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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 07:55

L'Etat veut-il tuer Internet en France ?


Posté par : Temey, le lundi 23 avril 2007 - 00:01:02







Discrètement, en marge de la campagne, le gouvernement prépare un décret qui, s'il était appliqué, tuerait l'Internet "made in France". En effet, sous prétexte de surveiller au plus près les internautes, un décret d'application de la loi sur la confiance dans l'économie numérique du 21 juin 2004, exige que les éditeurs de sites, les hébergeurs, les opérateurs de téléphonie fixe et mobile et les fournisseurs d'accès à Internet, conservent toutes les traces des internautes et des abonnés au mobile, pour les délivrer à la police judiciaire ou à l'Etat, sur simple demande.

Au-delà du coût incroyable que cette conservation représenterait, cette mesure ne pourrait que déclencher une défiance immédiate des Français à l'égard de leur téléphone mobile ou fixe, comme à l'égard des acteurs français d'Internet, assassinant instantanément l'économie numérique française, pourtant décrite comme stratégique par nos chers candidats.


Le décret en préparation exprime le fantasme "Big Brother" : tout savoir sur tout et tous, même l'impossible. Selon ce texte, les opérateurs téléphoniques, les fournisseurs d'accès à Internet, les hébergeurs et les responsables de services en ligne (sites Web, blogs, etc.), devraient conserver pendant un an à leurs frais toutes les coordonnées et traces invisibles que laissent les utilisateurs lors d'un abonnement téléphonique ou à Internet, lors de leurs déplacements avec un téléphone allumé, lors de chaque appel ou de chaque connexion à Internet, de chaque diffusion ou consultation sur le Web d'un article, d'une photo, d'une vidéo, ou lors de chaque contribution à un blog.

En substance, devraient être conservés les mots de passe, "pseudos", codes d'accès confidentiels et autres identifiants, numéros de carte bancaire, détails de paiement, numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, le numéro de l'ordinateur ou du téléphone utilisé, le moyen d'accès à un réseau, les date et heure d'appel, de connexion et de chacune de leurs consultations ou contributions sur un site Internet.
A tant vouloir être exhaustif, le texte imposerait d'identifier quiconque, en France, aura mis en ligne, modifié ou supprimé une virgule dans son blog, un "chat", ou sur le Web. Techniquement, on peut, certes, tenter de savoir qui s'est connecté à un site et constater sur Internet ce qu'il diffuse à un instant donné.

Mais en cherchant à conserver la trace de la publication d'un contenu qui aura, par la suite, été retiré, le texte impose de facto de mémoriser systématiquement tout ce qui est mis en ligne, modifié et supprimé sur "l'Internet français". De l'avis unanime des spécialistes, c'est économiquement et techniquement impossible. Même les Etats-Unis de George W. Bush et leur "Patriot Act" post-11-Septembre n'ont jamais envisagé pareille conservation ou réglementation, qui soulèverait sans doute l'opinion publique américaine d'aujourd'hui, mais s'opère sans bruit en France.

Le coût, aussi bien pénal qu'économique, d'un tel dispositif serait colossal pour la France. En cas de résistance, ou juste de passivité, la sanction encourue est lourde : les fournisseurs d'accès à Internet ou les sites Internet français qui ne conserveraient pas toutes ces données seront passibles de 375 000 euros d'amende et leurs dirigeants, d'un an d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, sans compter la fermeture de l'entreprise, l'interdiction d'exercer une activité commerciale, etc.
Lors d'une réunion organisée en catimini le 8 mars 2007 par les ministères de l'intérieur et des finances - le ministère de la justice jouait, une nouvelle fois, les absents -, certains professionnels ont fait valoir, notamment, que cette conservation leur coûterait très cher en stockage informatique et en moyens humains. De plusieurs dizaines de milliers à plusieurs millions d'euros par an de perte nette.

Pourtant, la plupart des sites Web, les Web radios, les blogs, la vidéo à la demande ou mobile, sont encore en quête d'un modèle économique pérenne. Déjà insécurisée par la complexité des enjeux de propriété intellectuelle, l'économie numérique de demain - celle du contenu et pas seulement de l'accès - serait encore fragilisée par une telle surenchère réglementaire franco-française.

En imposant aux entreprises françaises d'être des auxiliaires de justice ou des "indics", l'Etat fragilise tout un pan de l'économie de demain et de la démocratie d'aujourd'hui, en favorisant qui plus est, la domination déjà outrancière des grands acteurs internationaux de l'Internet, qui ne seront pas impactés à l'étranger. Jusqu'alors, seuls les fournisseurs français d'accès à l'Internet et hébergeurs étaient soumis à cette exigence et l'Etat, qui avait promis des compensations financières aux coûts induits par une surveillance des moindres faits et gestes de leurs clients, met tant de mauvaise grâce à s'acquitter des indemnités dues que certains d'entre eux ont renoncé à en réclamer le règlement, préférant envisager la délocalisation pure et simple de leurs activités...
Ces menaces proférées par quelques poids lourds de l'Internet en France font sourire Bercy, qui semble n'avoir pas encore compris qu'Internet est un réseau mondial dont de nombreux prestataires peuvent s'établir et payer leurs impôts presque où bon leur semble.
Il reste que la confusion des genres est totale. Toutes les données conservées seraient accessibles à la police administrative (RG, DST, etc.) comme à la police judiciaire, pendant un an. Les réquisitions administratives pour la "prévention du terrorisme" seraient également conservées un an dans des fichiers tenus par les ministères de l'intérieur et de la défense. Les réponses à ces mêmes réquisitions - nos traces, donc - seraient, pour leur part, conservées pendant trois ans supplémentaires et communicables à la police judiciaire.

Ainsi, des données récoltées sur la base de requêtes administratives initialement motivées par la prévention du terrorisme pourraient se retrouver dans le dossier d'un juge d'instruction en charge d'une affaire de droit à l'image, de diffamation ou de contrefaçon, par exemple, sans que les personnes mises en cause par des traces informatiques vieilles de 4 ans, puissent connaître - ni contester - l'origine ou la pertinence de ces données, ni le contexte dans lequel elles avaient été recueillies, en dehors de toute procédure judiciaire, sans magistrat ni contradictoire, quatre ans auparavant.

Ce projet de décret constitue donc une véritable menace de mort. Il est inquiétant pour trois raisons essentielles. D'abord, le coût. A vouloir faire conserver et restituer par les entreprises, sous peine d'investissements à perte, de prison et d'amendes, des traces qu'elles n'ont pas de raisons ou de possibilité d'avoir, la France créerait une distorsion de concurrence au détriment de sa propre économie numérique, pourtant motrice de notre croissance. Un internaute choisira plus aisément un site non surveillé qu'un site français pour s'informer, même s'il n'a rien à craindre de sa recherche.

Ensuite, la confusion entre le renseignement d'Etat et la justice, qui relègue la séparation des pouvoirs au rang de fiction juridique. Enfin, le risque qu'un tel dispositif ferait peser sur la régularité des procédures judiciaires au regard de notre procédure pénale. C'est-à-dire le risque de priver une politique de sécurité de toute efficacité.

Certes, le gouvernement consultera la CNIL, brandie en épouvantail par les ministères. Mais l'avis de celle-ci, même défavorable, sera dépourvu du moindre effet juridique depuis la refonte de la loi informatique et libertés intervenue en 2004. Certes, l'équilibre entre sécurité, croissance, libertés et efficacité est complexe. Au demeurant, aucune de ces valeurs ne s'illustre dans ce projet de décret, dont la rédaction est aujourd'hui laissée à un consensus entre technocrates et techniciens qui, quels que soient les résultats des échéances électorales, seront encore là demain.

Ce qui pourrait n'être qu'un décret illisible de plus est aujourd'hui une menace de mort pour le développement du numérique en France et pour tous les acteurs concernés de près ou de loin par celui-ci, de la presse aux blogueurs, en passant par la grande distribution, les opérateurs de téléphonie, les fournisseurs de logiciels, les fabricants d'ordinateurs, etc.
Sous prétexte de lutter contre la menace réelle du terrorisme, l'Etat français prend - comme aucun autre - le risque de tuer une part non négligeable de l'avenir du pays, sans aucun état d'âme et dans le silence assourdissant d'une campagne présidentielle omniprésente sur Internet, mais muette sur le développement de l'Internet.

Auteur : Philippe Jannet, président du Groupement des éditeurs de sites en ligne (Geste).
Le Geste regroupe les principaux éditeurs de sites en ligne français, qu'il s'agisse de portails généralistes (Yahoo ! France, Google), d'organismes ou d'entreprises (INA, UFC Que choisir, Manpower, Comareg, France Télécom, Bouygues Télécom, etc.), ou encore de sites de chaînes de télévision (TF1, France télévision, M6, etc.), de radios (Radio France, Skyrock, RTL, RFI, etc.), d'agences (AFP), de journaux (Le Figaro, Les Echos, Libération, Le Monde, L'Equipe, Le Point, L'Express, Le Nouvel Observateur, Le Parisien et les journaux du groupe Hachette Filipacchi Multimedia, etc.).


Source : http://www.lemonde.fr/
Source 2 : http://www.invention-europe.com/Article523569.htm

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 20:09
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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 11:43


Avant le 6 mai, et les manifestations qui s'ensuivront, le Cercle des Slameurs Underground t'invite à un moment de liberté unique où seront réunis des musiciens acoustiques tels que :
  • Joss, percussionniste soliste
  • Jon Norris, guitariste auteur compositeur
  • Jess, guitariste soliste
  • et d'autres musiciens qui pourront accompagner vos slams
Pour les férus de slam-hip hop, il y aura aussi le célèbre DJ :
  •   Nino Korta qui remixera pour vous des instrus en tout genre
Le visuel sera assuré par une exposition de différents peintres sur plusieurs étages du bâtiment de la Petite Rockette.

Il y aura aussi des peintres et des graffeurs :
Et évidemment quelques slameurs du Cercle des Slameurs Underground seront présents, tels que :
Comme tu le sais dans le Cercle des Slameurs Underground, aucun clash, aucun système de notes ne sont les bienvenus. Mais exceptionnellement, les meilleurs slameurs de cette soirée gagneront un passage sur la radio du Ministère, sur laquelle nous animons une émission hebdomadaire le vendredi.

A vos papiers, à vos stylos, et puis n'oublie pas que l'esprit du Cercle des Slameurs Underground se veut artistique mais aussi politique donc prépare tes plus beaux slams anti-Sarko

Si tu viens avec un CD vierge, tu repartiras avec ton slam directement gravé par les soins de nos ingénieurs, ce qui te permettra de rapporter un souvenir de la soirée. Et tout cela gratuitement, cela va de soi.

L'entrée se fait sur donation, tu donnes ce que tu peux, ce que tu veux, et ça nous rendra heureux

Merci à toi

Le Cercle des Slameurs Underground

www.myspace.com/ghettor1bo
www.myspace.com/lecercledesslameursunderground
http://radio-ministere.bellinux.net/


P.S : après cette petite fête il te restera moins de 24 heures de liberté. Bienvenue dans le monde réel.



le Vendredi 4 mai
à La Petite Rockette
6 rue Saint Maur
métro : Voltaire ou Saint Maur
ça slame à Paname... passe le message à ton voisin
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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 08:05

Pédophilie, abus sexuels, attouchements... halte aux gros mots !


Il est des mots, lorsque l’on touche au tabou de l’inceste, qui dérangent, qui font peur, que l’on fuit et dont on se détourne pour mieux se protéger. La pratique est simple, utiliser d’autres mots plus politiquement corrects ou plus supportables. Mais parfois, même à notre insu, ceux-ci s’avèrent tout aussi pervers que l’acte qu’ils signifient.


Commençons par le plus fameux, le plus employé dans notre société par tout un chacun et surtout par les médias : pédophilie. Il est issu du mot pédophile, étymologiquement, composé de deux termes grecs ; paidos (enfant) et philos (ami) ; l’ami des enfants, celui qui aime les enfants. Ce néologisme a été lancé à la fin des années soixante par un mouvement intellectuel sociopolitique. Le but était de démarquer la pédérastie de la pédophilie. La pédérastie qui désigne l’attirance érotique d’un adulte pour les adolescents (ou préadolescents), bien souvent associée à l’homosexualité. Malheureusement, la manœuvre aboutit à une confusion entre les deux termes qui donne aujourd’hui un sens différent à la pédophilie. On parle de pédophilie lorsqu’un adulte, homme ou femme, impose par la violence, la manipulation, la menace ou toute autre manœuvre, des relations sexuelles à un enfant. Sous couvert de l’amour porté à l’enfant, de l’initiation de ce dernier aux affaires sexuelles, le pédophile, profite de l’enfant comme objet sexuel jusqu’à l’échanger, le vendre, le tuer (cf. affaire Dutroux).
A partir des années 90, les médias s’approprient le terme, le galvaudant à loisir. Si la pédophilie n’est pas inscrite dans le code pénal, elle sert de couverture à un crime tout aussi grave et bien plus répandu : l’inceste. En effet, 80% des infractions sexuelles sur mineurs sont commises au sein de la famille. Cette réalité, bien difficile à dire autant qu’à admettre est camouflée derrière la pédophilie. Tabou oblige. Le résultat est sans appel : on ne parle plus d’inceste mais de pédophilie dès lors qu’il s’agit d’infractions sexuelles sur enfant. Ainsi des affaires bien connues comme celle d’Outreau ou d’Angers sont présentées sous ce terme. Jamais, voire rarement, on ne parlera d’inceste. Et pourtant il s’agit d’inceste. Voilà un tour de passe-passe exemplaire qui permet à notre société de dédouaner la famille, l’intouchable famille. Le pédophile, c’est l’étranger au coin du bois, c’est rare, ça n’arrive qu’aux autres. Donc on en parle peu et l’on concentre la prévention auprès des enfants sur cet étranger qui lui proposera des bonbons. Or, le lieu de tous les dangers dont on ne parle jamais à l’enfant, c’est sa propre famille. Par chance, si l’enfant incesté se rend compte que ce qu’il vit est anormal et qu’il en parle, neuf fois sur dix, toute sa famille se retournera contre lui et lui imposera le silence. L’autre problème avec le mot pédophilie est qu’il signifie toujours étymologiquement, « aimer les enfants ». Les pédophiles s’en servent pour justifier leurs actes, prétextant qu’ils donnent de l’amour à ces enfants lorsqu’ils les violent. Ce mot ne signifie pas ce qu’il représente, c’est-à-dire la transgression de l’interdit de la loi. C’est pourquoi, les mots pédocriminel ou pédocriminalité sont plus appropriés et plus respectueux pour les victimes. Mais rappelons-nous qu’un pédocriminel est toujours un membre extérieur à la famille. S’il s’agit d’inceste, on parlera de père incestueux, de mère incestueuse, de frère, sœur...

L’abus sexuel ça va, le viol, bonjour les dégâts !

Rappelons cette publicité préventive contre l’abus d’alcool : « Un verre ça va, deux verres, bonjour les dégâts ! ». On peut user mais pas abuser. Quelque part, le mot abus implique que l’on a un droit d’user dans certaines limites et sous certaines conditions. Si l’on applique cette idée au terme tant utilisé « abus sexuel », cela signifie que l’on a des droits sexuels sur l’enfant mais qu’il ne faut pas aller trop loin. C’est d’ailleurs pourquoi en France on a classifié les infractions sexuelles selon une échelle de « gravité » avec des peines proportionnelles. Malheureusement, c’est mal connaître les conséquences des infractions sexuelles, qui peuvent varier d’un individu à l’autre. C’est aussi punir des actes physiques sans tenir compte de l’acte psychologique très grave : la trahison d’un lien d’amour et de confiance. Quand il s’agit d’inceste, cette trahison peut mener au suicide même si il n’y a pas eu de rapport sexuel complet, et ce, quel que soit l’âge de l’enfant. Les termes violences sexuelles ou infractions sexuelles seraient plus appropriés. Attention, l’expression « agressions sexuelles » est à utiliser avec circonspection car il s’agit d’une appellation juridique. Les infractions sexuelles se répartissant en trois catégories : les délits d’atteintes et d’agressions sexuelles et le crime de viol. Pour illustrer la permissivité en vogue dans notre société, précisons que les atteintes sexuelles (ex : attentat à la pudeur) sont des agressions sexuelles sans violence, menace, contrainte ou surprise. Interprétation juridique : la victime était consentante et ce quel que soit son âge. Ci-après, un communiqué illustrant le résultat de cette permissivité, datant certes de 1977, mais la loi existe toujours et personne ne parle de la supprimer. Il est tellement évident qu’un enfant de cinq ans ne va pas dire non, se défendre, prendre une arme, crier... quand son papa ou son grand-père va s’adonner à des actes sexuels sur lui. Enfin, la situation rappelle étrangement les arguments d’Outreau qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne bénéficient pas aux victimes.

Le Monde du 26 janvier 1977 : Nous avons reçu le communiqué suivant :


" Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d’assises des Yvelines vont comparaître pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, qui arrêtés à l’automne 1973 sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficié du principe de liberté des inculpés. Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de " moeurs " où les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d’instruction qu’ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous paraît déjà scandaleuse. Aujourd’hui, ils risquent d’être condamnés à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favorisé et photographié leurs jeux sexuels. Nous considérons qu’il y a une disproportion manifeste d’une part, entre la qualification de "crime" qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d’autre part, entre la caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d’une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l’existence d’une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ?) La loi française se contredit lorsqu’elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de treize ou quatorze ans qu’elle peut juger et condamner, alors qu’elle lui refuse cette capacité quand il s’agit de sa vie affective et sexuelle. Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckardt ne retrouvent pas la libérté".

Ont signé ce communiqué : Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, docteur Bernard Kouchner, Jack Lang, Judith Belladona docteur Michel Bon, psychosociologue Bertrand Boulin, Jean-François Lyotard, François Chatelet, Patrice Chéreau, Philippe Sollers, Copi, Michel Cressole, Gilles et Fanny Deleuze, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, docteur Maurice Erne, psychiatre Jean-Pierre Faye, docteur Pierrette Garrou, psychiatre Philippe Gavi, docteur Pierre-Edmond Gay, psychanalyste docteur Claire Gellman, psychologue, docteur Robert Gellman, psychiatre André Glucksmann...et bien d’autres.

« Ce n’étaient QUE des attouchements »

Certains avocats disent qu’ils vont plaider une affaire « touche pipi » lorsqu’il s’agit d’attouchements ou, juridiquement parlant, d’atteintes ou d’agressions sexuelles sur mineur. Le terme utilisé dans le langage populaire, par son sens, minimise les actes commis par l’agresseur. Toucher, caresser, qu’y a-t-il de mal là-dedans ? De plus, on parle souvent de « simples » attouchements, ou « que des attouchements ». Il est courant de penser que les attouchements, ce n’est pas grave, qu’il n’y a pas de quoi en faire un plat. Pourtant, les conséquences sont tout aussi graves pour la victime car une fois encore, on esquive l’aspect psychologique de l’acte : la trahison. Cette trahison, suivie de l’incrédulité de l’entourage ou pire de la justice, va enfoncer la victime dans la culpabilité et la honte qu’elle subit déjà depuis l’acte. Si les actes se sont déroulés « en douceur », cette culpabilité sera d’autant plus forte. Notons que les conséquences de l’inceste, pour des victimes de viol ou d’agressions sexuelles par un membre de leur famille, sont les mêmes qu’il y ait eu un rapport complet ou non. La loi s’en tient à l’acte pur, la société aussi, et plus triste encore, les victimes aussi. Elles se persuadent que ce n’est pas grave, ne demandent pas d’aide, ne portent pas plainte, jusqu’au jour où la souffrance et les symptômes, inévitablement, font surface. Tentatives de suicide, suicides, automutilation, alcoolisme, toxicomanie, prostitution, dépressions... la liste des dégâts est très longue, et tout ça pour quelques caresses... C’est pourquoi le terme d’attouchements devrait sortir de notre langage. Nous avons largement de quoi le remplacer : agressions sexuelles, violences sexuelles, infractions sexuelles....

Les mots sont importants, surtout lorsqu’il s’agit de lutter contre un tabou. A nous de prendre conscience de leur importance et de ce qu’ils peuvent induire, déclencher pour l’autre et pour nous-mêmes. Preuve en est, la bataille pour arriver du « présumé coupable » au « présumé innocent ». On ne voit pas les choses de la même manière selon l’expression employée, on ne traite pas non plus la personne de la même manière. Au nom des victimes d’inceste et de pédocriminels, rayons de notre vocabulaire la pédophilie, le pédophile, les abus sexuels, les attouchements.

Isabelle Aubry, 41 ans, Responsable de formation, Présidente fondatrice de l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste.

Source : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=22088

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Published by Misfit - dans Divers
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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 13:19

enfant moi seule
me donnais la réplique
fleurissais la parole
de commencements complices
confessais le silence
longs jeux patients
où s’ordonnait le monde
vers le temps à naître
d’autres vers le temps mort
d’un même instrument
pinçant l’unique corde



dans quelle nuit obscure
s’en va puiser la mémoire
pour façonner nos souvenirs



survivant au temps
de quelles cendres éternelles
se relève l’oiseau-soleil
quels intimes voyages
fondent nos mythes illusoires



la vérité de l’âme
- l’insaisissable -
est dans le blanc du poème



la vérité du dire
dans son silence

 




Poème d'Amina Saïd, Au présent du monde.

Photographie : Kiki Plumier

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 13:00

Ségolène et les "papas", par Benoîte Groult


LE MONDE | 10.04.07 | 13h32 • Mis à jour le 10.04.07 | 13h33

Naïvement, après cinquante années de luttes pour l'égalité hommes-femmes et plus de cinquante ans après Le Deuxième Sexe, écrit par celle que l'on allait surnommer l'aïeule du féminisme, Simone de Beauvoir, je croyais la misogynie à bout de souffle. Une erreur à ne pas commettre si l'on veut comprendre ce qui se passe dans cette campagne hors normes que mène Ségolène Royal. Il aura suffi en effet qu'elle devienne la candidate du PS à l'élection présidentielle pour que refleurissent tous les clichés, les plaisanteries éculées qui se veulent désopilantes, et les grivoiseries bien françaises de la misogynie de papa.



Les femmes, pourtant, ont davantage changé en un demi-siècle que durant tous les siècles passés. Elles ont obtenu que de nombreuses lois soient votées pour assurer leur liberté et promouvoir leur égalité. Mais une composante de notre caractère national n'a toujours pas évolué : la misogynie. Elle est restée fraîche et joyeuse, spontanée et satisfaite, comme au premier jour où la première femme - qui pourrait s'appeler Olympe de Gouges, par exemple - a osé dire : je suis un être humain et je revendique à ce titre tous les droits humains que s'est appropriés l'homme jusqu'ici. Je ne rappellerai pas ici les phrases assassines ou ridicules qui ont accueilli Ségolène Royal lors de son investiture. Elles ont assez surpris, venant souvent d'anciens ministres socialistes, pour être restées dans nos mémoires. Fabius, Allègre, Charasse l'ont paternellement mise en garde contre une ambition démesurée. D'autres se sont paternellement inquiétés : la femme est un être fragile, aurait-elle les nerfs ? la carrure ? Signalons qu'on n'ose plus parler de nerfs à propos de l'impavide Ségolène, dont Simone Veil a déclaré récemment respecter le grand courage : "Même physiquement, elle a un sacré tonus et incarne un symbole fort que je salue."

Je ne soulignerai pas non plus l'absence tonitruante d'enthousiasme de la part des éléphants (sauf Lang), ou plutôt des crocodiles, scandalisés de ne pas rester entre mâles dans leur marigot et qui, frustrés, sembleraient presque disposés à laisser couler le Parti socialiste plutôt que d'assurer la victoire d'une femme au poste suprême, qu'ils estiment avoir congénitalement vocation à occuper. De droit divin, en somme. Dieu n'est-il pas toujours mâle dans nos trois religions monothéistes, qui ne se soucient guère de parité ?

Enfin, je ne m'étendrai pas sur le "pacte présidentiel", les 100 propositions de février, les 500 000 emplois-tremplins promis aux jeunes, etc. La vraie campagne est entrée dans une phase décisive, avec meetings dans de nombreuses villes où la candidate, sans complexe et proche du terrain, espère renouer avec la magie de ses débuts. Son destin et notre avenir vont se jouer là, et il va de soi que c'est par rapport à son programme plus qu'à sa personne que se détermineront les électeurs.

Et pourtant, je voudrais débusquer un phénomène plus obscur et plus profond, qui s'articule au plus secret de notre inconscient, là où s'enracinent les fondements de nos comportements d'hommes et de femmes. On observe en effet un décalage troublant entre l'avalanche de sondages positifs qui ont salué l'apparition de Ségolène Royal dans cette campagne et les signes de crainte ou d'alarme qui sont apparus depuis peu dans l'opinion et qui se transforment chez certains - et certaines - en rejet d'une violence inattendue.

Comme si les Français s'apercevaient soudain qu'il est en train de se passer quelque chose de totalement inédit et qu'ils ne se sentaient pas mûrs pour l'accepter. Comme s'il s'agissait encore et toujours d'une transgression de notre vieille loi salique. L'expérience montre en effet qu'à chaque fois qu'une femme remet en question l'accord tacite qui réserve aux hommes les hautes fonctions du pouvoir, chaque fois qu'elle prétend s'intégrer par le haut dans des structures jusque-là masculines, apparaît un élément imprévu, qui ressortit à des pulsions archaïques, inavouées et inavouables, la renvoyant aux sources millénaires de son identité.

Or une élection présidentielle se joue en partie sur le symbolique. Et c'est parce que je ressens encore des traces de mon sentiment d'illégitimité en tant que citoyenne (on ne naît pas impunément en 1920 !) que je me pose une question : combien de femmes, au moment de glisser leur bulletin dans l'urne, vont-elles, mues par un atavisme de soumission, de confiance en papa, se décider finalement pour Sarkozy ? Ou pour Bayrou (bien qu'il ait une image moins "viriliste" et agressive) ? Combien d'hommes très fair-play qui ont affiché leur soutien à une femme vont finalement se rallier à un candidat "normal" ?

Une philosophe et une romancière ont très pertinemment décrypté le phénomène. "Je vois une angoisse machiste dans l'hostilité à la candidate", a écrit Sylviane Agacinski, dans son dernier livre. "Joli visage qui brigue le pouvoir, c'est excitant", note Pierrette Fleutiaux dans Libération. Le même visage en position d'y accéder, stop, danger !... Fondamentalement, une femme ne peut être que futile, dépensière, ignorante des vrais dossiers, même aux yeux de certaines femmes "hélas formatées pour penser contre elles-mêmes et contre leur sexe". Vous n'allez tout de même pas voter pour Ségolène parce que c'est une femme, me dit-on ? Ce serait de la misogynie à l'envers ! Et alors ? Il en serait temps. Nous avons subi la misogynie à l'endroit depuis tant de siècle sans protester ou si peu !

C'est parce que je suis née de sexe féminin que je n'ai été autorisée à voter qu'à 24 ans, en 1944. C'est parce que je suis née de sexe féminin que je n'ai pas eu le droit de rentrer à Polytechnique ou à l'Académie française (avant d'être une vieille dame), ni d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation d'un père ou d'un mari. C'est parce que je suis née de sexe féminin que j'ai publié mon premier livre sous le nom de mon mari, Paul Guimard, par modestie ou autodépréciation. Etre une femme m'a longtemps desservie dans la société en termes d'épanouissement et de réussite. Il me semble que la victoire de la "France présidente" serait un symbole fort. Le signe que nous sommes enfin majeures, des hommes comme les autres, et que nous ne nous considérerons plus comme le deuxième sexe.


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Benoîte Groult est écrivain.

Article paru dans l'édition du 11.04.07

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-894000,0.html

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 08:32

Patriarcat et mondialisation


par Infokiosk Féministe

Dans le monde entier, bien qu’à des échelles différentes et sous des formes très diverses, les femmes vivent une oppression liée au seul fait d’être femme. Une des conséquences elle aussi mondiale de cette situation, c’est que les femmes travaillent gratuitement une grande partie de leur temps sans que cela soit considéré comme une injustice.

Le travail dit domestique - mais qui pour les femmes paysannes englobe toute une série de travaux agricoles non payés - au niveau mondial sert les intérêts des hommes, mais également ceux de l’économie capitaliste qui s’appuie sur l’exploitation domestique des femmes pour mieux imposer ses politiques néolibérales. Le travail gratuit et sous-payé des femmes permet notamment à l’économie capitaliste de limiter les services publics pour faire reposer ces tâches sur les femmes et de multiplier les emplois précaires aux bas salaires destinés en priorité aux femmes.

Dans les pays du Sud, l’exploitation des femmes est d’une violence particulièrement intense et qui met directement en jeu leur survie. Elles y sont doublement discriminées, d’une part en tant que femmes, d’autre part en tant que Noires, Indiennes ou Métisses. En s’appuyant ainsi sur le racisme et le sexisme, la mondialisation renforce les rapports Nord-Sud inégalitaires, intensifie l’exploitation et la pollution des pays du Sud, cherchant à créer indéfiniment de nouveaux marchés et de nouveaux profits.

Les femmes sont la moitié de la population 80% des pauvres sont des femmes.
Les femmes réalisent les 2/3 des heures de travail.
Elles reçoivent 1/10 du revenu mondial.
Elles possèdent moins de 1/100 de la fortune mondiale 2/3 du travail effectué par les femmes dans le monde est gratuit.

La mondialisation élimine tout droit fondamental à l’alimentation, à l’eau, à la santé, au logement et à l’éducation, en particulier pour les femmes du Sud où il n’existe généralement aucun filet social. Face à la misère, les femmes sont les dernières à manger, à se faire soigner ou à fréquenter l’école.

La mondialisation qui détruit les services de base fait reposer sur les épaules des femmes la satisfaction tant bien que mal de ces besoins dans les régions rurales. Par exemple, ce sont les femmes qui doivent aller chercher l’eau ou le bois à des kilomètres, ou trouver dans la nature des substituts d’aliments (racines, herbes sauvages, ...) pour que la famille puisse survivre.

La mondialisation réduit les services publics à néant dans les pays du Nord et ce sont les femmes qui assument gratuitement les anciennes responsabilités de l’Etat, comme le soin aux personnes âgées.

La mondialisation pollue et met en danger la santé des femmes dans les communautés rurales au Sud, car elles sont fréquemment en contact avec l’eau contaminée des rivières pour réaliser les travaux domestiques.

La mondialisation pille les ressources naturelles et s’approprie les savoirs ancestraux des femmes du Sud qui dans les régions rurales savent souvent soigner avec des plantes.

La mondialisation précarise l’emploi de manière généralisée au Nord, en attribuant toujours aux femmes les emplois les plus mal payés et les plus astreignants comme le travail sur appel.

La mondialisation détruit les économies locales au Sud et produit la migration forcée des femmes paysannes et leur exploitation dans des travaux particulièrement pénibles et dangereux comme la vente ambulante, la prostitution ou l’esclavage domestique.

La mondialisation permet aux multinationales d’exploiter la main- d’oeuvre féminine bon marché et corvéable à merci au Sud, notamment dans les maquiladoras qui produisent pour l’exportation (textile, électronique, agro-industrie, ...), qui ne remplissent aucun besoin local, détruisent l’environnement et interdisent le syndicalisme.

La mondialisation renforce la violence physique et sexuelle contre les femmes, notamment parce qu’elle justifie de plus amples interventions policières et militaires qui par leur caractère intrinsèquement sexiste agressent les femmes en particulier.

Luttons conjointement contre le patriarcat et la mondialisation !

Pas de révolution féministe sans justice sociale ! Pas d’autogestion sans abolition de l’oppression des femmes ! Pas d’égalité sans en finir avec le racisme !

Révolution anarcha-féministe !


Infokiosk Féministe, c/o Espace autogéré, César-Roux 30,
1005 Lausanne Les Casse-Rôles, CP 275, 1000 Lausanne 17



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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 14:31

Adios amiga

 


 

 

                                                            à l’artiste peintre


 

 

 


 

 

J’entre      dans ton atelier

Tu viens à ma rencontre

Sourire aux lèvres et bras tendus.

 


 

 

J’entre      dans ton corps spirituel

Plus personne n’existe     que toi et moi

L’air est moelleux.  Les mots aussi.

 


 

 

Tu t’adosses au mur

J’entre     dans ton corps astral

Douceur et amitié pétillent.

 


 

 

J’entre     dans ton corps éthérique

Comme-si-je-ne-l’avais-jamais-quitté

Puis, la tendresse du moment m’affole

Je crains le qu’en dira-t-on.

 


 

 

Je quitte     ton atelier

Dans le couloir :

« C’est fini. On ne se reverra plus.

- Je sais. »

 


 

 

J’enfouis mon chagrin dans la soie de tes cheveux

Nos lèvres scellent un adieu de velours

Je sens ton âme     triste à mourir.

 


 

 

  Je quitte     ton corps physique

Brusquement             pour tout dire

Je crains le mélodrame.


 

 

 

 

 


 

Poème de Janick Belleau, Humeur…, 2003

Photographie (retouchée) : Deborah Swanger, She on She

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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 06:48

Peu


Trop peu


Si peu


Rien qu'un peu, s'il vous plaît, je peux ?


Ce peu, venant d'un royaume, est-ce vraiment peu ?


Il suffit de si peu tout le temps


Tout ce peu


L'éternité, ne serait-ce qu'un peu


Qui ne l'a croisée ?


Un peu de tout, tiens donc


Un tout petit peu, oui oui


De tout un peu, bien sûr


Je peux ?


Parfois pour se souvenir, il vaut mieux oublier


Et pour vivre, parfois, faut-il mourir ?

 


Poème de Valéry Meynadier

Photographie de Christian Desbordes

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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 06:09

Je suis de tous les pays, le sexe marqué.
Même si je ne veux plus de passé,
il coule dans mon sang.
Ma mère, mes sœurs m’appellent Victoria.
Petite fille
aux yeux noirs d’horreurs profondes
comme la jungle d’où je viens.
« Moi seule je sais ».
Une à une, je dis, la vulve déchirée
ou branchée d’électrodes.
Une à une, au nom de la tradition,
j’entends mes cris dans le tambour,
Je vois rouge partout et les flammes.
Une à une, je dis, excisée.
Dans la langue mortifère, je ne parlerai pas.
Excisées, vous entendez ?

 




Poème de Louise Cotnoir
Les rendez-vous par correspondance (1984)

Photographie : auteur(e) inconnu(e)

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