Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.
| par Élaine Audet |
"Les droits des femmes sont des droits humains", affirmait Hillary Rodham Clinton lors de son célèbre discours à la Conférence des Nations Unies sur les femmes à Pékin en 1995. Il y a consensus sur sa volonté d’améliorer l’existence des femmes et des enfants, de lutter contre les diverses formes d’inégalité et de violence qu’elles subissent dont la pauvreté endémique, de créer un système de santé universel, son action constante auprès des enfants défavorisés et sa lutte déterminée pour l’octroi de subventions substantielles pour l’éducation universitaire des filles. On louange son intelligence, sa force, son endurance, son expérience et sa capacité d’exercer le pouvoir, mais on hésite pourtant à voter pour elle parce que, à l’instar de tous les candidats, sauf Obama, elle a voté pour l’invasion de l’Irak, a appuyé la politique d’Israël sur la Palestine, la guerre au Liban et, récemment, le durcissement des mesures contre l’Iran.
On aurait aimé, comme femme et progressiste, qu’elle ait le courage de se tenir debout face au complexe militaro-industriel et à la peur entretenue par l’administration Bush et à sa définition démagogique du patriotisme et des intérêts du peuple américain. Les critiques les plus dures viennent surtout des misogynes et des femmes. C’est sans doute à sa capacité de rallier les femmes et de neutraliser les attaques misogynes qu’elle devra sa victoire ou sa défaite, en tenant compte que son programme diffère peu de celui d’Obama, que ce soit sur la défense de l’économie de marché et de l’entreprise, le libre-échange, la santé, l’aide sociale, la politique étrangère, l’immigration, l’écologie, le mariage gay (contre le mariage et pour l’union civile) ou sur le consentement unanime de tous les candidats au maintien de la peine de mort. Tous les deux veulent réparer le gâchis causé par l’administration Bush, mieux répartir les revenus et lutter pour diminuer l’effet de serre, promouvoir un développement durable et des emplois "verts". C’est sur sa connaissance exceptionnelle des affaires de l’État, son sens de la politique et son engagement envers les femmes que Hillary Clinton se démarque le plus des autres candidats.
La suite sur : http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2889