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  • : Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.
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Rose Ausländer :

Dans le rien

Découvrir un chant

La chambre m'abrite

Ne le sais

Quand je partirai

Tu es là encore

Anne Archet :
Convulsive

Union nucléaire

Nicole Barrière :

Femmes en parallèle

Marie Bataille :

Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

L'humilité...

France Bonneau :

Si j'étais immigrante

Nicole Brossard :

Aujourd'hui je sais

Ma continent

Ne touchons pas...

Sa surface

Sous la langue

Françoise Bujold :

Quand la perdrix...

Mélanie Cantin :

Innocent amour

Diane Cardinal :

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Patrizia Cavalli :

De moi...

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Anne Collignon :

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Laisse-toi aller

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Polaroïd

Rainbow

Un baiser sur ses seins

Louise Cotnoir :

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Le sexe marqué...

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Baiser 
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Refus

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L'espoir ?

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Une histoire de beauté

Chahdortt Djavann :

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Hélène Dorion :

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Tu viendras...

J'adviens...

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Elle s'éleva...

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Il s'exerce sur votre Ame

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Procès en sorcellerie

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 14:27
Atteintes aux libertés en série: de l'affaire Dasquié au livre interdit sur Dati
 
Par RichardTrois, le 09/12/2007
   

 

Cette semaine se termine alors avec trois affaires qui font vraiment craindre pour la sauvergarde des libertés et donc pour la Démocratie en France.

La DST qui fait chanter un journaliste, la Liberté d'information mise en cause
Le journaliste Guillaume Dasquié a été arrêté le 5 décembre 2007 par les policiers de la Directionde surveillance du territoire (DST).
A l'issue d'une garde à vue difficile de 40 heures avec la perquisition de son domicile, il a été mis en examen, pour compromission du secret défense. Guillaume Dasquié est un journaliste d'investigation et un spécialiste reconnu des questions relatives aux servicessecrets et au renseignement, fondateur et animateur du site geopolitique.com.

Cette mise en examen fait suite à la plainte contre X par Michelle Alliot-Marie alors Ministre de la Défense, plainte engagée après la lecture d'un article du Monde révélant les informations en possession de la DGSE et fournies aux Etats-Unis avant le 11 Septembre 2001.

A la suite de cette mise en examen, Guillaume Dasquié a notamment expliqué que les enquêteurs ont usé de chantage pour qu'il leur livre ses sources.

La révélation par Rue89.com de cette arrestation du journaliste et de ce chantage exercé à son encontre a fait réagir Reporters Sans Frontières tout comme le Syndicat National des Journalistes. Mais franchement je trouve la réaction de la presse très timorée. Notamment celle du Monde où l'article de Guillaume Dasquié a été publié.

En effet, comment peut-on garantir la liberté de la presse, la liberté d'informer et celle d'être informé lorsque les journalistes peuvent être contraints de livrer leurs sources ? Quel meilleur moyen de tarir ces sources qui permettent auxcitoyens que nous sommes de se faire librement une opinion ?
Et comment peut-on appeler une décision qui prive un journaliste des moyens d'exercer sa profession ? En effet, non seulement Guillaume Dasquié a non seulement été sommé de révéler ses sources mais il est maintenant soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit d'entrer en contact avec des personnes travaillant ou ayant travaillé avec la DGSE. Alors que la couverture et le suivi desservices est l'essentiel de son activité.

Je vous invite à lire le court texte écrit par Guillaume Dasquié sur le site geopolitique.com et notamment sa conclusion :
« Le journalisme d'investigation spécialisé sur la raison d'Etat constitue à mes yeux un garde-fou indispensable pour notre démocratie. Il participe à nourrir l'esprit critique des citoyens éclairés. Et à ce titre, il représente un gage de sécurité plus important, plus fondamental encore, que tous lespelotons de la DST réunis.
Dès la semaine prochaine, geopolitique.com reprendra ses parutions, avec encore plus de convictions. Mme Alliot-Marie, je pensais exercer un métier, vous m'avez démontré que c'est un sacerdoce. Grâce à vous, une détermination nouvelle désormais me conduit.

Guillaume Dasquié
Responsable éditorial et co-fondateur de geopolitique.com »

A cette affaire particulièrement grave concernant Guillaume Dasquié se rajoute d'autres signes alarmants d'une régression de la liberté de l'information :

Le livre interdit sur Rachida Dati
Ainsi un court article de Bakchich.info nous informe que des pressions ont été exercées à l'encontre du journaliste Laïd Samari, de L'EstRépublicain, pour le décourager de publier un livre « à charge »contre Rachida Dati, livre de révélations sur la ministre de la Justice, dontle titre de travail était « La tricheuse » (tout un programme). C'est Patrick Devedjian,secrétaire général de l'UMP, qui aurait été chargé en haut lieu de, commentdire..., « confier ses doutes » au journaliste, en lui faisant comprendre que les conséquences de la publication ne seraient pas négligeables. Bakchich.info ajoute que plusieurs maisons d'édition ont depuis décliné la proposition de publier.

A côté des livres dont on empèche la publication, voici ceux dont on aurait voulu empêcher l'écriture:
Alerté par
Le blog (im)pertinent de Valérie de Saint-Do (que je salue au passage), je trouve la tentative du Rectorat de Grenoble qui s'est retracté depuis tout aussi symptomatique du climat ambiant:

En effet le Rectorat de Grenoble avait émis en Novembre une circuculaire concernant le cumul d'activité des enseignants obligeant ceux d'entre eux qui souhaient produire des œuvres de l'esprit (écrire de livres par exemple) de le faire uniquement après autorisation explicite de leur hiérarchie ! Du jamais vu ...
Et plus encore, en effet la circulaire indiquait qu'il est légitime d'émettre un avis défavorable en cas «de refus d'effectuer des heures supplémentaires dans l'emploi principal» ! Heureusement le
Rectorat de Grenoble a depuis
retiré la dite circulaire en expliquant qu'il s'agissait d'une erreur.

Vous avez dit Démocratie, Liberté ? Depuis la rentrée, certains n'arrêtent pas de nous assèner que la Gauche aurait eu tort pendant la campagne électorale de diaboliser Nicolas Sarkozy et son gouvernement. A l'aune de ces atteintes aux libertés, je commence à penser tout à fait le contraire.

EDIT du 9 Décembre 9h30
Guy Birenbaum me signale dans un commentair que le Recteur de Grenoble a retiré depuis sa circulaire. Je l'en remercie et je corrige donc le post.
Je découvre du coup aussi le post de
Guy Birenbaum sur l'Affaire Guillaume Dasquié. Merci encore à lui.

Source : http://www.lepost.fr/article/2007/12/09/1064741_atteintes-aux-libertes-en-serie-guillaume-dasquie-le-livre-interdit-sur-dati.html

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 08:00
08 décembre 2007
Sarkozy et la double bourde sur l'Algérie




Nicolas Sarkozy n’aime pas jouer sur les mots. Trop intellectuel. Les sondages sont ses seuls garde-fous. Pour le reste, la réflexion, la précaution, la sémantique, c’est un peu comme la séparation des pouvoirs. Un principe poussiéreux, invoqué par les hommes qui pensent pour freiner ceux qui courent. Autant dire un complot anti-Sarkozy.

Réfléchir sur les raisons de la radicalisation actuelle des violences urbaines ? Vous n’y pensez pas ! « Expliquer l’inexplicable reviendrait à excuser l’inexcusable » ! Tolérance zéro pour la pensée divergente ! Le tout au nom de la lutte contre la pensée unique bien sûr.

Pourtant, cette semaine, même les intellos adeptes de la pensée unique du président ont dû se gratter sous le crâne en entendant leur homme d’action préféré prononcer — par deux fois — le mot « islamophobie ». En réaction aux propos antisémites du ministre des anciens combattants algériens, le président de la République français s’est dit décidé à combattre au même titre l’ « antisémitisme et l’islamophobie ».

Il l’a dit une première fois à son retour de Chine, au 20h, puis il a récidivé quelques jours plus tard en Algérie. Sans que, visiblement, aucun argument d’ordre intellectuel n’ait réussi à perturber son cerveau reptilien d’homme d’action.

Voilà pourtant des années que l’on met en garde contre le danger d’utiliser le mot « islamophobie » (littéralement phobie envers l’Islam) pour parler du racisme envers les Musulmans. Car si le racisme envers les Musulmans existe et doit être combattu, la critique de la religion ou d’une idéologie — elle — ne peut être confondue avec du racisme. À moins de considérer que toute critique d’une idéologie ou d’une religion est raciste. Et donc un délit.

Le président de la république aurait pu promettre de combattre « l’antisémitisme et le racisme ». Mais il a préféré laisser pensé qu’il allait se battre équitablement contre tous ceux qui critiqueraient les Juifs et les Musulmans… en tant que religieux voire en tant que religions ! Quitte à porter plainte aux côtés de l’UOIF contre Charlie Hebdo si nous publions des caricatures de Mahomet ?

À l’époque du procès, Sarkozy le candidat nous avait envoyé un fax de soutien. A-t-il seulement pris le temps de le lire ? Le fax serait arrivé moins vite… Mais la réflexion aurait peut-être survécu à l’action. Et Nicolas Sarkozy dirait aujourd’hui moins de conneries.

Il éviterait notamment de parler de « réparation » pour annoncer un programme de discrimination positive en faveur des enfants de harkis à son retour d’Algérie. Il aurait pu s’engager contre les discriminations favorisées par l’imaginaire post-colonial, au nom de l’égalité. Il aurait pu reconnaître le rôle de l’Etat français dans le sort des harkis, au nom du devoir de mémoire. Mais non. Il a préféré parlé pudiquement de la colonisation comme un « système injuste », tout en promettant de tout faire pour « réparer » le sort injuste fait aux harkis. Quitte à mettre la discrimination positive non pas au service de l’égalité mais d’une lecture de l’histoire ne pouvant que générer aigreur, ressentiment et surenchère.

Sur les campus américains, aujourd’hui, des groupes noirs américains veulent exclure d’autres Noirs des bénéfices de l’ « affirmative action » sous prétexte qu’ils ne sont pas descendants d’esclaves… Tellement l’idée de « réparation » pour certains s’est substituée à l’exigence d’égalité pour tous. En y réfléchissant, Sarkozy ne pouvait trouver meilleur moyen d’importer cette machine infernale, propre à attiser les tensions intercommunautaires, et au passage raviver les plaies (encore non cautérisées) de la guerre d’Algérie. Grâce à lui, le volontarisme politique ne vise plus à aider les victimes du racisme (ce qui pourrait rassembler toutes les minorités) mais à récompenser ceux dont les parents ont le plus souffert (ce qui ouvre la voie à toutes les surenchères et à toutes les concurrences identitaires).

Jusqu’ici, seule la précision des mots permettait d’éviter tant bien que mal ce type de dérive. Grâce à une conception de l’égalité et de l’identité fragile comme du cristal. En quelques mots, le président de la république vient de briser l’antidote en milles morceaux. Gare aux éclats de verres.

Caroline Fourest

Sources: http://carolinefourest.canalblog.com/

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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 06:50
INDE •  Les bonnes, nouveaux hérauts du féminisme
Aux environs de Bombay, les épouses quittent leur domicile pour aller travailler en ville. Un nouveau chemin vers l'émancipation.
Peinture krishna, Inde
DR

Nichés dans les replis vallonnés des montagnes du Sahyadris [à environ 250 kilomètres de Bombay, capitale du Maharashtra], une poignée de villages ouvrent silencieusement la voie à l'émancipation féminine. Renversant les schémas traditionnels, les femmes d'ici s'en vont travailler en ville, et ce sont les hommes qui restent pour s'occuper des champs, tenir la maison et élever les enfants. A Aadgaon, village étonnamment désert et morose, près de 75 % des épouses sont parties à Bombay, où elles sont employées comme bonnes dans les quartiers huppés de la ville.

Dans le village, Yashwant Gopale, 46 ans, étale soigneusement des cacahuètes pour les faire sécher au soleil, aidé par son fils. "Ma femme travaille comme domestique chez quatre ou cinq employeurs, pour environ 3 000 roupies par mois. Elle nous en envoie la quasi-totalité de son salaire, ce qui finance l'université de mon fils", explique cet agriculteur propriétaire d'environ 1 hectare de rizières. Pas très loin, à Vandre, Tukaram Jadhav raconte lui aussi que son épouse, partie à Bombay il y a trois ans, travaille aujourd'hui comme bonne. Elle gagne environ 3 500 roupies par mois, dont une large part permet de rembourser les crédits contractés par la famille. Sanjay, leur fils de 17 ans, vit avec son père, tandis que le petit frère est parti avec sa mère.

"Cela fait une dizaine d'années que l'on voit les femmes partir vers la capitale régionale pour travailler comme domestiques, mais la tendance s'est intensifiée au cours des cinq dernières années", constate Ramdas Shinde, membre du conseil des villageois d'Amboli, dont la femme travaille elle aussi dans la métropole. Dans certaines localités, à Gadat par exemple, 90 % de la population féminine est partie à Bombay. Dans la région, tout le monde ou presque est paysan, mais les rendements suffisent à peine à nourrir une famille. Et les hommes ne peuvent pas partir, car ils doivent s'occuper des champs."

Si beaucoup d'épouses partent avec leurs enfants, les maris doivent néanmoins apprendre à se charger seuls des tâches domestiques ou bien appeler à la rescousse leur mère ou une tante. A Bombay, les femmes s'installent dans des taudis qu'elles louent et ne font le trajet de cinq heures pour rentrer au village que tous les trois à quatre mois. Il y a quelques années, l'Etat a mis en place pour ces travailleuses un bus quotidien entre Borivili, dans la banlieue de Bombay, et Belavadi, un village reculé.

C'est dans l'un d'eux que l'on rencontre Viman Sawant. Elle a 50 ans et rentre à Andheri [dans la banlieue chic de Bombay] après un court séjour chez elle : "Cela fait maintenant neuf ans que je vis ici et je ne rentre que trois à quatre fois par an. Parfois, c'est mon mari qui vient nous voir, moi et les enfants." Une autre passagère plaisante : "Tous les hommes font le voyage après le 10 de chaque mois pour toucher la paie !"

Maintenant que ce sont les femmes qui font bouillir la marmite, leur statut au sein de la famille s'en trouve-t-il changé ? A en croire Ganpat Gopale, [défenseur de la cause des femmes], la situation évolue de façon tangible. Comme il l'analyse, "les femmes qui quittent le village deviennent plus débrouillardes, elles apprennent à s'affirmer et ce changement est perceptible dans les foyers".

Sunanda Mehta, The Indian express.

Source :
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=80490

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 12:09
Afghanistan - Une guerre contre les femmes 

Extraits d’un rapport sur la mise en application de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies
par Medica Mondiale

On a beaucoup parlé de la violence du régime des Talibans contre les femmes. Le régime des Talibans a indéniablement institutionnalisé - fait presque sans précédent - la violence de genre fondée sur le terrorisme. Toutefois, cette violence et spécialement la violence sexuelle étaient déjà un moyen d’oppression de la population féminine sous le régime communiste (d’après d’autres témoignages, ce fut plutôt une période avantageuse pour les femmes - ER) ainsi que sous les Moudjaheddines. Les conflits armés des derniers 27 ans ont masqué une autre guerre qu’il faut nommer ouvertement - il s’agit de la guerre qui se poursuit encore aujourd’hui contre les femmes afghanes. Se voyant déjà imposer des restrictions multiples, humiliées et intimidées avant, pendant et après ces conflits armés, les femmes doivent en plus se défendre contre des types particuliers de violence basée sur le sexe, ce qui aggrave dramatiquement leurs conditions misérables et dangereuses dans l’Afghanistan d’après-guerre.

La violence domestique est fréquente. Le viol est un crime commis fréquemment à toutes les étapes du conflit et il est l’oeuvre de toutes les factions combattantes. Les mariages d’enfants, les mariages forcés, la méthode traditionnelle de résolution de conflits par le Baad, le refus de l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à la justice, à l’emploi et à la libre circulation, la nécessité d’avoir beaucoup d’enfants - masculins de préférence - et de servir la famille du mari, ce sont là des exemples des plus importantes formes de violence structurelle, politique et personnelle ancrées profondément dans le système socio-politique afghan.

Peu importe les groupes ethniques, la vie de la grande majorité des femmes et des filles afghanes sous le contrôle du clan se trouve affectée par la violence patriarcale, dans une société profondément traumatisée et dominée par les hommes.

Le suicide de femmes et de filles, par auto-immolation souvent, qui constitue une réponse à la violence inéluctable fondée sur le genre, est un phénomène croissant en Afghanistan. Cette tendance notable chez de jeunes femmes afghanes peut être perçue par elles comme un dernier recours ainsi qu’un acte de protestation contre une vie de violence dépendante de la famille et du mari, contre l’impossibilité d’avoir une existence autonome et paisible. La vie des femmes afghanes est, au mieux, insécurisante et dangereuse - non seulement pour celles qui vivent dans une zone de conflit, mais aussi pour les femmes aux prises avec un système social violent et inéluctable.

La suite sur Sisyphe, le 1er décembre 2007

 

Suggestion de Sisyphe : Visiter le site "IANSA.ORG.

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 11:58

Manifestation pour la libération de 13 présumés homosexuels camerounais (communiqué)

13 homosexuels présumés sont actuellement en détention provisoire au Cameroun. Alternatives-Cameroun (association de défense des droits humains) et l’antenne africaine de l’IGLHRC (International Gay and Lesbian Human Rights Commission) coordonnent une mobilisation internationale autour du 10 décembre, à Pretoria (Afrique du Sud), Washington (USA) et Paris.

A Paris, Les Panthères roses appellent à un rassemblement pour dénoncer le mépris des droits humains fondamentaux dont sont victimes ces 13 hommes et exprimer notre solidarité avec eux et Alternative-Cameroun, ce dimanche 9 décembre sur le Parvis des Droits de l'Homme, M° Trocadéro. L’article 347 bis du code pénal camerounais stipule en effet qu’ « est punie d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 francs CFA toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe ». Ces dernières années, de nombreuses condamnations ont été prononcées. La répression envers les présuméEs homosexuels et lesbiennes a été alimentée par une vaste campagne homophobe en 2006. Des jeunes supposées lesbiennes ont notamment été exclues de leurs collèges en raison de leur orientation sexuelle présumée.

Des détentions contraires aux traités sur les droits humains

Les cas de torture dans les prisons sont courants, plusieurs détenuEs ou ancienNEs détenuEs présuméEs homosexuelLEs ont fait part de maltraitances, de non accès aux soins, d’humiliation de la part des équipes pénitentiaires comme des autres détenuEs. Alim Mongoche, 30 ans, condamné pour son orientation sexuelle présumée, est décédé en juin 2006, une semaine après sa sortie de prison. Sa mort est directement imputable à une absence de soins qu’exigeait son état de santé. Le groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires a communiqué un avis en octobre 2006 dans lequel il stipulait que ces arrestations et détentions sont contraires aux traités sur les droits humains que le gouvernement camerounais a ratifiés. Ce groupe de travail de l’ONU demande aux autorités de réviser les lois anti-homosexuelLEs. Alternatives-Cameroun vient en aide aux victimes, souvent rejetées par leur entourage. L’antenne africaine de l’IGLHRC collabore avec les différentes associations africaines de soutien aux homosexuelLEs et se mobilise sur la situation camerounaise.

Colonialisme, homophobie : les dominations se renforcent

Dans les pays africains, l’homophobie est parfois alléguée par une posture soi-disant anti-coloniale qui voudrait faire croire que l’homosexualité est une invention du colon blanc. Comme les immigréEs en Europe, les homosexuelLEs en Afrique sont des boucs émissaires. Contrairement aux propos de Sarkozy, les hommes africains ont une histoire, les femmes africaines aussi. Contrairement aux propos de certains homophobes, les homosexualités africaines ont également leur histoire. L’homophobie actuelle s’appuie notamment sur l'héritage de la morale chrétienne des missionnaires européens qui ont stigmatisé des pratiques dites homosexuelles.

Les africainEs ont une histoire, les homosexualités aussi

Les identités lgbt en Afrique comme ailleurs sont en construction. C’est aux africainEs de décider ce qu’ilLEs veulent faire de leur histoire passée, présente et à venir. Il n’y a pas un seul modèle « homosexuel », chaque groupe doit pouvoir développer ses luttes et ses identités selon ses propres réalités.

Nos désirs n'ont pas de frontières

A Yaoundé, Cracovie, Istanbul, Rome, Téhéran, Paris, Washington, Pretoria… partout dans le monde, respect de nos orientations sexuelles et identités diverses !

Libération des 13 emprisonnés au Cameroun !

Manifestation pour la libération de 13 présumés homosexuels camerounais Dimanche 9 décembre - 16h - Parvis des Droits de l'Homme, M° Trocadéro ATTENTION : nous attendons encore confirmation pour l'heure et le lieu. Merci de nous contacter pour confirmation du rendez-vous. pr@pantheresroses.org

jeudi 6 décembre 2007

Source : http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/12/06/1855-manifestation-pour-la-liberation-de-13-presumes-homosexuels-camerounais-communique

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 11:52

PETITION

MEDECINS ET IMMIGRATION, NON AUX LIAISONS DANGEREUSES


Les sciences et la médecine ne doivent pas devenir des outils au service des politiques migratoires.

ONG médicale présente en France et à l’étranger, nous voyons s’installer par touches successives une logique inquiétante : celle qui consiste à instrumentaliser les sciences médicales et les médecins comme supplétifs de la maîtrise de l’immigration.

Ainsi,

- La circulaire de février 2006 permettant l’arrestation des étrangers dans les structures de santé,
- Les pressions exercées sur les médecins inspecteurs de santé publique pour influencer les décisions d’expulsions des étrangers gravement malades,
- Les évacuations musclées pour des raisons sanitaires des campements de fortune occupés par les Rroms,
- Le calcul de l’âge osseux sur des adolescents pouvant conduire à leur exclusion de la protection de l’enfance et à leur expulsion si ces examens établissent que ce sont des « adultes biologiques »,
- L’amendement « Mariani » sur la pratique des tests ADN dans le cadre du regroupement familial, instaurant une discrimination inacceptable dans la preuve de filiation.

Autant d’utilisations de la médecine à des fins autres que le soin.

Le lien entre pauvreté et migration est une évidence : 100% des étrangers vus en consultations par Médecins du Monde vivent en dessous du seuil de pauvreté. On ne peut survaloriser la place des étrangers en matière de sécurité et la minorer quand on parle de pauvreté. Les acteurs de la santé doivent pouvoir refuser toute action qu’en conscience ils estiment relever de la maltraitance ou de la discrimination.
Avec Médecins du Monde, je réclame:

1. Le retrait de l’amendement Mariani permettant le recours aux tests ADN

2. L’arrêt de toute pression administrative et/ou politique sur les médecins inspecteurs de santé publique concernant le droit au séjour des étrangers gravement malades,

3. Un droit de désobéissance déontologique de la part de tous les professionnels de santé qui pourraient être amenés à prescrire ou à réaliser des actes utilisant les sciences médicales non pas dans l'intérêt médical de la personne mais dans le cadre des lois de l'immigration.

Pour signer et diffuser cette pétition en version word :

Toutes les informations sur : http://www.medecinsdumonde.org/fr/mobilisation/petition


Nous contacter : http://www.medecinsdumonde.org/fr/nous_contacter/communication

Médecins du Monde - 62 rue Marcadet 75018 - Paris

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 18:03
Manif féministe autogérée à Rome : 150 000 participantes !

Le 24 novembre, 150 000 femmes et lesbiennes* dans la rue contre les violences faites aux femmmes.

Il y a deux mois à peu près est née l’idée d’une manifestation pour la journée internationale contre les violences des hommes contre les femmes.

Des assemblées de 40, 50 voire 60 femmes et lesbiennes, individuelles ou faisant partie de collectifs féministes et lesbiens de Rome , centre anti violences, se mettent en place pour organiser cette manifestation.

Une manifestation auto-organisée sans parti politique, sans syndicat, sans drapeau d’aucune sorte.

Une manifestation non-mixte. Trés discutée, la non-mixité a finalement vaincu. Une manifestation de femmes qui donne la voix aux femmes, qui donne visibilité à la force des femmes.

Le 24 novembre le pari est plus que gagné, 150 000 femmes venues sont dans la rue pour crier leur ras le bol de la violence des hommes. Elles sont sorties très nombreuses le 24, comme on ne les avait pas vues depuis très longtemps. Pas 400, comme au 8 mars dernier, ce qui avait déjà été très impressionant, mais 150 000 cette fois !!! Des femmes, des femmes, des femmes, plein de femmes !

Il faut lutter parfois durement pour maintenir le cortège non mixte, pour expliquer aux hommes que s’ils veulent prendre part, ils peuvent se mettre en fin de cortège. Quand à la gay pride il a été décidé que les malades du sida ouvriraient le cortège, est-ce que çà a été difficile à faire respecter? Ou c’est seulement les hommes qui ne supportent pas que les femmes prennent la parole sans eux, ou c’est seulement un non de plus qu’ils ne veulent pas entendre.

Il faut être carrément ferme pour maintenir le cortège apolitique : une ex ministre tente de rejoindre la tête du cortège pour se faire montrer.

Reconduite sur le trottoir. Des ministres de l’extrême droite à la gauche ont organisé une scène avec télévision pour l’arrivée du cortège à piazza navona. Surprise et colère des organisatrices et de toutes les femmes sur la place et puis la scène est reprise, le direct TV stoppé, et les ministres chassées. Et ça va faire du bruit. On arrête pas les grands comme çà !

Ministres de tout bord, déçues de n’avoir pas pu récupérer la force des femmes à leur fin de pouvoir personnel, qui vont s’emparer de la presse le lendemain pour insulter les organisatrices, pour arranger l’épisode à leur sauce et surtout ne pas reconnaître que ce sont les femmes auto organisées qui sont sur la place, celles qui ne croient pas aux lois surtout quand elles sont assorties de mesures racistes comme c’est le cas des dernières mesures anti violences qu’elles ont votées il y a trois semaines.

Des femmes qui rappellent que les violences sont d’abord exercées par les pères, maris, petits amis, ex compagnons.

Des femmes qui disent que la violence n’a ni couleur, ni classe sociale, ni religion, ni culture parce qu’elle est une culture en soi.

Des femmes qui crient “l’auto défense est notre seule certitude” et qui n’attendent pas la protection de qui ce soit mais veulent s’organiser pour en finir avec la violence des hommes.

Voilà c’est de ces convictions là qu’est née la manif, une grande, grande, grande manif, qui a laissé aux participantes l’ivresse de la force commune et la certitude que ce n’est qu’un début. A suivre donc...

Ne comptez pas sur notre silence, mais seulement sur notre rage.

* nous notons qu’il y a des lesbiennes parmi les femmes pour deux raisons : pour que ces dernières soient visibles dans les luttes (alors qu’elles sont presque toujours invisibilisées, satanisées...), mais aussi parce que des lesbiennes (mais pas toutes !) revendiquent ce choix comme acte poltique : être lesbienne, pour une partie d’entre elles, est une rupture avec le devoir de servir, domestiquement et sexuellement, des hommes, au sein du couple hétéronormal. Elles affirment donc par là qu’elles ont fait un pas de côté par rapport à la définition actuelle de ce qu’est une femme...

Source : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=56958

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 17:57

Féminisme « progressiste » - Des anthropologues exaltent l’excision

mercredi 5 décembre 2007, par Annie Lessard

 

L’American Anthropological Association tenait un congrès international à Washington en fin de semaine dernière. Des experts critiquent la campagne contre l’excision, y voyant une forme d’impérialisme culturel des féministes occidentales. Le congrès met de l’avant une « troisième vague » représentée par des « féministes multiculturalistes » favorables à l’excision, et créé un «  espace discursif émergent » pour des opinions jusque-là ignorées dans le débat mondial sur l’excision.

Les femmes africaines doivent-elles être autorisées à continuer la pratique de l’excision ? Les critiques de cette pratique sont-ils justifiés de lutter pour la bannir ou font-ils plutôt preuve d’ignorance et d’impérialisme culturel ?

Des délégués d’organisations internationales opposés à l’excision ont débattu de cette question avec des anthropologues aux vues opposées, y compris des anthropologues d’origine africaine elles-mêmes excisées A [1]

Le Dr Richard Shweder de l’Université de Chicago soutient que les occidentaux qui plaident pour la «  tolérance zéro » face à l’excision ne réalisent pas que des femmes sont au centre de ce rite initiatique qu’elles voient comme une procédure cosmétique offrant des avantages esthétiques. Il fustige les Américains et les Européens pour leurs lois contre l’excision alors qu’ils permettent leurs propres formes de modification génitale comme la circoncision des garçons et la « réjuvénation vaginale » à des fins esthétiques. Il a passé en revue les études sur l’excision et comparé les données avec la « rhétorique » sur ses effets nuisibles. Il conclut que « le féminisme du premier monde », la rectitude politique et l’activisme l’ont emporté sur une évaluation critique des données.

Dr Ahmadu, post-doctorante à l’Université de Chicago, a été élevée aux États-Unis et est retournée au Sierra Leone à l’âge adulte pour se faire exciser. Elle reproche aux critiques de l’excision leur exagération des risques pour la santé, leur incompréhension de ses effets sur le plaisir sexuel, et leur prétention erronée que l’ablation d’une partie du clitoris est une pratique qui opprime les femmes. Elle déplore que les féministes occidentales « insistent pour nous priver d’un rituel initiatique important pour les femmes et qui est ancré dans notre patrimoine culturel unique et puissant. »

Le Dr Wairimu Njambi, originaire du Kenya, est professeur d’études féministes de l’Université Florida Atlantic. Elle consacre sa carrière à promouvoir la notion que la lutte à l’excision perpétue un discours colonialiste qui cherche à universaliser une vision occidentale de ce qu’est un « corps normal » et une « sexualité normale ». Pour le Dr Njambi, l’excision représente en fait un triomphe pour le féminisme.

L’excision vue par une anthropologue canadienne

L’approche post-moderne est aussi présente dans les milieux universitaires canadiens. La professeur Janice Boddy, doyenne du département d’anthropologie à l’Université de Toronto a récemment publié un livre sous le titre Civilizing Women : British Crusades in Colonial Sudan [2] Elle refuse de condamner inconditionnellement l’excision, dont elle recommande la continuation, préférant plutôt fustiger le colonialisme.

Motifs justifiant l’excision

Selon l’UNICEF, l’excision (« mutilation génitale féminine », ou MGF) garantirait une place reconnue dans la communauté, la possibilité de se marier, la chasteté, la santé ainsi que l’honneur de la famille [3] Son but est l’intégration. C’est la femme non excisée qui est victime de discrimination. On la considère comme impure, on la méprise et on la juge inapte au mariage.

Pourquoi l’excision perdure ?

Le consensus veut que l’éducation soit le premier instrument de lutte contre l’excision. Le magazine Afrik.com a toutefois donné la parole à une ivoirienne qui recommande que l’éducation vise non seulement les populations analphabètes, mais aussi les « intellectuels » qui véhiculent un message dangereux [4]

Yaya Fanta, Ivoirienne, 50 ans «  Certains intellectuels véhiculent un message dangereux  »

Si des leaders, femmes de surcroît, tiennent ce genre de discours, cette pratique a encore de beaux jours devant elle. Donc il ne faut pas simplement axer la sensibilisation sur les analphabètes, mais aussi sur les citadins et les intellectuels.

« Un jour, la présidente d’une ONG très connue qui milite pour la promotion de la femme et spécialisée dans la santé m’a dit que l’excision est une bonne pratique, qu’il ne faut pas y voir qu’un acte que nous appelons mutilation, puisque la pratique entre dans le cadre d’une initiation. Une réflexion que je trouve complètement paradoxale et dangereuse car elle contribue à pérenniser l’excision. Si des leaders, femmes de surcroît, tiennent ce genre de discours, cette pratique a encore de beaux jours devant elle. Donc il ne faut pas simplement axer la sensibilisation sur les analphabètes, mais aussi sur les citadins et les intellectuels. »

L’excision et l’islam

Le 3 juillet dernier, le grand Mufti du Caire relayait la déclaration de la Haute commission des affaires religieuses à l’effet que « L’excision est totalement interdite par l’islam en raison de ses effets physiques et psychologiques néfastes  » [5]

Yousuf Al-Qaradawi, président des muftis du monde entier et l’un des théologiens les plus influents du monde arabe, a toutefois émis une fatwa favorable à l’excision « Celui qui pense que l’excision peut avoir des effets positifs sur ses filles devrait la pratiquer et personnellement, je soutiens cette pratique que je juge nécessaire dans le monde moderne. L’excision améliore la santé de la femme et ses relations conjugales. Mais si quiconque choisit de ne pas la faire, il ne commet aucun péché. » Le théologien prévient toutefois qu’ « il est important de rappeler que le prophète a dit "ne dépassez pas la limite", c’est-à-dire, n’enlevez pas la totalité du clitoris. » [6]

La Presse rapportait récemment que malgré l’interdiction de l’excision en Égypte, cette opération est pratiquée dans les hôpitaux du pays. Le gynécologue Mounir El-Hao estime que l’excision est « prescrite par la religion » [7]

L’ablation du clitoris n’est pas nécessaire pour toutes les filles. « La sunna du Prophète dit de réduire sans mutiler », insiste le médecin. Il dit refuser les patientes « qui n’ont pas besoin de l’opération » malgré l’insistance des parents. Quelles sont ces jeunes patientes (de 9 à 13 ans) pour qui l’excision est nécessaire ? « C’est une partie du corps qui peut être très douloureuse pour certaines, causant des problèmes de démangeaisons ou de frictions. Certaines sont allumées inutilement, dans des contextes non sexuels. On réduit donc la région pour régler le problème », explique le gynécologue qui compte 35 années de pratique et estime à 40% le nombre de filles qui ont besoin d’être excisées. Il réitère toutefois que la religion est la raison première de sa pratique.

L’aiguille contre couteau ? Polémique autour d’une alternative à l’excision ?

En 2004, le gynécologue Omar Abdulkadir qui pratique en Italie a déclenché une vive polémique après avoir proposé une alternative médicale à l’excision. Le spécialiste d’origine somalienne espérait anesthésier le clitoris au lieu de le couper, offrant à ses clientes d’origine africaine un «  rite symbolique » respectueux de leur tradition. Son projet avait été retenu au niveau de la commission de bioéthique locale de Florence où il travaille. Mais il s’est attiré les foudres des associations de défense des droits de la femme qui estimaient que cette pratique «  porte préjudice au combat mené pour éradiquer une fois pour toute les mutilations génitales féminines » [8]

L’excision au Québec et au Canada

Selon un article paru dans le Journal du barreau du Québec, des groupes de femmes et des intervenants de la santé estiment que plusieurs immigrants font exciser leurs fillettes soit au Canada, soit en retournant temporairement dans leur pays d’origine. Selon le Centre de recherche et de formation CLSC Côte-des-Neiges de Montréal, « un nombre grandissant de fillettes vivant des problèmes de santé reliés à ces pratiques se présentent aux services de santé canadiens » [9] Aucune statistique n’est disponible. Il semble que le phénomène soit en grande partie clandestin.

L’excision est criminalisée et médicalement interdite au Canada. La personne qui pratique une excision peut être accusée de voies de fait graves. Cette pratique constitue aussi une violation du droit des fillettes et des femmes à la dignité humaine et à l’intégrité physique protégé par les Chartes des droits. Le risque d’excision est un motif de signalement à la Direction de la protection de la jeunesse.

Le gouvernement du Québec avait promis un plan d’action pour contrer l’excision en 2005. Ce plan se fait toujours attendre .

Information sur les MGF

Les MGF regroupent les interventions aboutissant à une ablation partielle ou complète des organes génitaux externes de la femme. Elles sont généralement pratiquées sur des fillettes de moins de 10 ans.

Conséquences pour la santé

Selon l’OMS, l’excision peut entraîner des kystes et abcès, des lésions de l’urètre entraînant une incontinence urinaire, des rapports sexuels douloureux, un dysfonctionnement sexuel et des problèmes majeurs à l’accouchement. L’excision peut marquer à vie la mémoire de celles qui l’ont subie. A plus long terme, les femmes peuvent souffrir d’un sentiment d’inachèvement, d’angoisse ou de dépression.

Lorsque des campagnes ont été menées pour informer sur les conséquences de l’excision, cela a entraîné une augmentation rapide des excisions exécutées par des professionnels de la santé. L’OMS condamne fermement l’excision même si elle est pratiquée par des professionnels de la santé, affirmant que « du point de vue des droits humains, la médicalisation ne rend nullement la pratique plus acceptable. »

Prévalence et distribution

Selon l’OMS, la plupart des cas de mutilation sexuelle chez des fillettes ou des femmes concernent 28 pays d’Afrique, mais quelques-uns concernent l’Asie et le Moyen-Orient. On trouve d’autre part de plus en plus de cas en Europe, en Australie, au Canada et aux États-Unis, avant tout parmi des immigrants de ces pays.

A l’heure actuelle, on estime qu’entre 100 et 140 millions de fillettes et de femmes ont subi une mutilation sexuelle. On pense que, chaque année, deux autres millions de fillettes risquent d’être soumises à cette pratique.

Voir les dossiers de l’Organisation mondiale de la santé http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241/fr/index.html http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2006/pr30/fr/index.html

Voir aussi le dossier sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mutilations_g%C3%A9nitales_f%C3%A9minines#L.E2.80.99excision_en_Occident

Voir vidéo : Égypte : Débat sur l’ablation du clitoris

Aussi à lire sur Yusuf Al-Qaradwi : I’m sorry.... For the terrible crimes committed by Muslims, par Salim Mansur, Toronto Sun, le 30 septembre 2006

Notes

[1] New Debate on Female Circumcision, New York Times, le 30 novembre 2007 http://tierneylab.blogs.nytimes.com/2007/11/30/a-new-debate-on-female-circumcision/.

[2] Cautious Criticism, National Post, le 25 aoùt 2007http://www.nationalpost.com/news/story.html ?id=a0f1c0cf-2452-42eb-bf75-b56f354f9dce&k=84150.

[3] Fiche d’information : Mutilations génitales féminines/excisionhttp://www.aidh.org/Femme/Images/Unicef%20France.pdf.

[4] Pourquoi l’excision perdure ? Éléments de réponse glanés en terre burkinabé http://www.afrik.com/article7672.html.

[5] L’excision totalement interdite par l’islam (mufti d’Egypte) (AFP, 3 juillet 2007)http://www.islamlaicite.org/article719.html.

[6] Fatwa de Al-Qaradawi sur Islamonline, le 1er juillet 2007http://www.islamonline.net/servlet/Satellite ?pagename=IslamOnline-English-Ask_Scholar/FatwaE/FatwaE&cid=1119503543886.

[7] Excision : quand la morale tue, Janie Gosselin, La Presse, le 10 octobre 2007 http://www.cyberpresse.ca/article/20071010/CPACTUEL/710100582/0/CPACTUEL.

[8] L’aiguille contre le couteau ? Polémique autour d’une alternative à l’excision http://www.afrik.com/article7029.html.

[9] Journal du Bareau du Québec, juillet 2006, http://www.barreau.qc.ca/pdf/journal/vol38/200607.pdf .

Source : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article119

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 17:04
Pétition pour les homosexuel-le-s étranger-e-s menacé-e-s
Texte de la pétition

Pétition à l'attention de :

Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République
Monsieur François FILLON, Premier Ministre
Madame Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de l'Intérieur
Monsieur Bernard KOUCHNER, Ministre des Affaires Etrangères
Madame Rama YADE, Secrétaire d'Etat chargée des Affaires Etrangères et des Droits de l'Homme
Monsieur Brice HORTEFEUX, Ministre de l'immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Co-développement

Le 19 octobre 2007

Monsieur Le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs Les Ministres,

La situation d'homosexuels, femmes et hommes, vivant dans de nombreux pays du globe est extrêmement inquiétante. La pénalisation de l'homosexualité conduit ces personnes à nier leur orientation sexuelle, à la vivre clandestinement, à risquer leur vie ou à fuir des pays dans lesquels elles ne peuvent vivre librement.

Ces homosexuels méritent comme tout un chacun le respect de leur vie privée et de leur identité. Les propos tenus récemment par le Président iranien, niant la présence d'homosexuel(le)s dans son pays, la situation des lesbiennes et des gays en Pologne, en Russie, au Cameroun, au Zimbabwe, comme dans une importante partie du continent africain témoignent du danger permanent dans lequel vivent ces personnes.

En novembre 2006 Shahab Darvishi a été pendu en Iran en raison de son homosexualité. Deux femmes ont récemment été exclues de l'armée népalaise en raison de leur homosexualité. Le Ministre ougandais de l'Ethique vient de qualifier l'homosexualité de "non-naturelle", le gouvernement polonais a obtenu il y a quelques jours l'autorisation de ne pas appliquer sur son sol la législation européenne relative aux droits de l'homme...

SOS homophobie reçoit régulièrement des appels au secours de lesbiennes, de gays, de transsexuel(le)s étrangers qui veulent se réfugier en France.

La France ne peut ignorer ces souffrances et accepter que des hommes et des femmes subissent de telles pressions, soient obligés de se cacher au risque de perdre leur liberté ou leur vie.

Nous vous demandons, Monsieur Le Président, Monsieur Le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres :
- de faciliter et d'accélérer le traitement administratif des dossiers des demandeurs d'asile homosexuels ou transsexuels en danger du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre
- de régulariser l'ensemble des homosexuels et transsexuels étrangers vivant déjà sur le sol français et ne pouvant retourner dans leur pays d'origine en raison de l'homophobie qui y est pratiquée
- de rappeler systématiquement lors des échanges que vous avez et aurez avec les dirigeants de pays aux législations, cultures ou pratiques homophobes ou transphobes que la France ne peut entretenir de relations officielles et soutenues qu'avec des pays respectant les droits de l'homme et notamment la dignité et la liberté des homosexuels et transsexuels
- d'appuyer fortement toute résolution de l'ONU qui viserait à dépénaliser l'homosexualité et à lutter contre l'homophobie dans le monde
- d'inscrire au calendrier officiel de la République la Journée Mondiale contre l'homophobie et de prendre publiquement position en ce sens le 17 mai prochain.

Carte des pays réprimant l'homosexualité

* Téléchargez la carte des pays réprimant l'homosexualité
Cette carte "Droits et répression" a été fournie par le magazine Têtu 

Pour signer la pétition : http://www.sos-homophobie.org/index.php?menu=2&menu_option=24&menu_soption=241

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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 17:01
Le peuple qui manque
http://www.lepeuplequimanque.org

GENRES : NORMES ET TRANSGRESSIONS
CYCLE DE FILMS ET SEMINAIRE / SAISON 2007/2008

Maison Populaire de Montreuil et Cinéma Le Méliès

La Maison Populaire de Montreuil et le Cinéma Le Méliès invitent cette année le peuple qui manque qui proposera et présentera d’octobre 2007 à mai 2008 un panorama de films rares, documentaires, vidéos d'artistes, cinéma d’avant-garde, retraçant une brève histoire du cinéma des corps et des identités, depuis les années 70, des mouvements de libération des femmes et d’affirmation des minorités sexuelles jusqu’au cinéma queer contemporain.

Séance n°4:
Vendredi 7 Décembre - 20h30

André Almuró,
une cinégraphie homosexuelle radicale


Maison Populaire de Montreuil
ENTREE LIBRE

En présence d'André Almuro et Stéphane Marti.

« Entre deux hommes, un cinéma d’orgasme et de désir au bord de la syncope, une tentative d’accorder la jouissance du corps à la jouissance de l’acte de filmer, tentative quelque part « impossible » mais ô combien fascinante et digne du plus haut intérêt, car issue du plus grand risque, celui de la vie même » Christian Lebrat
Inventeur avec Jean-Luc Guionnet d’un cinéma haptique, cinéma du toucher, où la caméra non plus guidée par l’œil mais par le bras seul des actants à la fois filmeurs et filmés, pénètre de façon sensorielle au cœur des corps et des agencements de son désir, le cinéma en super 8 d’André Almuró, par ailleurs compositeur de musiques électroacoustiques, constitue certainement l’une des recherches les plus abouties d’un langage cinématographique spécifiquement masculin et homosexuel. Ses films qu’il réalise depuis 1978, dans le miroitement de la minéralité des peaux, dans le frémissement sculptural de la rencontre, constituent une expérience unique de vision organique.

André Almuró, né en 1927 et après de premières recherches sonores à partir de 1947, devient producteur de radio à la Radiodiffusion française (RDF) en 1950. Il compose sur des textes de Jean Cocteau, Pablo Picasso, Eugène Ionesco, Jean Genet, Julien Gracq, Jules Supervielle et la pièce Fièvre de marbre pour le ballet de Maurice Béjart. En 1957, année où il rencontre le jeune Pierre Clémenti dont il fût un temps le Pygmalion, il intègre le Groupe de recherches musicales de l'ORTF. À partir de 1973, il enseigne à la Faculté Paris I Sorbonne. En 1976, il présente sa première action performance Partition avec Ange Leccia; fonde le groupe Son-Image-Corps avec ses étudiants. En 1978, il réalise son premier film, Cortège (musique de Ph. Jubard), qui sera suivi par pl! us de 30 autres, et s’oriente très vite vers un cinéma délibérément haptique. En 2002, il publie « L’œil Pinéal, Pour une cinégraphie » aux éditions Paris-Expérimental.

Films présentés :
Cortège (1978, 34’)
Alliage (1985, 21’)
Point Vélique (1986, 7’)
Corps intérieur (1988, 8’)

Informations pratiques:
Maison populaire - 9 bis rue Dombasle - 93100 Montreuil
M° Mairie de Montreuil. Entrée Libre - Tél. 01 42 87 08 68

+ d'informations: http://www.lepeuplequimanque.org
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