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Nuit

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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 16:00

L'étreinte marine


Une voix sous-marine enfle l'inflexion
De ta bouche et la mer est glauque tout entière
De rouler ta chair pâle en son remous profond.

Et la queue enroulée à ta stature altière
Fait rouer sa splendeur au ciel plein de couchant,
Et, parmi les varechs où tu fais ta litière,

Moi qui passe le long des eaux, j'ouïs ton chant
Toujours, et, sans te voir jamais, je te suppose
Dans ton hybride grâce et ton geste alléchant.

Je sais l'eau qui ruisselle à ta nudité rose,
Visqueuse et te salant journellement ta chair
Où une flore étrange et vivante est éclose ;

Tes dix doigts dont chacun pèse du chaton clair
Que vint y incruster l'algue ou le coquillage
Et ta tête coiffée au hasard de la mer;

La blanche bave dont bouillonne ton sillage,
L'astérie à ton front et tes flancs gras d'oursins
Et la perle que prit ton oreille au passage;

Et comment est plaquée en rond entre tes seins
La méduse ou le poulpe aux grêles tentacules,
Et tes colliers d'écume humides et succincts.

Je te sais, ô sirène occulte qui circules
Dans le flux et le relux que hante mon loisir
Triste et grave, les soirs, parmi les crépuscules,

Jumelle de mon âme austère et sans plaisir,
Sirène de ma mer natale et quotidienne,
O sirène de mon perpétuel désir !

O chevelure ! Ô hanche enflée avec la mienne,
Seins arrondis avec mes seins au va-et-vient
De la mer, ô fards clairs, ô toi, chair neustrienne !

Quand pourrais-je sentir ton cœur contre le mien
Battre sous ta poitrine humide de marée
Et fermer mon manteau lourd sur ton corps païen,

Pour t'avoir nue ainsi qu'une aiguille effarée
A moi, dans le frisson mouillé des goëmons,
Et posséder enfin ta bouche désirée ?

Ou quel soir, descendue en silence des monts
Et des forêts vers toi, dans tes bras maritimes
Viendras-tu m'emporter pour, d'avals en amonts,
Balancer notre étreinte au remous des abîmes ?...





 


La sirène du poème est une amante idéalisée.  

Poème de Lucie Delarue-Mardrus

Encre et pastel sur papier de Marie-Lydie Joffre

 
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 17:36

J’ai le cœur lourd

De mes sœurs lesbiennes

J’ai le sang amer

J’ai le corps en cri

De dé chi rure les bien ne

Je trébuche des idées – haut

De mon corps lez – bien

Je tranche de larmes

Assez - acérées

Pas assez radicale

Disent-elles

Mes sœurs

Mes sœurs lesbiennes

J’ai le cœur lourd

De longues violacées

J’ai le sang amer

De violettes d’argan - noir

J’ai le corps en cri

J’ai la bouche battante

Du souffle de mes sœurs

Qui se meurt

Du souffle de mes sœurs

Mon corps lesbien se meurt

J/e hurle – J/e pleure

J/e me meur/s

De la très puissante

Aux organes égarés

Je me dis-continue

Je me rétracte

Je me replie

De cœur

De corps

Lesbien

Mort.

 

Misfit

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 12:04

Nuit



Même la nuit la plus légère

a ses enroulements qui feulent

ses vacillements incertains

la soierie du gibet 



Et pourtant

dans l'irradiance de l'obscur

on ouvre l'embrasure

enrobé

dans l'écartée des eaux

où l'on frissonne

à peine 



S'ouvrant le corps

aux portes tutélaires

sous la fraisure même

du venin. 



Poème de Marie Bataille

Photographie : Daniel Nguyen 

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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 14:00

Refus

De l'ombre ; des coussins ; la vitre où se dégrade
Le jardin ; un repos incapable d'efforts.
Ainsi semble dormir la femme « enfant malade »
Qui souffre aux profondeurs fécondes de son corps.

Ainsi je songe... Un jour, un homme pourrait naître
De ce corps mensuel, et vivre par delà
Ma vie, et longuement recommencer mon être
Que je sens tant de fois séculaire déjà ;

Je songe qu'il aurait mon visage sans doute,
Mes yeux épouvantés, noirs et silencieux,
Et que peut-être, errant et seul avec ces yeux,
Nul ne prendrait sa main pour marcher sur la route.

Ayant trop écouté le hurlement humain,
J'approuve dans mon cœur l'œuvre libératrice
De ne pas m'ajouter moi-même un lendemain
Pour l'orgueil et l'horreur d'être une génitrice...
— Et parmi mes coussins pleins d'ombre, je m'enivre
De ma stérilité qui saigne lentement.


 

 

 

Poème de Lucie Delarue-Mardrus

Photographie : Ris

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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 08:00

Il n’y a plus de sens
Que le corps n’ait dressé
Parlez-moi de luxure
Peaux aimantes
Femmes crues
Dans le salon ocre tous les tons
Devancent la nuit.


Mon amour d’infini en infini
Gardons-nous otages
Laissons du bout des doigts
L’orgasme sur nos corps
Ta bouche sur mes seins
Dépasse toute certitude

 




Poème de Germaine Beaulieu, Ailleurs au même instant.

Photographie : Marcelina Martin.

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 14:31

Adios amiga

 


 

 

                                                            à l’artiste peintre


 

 

 


 

 

J’entre      dans ton atelier

Tu viens à ma rencontre

Sourire aux lèvres et bras tendus.

 


 

 

J’entre      dans ton corps spirituel

Plus personne n’existe     que toi et moi

L’air est moelleux.  Les mots aussi.

 


 

 

Tu t’adosses au mur

J’entre     dans ton corps astral

Douceur et amitié pétillent.

 


 

 

J’entre     dans ton corps éthérique

Comme-si-je-ne-l’avais-jamais-quitté

Puis, la tendresse du moment m’affole

Je crains le qu’en dira-t-on.

 


 

 

Je quitte     ton atelier

Dans le couloir :

« C’est fini. On ne se reverra plus.

- Je sais. »

 


 

 

J’enfouis mon chagrin dans la soie de tes cheveux

Nos lèvres scellent un adieu de velours

Je sens ton âme     triste à mourir.

 


 

 

  Je quitte     ton corps physique

Brusquement             pour tout dire

Je crains le mélodrame.


 

 

 

 

 


 

Poème de Janick Belleau, Humeur…, 2003

Photographie (retouchée) : Deborah Swanger, She on She

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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 16:09

Juste
Ma bouche me parle de son goût, du goût qu’elle a...
Qu’elle m’a donné à tout jamais
Comme un serment, un assassinat
Joues mi-closes, je guette prudemment


Elle a tué ce chiffre chien qui croyait acheter le
monde
Il est mort demain matin
Personne à son enterrement
L’argent est mort



Quand je la vois
Mes joues tapissées de désir se retournent comme un
gant
Je m’inerve comme la cime lassée de vent rentre sous
terre
Sous elle
J’aiguise mes sens
Libres les putains de l’univers courent les rues
Les heures portent des perruques et les portes monnaie
des couches-culottes
Sous elle, je penètre le miracle
Ma langue n’en croit pas un mot
Mais ce goût qu’elle a...
Dans le feu de mes artères chante l’oiseau



Ma langue comestible mangée par son sexe
Me revient longtemps après avec ce goût de femme
Lancinant
Ce goût de nid fait à même le ciel

 


Poème de Valéry Meynadier

Photographie de Sasha Hüttenhain

 

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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 01:06

On veut pas d'ça ici !



C'est décidé, maintenant je pars
Je m'en vais loin de vos mensonges
et des souffrances
que je m'inflige sans raison.



Trop longtemps, je me suis interdit
ce que j'avais à vivre,
ce qui était au plus profond de moi.
Face à vos regards accusateurs, j'ai choisi l'amour.



Loin d'ici, je n'entendrai plus autour de la table
vos ricanements qui me glaçaient les os,
ni les blagues d'homos à deux balles,
ni vos insultes et votre mépris.



Je m'en vais, puisque vous le voulez.
J'abandonne aujourd'hui mon enfance.
Je croyais vivre dans la maison du bonheur,
je croyais en l'amour de mes parents.



D'accord je pars,
je n'ai pas trop le choix, vous m'avez mis dehors.
Je ne suis plus votre enfant.
Vous ne voulez pas de ça ici et vous me l'avez dit.



Je vous comprends, c'est gênant pour les voisins…
J'aurais pourtant su être discrète
et mon amie parfaite.
Mais puisque vous le voulez ainsi…



Je m'en vais dormir dans les buissons tout chauds,
entourée du parfum sucré des roses et du secret des violettes.
Je serai heureuse enfin près,
tout près de mon amie, elle qui m'aime telle que je suis.

 



Poème de Cristie Cyane, Demain j'y vais, Collection les Octaviennes, Editions Geneviève Pastre.

Photographie : auteur(e) inconnu(e) 

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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 01:20

Rien du noir du blanc n’étonne sinon au centre un point de fuite


un flambeau de sexes prenant son envol.


Des bassins envoûtés s’amalgament.


La fusion touche simultanément l’avenir et le passé.


Une magie ta langue entre mes épaules desserre le chagrin.


Sous tes paupières des armes irisées de soleil.


Devant l’autre un élan un doute.


Enivre-moi pille-moi de mes peurs.


Tu restes là une implosion sacrée.


Puis-je vivre simplement emmurée par ton désir?


Tes yeux soulèvent en moi une fièvre d’adolescente.


Sur tes épaules une ville se déballe et nous y sommes.


En liesse nos visages le sens est multiple.

 




Germaine Beaulieu, Extrait D'acier de parfum de chair, Ecrits des forges

Aquarelle : Misfit

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14 octobre 2006 6 14 /10 /octobre /2006 01:11

Intérieur



Dans mon âme a fleuri le miracle des roses.
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes.

Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors,
Contre les regards durs et les bruits du dehors.

Les rideaux sont tirés sur l’odorant silence.
Où l’heure au cours égal coule avec nonchalance.

Aucun souffle ne fait trembler le mimosa
Sur lequel, en chantant, un vol d’oiseaux pesa.

Notre chambre paraît un jardin immobile
Où des parfums errants viennent trouver asile.

Mon existence est comme un voyage accompli.
C’est le calme, c’est le refuge, c’est l’oubli.

Pour garder cette paix faite de lueurs roses,
O ma Sérénité ! tenons les portes closes.

La lampe veille sur les livres endormis,
Et le feu danse, et les meubles sont nos amis.

Je ne sais plus l’aspect glacial de la rue
Où chacun passe, avec une hâte recrue.

Je ne sais plus si l’on médit de nous, ni si
L’on parle encor… les mots ne font plus mal ici.

Tes cheveux sont plus beaux qu’une forêt d’automne,
Et ton art soucieux les tresse et les ordonne.

Oui, les chuchotements ont perdu leur venin,
Et la haine d’autrui n’est plus qu’un mal bénin.

Ta robe verte a des frissons d’herbes sauvages,
Mon amie, et tes yeux sont pleins de paysages.

Qui viendrait, nous troubler, nous qui sommes si loin
Des hommes ? deux enfants oubliés dans un coin ?

Loin des pavés houleux où se fanent les roses,
Où s'éraillent les chants, tenons les portes closes…


Poème de Renée Vivien, A l'heure, 1906.

Photographie : Flor Garduño

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