France de retirer sa loi contre le voile. Un régime qui a exterminé plus d'un million de ses opposants, un régime qui pratique la lapidation, l'amputation des membres, qui exécute les homosexuels, les agnostiques, les athées, les apostats, parle au nom de la démocratie. C'est le monde à l'envers. La prise de position des dictatures islamiques contre cette nouvelle loi, ingérence manifeste dans les affaires intérieures françaises, prouve à ceux qui n'avaient pas encore compris le lien étroit entre la prolifération du voile et l'offensive islamiste. Dorénavant, les nouvelles voilées, en France, ne peuvent plus prétendre ignorer qu'elles sont soutenues par le gouvernement fasciste islamiste de l'Iran ; que leurs maîtres, qu'ils soient des pseudo-intellectuels, des mollahs déturbannés, égyptiens, iraniens ou maghrébins, sont des missionnaires de l'islamisme. Elles ne peuvent plus dire qu'ici et là il ne s'agit pas du même voile. La servitude n'est ni moins haïssable ni moins condamnable quand elle se dit ou se croit volontaire.
Hani Ramadan, le frère de Tarik Ramadan, qui défend officiellement la lapidation des femmes et l'exécution des homosexuels au nom de la charia, a été invité à l'UNESCO, ce dimanche 18 janvier à 14 heures, pour défendre ses idées, dans le cadre d'un colloque sur la laïcité et la démocratie ; bien entendu, il devait débattre avec quelques intellectuels français. Ainsi se trouve porté à son comble l'escroquerie intellectuelle qui consiste à débattre avec les apologistes de la torture et de l'assassinat, à banaliser l'horreur, comme si la liberté était la liberté de tout faire, comme si le fascisme et la défense de la lapidation étaient une opinion.

Je suis véhémente, j'ai la rage au cœur et je n'arrive pas à comprendre qu'on accepte de débattre " démocratiquement " avec les islamistes qui défendent au nom des lois d'Allah les images de la barbarie institutionnelle qu'à diffusées France 2 jeudi soir : les corps féminins enfouis dans leur linceul qui s'écroulent sous les jets de pierres, les hurlements de l'homme ligoté dont on exorbite l'œil coupable au scalpel, à vif, ou de celui dont une machine vient de trancher la main d'un coup sec. Non, je ne comprends pas que ces idées soient discutées au nom de la démocratie, que Hani Ramadan soit invité à l'UNESCO, dans un colloque patronné par les plus hautes autorités de l'Etat, que la famille Ramadan soit mise sur un piédestal par les médias français.

Oui, c'est insupportable qu'un ministre de la République, ici en France, débatte avec Tarik Ramadan, qui réclame, comme certains mollahs " modérés " iraniens l'ont déjà fait, un " moratoire " pour la lapidation ; que cet imposteur déguisé en play-boy séduise tout autant les nouvelles voilées que certains altermondialistes et ceux ou celles qui se donnent le beau rôle de " tolérants ".

(…)Il est temps de dire qu'on ne discute pas avec les représentants du totalitarisme islamiste. On le condamne et on le combat. Ceux qui ont vu sur France 2, jeudi soir, les images insoutenables des femmes lapidées, de la main voleuse amputée et de l'œil coupable arrachée ne supporteront plus jamais de devoir prêter l'oreille aux effusions verbales des frères Ramadan, à la rhétorique hallucinée de l'un et à la casuistique de l'autre. Ils auront compris ce que l'on fait au nom d'Allah. Il y a trop à faire dans nos banlieues, trop à faire dans le domaine de l'éducation, du travail et de l'égalité des chances, il y a eu trop de retard pris pour qu'on puisse admettre aujourd'hui que des islamistes extrêmes deviennent les porte-parole des jeunes français qui se sentent exclus. C'est notre responsabilité commune, c'est la responsabilité de la République et de ses représentants de faire en sorte que cesse cette situation perverse et absurde. L'immigration est une chance pour la France et la démocratie est une chance pour l'immigration. Mais il faut que les promesses soient tenues.

Et la retranscription de l'audition de Chahdortt Djavann devant la commission Stasi, écrivaine iranienne, auteur de "Bas les voiles":
http://www.laic.info/Members/webmestre/La_laicite_en_France.2003-10-04.0116

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