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| par Pierrette Bouchard, chercheuse |
Le harcèlement sexuel, qui prend les femmes et les filles pour cibles principales, commence tôt. Il est même bien intégré au processus de socialisation des préadolescent-es et des adolescent-es. Voici un extrait d’une recherche intitulée Consentantes ? Hypersexualisation et violences sexuelles, réalisée et rédigée par la chercheuse Pierrette Bouchard pour le CALACS de Rimouski, qui l’a publiée en mai 2007. Le CALACS a tenu au printemps un colloque sur l’hypersexualisation qui a attiré plus de 200 participant-es de divers milieux. On peut se procurer le document de recherche pour 25$, frais d’expédition inclus, en s’adressant au CALACS de Rimouski (Courriel ou téléphone : 418-725-4220).
On doit citer ce document ainsi : Bouchard, Pierrette (2007). Consentantes ? Hypersexualisation et violences sexuelles. Rimouski : CALACS de Rimouski. 108 p. Le titre de l’extrait publié ci-dessous est de Sisyphe. Sur des sujets apparentés, Pierrette Bouchard a écrit, entre autres : La sexualisation précoce des filles (avec Natasha Bouchard et Isabelle Boily, aux éditions Sisyphe, 2005. Voir la page des livres de Sisyphe ; Bouchard, Pierrette et Isabelle Boily avec la collaboration de Annie Nobert, Nathalie Dubuc et Micheline Beauregard (2005b), Sexualisation des préadolescentes, stéréotypes et consommation. Répertoire d’outils de sensibilisation. Québec, Université Laval : Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes. 145 p. Bouchard, Pierrette et Natasha Bouchard (2003). « Miroir, miroir... ». La précocité provoquée de l’adolescence et ses effets sur la vulnérabilité des filles, Cahiers de recherche du GREMF no 87. Québec : Université Laval. 75p.
Wright (2001 : 44-45) montre dans son livre The Sexualization of America’s Kids And How to Stop It, comment se développe, au cœur de la socialisation différenciée et inégalitaire, les attitudes et les comportements qui mènent au harcèlement sexiste et sexuel.
Le modèle culturel de base qui conduit au harcèlement sexuel se repère assez tôt dans l’éducation des garçons. Les parents, sans réaliser les conséquences éventuelles, leur accordent le droit de passer en premier, les incitent à n’accomplir que les activités qui demandent de la force ou encore les encouragent en riant de leurs comportements insouciants ou débridés. Cette attitude se développe aussi, quand par exemple, les parents n’interviennent pas immédiatement lorsque leur fils pousse ou frappe sa sœur. Ce modèle se poursuit pendant la période scolaire quand les parents accordent plus de temps et d’importance aux activités et aux sports de leurs fils qu’à ceux de leurs filles. Ces attitudes de différenciation entre les deux sexes créent des effets profonds et durables qui vont influencer la représentation qu’ils auront des places attribuées à chacun des deux sexes. Au secondaire, ces différenciations sont renforcées quand, par exemple, les garçons se font dire de prendre soin de leurs mères quand le père est parti en voyage, ou encore quand ils accordent plus d’importance à l’opinion de leurs fils qu’à celle de leur fille. Ces différenciations sont très visibles quand les parents accordent plus de liberté (heures de rentrée plus tardives) à leurs fils qu’à leurs filles, ou encore quand ils veulent à tout prix connaître le copain de leurs filles mais pas nécessairement ceux que fréquente leur fils. Même si, prises séparément ces différenciations ne produisent pas nécessairement d’effets significatifs, cumulées elles créent un pattern de différenciations sexuelles néfastes.
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