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  • : Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.
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Textes illustrés

Lucie Aubrac :

Résister 

Rose Ausländer :

Dans le rien

Découvrir un chant

La chambre m'abrite

Ne le sais

Quand je partirai

Tu es là encore

Anne Archet :
Convulsive

Union nucléaire

Nicole Barrière :

Femmes en parallèle

Marie Bataille :

Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

L'humilité...

France Bonneau :

Si j'étais immigrante

Nicole Brossard :

Aujourd'hui je sais

Ma continent

Ne touchons pas...

Sa surface

Sous la langue

Françoise Bujold :

Quand la perdrix...

Mélanie Cantin :

Innocent amour

Diane Cardinal :

Je m'assois sur ton nombril

Je m'infiltre sous ta peau

Tu murmures

Patrizia Cavalli :

De moi...

Natalie Clifford Barney :

Etre libre

Anne Collignon :

Ils étaient cinq

Cristie Cyane :

Laisse-toi aller

On veut pas d'ça ici !

Polaroïd

Rainbow

Un baiser sur ses seins

Louise Cotnoir :

Il faudrait le poème

Le sexe marqué...

Maison à louer

Christine Davi :

Elle dit non

Lucie Delarue-Mardrus :
Baiser 
L'étreinte marine
Refus

Si tu viens

Denise Desautels :

Les chuchotements et la caresse 
L'espoir ?

Tout ce bleu

Une histoire de beauté

Chahdortt Djavann :

L'Iran d'aujourd'hui

Hélène Dorion :

Tu avances une main...

Tu viendras...

J'adviens...

Emily Dickinson :

Douter de Moi !

Elle s'éleva...

Il a Sanglé ma vie

Il s'exerce sur votre Ame

Pour Toi

Eve Ensler :

Le clitoris...

Mon vagin, mon village

Procès en sorcellerie

Rosanna Fiocchetto :

La fureur...

Jacqueline Francoeur :

Sérénité

Madeleine Gagnon :

Un monde androgyne

Cathy Garcia :

Oiseaux

Claire Gérard :

Sensualité

Benoîte Groult :

Elle voudrait

Patricia Guenot :

Abolir la spirale...

Avenir Féminin

Tes mains

Colette Haddad :

Si proche !

Anne Hébert :

L'envers du monde

Les petites villes

Nuit

Istina :

Je me bats

Elle marche

Michèle Lalonde :

Speak white

Sophie Langemont :

Quand je t'imagine

Marguerite Lapalme :

Assimilation

Audre Lorde :

Combattre l'oppression

Habiter les silences...

Savoir - plutôt que penser

Marie-Victoire Louis :

Justice

Andrée Maillet :

Amérique française

Françoise Mariotti :

Lisse comme une pierre blanche

Hélène Marquié :

Le corps subversif

Luci-Louve Mathieu :
Femme

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Lettres

Valéry Meynadier :

Juste...

Peu...

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Désir obscur...

Le nu visionnaire

Nudité

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Un parfum d'écorce

Micheline Mercier :
Abnégation

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Fondre

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La lesbienne d'aujourd'hui

Misfit :

Ange d'éternité

De mes soeurs lesbiennes

Des siècles...

D'un clapotis de l'âme

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Tout se passera bien

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Aimée-Aimante

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Un peu d'art aussi, des coups de crayons et de pinceaux, de la poésie, des images.

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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 16:12


Je vous invite à  prendre le temps de découvrir l'univers artistique de Gorgone, une artiste peintre dont les oeuvres seront exposées aux Jacasses, à Paris du vendredi 28 mars (vernissage dès 18h30) au 19 avril. Ce lieu est ouvert du mardi au dimance inclu, de 17h à 22h.


N'hésitez pas à
contacter l'artiste : gorgone-art@hotmail.fr


Voici quelques unes des toiles, encres et dessins qui se pensent au coeur d'une anatomie des corps lesbiens dont les multiples postures sont l'expression d'une réalité à dire, à relire ou à réinventer.







Antre Noues :






                                                                                  Re-Connaissance :






Gynétique :






Lust :




Contre-Pause :






Whole :






Contemplation :





Minérales :




A l'Origyne du Sens :






A vendre ? :






Fuck YOU !  :




Le flyer de l'exposition :


                                                                                                                                 


Un album est consacré aux oeuvres de Gorgone sur ce site. Cliquez ici. 
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 15:25

Pérou : Melissa Patino, mi-poète mi-terroriste ?


Par ARMELLE VINCENT | Journaliste | 29/04/2008 | 10H04
Source : www.rue89.com
POUR SIGNER LA PÉTITION CLIQUER ICI  : http://www.rue89.com/california-dreamin/perou-melissa-patino-mi-poete-mi-terroriste

Une jeune poète et étudiante péruvienne de vingt ans, Melissa Patino, est incarcérée dans une prison de haute sécurité de Lima depuis deux mois sans espoir d'en sortir, du moins pour l'instant. La jeune femme, qui n'aime rien tant qu'écrire des vers et lutter contre l'injustice, est accusée de terrorisme pour avoir participé à un congrès de l'organisation sud-américaine de gauche Coordinadora Continental Boliviariana.
En voyant sa photo, on imagine mal comment cette souriante personne, si docile si l'on en croit sa mère, pourrait se livrer à des actes terroristes mettant des vies en danger. On l'imagine plutôt en train de réciter ses poèmes d'une voix mal assurée, ce qu'elle fait d'ailleurs au sein de son cercle de poètes, le Circulo del Sur, groupe culturel dont l'objectif est de promouvoir la poésie.
Paranoïa d'Etats cernés par les gauchistes
Melissa n'a d'ailleurs aucun antécédent et son seul crime connu est d'avoir pris le bus à la dernière minute, à l'invitation d'une personnalité de la radio, pour se rendre en Equateur, non pas pour assister à une réunion clandestine, mais à un congrès public avec huit cents autres délégués venant de tout le continent. Apparemment, il n'en faut pas plus pour exacerber la paranoïa du gouvernement péruvien.
Il faut dire que la gauche gagne du terrain en Amérique du sud. Après le Vénézuela, le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay, la Bolivie, le Chili, c'est au tour du Paraguay d'avoir élu un président plutôt progressiste, ancien évêque des pauvres, Fernando Lugo, homme qui a préféré abandonner la soutane, fut-elle pourpre, pour se mettre au service de tous ses concitoyens. La Colombie et le Pérou se sentent de plus en plus cernés.
Accusation sans preuve
C'est le 29 février dernier, au retour du Congrès, que Melissa a été arrêtée avec six autres personnes, toutes accusées de terrorisme. Aucune preuve pouvant confirmer l'accusation n'a été avancée par les autorités qui se contentent de dénoncer les liens de Melissa avec le groupe révolutionnaire Movimiento Revolucionario Túpac Amaru.
Des centaines d'écrivains, poètes, intellectuels se sont ralliés à la cause de la jeune femme. D'après la journaliste argentine Cristina Castello, le très célèbre linguiste américain Noam Chomsky serait le dernier signataire de la pétition réclamant la libération de Melissa au président péruvien Alan Garcia.
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Published by Misfit - dans Divers
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 15:19

Programme de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie du Centre LGBT Paris IDF


Christine Le Doaré,
Présidente Centre LGBT Paris IDF
<http://www.centrelgbtparis.org>www.centrelgbtparis.org


IDAHO - International Day Against HOmophobia - 17 mai 2008 :
Jeudi 15 mai à 20 heures sur place au Centre  -  EXCEPTIONNEL !
Le Chorégraphe Redha - Les ballets Redha - nous offre  un happening interactif autour de l'homophobie. Danses, images et informations se répondront pour susciter émotions et  réactions. Un rendez-vous sensuel, viscéral, inédit. et immanquable !

Vendredi 16 mai à 20 heures sur place au Centre - EDIFIANT !
Regards croisés sur l'homophobie avec Douglas Janoff, criminologue canadien, auteur de Pink Blood « La violence homophobe au Canada » et Marion Le Moine, co-présidente de SOS homophobie ; animé par Christine Le
Doaré, présidente du Centre LGBT Paris, Avec le soutien de l'Observatoire de la Diversité Culturelle et la
Librairie du Québec.

Samedi 17 mai de 16 heures à 19 heures -  VISIBLES !
Rassemblement  de rue inter-associatif  à Beaubourg entre le MK2 et Leroy Merlin
En partenariat avec  SOS homophobie et l'ensemble des associations membres du Centre, mais également  l'association Aides : théâtre de rue,  panneaux d'expression libre à la disposition des passants, table de presse,
distribution de matériels pédagogiques contre l'homophobie.
En partenariat avec l'Inter-LGBT : lancement de la campagne française de soutien au projet de Directive de la Commission européenne contre les discriminations.

* Une protection légale identique pour  tous les motifs de discrimination du  l'article 13 du Traité  d'Amsterdam : le niveau de protection contre la discrimination fondée  sur l'orientation sexuelle, la religion et la croyance, l'âge, le  handicap, serait le même que celui qui est reconnu contre les  discriminations selon les origines (Directive 2000/43).

Applicable  en matière de protection sociale, y  compris la sécurité sociale et les soins de santé ; les avantages  sociaux; l'accès à l'éducation; l'accès aux biens et services et la  fourniture de biens et services, y compris  en matière de logement.  L'adoption de ce texte est compromise et une Directive portant sur le seul handicap physique pourrait être retenue.

www.ilga-europe.org
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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 10:30

Lutter contre les discriminations racistes, c'est lutter contre le système de privilèges des blancs !

Collectif des Féministes Indigènes,
lundi 28 janvier 2008

Lors des réunions publiques que le CFI a organisé depuis sa création, plusieurs personnes du public nous interpellent systématiquement, le visage plein d'effroi et d'incompréhension, sur notre façon de nous exprimer, jugée agressive, et notamment sur le fait que l'on parle de « blanc-he-s », pour désigner les personnes qui ne sont ni noires, ni arabes, ni asiatiques...

On a ainsi entendu par exemple : « Quelle honte de réduire un être humain à sa couleur de peau ! On est tous des êtres humains, merde ! » ; Par contre, aucune interpellation sur l'utilisation du mot « noir » pour désigner tel autre groupe, terme pourtant qu'on utilise tout autant ; quand on se permettait de le souligner, on nous répondait quelque chose du type : « Oui mais c'est pas « noir » au sens « couleur de peau » du terme, c'est « noir » au sens « africain » du terme… De toute façon, moi je dis jamais « noir », ni « immigré », ni tout ça ; pour moi, on est tous français, et pis c'est tout ! ».

Nous aussi, on rêverait d'avoir le privilège de croire que la couleur de la peau ne conditionne pas la place qu'on a dans cette société. Malheureusement, même ce rêve est un privilège de blancs, qui peuvent, eux, se permettre de faire semblant d'y croire. Même quand on naît candide, rêvant que tous les hommes et toutes les femmes de la terre se tiennent par la main et fassent une grande ronde du bonheur, ce qui nous rappelle, nous, à la dure réalité, c'est le marché du travail, l'éducation nationale, la police, les medias,… qui privilégient les blancs et nous discriminent dans l'accès à l'emploi, au logement, dans l'éducation, les loisirs, l'expression politique…

Les réactions effarouchées auxquelles on a systématiquement droit, participent de l'embrouillage de cerveau qui fait que non seulement on se fait marcher sur la gueule, mais qu'en plus, on n'a pas le droit de dire qu'on a un peu l'impression qu'on se fait marcher sur la gueule, et pas le droit de désigner ceux qui nous marchent sur la gueule. En fait, on n'a pas le droit d'essayer de comprendre ; charge à nous de nous rendre responsables de ce qui nous arrive et d'avoir honte de ce que nous sommes, pour assurer la paix sociale ; Et si vraiment on a envie de comprendre à s'en péter les plombs, on n'a qu'à aller se faire interner dans les hôpitaux psychiatriques, de plus en plus spécialisés dans l'accueil des immigrés-qui-ont-voulu-comprendre-ce-qui-leur-arrive-mais-qui-sont-devenus-dingues-juste-avant-d'avoir-compris… On y sera les bienvenu-e-s.

Ce texte pour montrer que, ne pas se laisser impressionner par les critiques/attaques, doit faire partie de nos postures de résistance (même si tenir tête aux militants blancs, généralement pas les moins imbus d'eux-mêmes, sur « blanc/pas blanc » ne constitue pas l'essentiel de notre lutte).

Système de discriminations : à qui profite le crime ?

Depuis quelques années, on dit de plus en plus que les personnes issues de l'immigration post-coloniale sont discriminées… Même au PS, on le dit.

Mais discriminées par qui, par quoi ? On peut parler des discriminations raciales, parler des victimes de discriminations, mais pas du système qui discrimine ? ni des critères sur lesquels il discrimine ? ni des discriminants ? Les discriminations seraient le fruit d'une force surnaturelle et invisible ? Des gens sont discriminés, d'accord ; Mais pourquoi y a-t-il discrimination ? A qui profite le crime ?

Pourquoi se contenter de dire par exemple que les noirs et les arabes ont plus de difficultés à trouver un logement ? Pourquoi ne pas compléter en disant que les blancs (c'est purement mathématique) ont plus de facilité à trouver un logement ? Pour faire un beau rapport de domination raciste, il faut qu'il y ait d'un côté des groupes raciaux dominés, mais pour que ça marche, il faut qu'il y ait de l'autre côté un groupe racial dominant.

On nous empêche de nommer les privilégiés de la société raciste, ou en tout cas, on nous empêche de pointer du doigt qu'ils sont privilégiés : ils sont dits français, français normaux, français de base, franco-français, français de souche… et on pointe du doigt chez les autres tout ce qui les distingue du français « normal » : ils sont dits français…mais d'origine étrangère, …mais immigrés de troisième génération, …mais musulmans, …mais noirs.

Pour comprendre ce qui nous arrive et ce que l'on subit du rapport de domination raciale, notre regard ne doit pas seulement être porté sur nous-mêmes, les dominés… Il doit se braquer aussi sur les dominants, les blancs.

Derrière les discriminations des uns se cachent les privilèges des autres

Nous n'avons pas inventé les catégories raciales ; elles nous sont imposées, à nos dépens.

Quand on parle de blancs, on ne désigne pas les gens qui font partie d'un groupe d'individus ayant la caractéristique d'avoir l'épiderme allant du blanc craie, au blanc beige en passant par le blanc rosé … Avec cette définition du groupe blanc, beaucoup d'entre nous, les plus palot-e-s, se retrouveraient d'office dans ce groupe de « blancs de peau »...

Notre propos est politique. Etre blanc, c'est profiter, de fait, des privilèges que le système raciste octroie aux individus faisant partie du groupe racial dominant, ainsi construit, privilèges rendus possibles par un système de discriminations imposé à ceux qui sont construits comme des non-blancs, donc des non-privilégiés.

Si ne pas dire « blanc » devait servir à ménager la susceptibilité de quelques blancs de notre entourage, on ne rechignerait pas à leur faire ce petit cadeau ; on comprend en effet la stupeur de celui qui s'est toujours pensé incolore car universel, et qui apprend, au détour d'une réunion de « militants de couleur », que ces « militants de couleur » (qu'il a pourtant toujours courageusement défendus contre les fachos du front national) essaient de lui plaquer une couleur à lui aussi, sans lui demander son autorisation, couleur qu'ils identifient par dessus le marché, à un positionnement racial dominant, lui qui a toujours été du côté des dominés…

Mais ce petit cadeau, on ne le fera pas car c'est en se construisant comme universel et central que le système dominant blanc a écrasé et exploité ceux qu'il a définit comme étant « les autres ».

Nommez le système, situez-le, colorez-le, et les blancs grimpent sur les toits pour crier au racisme. Il faudrait leur proposer des stages intensifs de « désuniversalisation ». Comme notre collectif n'a pas les moyens de financer ces stages pour tous les premiers concernés, on contribue à notre petit niveau à désuniversaliser les blancs en les nommant, en les situant, et en les colorant.

Notre posture politique est de renverser les termes du débat concernant la lutte contre les discriminations. Pour nous, lutter contre le racisme, ce n'est pas « aider » les discriminés à "rattraper leur retard", et, en attendant patiemment que « changent les mentalités », faire qu'ils ne soient plus discriminés, comme par magie, sans rien remettre en question du système raciste qui privilégie les blancs. Lutter contre le système social raciste, c'est lutter contre le système de privilèges des blancs (qui conduit de fait à discriminer les non-blancs). Combattre le vrai problème à sa source.

Poser, de notre point de vue, les équations qui sous-tendent le système raciste est un combat de mots. Ce n'est pas l'essentiel de notre combat politique, mais notre combat politique passe par ce combat-là. Casser les euphémismes, décrire les rapports de domination que nous subissons, bricoler des outils pour comprendre ce qui nous arrive quand, inéluctablement à l'école, on est orienté vers des filières qui mènent à des boulots de merde, ou à des impasses, quand on envoie vingt CV par jour et qu'on ne reçoit aucune réponse, quand on vit dans un quartier coupé du reste du monde, où on est parqués comme des animaux… Comprendre pour savoir contre qui/quoi on doit se battre, et imposer à ce pays de respecter ses propres lois en matière d'égalité raciale.

Un mot sur quelques uns des nôtres…

On pourrait terminer l'article là-dessus, le torse bombé, les cheveux électriques et la démarche volontaire, avec en tête l'air très approximatif de la BO du Malcom X de Spike Lee : nous, les noir-e-s et les arabes vivant en France, savons ce qui nous reste à faire : résister... Mais à ce moment-là, qu'entend-on de la part des deux-trois arabes qui viennent nous voir systématiquement en fin de réunion, le visage empreint de sagesse, pour nous conseiller, sur le ton de la juste modération ?... D' « arrêtez de dire « blancs » aux … blancs ; que ça les agresse, qu'ils ne comprennent pas, qu'ils sont sur la défensive ; que c'est inefficace, qu'on n'avance pas, que ça divise, qu'il faut s'ouvrir aux autres, ne pas rester entre nous… », ponctuant leurs conseils avisés par des « Méfions-nous du repli identitaire ! » et des « Attention aux dérives racistes de l'anti-racisme ! »…

Hep ! les défenseurs de l'« Incolorité » des « Innommables », où trouvez-vous autant d'énergie pour protéger la susceptibilité des blancs, avec toutes les humiliations que vous vous prenez dans la gueule, quand, que vous le vouliez ou non, vous êtes des français d'origine étrangère, des femmes de la diversité, des immigrés de la 32ème génération…, ce qui revient à dire que vous êtes des bamboulas et des bougnoules ? Quand, d'une façon ou d'une autre, on vous rappelle que vous pouvez toujours aller courir, même à poil, même sous la pluie, vous ne serez JAMAIS considéré-e-s comme faisant partie des leurs.

Puisque vous êtes si tatillons sur le vivre-ensemble, sur le fait qu'on soit tous français à égalité sans distinction de race…, pourquoi ne pas consacrer cette énergie à aller emmerder ceux qui en ce moment, dernière mode dans les médias et dans l'espace politique, parlent de nous comme des « représentants de la diversité » ? Pourquoi on ne vous entend pas leur dire que ça nous choque, qu'on ne se sent pas plus divers que les autres, qu'on se sent « agressés », « exclus », que c'est « inefficace », que ça « divise », « halte au repli identitaire » et « aux dérives racistes »…

Si vous préférez rester endormis, soit ! Ça peut accessoirement vous servir si vous envisagez une carrière d'arabe ou de noir de service. Personne ne vous plaindra ici, et vous aurez bien mérité d'être traités comme des chiens. Mais abstenez-vous de nous tacler en public ; c'est déjà difficile pour nous dans ce pays de lutter pour le respect de la dignité et pour l'égalité de traitement, sans devoir gérer en plus, la honte de voir que les plus virulents à nous tirer dans les pattes, sont des nôtres.

Collectif des Féministes Indigènes, Juin 2007

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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 21:07

Non à l'utilisation du logiciel Ardoise dans la police et la gendarmerie nationales !



Collectif contre l'homophobie (C.C.H.)
Association loi 1901 fondée en 1997
9 rue Joachim Colbert - 34000 Montpellier






Montpellier, le 14 avril 2008



Communiqué de presse

Non à l'utilisation du logiciel Ardoise dans la police et la gendarmerie nationales !

Non au profilage catégoriel demandé par Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur !

Non au retour du fichage !



Depuis plusieurs semaines, le Collectif contre l'homophobie (C.C.H.) reçoit des témoignages alarmants de policiers et de gendarmes au sujet du projet du Ministre de l'Intérieur de remplacer le logiciel LRP (Logiciel de Rédaction de Procédure) et le logiciel STIC (Système de Traitement des Infractions Constatées) par le logiciel ARDOISE (Application de Recueil de la Documentation Opérationnelle et d'Informations Statistiques sur les Enquêtes).

Ce nouveau logiciel « Ardoise » reprend toutes les fonctionnalités des logiciels LRP et STIC mais à une différence notable et problématique, il prévoit de renseigner des caractéristiques personnelles de toute personne entendue comme victime, témoin ou auteur dans une procédure.

Ainsi le policier ou le gendarme peut préciser dans la rubrique « Etat de la personne » les informations suivantes « homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », «  relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical » Š

La saisie de ces informations a vocation à établir une fiche profilée de chaque personne ayant un contact avec la police dans le cadre d'une procédure ; cette fiche sera consultable sur toute le territoire national par les forces de l'ordre, et notamment à chaque fois que cette personne aurait à faire à elles.

Nous partageons le malaise de nombreux policiers et gendarmes ; comme eux, nous avons du mal à saisir l'intérêt de la mention de certains détails et les finalités de ce profilage.

Nous sommes particulièrement inquiets face au risque de constitution de fichiers catégoriels que ce logiciel pourrait permettre.

Sans remonter à la période sombre de la Seconde Guerre Mondiale pendant laquelle des membres de certaines minorités furent fichés et déportés, nous voulons rappelons le fichage (par les brigades mondaines) et le harcèlement policier subi par de nombreuses personnes (notamment homosexuelles) des années 50 aux années 70.

Il a fallu l'élection de François MITTERRAND à la Présidence de la République en 1981 pour que l'homosexualité soit dépénalisée par le Ministre de la Justice Robert BADINTER (loi du 5 août 1982) et que les fichiers d'homosexuels soient détruits à la demande expresse du Ministre de l'Intérieur Gaston DEFFERRE.

Nous n'accepterons pas que Michèle ALLIOT-MARIE autorise l'utilisation de ce logiciel car il peut donner lieu à des dérives de sinistre mémoire.

Le Collectif contre l'homophobie (C.C.H.) saisit ce jour
- La HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations)
- La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés)
- La CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme)

Par ailleurs nous lançons un appel solennel à toutes les organisations de défense des droits de l'Homme, à tous les syndicats, à toutes les autorités morales et philosophiques, à tous les parlementaires pour qu'ils s'engagent contre le logiciel ARDOISE.

Nous demandons à Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de l'Intérieur de surseoir à l'application de ce logiciel litigieux et problématique.

Nous demandons au Premier Ministre et au Président de la République de nous recevoir afin d'évoquer ce problème.

Hussein BOURGI
Le Président
06 89 81 36 90


Informations sur le logiciel ARDOISE
Dans le cadre du programme de formation organisée par la Direction de la Formation de la Police Nationale,
Livrable en octobre 2006, puis en février 2007, le logiciel ARDOISE a pris du retard dans sa finalisation.
Officiellement, cette application est destinée tant à la rédaction de procédures qu'à l'aide à l'enquête ou aux statistiques.
Ce logiciel a été expérimenté à Ecully au sein de la Direction Centrale de la Police Judiciaire.
Un plan de communication accompagnant le lancement du logiciel Ardoise était prévu grâce à un film et un diaporama.
La formation continue a ciblé 4 groupes (enquêteurs, chefs de service, chefs de groupes ou d'unités, gestionnaires et administrateurs fonctionnels) représentant 90.000 personnes.
Les modules de formation se font par groupe de 8 agents, ils durent entre 2 et 3 jours selon les départements.
Le logiciel ARDOISE devait être utilisé au premier trimestre 2008 mais son entrée en application vient d'être reportée au mois de mai 2008.


Source :
De: CCH MTP <<mailto:collectifcontrelhomophobie@hotmail.com>collectifcontrelhomophobie@hotmail.com>
Date: 14 avril 2008

Merci de diffuser abondamment cette information autour de vous !
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 21:05

« En France et ailleurs, on meurt toujours d'homophobie »


Des étudiants qui s'écroulent tous en même temps à Villejean, au son d'insultes homophobes ? C'est l'étrange spectacle auquel ont pu assister des dizaines de personnes ce mardi après-midi, aux abords du Hall B. Une opération menée par les membres de l'association Commune Vision, pour la diversité sexuelle, dans le cadre de la prochaine journée contre l'homophobie. (Voir la vidéo sous l'article)




Le 17 mai prochain nous célébrerons la journée internationale contre l'homophobie. Pour être certaine de marquer le coup sur le campus, avant cette date d'examens et de vacances, l'association Commune Vision pour la diversité sexuelle, organise aujourd'hui et demain des journées de sensibilisation sur le campus.

 

 

« Ici à Rennes 2, explique David, membre de Commune Vision, nous n'avons pas trop de problèmes, c'est une faculté plutôt ouverte, avec des filières venues de tous horizons. À Rennes 1, c'est plus caché d'après ce que nous disent certaines personnes qui étudient là-bas. »

 

 

 

« N'importe qui appelle son pote PD »

 

 

 

Il n'empêche que partout aujourd'hui, à Rennes 1, Rennes 2 ou ailleurs, certains termes « qui ne mangent pas de pain », sont clairement entrés dans le langage courant. « N'importe qui appelle son pote « PD » maintenant, explique David, posté devant un pancarte estampillée pédale, PD, tarlouze, tafiole, lesbos... et autres joyeusetés censées démontrer l'étendue du champ lexical du petit homophobe. Ce que nous voulons, c'est montrer que ce n'est pas un sujet à prendre à la légère ; qu'en France et ailleurs, on meurt toujours d'homophobie. »

 

 

Derrière David, une énorme carte sans légende. Sur le planisphère en tissu, « en jaune les pays les plus ouverts, en orange ceux où l'homosexualité est punie par des amendes ou des peines de prison, et en rouge enfin, ceux où elle est passible de la peine de mort. » Sept pays exactement, où aujourd'hui on pratique encore pendaison ou lynchage envers les homosexuels : l'Afghanistan, l'Arabie saoudite, le nord du Nigeria, la Mauritanie, le Soudan, le Yémen et l'Iran, où en 2005 deux adolescents de 16 et 18 ans ont été pendus, pour avoir eu ensemble, des relations. Et les exemples, qui défilent sur un écran devant David, ne manquent pas, de l'exécution à la discrimination ordinaire.

 

 

 

« Le comportement homosexuel est évidemment une menace pour la survie de l'humanité. »

 

 

 

C'est pour rappeler cela qu'une dizaine de personne a décidé, aujourd'hui, d'une petite action symbolique sur les marches du hall B : un die-in. (voir la vidéo en dessous) « On se couche tous en même temps, explique un autre bénévole de l'association, et on fait passer en bande-son des propos homophobes, pour la plupart tenus par des hommes politiques au cours des dernières années. »

 

 

A l'appui quelques flyers à l'effigie de Jean-Marie Le Pen (« Je confesse qu'il doit y avoir des homosexuels au FN. Mais il n'y a pas de folies. Elles sont invitées à aller voir ailleurs »), Ph. De Villiers (« Votre révolution du PACS c'est le retour à la barbarie ») ou encore Christian Vanneste, député UMP (« Le comportement homosexuel est évidemment une menace pour la survie de l'humanité. »)

 

 

L'initiative a été saluée par des étudiants, présents devant le bâtiment au moment de l'action et devrait être reconduite demain, à 12h30 et 15h30.

 

 

 

Pratique : l'association sera présente le 17 mai, place de la Mairie pour la journée contre l'homophobie / le 14 juin pour la Marche des Fiertés rennaises.

 

Source : http://www.rennes-infhonet.fr/article-societe-1466-die-in-rennes-villejean-homophobie

-commune-vision-rennes-campus-0sousune.html

 

Sabrina KHENFER


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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 21:05

Baba Traore, Ivan, Chulan Zhang... Les décès lors de contrôles se multiplient. Des enquêtes sont lancées, mais ou mènent-elles?


par Par CHLOÉ LEPRINCE

Il y a une semaine, Baba Traore mourrait dans la Marne, à hauteur de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne). Malien, âgé de 29 ans et célibataire, il venait d'être contrôlé à la sortie du RER par des agents de la RATP et des policiers. A leur présenter, Baba Traore n'a que sa carte de la RATP. Pas de pièce d'identité. Encore moins de titre de séjour: il était arrivé en France pour donner un rein à sa soeur, en 2004, et son titre de séjour était arrivé à expiration. Lui était resté, sans papiers.

Depuis le mois de janvier, il était sous le coup d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Lorsque les policiers -en civil, raconteront des témoins- lui demandent de les suivre pour vérifier son identité, il prend la fuite. Au bout de la course, les parapets qui protègent les berges du fleuve. Il saute à l'eau. Hydrocution: la Marne était à 6 degrés ce vendredi 4 avril. Il se passe encore quelques minutes avant que les secours ne le repêchent, inconscient. Transporté à l'hôpital à Paris, il décède peu après.

Ce récit, c'est celui du parquet de Créteil, en charge du dossier. Car une enquête a été ouverte et confiée par le parquet à l'IGS, la "police des polices". L'autopsie indique que Baba Traore est mort d'un choc cardiaque lié à la température de l'eau. Brigitte Franceschini, secrétaire générale du parquet au TGI de Créteil, précisait vendredi soir que l'enquête sur la mort de Baba Traoré était "quasi bouclée":
"Si nous constatons une infraction pénale de la part des policiers, nous pouvons décider de poursuivre. Mais les témoignages sont formels et confirment les résultats de l'autopsie: il n'y a pas eu de contact après le contrôle entre les policiers et Baba Traore. Il n'y a aucune trace de violences."

La soeur de Baba Traore, elle, contestait dans la presse, quelques jours après le drame, que son frère ait pu se jeter à l'eau: "Parce qu'il aimait trop la vie."

Des précédents tragiques

L'annonce de ce décès a déclenché un vif émoi dans l'opinion publique. Car l'histoire de Baba Traore entre en résonnance avec celle d'autres sans-papiers, morts après un contrôle d'identité. C'est le cas de ce jeune Congolais qui s'est jeté du deuxième étage de l'hôtel de police, à Lyon, le 4 août. Le cas, aussi, le 20 septembre, de cette Chinoise qui s'est elle aussi défenestrée, boulevard de la Villette, à Paris, lorsque les policiers étaient venus perquisitionner dans un appartement au 1er étage. L'enquête révelera que la police cherchait en fait son logeur dans une affaire de vol. Chulan Zhang avait 51 ans.

C'est aussi le cas d'Ivan, 12 ans, né à Grozny, dont l'histoire a été très médiatisée. Le 9 août, la police réveille cette famille tchétchène en sonnant à la porte de leur appartement d'Amiens. Les parents d'Ivan refusent d'ouvrir, le père panique et décide de passer sur le balcon du voisin du dessous lorsqu'il entend la police défoncer la porte. Son fils veut le suivre. Il tombe. Il passera plusieurs jours dans le comas, puis de longs mois hospitalisé.
Contacté vendredi, maître Lec, son avocat, raconte qu'Ivan a repris les cours au collège à mi-temps et qu'il est en rééducation le reste du temps. Ses parents et lui ont arraché un titre de séjour provisoire d'un an, alors qu'Ivan était encore dans le coma.

A l'epoque, Ivan est le quatrième sans-papiers à passer par la fenêtre en un mois et demi. Là aussi, une enquête a eu lieu. Au pas de course et dans une grande discrétion: Ivan chute du balcon le 9 août, l'IGPN boucle son enquête le 3 septembre. Quelques jours plus tard, le parquet d'Amiens classe l'affaire sans suite. A l'époque, Me Francis Lec expliquait à Rue89 que l'Etat pourrait être inquiété dans cette affaire. Huit mois plus tard, l'avocat précise:
"L'enquête est close et nous ne sommes guère étonnés des conclusions. Mais on peut encore porter plainte contre X pour faire rouvrir l'information judiciaire. Les milieux associatifs qui entourent la famille poussent en ce sens. Devant le tribunal administratif, nous pourrions poursuivre l'Etat. Les parents, eux, ne sont pas encore décidés."

Que se passe-t-il réellement sur place pour qu'on en arrive là?

Ajoutant au désarroi qui va crescendo, les cas se multiplient: le 8 janvier, un autre sans-papiers, Algérien de 26 ans, mourrait en se jetant dans le vide durant une perquisition, en région parisienne. Et l'opinion publique de s'interroger: comment peut-on en arriver à tant de contrôles à l'issue dramatique? Que se passe-t-il réellement sur place pour qu'on en arrive là?

L'ouverture d'une enquête est systématique sitôt que l'affaire débouche sur un décès. Deux autorités peuvent en être à l'initiative: le préfet ou le parquet. Mais ces enquêtes, annoncées très vite après le drame, sont-elles efficaces et crédibles? Vite menées, discrètement closes, elles ne débouchent le plus souvent sur rien.

Contactés cette semaine pour faire le point sur l'enquête, sept mois après la mort de Chulan Zhang, ni l'IGS ni le parquet de Paris n'ont voulu répondre à Rue89. A Créteil, où s'instruit l'enquête sur la mort de Baba Traore, Brigitte Franceschini, la secrétaire générale du parquet, a, elle, accepté de nous parler de l'affaire:
"C'est la toute première fois que nous sommes confrontés à un tel cas. Je sais qu'il y a eu des précédents, et d'autres enquêtes à la clef, mais on n'échange pas, entre parquets. Les autres affaires, c'est par la presse que j'en ai entendu parler."

Une conséquence de la politique du chiffre


Proche de la gauche et ouvertement hostile à la politique actuelle envers les sans-papiers, le Syndicat de la magistrature n'hésite pas à aller plus loin:
"Nous n'avons pas encore de chiffres sur ce point. La question du suicide d'étrangers en centre de rétention ou de décès lors d'interpellation est assez récente. C'est la pression du chiffre qui crée les conditions d'un stress légitime pour les étrangers: ils veulent échapper par tous moyens à la police."

Enfin, outre l'enquêtes administrative, lancée par l'administration concernée, et l'enquête judiciaire, sous le contrôle du parquet, ces affaires peuvent aussi déboucher sur une enquête de la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS), sur l'initiative d'un député.

La CNDS rendait justement public, cette semaine, son rapport annuel pour 2007. La Commission, peu diserte par téléphone, concède toutefois du bout des lèvres quelques mots sur ces affaires:

"Oui, nous avons des cas comme celui [De Baba Traoré]. Nous sommes alors en droit d'exiger des pièces émanant de l'enquête judiciare ou administrative, qui existe à côté. Mais nous restons soumis au bon vouloir des gens qui nous répondent: ça peut prendre plusieurs mois, en cas de blocage d'un juge d'instruction, par exemple. Notre appréciation des faits est régulièrement différente de celle de l'IGS, c'est notre raison d'être."

Et la CNDS, qui avait été créée en 2001, de souligner que ses moyens restent très limités "pour une bonne raison: lorsqu'il y a un décès, il nous manque un témoignage crucial, celui du mort!"

Source : http://www.rue89.com/2008/04/14/morts-de-sans-papiers-ou-en-sont-les-enquetes
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 21:04

Au Yémen, une fille de huit ans demande le divorce au tribunal




"Une fille de huit ans a décidé la semaine dernière de se rendre au tribunal de l´ouest de Sanna pour porter plainte contre son père, qui l´a forcée à épouser un homme de trente ans (Š) L´enfant a demandé le divorce, accusant son mari de violences domestiques et sexuelles.

Selon la loi yéménite, Nojoud ne peut poursuivre [qui que ce soit en justice], étant donné son jeune âge. Le juge Muhammad Al-Qathi a toutefois entendu sa plainte et ordonné l´arrestation du père comme du mari (Š)"

Lire le témoignage de la fillette : http://www.thememriblog.org/arabculture/blog_personal/en/6778.htm <http://memri-tv.netmailer.co.il/ecrm/Includes/CountLinks.asp?MailID=578&SubID
=23173&SubscriberEmail=bernice.dubois@wanadoo.fr&Link=http://www.thememriblog.org
/arabculture/blog_personal/en/6778.htm> <http://memri-tv.netmailer.co.il/ecrm/Includes/CountLinks.asp?MailID=578&SubID
=23173&SubscriberEmail=bernice.dubois@wanadoo.fr&Link=http://www.thememriblog.org
/arabculture/blog_personal/en/6778.htm> .
Source : Yemen Times, Yemen, 10 avril 2008
Transmis par :
MEMRI    Middle East Media Research Institute
Revue des sites de MEMRI du 14 avril 2008
<memri-tv@netmailer.info>
BLOG CULTURE ORIENTALE ET NORD-AFRICAINE
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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 21:00

Effets sur les femmes du développement de l'État néolibéral



1) Hétérogénéisation de la situation sur les marchés de l'emploi et précarisation économique

 Féminisation accrue du travail atypique (à domicile, sur demande, ateliers de misère, etc.)
 Augmentation du travail à temps partiel, atypique, au noir. etc.
 Augmentation du travail indépendant et croissance du secteur privé
 Développement de la sous-traitance
 Renforcement des ghettos d'emploi et plus grande concentration des emplois féminins dans certains sous-secteurs moins payés
 Diminution des protections en matière de lois du travail et atteintes importantes au droit à la syndicalisation, à la négociation des salaires et des conditions de travail (modification à l'article 45 du Code du travail, loi 8 interdisant le syndicalisation aux éducatrices de services de garde en milieu familial, loi 124 sur les CPE, loi spéciale 142 décrétant les salaires et conditions de travail du personnel syndiqué du secteur public)
 Écueils à répétition dans l'application de la Loi sur l'équité salariale
 Intensification de la tension Nord-Sud (conditions quasi d'esclavage dans les zones franches et autres ateliers de misère)
 Trafic des travailleuses domestiques
 Creusement des inégalités entre les femmes elles-mêmes (certaines femmes sont avantagées par l'évolution en cours)

2) Renforcement de la division sexuelle du travail

 Absence généralisée de mesures adéquates de conciliation famille / travail
 Reféminisation du travail bénévole des femmes
 Invisibilité de la production domestique, du travail de soins, du travail volontaire ou bénévole

3) Contrôle et marchandisation du corps des femmes

 Marchandisation-exploitation accrue du corps des femmes, prolifération des produits sexuels, augmentation de la prostitution et de la pornographie
 Sexualisation précoce (hypersexualisation) des petites filles
 Développement du trafic et de l'esclavage sexuels des femmes et des enfants à travers le monde
 Violences envers les femmes
 Réaffirmation de l'idéologie patriarcale : recrudescence des stéréotypes sexuels, montée de l'intégrisme religieux, du discours anti-féministe, etc.

Le document : http://www.ffq.qc.ca/pub/form-iref-2006.pdf

Source : FÉDÉRATION DES FEMMES DU QUÉBEC
 
lundi 19 juin 2006
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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 12:48
Mexique Bárbara Italia Méndez

Un viol commis par des policiers reste impuni


Source : www.amnesty.fr
8 avril


Deux ans après avoir été violée par des policiers, Bárbara Italia Méndez attend toujours que justice lui soit rendue. Dans la soirée du 3 mai 2006, après avoir appris qu'un enfant avait été tué lors d'affrontements entre la police et des manifestants, elle s'était rendue, en signe de soutien, à San Salvador Atenco, dans l'État de Mexico. Elle s'était réfugiée dans une maison afin d'échapper à la police, qui avait fait irruption dans le village pour mettre fin au mouvement de protestation et libérer des policiers pris en otages.


Le lendemain, elle a été arrêtée sans aucune explication. Les policiers l'ont rouée de coups, lui infligeant des blessures à la tête et de multiples contusions. Ils l'ont ensuite poussée dans un véhicule, l'obligeant à s'allonger sur les autres détenus qui s'y trouvaient déjà. Pendant le trajet, ils l'ont forcée à se déshabiller, et après l'avoir à nouveau frappée, des policiers l'ont violée à l'aide de différents objets, sous les acclamations de leurs collègues. Elle est l'une des 26 femmes qui ont déclaré avoir été victimes de violences, notamment sexuelles, après leur arrestation les 3 et 4 mai 2006.

Bárbara Italia Méndez a été conduite à la prison de Santiaguito près de Toluca, dans l'État de Mexico, où elle a été soumise à un examen médical. Les médecins de la prison n'ont pas relevé toutes les blessures physiques ni réuni les éléments de preuve montrant qu'elle avait été victime de violences sexuelles. Des médecins légistes du bureau du procureur général de l'État ont procédé sans entretien détaillé à un deuxième examen médical qui, selon Bárbara Italia Méndez, a été superficiel et gênant.

Elle a ensuite comparu devant un représentant du bureau du procureur, qui lui a indiqué que la raison de son arrestation était « inconnue ». N'ayant pas été autorisée à consulter un avocat, elle a refusé de faire la moindre déclaration. Elle a néanmoins porté plainte pour le viol et les autres mauvais traitements dont elle avait été victime. Or, pendant qu'elle faisait sa déposition, un responsable a déchiré sa plainte en disant qu'elle ne devait expliquer que ce qu'elle faisait à San Salvador Atenco.

Le tollé suscité par les allégations de sévices a finalement contraint le bureau du procureur à ouvrir une enquête. Cependant, aucun des responsables présumés de ces crimes n'a été poursuivi.




Madame la Procureure,
Dans la soirée du 3 mai 2006, Bárbara Italia Méndez s'était rendue, en signe de soutien, à San Salvador Atenco, dans l'État de Mexico, après avoir appris qu'un enfant avait été tué lors d'affrontements entre la police et des manifestants. Elle a alors été arrêtée le lendemain sans explication. Pendant le trajet vers le poste de police, elle a été forcée de se déshabiller, a été frappée et violée à l'aide de différents objets, sous les acclamations des policiers. Elle est l'une des 26 femmes qui ont déclaré avoir été victimes de violences notamment sexuelles, après leur arrestation les 3 et 4 mai 2006. Conduite à la prison de Santiaguito près de Toluca, dans l'État de Mexico, elle a été soumise à un examen médical superficiel.
Des médecins légistes du bureau du procureur général de l'État ont procédé à un deuxième examen gênant et peu précis. Le représentant du procureur n'a pas pu notifier la raison de l'arrestation de Bárbara Italia Méndez qui, sans l'assistance d'un avocat, a refusé de faire la moindre déclaration. Le tollé suscité par les allégations de sévices subis par ces femmes a finalement contraint le bureau du procureur à ouvrir une enquête. Cependant, aucun des responsables présumés de ces crimes n'a été poursuivi.

En tant que membre/sympathisant(e) d'Amnesty International, je vous demande instamment qu'une enquête approfondie et impartiale soit menée dans les plus brefs délais sur le viol et les autres mauvais traitements signalés par Bárbara Italia Méndez et les 25 autres femmes. Ces dernières doivent recevoir pleinement réparation et les responsables présumés doivent être traduits en justice.
En espérant que vous ferez droit à ma requête, je vous prie de croire, Madame la Procureure, à l'expression de toute ma considération.

Signature/Nom/Adresse

lettre à adresser à :
Lic. Guadalupe Morfin,
Fiscal Especial para la Atención
de Delitos Relacionados con Actos
de Violencia contra las Mujeres,
Procuraduría General de la República,
Rio Elba, No. 17,
Col. Cuauhtémoc,
Del. Cuauhtémoc,
México D.F.,
C.P. P. 06300,
Mexique
Fax : 00 52 55 53 46 09 40
E-mail : atencionmujeres@pgr.gob.mx


copie à adresser à :
Ambassade du Mexique
9, rue de Longchamp - 75116 Paris
Fax : 01.47.55.65.29
E-mail : mailto:embfrancia@sre.gob.mx

modèle de lettre à télécharger au format WORD


Affranchissement avion
jusqu'à 20 g : 0,85 ¤
Signature/Nom/Adresse lettre à adresser à : Lic. Guadalupe Morfin, Fiscal Especial para la Atención de Delitos Relacionados con Actos de Violencia contra las Mujeres, Procuraduría General de la República, Rio Elba, No. 17, Col. Cuauhtémoc, Del. Cuauhtémoc, México D.F., C.P. P. 06300, Mexique Fax : 00 52 55 53 46 09 40 E-mail : copie à adresser à : Ambassade du Mexique 9, rue de Longchamp - 75116 Paris Fax : 01.47.55.65.29 E-mail : Affranchissement avion jusqu'à 20 g : 0,85 ¤


Pour vous aider à la rédaction des lettres, vous pouvez vous référer au Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 (ratifié par le Mexique), article 2.3 sur le droit au recours utile et article 14 sur le droit au procès équitable.
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