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Nicole Barrière :

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Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 10:05

1ère journée mondiale de lutte contre la lesbophobie heure par heure à Paris



Cette année, le thème de ralliement de la Journée contre l'homophobie était «La lutte contre la Lesbophobie». Avec un Kiss In lesbien géant, organisé Place de la République à Paris. Récit de cette après-midi historique.

14h. Place de la République. Devant le manége en bois et la station de métro, c'est l'effervescence. Rassemblés à l'appel d'IDAHO (International Day against Homophobia), d'Act-Up et des Panthères roses, une centaine de militants reprennent en cœur les slogans soufflés par le porte-voix. «Y en a assez, assez, assez, de cette société, qui ne respecte pas les gouines, les trans et les pédés.» Parmi, eux, on compte une majorité de lesbiennes, butchs ou féminines, jeunes et moins jeunes et leurs copains gays et trans venus soutenir les frangines. Habillés en noir, les activistes tapent sur des casseroles et brandissent des panneaux éloquents : «La lesbophobie tue, égalité des droits !», «Mon corps lesbien m'appartient.» Sophie, la quarantaine rayonnante a fait le déplacement avec sa fiancée et leur petite fille de cinq mois, conçue par insémination artificielle avec donneur anonyme en Belgique. Sa façon à elle de combattre l'invisibilité des lesbiennes, qui lui pèse tant. «Nous sommes victimes d'une double aversion à la fois sexiste et homophobe, analyse Pauline Londeix, la vice-présidente du comité Idaho à l'initiative du Kiss in. Cette aversion opère souvent par déni de l'homosexualité féminine, comme n'existant pas ou comme passade chez des filles qui n'auraient pas fini leur développement. C'est très insidieux», poursuit la jeune auteur du Manifeste lesbien.

14h30. Une pyramide féminine s'improvise sur les pelouses de la république. Avec un porte-voix, Pauline impose le silence. Elle nous apprend qu'une délégation inter-LGBT a été reçue, en fin de matinée, par la secrétaire d'État aux Droits de l'Homme et aux Affaires étrangères. «Au nom du Gouvernement Rama Yade, a reconnu officiellement la journée de lutte mondiale de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la lesbophobie», annonce-t-elle d'un ton grave. Réelle avancée pour les luttes contre les discriminations ou simple effet d'annonce? Parmi les manifestants, les sourires sont sceptiques. «Collabo!» souffle une voix d'homme. Pourtant que de chemin parcouru depuis ce 17 mai 1993, où l'OMS a cessé de compter l'homosexualité parmi les maladies mentales.

15h. Début du Kiss in. Devant un parterre de photographes majoritairement masculins (et soit dit en passant presque plus nombreux que les téméraires «embrasseuses»), une dizaine de couples lesbiens s'en donnent à cœur joie. Quelques passants s'arrêtent, intrigués par le chahut. L'ambiance est bon enfant. Alice et sa copine, n'auraient râté ça pour rien au monde. Lesbienne et fière de l'être, Alice croit beaucoup à l'impact symbolique de ce genre d'action. «J'en ai marre de me faire insulter dans le métro ou dans la rue, quand je suis avec ma copine explique cette fille de gauchiste qui étudie les lettres à la Fac de Nanterre. Je fais ça pour alerter les gens sur les propos discriminatoires, sexistes et homophobes qui sont tenus contre les femmes comme nous.» À leur côté, un groupe de femmes, entre quarante et cinquante ans observe avec amusement et non sans envie, les petites jeunes se rouler des patins. Monique, coupe courte, look androgyne, est la seule à accepter de répondre à nos questions. Infirmière de métier, féministe de la première heure et lesbienne outée, elle se dit proche du CLF (la Coordination lesbienne en France). Venue seule de Créteil, elle n'a personne à embrasser. Dommage! Alors, pour passer le temps, elle est l'une des rares à jouer le jeu de la visibilité, en répondant face caméra aux journalistes de France 3 Ile-de-France. Son programme de la journée est aussi chargé que le nôtre: commémoration de la mémoire des déportés homosexuels, en matinée, Kiss in de 14h à 16h, et débat sur l'invisibilité/visibilité des lesbiennes chez Violette & Co (la librairie lesbienne et féministe de Paris), où nous la suivons, en fin de journée.

16h. Des trombes d'eau sonnent la fin du rassemblement. Nous filons, du côté de Beaubourg, au stand de prévention de SOS Homophobie. Il y a une distribution gratuite du rapport annuel contre l'homophobie et de la synthèse de l'enquête sur la Lesbophobie. Réalisée à partir des témoignages de 1793 répondantes, cette enquête statistique est la première du genre en France, avec un panorama de tous les aspects que peuvent revêtir cet aspect particulier de l'homophobie. on y apprend par exemple que près de deux tiers des lesbiennes auraient subi des épisodes lesbophobes dans leurs vies. Les domaines les plus cités sont la vie quotidienne (45%), la famille (44%), le milieu amical (24%) et le contexte professionnel (24%).

17h. Insoutenable visibilité de l'être… Une cinquantaine de lesbiennes féministes sont rassemblées à la librairie Violette n'Co pour une présentation et un débat autour des actes du colloque Invisibilité/Visibilité des lesbiennes organisé l'an dernier à l'Hôtel de Ville de Paris, par la Coordination lesbienne en France. Après un tour d'estrades de deux heures sur les faits d'armes des associations lesbiennes historiques, Sylvie Gras de la commission Lesbophobie de SOS homophobie est venue présenter les chiffres édifiants de l'enquête sur la Lesbophobie.

18h. Dans la mezzanine, les réactions ne se font pas attendre. «C'est bien beau de dénoncer l'invisibilité des lesbiennes et de se battre collectivement pour l'égalité des droits, mais dans les faits que se passe-t-il? invective une jeune anonyme. Je n'ai pas trente ans. Aucune de mes copines lesbiennes ne se tient la main dans la rue, je suis la seule à le faire. Alors que si on le faisait toutes, les gens réagiraient mieux. Nous avons une responsabilité individuelle.» «C'est la faute des médias», renchérit une autre. À la tribune, on exhorte à la prudence: «Attention à ne pas culpabiliser celles qui refusent de se montrer», «La visibilité oui, mais pas à n'importe quel prix!» «Sommes nous toutes d'accord sur la visibilité que nous voulons donner?» Le débat s'achève sur cette épineuse question. Rendez-vous est pris en juin pour un week-end complet d'atelier-débat. Plus d'infos sur le site du CLF.
www.coordinationlesbienne.org

20h30. Fin du journal de 20h sur TF1 et France 2 et fin de la journée de mobilisation pour l'Idaho. Avec un bilan en demi-teinte. Dans son communiqué officiel, l'inter-LGBT prend acte des annonces gouvernementales prononcées en matinée par la voix de Rama Yade mais s'interroge sur les les retombées concrètes de ses déclarations au niveau de la lutte contre les discriminations à une échelle européenne et dans les pays où l'homosexualité est toujours considérée un délit. Côté couverture médiatique, c'est plutôt morne plaine. Aucune rédaction nationale n'a relayé l'information. Les images du Kiss In filmées par France 3 IDF ont même été coupées au montage (voir le sujet diffusé par France 3). Seul Libération fait exception. Avec un gros titre sur la Lesbophobie dans l'édition du 16 mai, intitulé: «La Lesbophobie, une intolérance qui ne fait pas de bruit.» Une formule, on ne peut plus explicite.
 

Page de téléchargement de l'enquête Lesbophobie
Communiqué de presse de l'Inter LGBT


Photos Delphine Aunis
 

par Delphine Aunis
Ecrit le : 2008-05-19

Source :  http://www.tetu.com/rubrique/mag/mag_dossier_detail.php?id_dossier=396

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 10:00

Lesbophobie, une intolérance qui ne fait pas de bruit


Discriminations. La journée mondiale contre l’homophobie a lieu demain.

MARIE-JOËLLE GROS
QUOTIDIEN : vendredi 16 mai 2008
   
 

«Lesbophobie» reste un mot absent des dictionnaires. Pourtant, on parle souvent mal des lesbiennes, quand on en parle. Beaucoup restent invisibles. Même dans la communauté homo, elles sont reléguées au second plan, derrière les gays. Etre femme et homosexuelle, est-ce une double discrimination ?







Sur la ligne d’écoute téléphonique de SOS Homophobie, les femmes témoignent beaucoup moins que les hommes - un appel sur cinq en moyenne. La lesbophobie serait-elle anecdotique ? L’association a souhaité prendre la mesure d’un phénomène qui mêle homophobie et sexisme, souvent à bas bruit. Son «enquête sur la lesbophobie», rendue publique aujourd’hui , est une première. Il existe aussi très peu d’études sur les lesbiennes.

Un questionnaire a été diffusé à travers divers canaux (salon Rainbow, festival de cinéma lesbien, presse, sites Internet, etc.). A l’arrivée, 1 793 questionnaires, remplis par des femmes assez jeunes (neuf sur dix ont entre 18 et 49 ans), vivant majoritairement en Ile-de-France (61 %), et souvent en couple (60 %). La lesbophobie n’y apparaît pas comme un mot vide de sens : 57 % des sondées l’ont déjà subie. Le plus souvent dans la famille (44 %), mais aussi parmi un groupe d’amis (24 %) ou au travail (24 %).

«Quand est-ce que tu te maries ?»

En famille, les mères, surtout, semblent avoir d’immenses difficultés à admettre l’orientation sexuelle de leur fille, les pères arrivant en seconde position. Peut-être parce que c’est à leurs mères que les filles révèlent en premier leur homosexualité. «J’espère que tu ne deviendras jamais homosexuelle» , invite celle-ci, en voyant que son ado collectionne exclusivement les posters d’actrices et de chanteuses : aucun homme sur les murs de sa chambre.

Faux-amis

Près d’un quart des femmes sondées ont raconté l’incompréhension de leurs ami(e)s, ainsi qu’une forme de rejet. Etonnant : les copains, des gens qu’on a choisis, paraissent a priori plus ouverts que la famille. Découvrir qu’ils ne peuvent concevoir une sexualité différente de la leur fait d’autant plus mal. Ainsi ce témoignage, livré avec un questionnaire : «Ma meilleure amie a prononcé ces mots : "j’ai horreur des lesbiennes".»

Curiosité urbaine

Dans la vie quotidienne, des lesbiennes font parfois l’attraction. «Etre filmée dans la rue parce que j’embrasse une fille, ça donne vraiment l’impression d’être une bête de foire», témoigne l’une d’elle. La rue reste essentiellement le lieu de toutes les insultes et provocations, suivie des transports. Souvent, c’est le couple lesbien qui attire l’attention : parce que les femmes se tiennent par la main, ou s’enlacent. Dans l’étude, celles qui souffrent de ces situations ont souvent moins de 25 ans, et sont parisiennes. Pourquoi ? A Paris, elles se sentent peut-être plus libres de leurs gestes sans choquer. Peut-être aussi parce que ceux qui s’en prennent à elles se savent, eux aussi, anonymes dans la ville.

Placards à «goudous»

Rumeurs, moqueries mais aussi refus de promotion et mise au placard. Au travail, les lesbiennes qui ne jouent pas sur le registre de la séduction entendent parfois parler des autres femmes ainsi : «Elle, c’est une femme. Une vraie».

Que dire au bureau ? «Ce qui m’est le plus difficile, c’est de devoir simuler une vie hétérosexuelle sur mon lieu de travail : mes collègues seraient capables de ne plus voir mes compétences, mais seulement mon orientation sexuelle» , témoigne l’une des sondées. Et comme il est impossible de tout cacher (comité d’entreprise, sécurité sociale, etc.), 7 % d’entre elles ont eu l’agréable surprise de se faire «outer» par un collègue.


Source : http://www.liberation.fr/vous/326564.FR.php

 


Des mots qui font mal

M-J. G.
QUOTIDIEN : vendredi 16 mai 2008
   

«Sale gouine», «Tu broutes le gazon ?», «Si t’es gouine, c’est que t’as jamais couché avec le bon mec : viens, je vais te montrer». Voilà le genre de provocations que les lesbiennes entendent, le plus souvent dans la rue. Les couples lesbiens font fantasmer. Des passants leur proposent tout de go des parties à trois ; des propriétaires leur adressent des photos de cul, comme si lesbienne et porno, ça marchait forcément ensemble. L’autre versant de la lesbophobie, «c’est le déni», souligne Pauline Londeix, vice-présidente d’Act-Up Paris, auteur du Manifeste lesbien (1). Pour beaucoup, deux femmes qui marchent ensemble dans la rue sont forcément copines, asexuées, invisibles en tant que lesbiennes. «Qu’est-ce que tu as fait de ton homme?» interroge une femme qui reçoit pour la première fois une collègue de travail et s’étonne de la voir arriver seule. «Je t’aime beaucoup mais je ne te comprends pas», dit une ado à sa copine lesbienne. «Je préférerais que tu aies le sida plutôt que tu sois lesbienne», tacle une mère.









(1) Le manifeste lesbien, éditions L’Altiplano, avril 2008, 160 pages.

Source : http://www.liberation.fr/vous/326563.FR.php

 

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 09:50

 La CLF reçue par Rama Yade avec les associations LGBT lors de la journée IDAHO


Compte rendu
  
19 mai 2008, par Céline B
 


La Coordination Lesbienne en France a été invitée au Quai d’Orsay ce samedi 17 mai, journée mondiale contre l’homophobie a rencontrer Rama Yade, secrétaire d’état aux affaires étrangères et aux droits de l’homme.
La ministre était chargée de présenter, aux associations LGBT, trois actions envisagées par le gouvernement.

1. Son ministère et l’Elysée se saisiront des cas de violation des droits humains à l’encontre des personnes LGBT lors des déplacements officiels dans les pays où l’homosexualité , (le lesbianisme* ) et le transexualisme sont réprimés.

2. Une initiative européenne appelant à la dépénalisation universelle de l’homosexualité serait portée devant l’Assemblée Générale des Nations unies.

3. Enfin la France reconnaît la Journée mondiale contre l’homophobie (et la lesbophobie* )

(*) La CLF complète le contenu des 3 annonces avec les termes lesbianisme et lesbophobie, car les communiqués diffusés par les associations LGBT à l’occasion de cette rencontre occultent complètement ces termes.

La Coordination Lesbienne en France a demandé au cours de la séance que la journée contre l’homophobie soit appelée désormais « journée mondiale contre la lesbophobie, l’homophobie et la transphobie » .

A titre d’exemple le choix de la lesbophobie pour la journée IDAHO 2008 a eu un impact sur les médias qui, pour la première fois, ont évoqué la lesbophobie. voir notre article à ce sujet-

Cet exemple montre la nécessité de rendre visibles les lesbiennes qui, sinon, sont à maintenues dans l’invisibilité .

Mais cette proposition n’a pas été soutenue, bien au contraire, par les autres associations LGBT représentées, à l’exception du délégué du PCF qui est intervenu en ce sens et de l’ASB.

Rama Yade elle-même, a souligné que, faisant partie d’une minorité doublement discriminée elle comprenait tout à fait cette revendication.

Enfin la CLF a fait remarquer que, dans les pays où l’homosexualité avait été dépénalisée, les risques restaient élevés pour les lesbiennes et les gays car dépénalisation ne veut pas dire avancée des mentalités.

Cette situation justifie le maintien du droit d’asile pour les ressortissantEs menacéEs de ces pays.

En témoigne le cas de cette jeune arménienne qui, persécutée parce que lesbienne, a été soutenue par la CLF et vit maintenant en France après avoir obtenu une autorisation de séjour pour 10 ans.

la CLF.

Source :  http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?article739

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 08:00
“Libération sexuelle” : pour qui ?







“(…) la pornographie, la prostitution, les techniques sexologiques, tout comme le tabac, l’alcool et les tranquillisants, jouent le rôle de soupape de sécurité”.
Le texte qui suit date de 1975 et tranche avec les positions actuelles mi-figue mi-raisin en vogue dans la mouvance “libertaire”. Il parle de la soi-disant libération sexuelle, du porno, des relations de séduction, du sado-masochisme. Le texte est lourd dans l’écriture, répétitif et psychanalysant. Le patriarcat parait n’être perpétué par personne, les hommes sont “profiteurs du système” bien malgré eux, tous dans le même bateau : il n’est pas question ici d’oppression spécifique des femmes. Néanmoins, la vision de la “libération sexuelle” par une femme, avec le regard de l’époque, est concrète. L’idée d’échanges -affectifs et physiques- sincères parce que partagés entre deux individus autonomes : Mathilde Niel parle ici de VRAIE libération sexuelle.


Libération sexuelle -Mathilde NIEL.

Les livres, les revues et les films pornographiques sont lus ou suivis par un nombre de plus en plus grand de lecteurs et de spectateurs, la publicité et les magazines sont de plus en plus érotisés, les revues spécialisées dans les techniques d’amour physique sont de plus en plus divulguées, si bien que notre époque apparaît à certains comme celle de la libération sexuelle.

Il n’en est malheureusement rien. En réalité, il s’agit d’une illusion de libération qui ne fait que renforcer la répression dans le domaine des relations entre sexes. Certes, le nouveau modèle de sexualité sans voiles et sans pudeur présenté par les médias est moins hypocrite que le modèle puritain de nos parents ou de nos grands-parents, mais il n’en est pas moins celui d’une sexualité atrophiée et déshumanisée, sans amour et sans liberté véritables, entre partenaires affectivement appauvris et inhibés par le travail sans joie, sans créativité et sans communication de la société capitaliste et technicienne.

Dans toutes leurs relations professionnelles, amicales ou sexuelles, ce qui manque le plus aux hommes de notre société, c’est l’échange affectif, spontané et libre entre personnes égales et ayant un très vif sentiment de leur autonomie.

Rien de ce mode de relations dans les images ou les films pornographiques, mais des relations d’objets, des rapports sadomasochistes, où chacun reste enfermé dans la recherche de son plaisir égotiste - le même plaisir que recherche le spectateur ou le lecteur insatisfait de sa vie relationnelle - mais qu’il éprouve seul, mêlé à tous les sentiments de culpabilité qu’il éprouve en violant les interdits moraux et sociaux.

Relations d’objets, rapports sado-masochistes, absence de communication, sentiments de culpabilité, comment pourrait-il s’agir d’une vraie libération ?

En réalité, les médias spécialisés dans 1′érotisme et la pornographie ont pour rôle principal, non de libérer les gens, mais de leur permettre de mieux supporter leurs diverses aliénations sociales et leur répression sexuelle réelle. Il s’agit avant tout de fournir aux hommes et aux femmes qui vivent dans leur couple clos des relations sexuelles et affectives étriquées, contraintes et exclusives, un plaisir solitaire de voyeur, compensation momentanée à leurs diverses frustrations, tout en les incitant à se résigner à leur manque d’épanouissement et à leur aliénation.

Car une vie sexuelle sans élan, sans échanges affectifs et physiques libres et sincères, et cela entre partenaires inhibés et dépendants, ne peut être qu’une vie sexuelle atrophiée, réprimée, déshumanisée; cette répression là s’ajoute aux innombrables répressions que nous subissons dès l’enfance et qui font de nous des êtres ou bien inépanouis, angoissés, apathiques, ou bien des êtres dominateurs, sadiques, violents; c’est-à-dire, ou bien les victimes ou bien les profiteurs du système.
Avec le déferlement de la vague érotique et pornographique, la répression sexuelle a pris ainsi un aspect trompeur de libération, mais la répression n’en est pas moins aussi forte, bien que plus sournoise. Elle n’est qu’une des formes, parmi beaucoup d’autres, que prend tout un système social répressif qui nous empêche d’exprimer librement nos besoins profonds d’amitié, d’amour, d’échanges affectifs et physiques, dans l’égalité et l’autonomie de chacun.

Car, pour maintenir l’ordre existant, il faut une hiérarchie avec des supérieurs et des subordonnés, il faut que les relations ne soient pas entre êtres humains libres, mais entre objets, entre esclaves et maîtres. Si bien que l’absence d’égalité, de dialogue, de relations chaleureuses dans le travail et dans les rapports sociaux exige l’absence de relations égalitaires et l’absence d’amour authentique entre hommes et femmes. Tout se tient. Puisque dans notre organisation sociale, les uns doivent commander et les autres obéir, il faut bien que les hommes s’éprouvent supérieurs aux femmes et les femmes inférieures aux hommes; il faut bien que l’homme prenne la femme et que la femme se laisse prendre; il faut bien que la femme séduise et que l’homme se laisse séduire ; chacun jouant alternativement le jeu de la domination et de la soumission. Les relations d’échange, d’égalité, de liberté quand elles peuvent, par exception exister dans les relations amoureuses sont sont la négation même de l’ordre établi.

Mais il faut bien aussi que la famille soit fermée sur elle-même et que la fidélité sexuelle et l’amour-devoir conjugal soient obligatoires Que la famille se mette à s’ouvrir, que les femmes et les hommes, les parents et les enfants puissent, non seulement s’aimer librement entre eux, mais aimer librement en dehors du cercle de famille, alors, c’est la fin des frontières, la fin des divers racismes, des divers nationalismes, de toutes les ségrégations et de toutes les guerres.

Car, pour le couple replié sur lui-même, les autres hommes et femmes représentent une menace et un danger; tout comme pour la nation ou la classe sur elle-même, l’autre nation, l’autre classe représentent une menace et un danger, contre lesquels il faut se défendre et s’armer.

Ainsi les films pornographiques, les revues érotiques, en fournissant des compensations misérables et illusoires à la répression affective et sexuelle, aident à perpétuer la structure familiale fermée, les structures sociales hiérarchisées, les relations de combat et à maintenir l’institution du mariage. Wilhelm Reich avait bien vu que la famille nucléaire actuelle, dans la quelle parents et enfants, père et, mère sont tous dépendants les uns des autres, et dans laquelle la sexualité est exclusive, étriquée, réprimée est l’abcès de fixation de la plupart des névroses et le creuset où se forge notre société injuste, ségrégative, autoritariste.
Ce que ne veut à aucun prix notre société, parce qu’elle se sentirait en danger de mort, c’est le dialogue égalitaire, l’échange créatif entre individus autonomes, c’est la libre expression de la spontanéité de l’énergie de vie, de l’élan d’amour, et cela aussi bien dans les relations entre sexes que dans les autres relations.

Pour perpétuer la société du pouvoir, de la hiérarchie et du fric, il faut la famille patriarcale fermée, l’amour-devoir conjugal exclusif et stéréotypé, avec fidélité obligatoire, et cela pour toute la vie; il faut réprimer ses désirs et son besoin d’amour; en bref, ii tant des relations de dépendance et d’inégalité.

Mais comme nous avons tous au fond de nous-mêmes des besoins de relations libres et égalitaires à satisfaire, comme nous désirons pouvoir aimer librement, et chacun à notre façon, plusieurs êtres, comme nous avons besoin de vivre pleinement et d’élargir nos relations, la machine répressive est soumise à une forte pression intérieure; elle risque à chaque instant d’exploser ; alors la pornographie, la prostitution, les techniques sexologiques, tout comme le tabac, l’alcool et les tranquillisants, jouent le rôle de soupape de sécurité ; ainsi, on sauvegarde le couple et la famille traditionnels, on évite son éclatement comme on sauvegarde l’ordre établi.

Il en résulte que vouloir à la fois la révolution et le maintien du couple traditionnel fermé représente une contradiction. Toute libération véritable de nos forces d’amour affectives et sexuelles, dans l’égalité, la liberté des relations et l’autonomie de chacun, est delà un acte révolutionnaire qui bouleverse tout l’ordre social existant et fait tomber les barrières qui divisent les êtres humains ( barrières de sexes, d’âges, de nationalités, de races, de classes, etc. ).

On voit que la libération ainsi comprise n’a rien à voir avec le libertinage et la pornographie. Bien au contraire, elle humanise et diversifie les relations, elle ouvre et élargit l’amour; elle libère nos énergies créatrices, aussi bien dans les relations duelles que dans les relations de travail et dans le travail lui même. Un amour humanisé est, en effet, un amour accompli, où personne ne contraint jamais personne, ne séduit jamais personne, ne prend jamais personne, où le plaisir n’est jamais pris égoïstement, mais est toujours partagé.

Une fois qu’il a été vécu, ce mode d’amour non exclusif et ouvert est tellement libérateur qu’il tend à s’étendre à toutes les relations. Une des plus grandes répressions que subissent actuellement les hommes et les femmes, c’est cette obligation qui leur est faite par la société (intériorisée dans leur conscience morale) de n’aimer affectivement et sexuellement qu’un seul être pour la vie et et de l’aimer selon un modèle préfabriqué qui empêche toute création dans les échanges, toute spontanéité, entrave tout élan et rend les individus insatisfaits, apathiques, agressifs.

Il est monstrueux de culpabiliser les gens qui n’en peuvent plus de réduire leur élan d’amour à un seul être, alors que c’est l’amour ouvert, l’amour non exclusif, qui ouvre les coeurs à l’amour de tous les hommes et à la fraternité vécue.

Mais comme nous éprouvons tous un besoin irrésistible de vivre libres, et d’aimer plusieurs êtres (et, à travers eux, tous les êtres humains, sans distinction), comme nous avons tous besoin de coopérer, d’échanger, de créer dans tous les domaines y compris dans celui des relations et des relations sexuelles, comme on nous empêche de réaliser ces aspirations saines et qu’on nous fait même croire qu’elles sont immorales, alors notre énergie de vie, au lieu de s’écouler sans tension sous forme d’amour, de créativité et de joie de vivre, va dévier et se transformer en désirs de possession d’argent, d’objets, de personnes, en désirs de jouissance égotiste, en besoins de domination, d’autorité, en agressivité, en haine, en sadisme, en destructivité; à moins que notre conflit intérieur ne fasse de nous la proie de l’angoisse, de la dépression et de toutes les formes de névroses.

Car la répression affective et sexuelle à laquelle nous sommes soumis depuis l’enfance fait de nous des êtres inhibés et bloqués - des malades mentaux - ce dont profitent d’ailleurs les pourvoyeurs de drogues, de tranquillisants, d’alcool, et certains psychanalistes, psychologues, sexologues, qui cherchent à réintégrer dans le système les névrosés que ce même système a fabriqués.

On a inoculé en nous depuis l’enfance la peur de nos semblables, la peur de l’autre, la peur d’aimer, la peur d’être libres, la peur de vivre. Se libérer de ces peurs fondamentales, arriver à aimer sans entraves plusieurs personnes, et chacune de façon singulière, se débarrasser de notre besoin d’amour fermé, possessif et exclusif, vivre librement sa vie affective et sexuelle, c’est sans doute une voie difficile à cause de nos préjugés et de nos conditionnements profonds, mais c’est déjà préparer la société égalitaire et le monde sans frontières de demain, où les hommes ne craindront plus de s’aimer, de créer ensemble, de vivre.

Le Monde libertaire octobre 1975.
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 10:01

Miroir, miroir, suis-je toujours la plus belle?



Ce 15 mai 2008 – Au Sénat, des ex-ministres affrontent un nouveau groupe d'action féministe
Pour se défendre de tout sexisme, Gérard Longuet se trouve des excuses plus sexistes encore:

"c'est de la provocation à l'état brut, mais j'ai une excuse : je suis marié, avec une femme, ce qui est encore assez fréquent, j'ai quatre filles, une mère, et quand j'ai un chien c'est une chienne."




Le 15 mai 2008, le groupe d'action féministe La Barbe a investi un colloque organisé par le Sénat avec le Comité d'Histoire Parlementaire et Politique (CHPP) ayant pour titre « La Ve République au Parlement ».

A l'annonce de la table ronde présidée par Mr E. Balladur et pompeusement intitulée « L'Assemblée Nationale, miroir de la Société Française », 20 femmes à barbes se sont levées devant l'estrade. Drôle de reflet pour une assemblée en l'occurrence exclusivement masculine, qui se trouva prise d'un malaise palpable.
  
Dans la Salle Clémenceau, au cadre prestigieux, le programme du jour prévoyait en effet que se succèdent à la tribune de nombreux énarques et anciens ministres … tous des hommes. Une femme, Mme Catherine Proaccia, fut rajoutée in extremis sans qu'elle puisse figurer sur le programme, suite aux protestations de Laurence Rossignol, secrétaire nationale du Parti socialiste, chargée du droit des femmes, dans une lettre ouverte à Christian Poncelet, le président du Sénat. Au côté de M. Edouard Balladur, ancien premier ministre, M. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, M. Claude Estier, ancien président du groupe socialiste du Sénat, M. Gérard Longuet, ancien ministre, sénateur de la Meuse, n'ont pu que subir passivement l'initiative. Difficile de trouver la réplique qui s'impose face à un banc de postiches impassible, qui pris garde de rester digne tout au long des deux heures d'intervention des énarques. Aux questions de l'assistance, le tract
diffusé à l'occasion répondait par l'ironie :

« L'Assemblée Nationale compte déjà 18% de femmes en 2008, les menaces sont réelles de voir les lieux de pouvoir contaminés par une féminisation rampante de la société. Les défis aux institutions politiques françaises sont nombreux, et nous sommes rassérénées de voir que nos hommes politiques savent créer les conditions d'une réflexion sur notre Histoire qui ne s'embarrasse pas de froufrou. Les rênes d'une société bien gouvernée doivent être tenues dans la main d'hommes, sûrs et entiers ; eux seuls sont à même de porter et transmettre les valeurs qui nous sont chères – Justice, Egalité, Universalisme».

Le groupe La Barbe a déclaré vouloir ainsi investir chaque mois un des hémicycles du pouvoir patriarcal en France – fut-il industriel, médiatique, culturel ou politique. Le 8 mars, les femmes de La Barbe avaient posé sous la statue de la République à Paris, qu'elles avaient pour l'occasion affublée d'une barbe postiche. Elles sont également intervenues à plusieurs reprises dans les conseils d'administration d'entreprises de la grande distribution pour dénoncer la quasi-éviction des femmes dans la direction d'un secteur dont la main d'?uvre est presque exclusivement féminine.

En introduction du Colloque, avant l'action de la Barbe, Pierre Mazeaud se permettait de regretter que la Constitution évoque dans son préambule la nécessaire représentation égalitaire des femmes dans les Assemblées de la République. Cet ancien président du Conseil Constitutionnel alla jusqu'à suggérer "pour le bien des femmes elles-mêmes" qu'une telle ambition qui relevait du "communautarisme" constituerait, si elle était applicable, une "dangereuse brèche dans laquelle d'autres pourraient vouloir s'engouffrer". J.P. Raffarin quant à lui se félicita sans vergogne de la quantité de femmes présentes... dans l'auditoire. Mais la barbe d'or fut décernée à M. Gérard Longuet, qui se défendit de l'attaque féministes en clamant "je suis marié, avec une femme, ce qui est encore assez fréquent, j'ai quatre filles, une mère, et quand j'ai un chien c'est une chienne."  Mais que voulait-t-il dire par là?

L'invitée de dernière minute eu finalement l'occasion d'un long plaidoyer en faveur de la place des femmes dans les institutions républicaines. "Nous avons eu une femme Premier Ministre, Edith Cresson, aucune autre depuis lors. Et on pensera ce que l'on voudra, mais la première chose qui lui fut reprochée fut d'être une femme. Nombre de femmes ont été humiliées, avec l'affaire des "jupettes" à l'époque. Les sénateurs comme les députés ne veulent pas laisser leurs places à des femmes. Est-ce que notre Parlement est véritablement démocratique ?" En France, après les dernières élections municipales, on ne trouve que 9% de femmes Maires des villes de plus de 35 000 habitants. Au Sénat, les femmes représentent 16, 9% des élus. Le pourcentage des femmes à l'assemblée est 18,2% et la France en 62e position dans le monde pour les femmes dans son Parlement.

Contact presse : 06 19 99 53 74 ou 06 70 74 25 33. Email : labarbabe@gmail.com. Web : www.labarbelabarbe.org
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 09:49

Europe et lutte contre les discriminations : quand Xavier Bertrand flingue les promesses de Nicolas Sarkozy



Officiellement, la France soutient un projet de directive contre toutes les discriminations. Mais pas Xavier Bertrand. Problème : c'est lui qui représente la position de la France devant ses partenaires européens...

La commission Barroso a mis à l'étude un projet de directive contre les discriminations, dont l'objet est d'ouvrir les protections aujourd'hui réservées à la lutte contre le racisme aux autres discriminations, notamment celles liées à l'âge, à l'orientation sexuelle, au handicap ou aux croyances. Accès aux biens et aux services, accès à la santé, à la protection sociale, à l'éducation, au logement : sur tous ces champs d'application, José Manuel Barroso avait promis il y a quelques années une uniformisation par le haut du droit européen.

Pour de nombreux États, les conséquences n'en seraient pas neutres, puisqu'une telle directive les obligerait à adapter leur droit interne. Ceci explique peut-être la fraîcheur avec laquelle cette initiative est accueillie. Au point que la Commission, qui n'a pas pour habitude de présenter des directives qui finiraient retoquées par les États, hésite et envisage une directive centrée sur les seules discriminations liées au handicap, afin que la pilule ne soit pas trop grosse à avaler.

La position de la France, elle, semble limpide. En la matière, à la veille de la présidence française de l'Union européenne, c'est la cellule diplomatique de l'Élysée qui a la main. La doctrine du Président se veut claire et lisible : pas question de tolérer qu'on établisse des priorités entre les discriminations, il faut une directive globale. Cet engagement, maintes fois confirmé, a été signifié avec clarté à l'Inter-LGBT.

Sauf qu'à Bruxelles, la représentation française ne donne pas le même son de cloche et, à la Commission européenne, on a du mal à compter la France parmi les partisans d'une directive large et ambitieuse. Car entre l'Élysée et Bruxelles, il y a un intermédiaire de poids : Xavier Bertrand.

Le sujet relève en effet de la compétence du ministre du Travail, et c'est lui que la Commission européenne sonde, pour savoir ce que la France pourrait bien penser. Or, avant même que le débat n'ait vraiment été lancé, Xavier Betrand s'est montré d'une extrême prudence, et a au contraire donné tous les signes qu'il se contenterait d'une directive au rabais.

Dernier épisode en date : en visite à Madrid et à Lisbonne le week-end dernier, le ministre a voulu dire la ferveur avec laquelle il était attaché à une Europe sociale. Pour illustrer son propos, il a cité les chantiers prioritaires de la France pour sa présidence, en évoquant une directive «sur l'interdiction des discriminations, certainement centrée sur les handicaps». En clair, Xavier Bertrand n'a pas envie de mener la bataille, et cède aux lobbies conservateurs qui veulent une directive la moins ouverte possible.

Malaise à l'Élysée, zappé et incapable de recadrer un ministre qui joue seul sa partition. Pourtant, pour les associations, la lutte contre l'homophobie était le seul engagement présidentiel de Nicolas Sarkozy vraiment intéressant : sur la scène européenne, la campagne électorale paraît subitement lointaine...


A la veille de la Journée mondiale contre l'homophobie, plusieurs associations, syndicats et partis demandent donc une clarification : oui ou non, la France soutient-elle un projet de directive qui traite à égalité toutes les discriminations ?
Alain Piriou

Source : http://auxarmescitoyens.hautetfort.com/archive/2008/05/16/et-un-mensonge-de-plus-de-la-part-de-sarko.html
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 09:30
Daniel Borillo, juriste, maître de conférences à Paris-X-Nanterre et chercheur au CNRS

Entretien avec Daniel Borillo : "contre l'homophobie le combat est mondial"


Depuis 2005, la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie a lieu tous les ans, le 17 mai. L'un des objectifs de cette journée est la dépénalisation de l'homosexualité dans le monde. Quelles sont actuellement les régions les plus touchées par l'interdiction légale des pratiques homosexuelles ?

 

Il y a, dans le monde, plus de pays qui sanctionnent l'homosexualité que de pays qui célèbrent la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie ! L'homosexualité est aujourd'hui pénalisée, souvent de façon très brutale, dans plus de 80 pays.

Dans la plupart d'entre eux, l'islam est la religion officielle, qu'il s'agisse d'Etats laïquescommela Tunisie, oude régimes islamistes, comme le Soudan. L'homosexualité est ainsi un crime passible de la peine de mort en Arabie saoudite, en Mauritanie et au Nigeria. Les homosexuels risquent la prison à vie enOuganda,en Inde et à Singapour.

Le Coran n'est pas plus homophobe que la Bible, mais dans les pays de tradition chrétienne, l'action des mouvements laïques a permis d'affaiblir le pouvoir religieux.

Ce qui est malheureux, c'est que, dans ces pays, les initiatives de la société civile sont immédiatement censurées. En 2004, un site d'information très important sur la prévention du sida, gaymiddleeast.com, a ainsi été bloqué par les autorités saoudiennes, ce qui a eu des conséquences dramatiques pour la diffusion de l'épidémie. Dans ces pays, les islamistes, qui ont poussé les gouvernementsà unehomophobie virulente, ont une responsabilité très lourde, mais la société dans son ensemble participe aux persécutions en rejetant les homosexuels.

Vous avez montré, dans une anthologie critique qui rassemble les écrits de plus de cinquante auteurs, que l'Occident a, lui aussi, longtemps considéré l'homosexualitécommeun péché, voire un crime. Quels ont été les visages successifs de cette stigmatisation ?

En Europe, la victoire du christianisme a constitué la première étape d'une longue persécution des homosexuels. En 313, sous l'empereur Constantin, le christianisme est devenu une religion d'Etat, et en 390, sous l'empereur Théodose Ier, la sodomie a été sanctionnée par la mort par le feu. Les homosexuels ont alors été persécutéscomme sodomites, et de manière systématique à partir de la fin du XIIIe siècle.

Ces persécutions, qui ont culminé avec la mise en place d'une véritable Inquisition au niveau européen, visaient aussi les juifs et les sorcières, mais les homosexuels ont longtemps eu le triste privilège d'être poursuivis en tant que pécheurs, en tant que malades et en tant que criminels. Après l'Inquisition, la persécution des homosexuels pendant le nazisme constitue le chapitre le plus tragique de l'histoire de l'homophobie. L'Office central du Reich pour combattre l'homosexualité, créé par Himmler, fut à l'origine de l'arrestation, la mise en prison, la déportation et la mort de dizaines de milliers d'homosexuels.

Finalement, jusqu'à la fin des années 1970, l'homosexualité était, d'une manière ou d'une autre, punie dans l'ensemble des pays européens : sanctions légales, répression policière, pratiques jurisprudentielles.

Il a fallu attendre une décision de la Cour européenne de Strasbourg, en 1981, pour que la répression de l'homosexualité entre adultes consentants soit jugée contraire à la Convention européenne des droits de l'homme.

Ces persécutions contrastent avec les pratiques de l'Antiquité, qui tolérait, voire valorisait, certaines formes d'homosexualité. Comment expliquer qu'elle n'ait pas connu ce que l'on appellerait aujourd'hui l'homophobie ?

L'Antiquité gréco-romaine baignait dans un climat de tolérance à l'égard de l'homoérotisme, mais les pratiques homosexuelles étaient très codifiées. La seule forme d'homosexualité acceptée était la pédérastie, c'est-à-dire les relations initiatiques entre un jeune éphèbe qui allait avoir des responsabilités publiques et un homme aristocrate adulte. Car cette société profondément misogyne condamnait fortement le fait qu'un homme libre – romain ou grec – assume le rôle passif, c'est-à-dire qu'il se comporte sexuellement comme une femme. Il ne pouvait donc le faire que s'il était un éphèbe – qui était alors dans un rapport d'apprentissage de la masculinité – ou un esclave – qui était dans une situation sociale inférieure.

C'est donc la dichotomie actif-passif et non homosexuel-hétérosexuel qui déterminait la morale sexuelle des anciens. En France, comment s'est effectuée la remise en cause de l'héritage chrétien ?

La remise en cause s'est effectuée grâce à cette véritable révolution politique et culturelle que fut la pensée libérale du XVIIIe siècle, qui prônait la distinction entre vie privée et vie publique et la protection de l'individu contre l'ingérence du pouvoir politique. Pour les philosophes libéraux comme Condorcet ou Bentham, unacte ne causant aucun tort à autruicomme l'homosexualité entre adultes consentants pouvait être condamnable moralement mais il ne méritait aucune sanction pénale ou civile. Plus tard, la révolution industrielle et la migration croissante des populations vers les villes ont permis aux homosexuels de prendre leurs distances à l'égard des structures sociales rigides des campagnes. Libérés des contraintes familiales de la vie rurale, les homosexuels ont pu assumer leur sexualité plus librement.

L'épidémie de sida, à partir des années 1980, a-t-elle joué un rôle dans cette prise de conscience des discriminations subies par les homosexuels ?

On dit souvent que le virus du sida est " intelligent " en raison de sa manière de muter, qui rend le combat médical très difficile. J'ai envie de dire que ce virus a eu l'" intelligence " d'apparaître à un moment où le mouvement gay et lesbien était structuré. Jusqu'alors, toute épidémie de cette ampleur était traitée par les mécanismes classiques de l'enfermement et de l'exclusion des malades. Cequi est extraordinaire avec le sida, c'est que l'épidémie a été gérée, en Occident, de manière démocratique et libérale, grâce à la responsabilisation individuelle des malades et le partenariat entre les associations et les pouvoirs publics.

Ce n'était pas évident : du fait du sida, les pratiques homosexuelles devenaient dangereuses et la société aurait pu avoir une attitude d'hostilité accrue. Mais l'existence d'un mouvement gay organisé a montréque l'exclusion, la précarité et l'isolement aggravaient à la fois la situation médicale des malades et les problèmes sociaux auxquels était confrontée cette communauté.

Malgré sa dimension dramatique, le sida a finalement fait plus pour l'égalité que toutes les mobilisations antérieures.

C'est à ce moment-là que la société a pris conscience du fait qu'un homme qui avait accompagnépendant des années son compagnon malade n'était pas reconnu par les autorités de l'hôpital et qu'il pouvait être expulsé du jour au lendemain de leur logement commun. C'est d'ailleurs à la mobilisation politique autour du sida que l'on doit le pacte civil de solidarité.

L'Europe sous ses diverses formes (la Commission de Bruxelles, le Parlement européen, le Conseil de l'Europe, la Cour européenne de Strasbourg) a-t-elle participé à ce mouvement de dépénalisation de l'homosexualité, puis de pénalisation de l'homophobie ?

Le Conseil de l'Europe et le Parlement européen ont été pionniers dans ce combat pour l'égalité. Ces instances supranationales ont permis de changer de perspective : en vingt ans, l'Europe est passée de la criminalisation del'homosexualité à la pénalisation del'homophobie. Je cite souvent Sartre, qu'on interrogeait sur la question juive et qui répondait : " Il n'y a pas de question juive, la véritable question, c'est l'antisémitisme."  Pour l'homosexualité, c'est la même chose : la question, aujourd'hui, en Europe, ce n'est plus l'homosexualité, c'est l'homophobie. L'homosexualité n'est plus un péché, une maladie mentale ou un crime. Cequi est un problème pour la démocratie, c'est l'intolérance envers l'homosexualité.

Aujourd'hui, quelles sont, à vos yeux, les discriminations qui persistent, en France, à l'égard des homosexuels ?

La France manque d'une véritable politique de prévention de l'homophobie à l'école et dans la formation des policiers ou des magistrats, mais la principale discrimination est inscrite dans la loi : c'est le refus de l'homoparentalité et du mariage entre couples de même sexe. Pour moi, cette revendication ne nie pas la différence des sexes : ce sont la liberté et l'égalité, pas le masculin et le féminin, qui constituent des valeurs démocratiques. Je viens de lire un rapport de l'Unicef qui affirme que vingt millions d'enfants sont aujourd'hui orphelins dans le monde : je me dis que l'urgence, c'est d'accueillir ces enfants, et non de débattre de la différence des sexes, comme le font les opposants à l'égalité.

Depuis une dizaine d'années, plusieurs pays européenscommela Belgique, l'Espagne ou les Pays-Bas ont ouvert le mariage et la filiation aux couples de mêmesexe. Considérez-vous que cette évolution est " inéluctable ", selon le mot de Luc Ferry ?

L'histoire ne se fait pas d'elle-même : elle est faite, jour après jour, par les mouvements sociaux. Si le mouvement gay et lesbien continue son combat, oui, ce changement de législation sera inéluctable. La France rejoindra ainsi l'Espagne, où le mariage est autorisé et où l'homosexualité s'est banalisée, ce qui est la situation idéale.

Mais il faut se méfier des discoursdémobilisateurs, car les acquis sont toujours fragiles : l'exemple de la Pologne des frères Kaczynski hier ou de l'Italie de Berlusconi aujourd'hui montre que les retours en arrière sont toujours possibles.

Propos recuillis par Anne Chemin

Source :
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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 13:08

Texte adressé à Roselyne Bachelot par le comité contre l'homophobie de Montpellier


transmis par lure2
CLF


Lettre ouverte à Madame Roselyne Bachelot :
Que sont devenus vos engagements d'antan ?


La 4éme édition de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie nous vaut l'honneur de votre visite à Montpellier. En cette occasion où vous semblez témoigner tant de sollicitude et d'intérêt pour les victimes d'homophobie, nous souhaitons vous interroger sur certains dossiers en lien avec la lutte contre les discriminations et pour la promotion de l'égalité des droits.


Refus de la France de reconnaître officiellement la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie :

Depuis son lancement en 2005, la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie a été reconnue officiellement et successivement par le Parlement européen, la Belgique, le Royaume-Uni, le Mexique, le Costa-Rica... mais toujours pas par la France.

Le Président de la République Nicolas Sarkozy vient de rejeter cette requête formulée par le monde associatif.

Il s'agit pourtant d'une décision symbolique et politique particulièrement attendue.

Vous qui avez depuis longtemps soutenu cette initiative, pouvez-vous nous éclairer sur les motifs de ce refus ? Que comptez-vous initier pour faire évoluer la position du Président de la République ?


Refus de la France d'agir pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité :

Nous vous remercions d'avoir signé il y a deux ans un appel pour une dépénalisation universelle de l'homosexualité ; en effet celle-ci est encore considérée comme un crime dans plus de 70 pays à travers le monde.

A l'approche de la présidence française de l'Union Européenne au second semestre de l'année 2008, le Président de la République et votre gouvernement refusent d'avancer sur ce dossier et de présenter à l'ONU une résolution en ce sens.

Pouvez-vous nous éclairer sur les raisons de cette opposition ? Que pensez-vous faire pour débloquer cette demande ?


Refus de l'ouverture du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe :

Le refus obstiné de votre gouvernement d'ouvrir le mariage et l'adoption aux couples de même sexe témoigne d'une discrimination institutionnelle particulièrement regrettable.

Par ailleurs de récentes décisions de certains de vos collègues ministres confirment nos inquiétudes quand à l'hostilité de votre majorité à ces revendications : la circulaire du Ministère des affaires étrangères demandant « aux consulats de refuser d'enregistrer les PACS dans les pays qui prohibent la vie de couple hors mariage de deux personnes de sexe différent ou de même sexe », la fait que Frédéric Minvielle ait été déchu de sa nationalité française à la suite du mariage qu'il avait contracté avec un citoyen néerlandais.

Pouvez-vous nous indiquer quelle est la traduction actuelle et concrète de votre engagement d'hier en faveur du PACS ?

Comment pouvez-vous nous aider à décrisper votre majorité sur l'ouverture du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe ?


Mise en place des franchises médicales :

Nous déplorons vivement la mise en place des franchises médicales que vous avez instituées. Elles découlent d'une philosophie culpabilisatrice pour les malades et notamment pour ceux atteints d'Affections de Longue Durée (ALD).

Avez-vous conscience que ces franchises médicales constituent une double peine voire une triple peine pour des malades déjà victimes d'homophobie et de discriminations liées à leur état de santé ?

Réalisez-vous que cette mesure réduit le pouvoir d'achat de personnes en situation de précarité sociale et financière ?

Sur les sujets évoqués ci-dessus, force est de constater que depuis votre nomination au Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports, nous ne vous entendons plus.

Certes les périmètres de votre ministère ne couvrent pas toujours ces thématiques, mais c'est davantage à la femme politique engagée qu'à la Ministre que ces questions s'adressent : Que sont devenus vos engagements d'antan ?
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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 11:22

40 ans de Mai 68 : L'explosion du féminisme (15/05/2008 )

Témoignages. En 1968, on leur promettait des lendemains qui chantent après le Grand Soir. La révolution n'étant pas advenue, de nombreuses femmes qui militaient dans les  groupuscules de gauche et d'extrême-gauche ont décider de faire leur propre révolution, sans les hommes. En ligne de mire surtout : la liberté sexuelle et l'égalité hommes/femmes. Deux féministes nous racontent leur expérience.

Anne-Marie Martin
Prendre la parole, vidéo au poing

En 1975, elle quitte les “Cahiers de Mai” pour fonder avec trois autres copines mais aussi trois copains, l'Association de Diffusion Populaire (ADP) qui va être une formidable caisse de résonance des mouvements de femmes.

“Idéologiquement, je suis issue des “Cahiers de Mai”. Ce groupe, porteur d'une revendication socialiste autogestionnaire, a développé durant les années 70 des “enquêtes ouvrières” qui consistaient à élaborer des textes collectifs  avec les ouvriers à propos de leurs revendications et à les faire circuler  à l'intérieur et à l'extérieur de l'usine pour populariser ces luttes, principalement à travers la revue les “Cahiers de Mai”.

Je faisais déjà partie d'un collectif audio-visuel, au sein des Cahiers, dont l'objectif était la diffusion de films militants.

En 1975, nous avons fait scission en prenant le nom d'Association Diffusion Populaire (ADP) Vidéo. Personnellement, j'en avais marre, en tant que femme, d'être cantonnée à la prise de note et aux enquêtes dans le textile. C'était une vraie rupture avec le “père politique”. Avec deux autres copines mais aussi trois garçons, nous avons aussi décidé pour filmer les mouvements antinucléaires et féministes qui se développaient et pas seulement les mouvements ouvriers.

De 75 à 79, nous nous sommes littéralement explosés en tournant une quinzaine de films et de nombreux rushes. Il fallait être sur tous les fronts : pendant qu'une équipe étaient à Seveso (pour la catastrophe industrielle), d'autres étaient en Alsace pour une grève à l'usine Schlumpf. Les conditions d'enquête étaient spartiates puisque nous étions tous militants, presque à plein temps. Le matériel, un magnétoscope et une caméra, était acheté avec nos maigres économies et nous dormions souvent sur le bord des routes !

En tant que femmes, nous avons repris notre parole, en étant présentes dans le mouvement des femmes de l'époque. Pour moi, nos deux films sur les ouvrière de Lip (usine de montres du Jura, récupérée par ses employés, qui était dans les années post-68 le symbole d'une autogestion possible, ndlr) montrent autant la prise de parole des ouvrières que ma propre prise de parole. Il faut préciser que les dirigeants syndicaux de l'usine avaient refusé que soit tenu un stand femme. L'idée était notamment de “faire prendre conscience aux hommes qu'ils ont intérêt à ce que les femmes soient dans la lutte et posent leurs problèmes. Plus une femme est consciente de son exploitation, plus elle luttera pour un changement”. Nous étions aussi très proches du MLAC (Mouvement pour la Libération de l'avortement et de la contraception), ce qui nous a amené à filmer les coulisses d'un procès qui se déroulait à Aix-en-Provence.

Pour moi, cette parole collective, ces rencontres et ces amitiés autour de Lip au féminin comme autour du MLAC ont été décisives.
En 1979, le collectif s'est dissout. En plus de difficultés financières. C'était une forme d'échec : nous avions facilité une expression des mouvements sociaux mais nous n'avions pas su diffuser largement nos films”.

La plupart des membres d'ADP Vidéo ont continué dans le domaine de l'image. Anne-Marie Martin est devenu réalisatrice. Elle est toujours militante. En 2001, elle a filmé le mouvement des sans papiers, avec la même idée qu'à ses débuts : l'image doit permettre de populariser la lutte.


Annick Houel
Une expérience radicale : le Centre des femmes

En 1974, elle crée à Lyon avec plusieurs dizaines d'autres militantes féministes, le Centre des femmes. Cette ruche autogestionnaire sera aux avant-postes des questions liées aux femmes.

“Dans les années qui ont précédé 1968, j'étais féministe sans appartenir à un groupe spécifique, en révolte contre la situation des femmes à une époque où il n'y avait ni contraception, ni avortement. Comme beaucoup de femmes, j'ai moi-même avorté clandestinement, à 21 ans. Il fallait libérer les femmes de la famille, ce qui passait par la contraception et par le partage des tâches. En 1968, j'avais 25 ans. J'ai activement participé aux événements étudiants parisiens. Dans les groupes militants, on nous expliquait que le changement pour les femmes viendrait après la révolution. Mais après 1968, ce n'était plus possible d'entendre ce discours : comme la révolution n'était pas arrivée, il fallait maintenant s'occuper de nous, les femmes. Nous verrions plus tard pour le Grand Soir. Comme de nombreuses femmes à ce moment-là, j'en ai eu marre de toujours voir les hommes prendre la parole, de ne pas être entendue et d'être cantonnée à l'impression des tracts. En 1969, je suis venue à Lyon pour enseigner la psychologie à l'université Lyon 2. Pour des femmes, comme moi, les premières luttes sur les questions d'avortement et de contraception au sein du MLAC (Mouvement pour la libération de l'avortement et de la contraception) ont été l'occasion de ne plus faire partie des autres groupes militants.

Le MLAC s'est auto-dissout en 1974, à la suite du vote de la loi Weil. A Lyon, avec certaines militantes du MLAC, nous avons récupéré une partie de l'argent restant, pour créée une association, le Centre des femmes, non-mixte. Et en 1975, nous avons ouvert un local à proximité de la place des Terreaux. Avec une activité très forte. Objectif : Lutter sur les problèmes spécifiques des femmes, en particulier sur le viol. Nous étions une centaine de militantes auxquelles se rajoutait environ 400 femmes sympathisantes.

Ce Centre des femmes étaient organisé en groupe de conscience. Des femmes se rencontraient pour discuter de problèmes spécifiques sur un modèle non-hierarchique, d'autogestion. Il y avait une vingtaine de groupes : écriture, lecture, self-défense, gynécologie, lesbiennes… en fonction de ce que les femmes proposaient.

On occupait fortement l'espace public dans le style des manifestations spontanées et festives de l'époque. La plus grande manif “Prenons la rue” a eu lieu en 1977, où de nuit nous avons déambulé à 500 dans le centre-ville, pour le durcissement de la loi sur le viol. A la suite du combat pour la contraception et l'avortement, la question du viol était en effet devenue centrale. Car à l'époque le viol n'était pas reconnu comme un crime, passible des assises. La loi ne date que de 1982.

Notre rôle était de faire émerger des problématiques spécifiques qui allaient ensuite se structurer en association. Nous avons par exemple organisé plusieurs actions sur les femmes battues, ce qui a donné par la suite le centre VIF (Violence Intra Familiale) à Villeurbanne, un centre d'hébergement pour les femmes battues.

On était en réunion tous les soirs. Moi-même, j'étais mère célibataire. Du coup, j'emmenais ma fille avec moi. Je peux dire avec le recul que j'étais beaucoup plus mobilisée sur le mouvement des femmes que sur mon travail à l'université où j'étais cataloguée comme une “emmerdeuse féministe”.
A la fin des années 70, ça s'est essoufflé, comme tous les mouvements sociaux. Faute d'un nombre suffisant d'adhésions pour payer le loyer, nous avons dû fermer. Les jeunes filles n'ont pas pris la relève car avec les grandes lois sur la contraception, l'avortement et plus tard le viol, tout leur semblait acquis. Alors que dans les pratiques, comme sur le partage des tâches, il y a beaucoup de choses à faire”.



Auteur : Laurent Burlet
Source : http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=01&article=5470

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Published by Misfit - dans Féminisme
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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 11:17

Californie: La Cour suprême invalide une loi réservant le mariage aux couples hétéros


Dans une décision rendue publique jeudi 15 mai, la Cour suprême de Californie a considéré par 4 voix contre 3 que la loi définissant le mariage comme l'union entre un homme et une femme était contraire au principe d'égalité garanti par la Constitution de l'État. Cette décision a évidemment été saluée par les défenseurs des droits des gays  et lesbiennes: d'ici à 30 jours, les couples homosexuels pourront se marier dans l'État le plus peuplé des États-Unis. La Californie va ainsi rejoindre le Massachusetts, qui était le seul aux États-Unis à autoriser le mariage des couples de même sexe, depuis 2005.


 

 


 

Le gouverneur républicain de Californie, Arnold Schwarzenegger, qui avait à deux reprises bloqué une loi légalisant le mariage des couples de même sexe (lire Quotidien du 15 octobre 2007), a indiqué dans un communiqué de presse qu'il «respecterait la décision de la Cour suprême [de Californie, ndr]». Et d'ajouter: «Comme je l'avais indiqué dans le passé, je ne soutiendrai pas un amendement à la Constitution de l'État qui viendrait annuler la décision de la Cour suprême.» Ce faisant, le gouverneur de Californie se démarque nettement des groupes de conservateurs qui veulent organiser en novembre 2008 un référendum constitutionnel d'initiative populaire pour «casser» cette décision de la Cour suprême.


 

 

Photo: Sirlin Photographers.

 

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=12949

 

Californie: une célèbre animatrice TV lesbienne annonce qu'elle va se marier

 

L'animatrice de télévision américaine Ellen DeGeneres, qui avait révélé son homosexualité il y a plus de dix ans, a indiqué dans son émission devant être diffusée vendredi qu'elle allait se marier, après la légalisation des unions gay en Californie.

"La cour suprême de Californie a annulé l'interdiction du mariage homosexuel", a rappelé Mme DeGeneres face au public de son studio au nord de Los Angeles. "Alors j'aimerais dire ici pour la première fois, que j'annonce que je vais me marier!", a-t-elle lancé, très émue.

"Je vous dirai bientôt qui est l'heureux homme", a ajouté Mme DeGeneres, déclenchant l'hilarité du public. La future épouse de l'animatrice est son amie de longue date, l'actrice australienne Portia DeRossi, 35 ans.

Ellen DeGeneres est connue en dehors des Etats-Unis pour avoir animé en 2007 la cérémonie des Oscars.

Artiste de music-hall, actrice et auteur de livres, elle avait provoqué un choc dans l'opinion publique en annonçant son homosexualité en 1997 lors de l'émission d'Oprah Winfrey, la "papesse" de la télévision.

Dans un arrêt historique, la cour suprême de Californie a annulé jeudi une partie d'un article du code civil qui définissait le mariage comme une union entre un homme et une femme, ouvrant la voie à des unions légales entre homosexuels. La Californie devient le deuxième Etat après le Massachusetts (nord-est) à permettre de tels mariages.

Cette décision prendra effet dans un mois, quand des personnes de même sexe pourront se présenter dans les mairies pour échanger leurs voeux. Des dizaines de milliers de mariages gay pourraient être conclus dans les prochains mois.

 

Source : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-35481989@7-37,0.html

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