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23 septembre 2004 4 23 /09 /septembre /2004 17:00



Le Sénat rechigne à ouvrir ses portes aux femmes


PARIS -- Un brin machos, les sénateurs? Si l'hémicycle de la Haute assemblée s'est féminisé grâce à la loi sur la parité du 6 juin 2000, au point de compter un nombre record de 34 élues dans ses rangs, les femmes sont les grandes perdantes de la réforme du régime électoral des sénateurs adoptée en juillet 2003.
Depuis le renouvellement partiel du Sénat de septembre 2001, on compte 34 femmes sur 321 sénateurs (soit 10,6%), contre 20 auparavant. C'est la plus forte proportion de sénatrices depuis le début de la Ve République. La loi sur la parité du 6 juin 2000, qui s'appliquait pour la première fois aux sénatoriales de 2001, est à l'origine de cette percée.
Seulement voilà: les candidates aux sénatoriales de dimanche pourraient bien faire les frais de la loi du 30 juillet 2003. Cette réforme du gouvernement Raffarin a modifié la façon dont les sénateurs sont élus, qui mêle scrutin majoritaire dans les zones peu peuplées et scrutin proportionnel ailleurs.
Or, alors qu'elle est mathématiquement plus favorable à la parité, la part de la proportionnelle a été réduite. But affiché: assurer une représentation plus équilibrée des zones rurales et des grandes villes. Si on prend les résultats des sénatoriales de 2001, on observe que 20 femmes ont été élues sur 74 sénateurs désignés à la proportionnelle, soit 27%. En revanche, deux femmes seulement ont été élues sur 28 sénateurs désignés au scrutin majoritaire, soit 7%.
Malgré un mode de scrutin moins favorable, la parité pourrait toutefois continuer à progresser. Suite à la loi du 30 juillet 2003, l'effectif des sénateurs va en effet passer de 321 à 331. AP

Source : http://permanent.nouvelobs.com/politique/20040923.FAP1665.html?1446
Mis en ligne le 23/09/04

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18 septembre 2004 6 18 /09 /septembre /2004 17:00

 

L'Asie, un continent en mal de filles

Avortements sélectifs, infanticides: le taux de garçons peut atteindre 130 pour 100 filles en Inde, en Chine et en Corée du Sud.
Par Marie KOCK

On les appelle les missing women -«les disparues». Le terme, inventé par l'économiste indien, prix Nobel en 1998, Amartya Sen, désigne ces filles et ces femmes qui ne sont jamais nées. A cause des avortements sélectifs ou des infanticides. Par désir et tradition d'avoir un garçon. Rien qu'en Inde, elles seraient 40 millions, selon l'Unicef. Le numéro de septembre de Population et Société revient sur ce phénomène avec une étude sur l'avortement sélectif des filles en Asie. Illégal et souvent tu, il est difficile de trouver des chiffres pour démontrer l'ampleur du phénomène. Son auteur, Gilles Pison, rédacteur en chef de la revue et chercheur à l'Institut national d'études démographiques (Ined), s'est donc basé sur l'augmentation anormale de la proportion de naissances masculines en Asie, «l'indicateur le plus solide» selon lui de ces pratiques.

Echographies. Il naît normalement 105 garçons pour 100 filles. Mais depuis les années 80, dans certains pays d'Asie orientale, la proportion de garçons est bien supérieure. Elle était par exemple de 117 garçons pour 100 filles en Chine en 2000. De 110 garçons pour 100 filles en Corée du Sud à la même époque, avec plusieurs pics autour de 115 dans les années 1990-1995. Ces deux pays ont en commun d'être des sociétés fortement patrilinéaires (les propriétés et les droits s'y héritent de père en fils) et de connaître une baisse rapide de la fécondité. Alors que les femmes avaient en moyenne 6 enfants au début des années 60 (avec 98 % de chances d'avoir au moins un garçon), elles en ont moins de deux aujourd'hui (avec seulement 75 % de probabilités d'avoir un fils).

Dans ces conditions, les couples laissent de moins en moins de place à la nature et cherchent de plus en plus à déterminer le sexe de leur enfant. Ce qui est possible, depuis les années 80, avec une simple échographie plus facile et moins coûteuse que l'amniocentèse. Cela permet d'avorter si le résultat n'est pas celui escompté. La méthode ne garantit pas la naissance d'un garçon, mais elle semble avoir réduit les infanticides de petites filles en permettant de ne pas avoir de filles non désirées.

«Revalorisation». La proportion de garçons augmente surtout après une première naissance (pour laquelle on s'en remet encore à la nature). En Corée du Sud il y avait en 1990, 117 garçons pour 100 filles à la deuxième naissance mais 190 garçons pour 100 filles à la troisième. Les mesures prises depuis lors, comme l'interdiction de déterminer le sexe pendant la grossesse ou les campagnes de «revalorisation» des filles, ont réduit cet écart. Mais la conviction, fortement ancrée, même chez les femmes, fait que le taux reste malgré tout anormalement élevé en 2000, avec 140 naissances masculines pour 100 féminines au troisième enfant. A l'inverse, s'il y a eu deux garçons avant, la famille désirant une fille est également prête à avorter des foetus masculins.

Célibataires. Pour conclure son étude, Gilles Pison, rappelle que, même si le phénomène est géographiquement limité, «il a une dimension planétaire en raison du poids démographique» de la Chine et de l'Inde, qui «regroupent 38 % de la population mondiale et le tiers des naissances». Plusieurs générations sont déjà nées avec une surreprésentation de garçons. Une partie d'entre eux se retrouveront sans partenaires à l'heure de faire des enfants : «La croissance démographique pourrait ralentir plus vite qu'annoncé, et le vieillissement y être plus rapide.»

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=239531
Mis en ligne le 18/09/04

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15 septembre 2004 3 15 /09 /septembre /2004 17:00

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Code de la famille : une révolution à venir pour les Marocaines des deux rives

RABAT -- Le nouveau code de la famille marocain représente une vraie révolution pour les femmes marocaines des deux rives de la Méditerranée, mais son application devrait prendre du temps, selon les participants d'un colloque franco-marocain qui se tient mercredi et jeudi à Rabat.

Près d'un an après l'annonce, par le roi Mohammed VI, d'une réforme fondamentale de la "Moudawana", entrée en vigueur le 9 février, les associations franco-marocaines réunies par le Haut conseil français à l'intégration (HCI) restent enthousiastes mais n'ont pas caché qu'il faudrait du temps pour faire entrer dans les moeurs les nouvelles règles, et critiquent une information insuffisante.

Le nouveau code limite de façon draconienne les possibilités de répudiation de la femme, fait quasiment disparaître la polygamie, et vise également la protection des enfants et le droit de garde de la femme.

"Une grande question demeure, estime Sabine Raczy, rapporteur du HCI et magistrate, comment cette réforme va-t-elle être appliquée devant les tribunaux?"

Les associations féminines marocaines, qui ont bataillé pour l'adoption de ce nouveau code, concèdent qu'il ne pourra s'appliquer sans tensions. "Nous sommes conscientes du travail qui doit être mené pour changer les mentalités des hommes et même des femmes, et des juges", désormais présents à toutes les étapes de la vie familiale, affirme Zaria Mrini, présidente de l'association Ennakhil pour la femme et l'enfant.

Mais elle voit déjà une évolution positive dans l'augmentation du nombre de femmes osant demander de l'aide dans les "centres d'écoute" mis en place par les associations. "Une barrière psychologique et culturelle est tombée", dit-elle.

Alors que "la place prépondérante donnée au juge fragilise la réforme", selon Yves Rabineau, magistrat français de liaison auprès des autorités judiciaires marocaines, "car les juges, dans le monde entier, sont conservateurs", l'association Ennakhil réclame une présence accrue des associations près des tribunaux, avec un rôle de "médiateur familial".

Présidente du tribunal de première instance de Casablanca, Zhor El Hor compte sur une féminisation des tribunaux, le Maroc comptant 518 femmes juges, soit 18%. "Sortir une nouvelle loi, ce n'est pas difficile, mais changer les mentalités demande beaucoup d'efforts", reconnaît-elle.

Avocate et membre de l'Union de l'action féminine (UAF), une des plus représentatives du mouvement des femmes, Aïcha Loukhmas estime de son côté que "les résistances sont fortes de la part des hommes en général pour ce qui touche surtout la tutelle ou le divorce", et cite des cas de jeunes filles de 18 ans pour qui "le juge a bloqué la procédure de mariage de façon indirecte".

Reste aussi à passer le message en France, où les immigrées "n'ont pas suivi l'évolution en cours au Maroc et sont encore moins informées que les Marocaines", témoigne Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique pour les droits des femmes, qui a organisé des "caravanes" jusqu'au fin fond du Maroc, mais aussi, en France, en région lyonnaise avec l'association "Femmes contre les intégrismes".

"Pour une fois, les femmes immigrées étaient étonnées et fières de voir que les Marocaines luttaient pour l'égalité", dit-elle.

Source : http://www.courrierinternational.com/AFP/depeche.asp?obj_id=040915170241.n8y3g4wd
Mis en ligne le 15/09/04

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14 septembre 2004 2 14 /09 /septembre /2004 17:00

Festival de films documentaires féministes

Du 24 au 26 septembre 2004
Centre culturel Jean Vilar, Arcueil (94)


Pour sa deuxième année consécutive, le festival « Femmes en Résistances » se propose d'explorer les luttes des femmes dans le domaine « économique ». Le capitalisme a des conséquences non moins dramatiques pour les femmes que la guerre, thème qui fut exploré lors de la première édition du festival.

On n'en finirait pas d'égrener les maux que la croissance capitaliste fait subir à l'environnement et aux populations, particulièrement aux femmes. En première ligne face à ces agressions, les femmes sont aussi les premières à construire des actions de résistance au capitalisme.

Simples aménagements destinés à faire supporter et donc durer plus longtemps le système, ou bien sources de véritables alternatives, les résistances des femmes sur tous les continents seront évoquées et questionnées lors de cette deuxième édition.

Cette année encore, le festival proposera des films documentaires, des débats, des expositions, un espace librairie et un espace de rencontre (cafétéria, forum d'informations).

Femmes en résistances… au capitalisme !

Thématique de la deuxième édition du festival de films documentaires féministes d'Arcueil

Pour sa deuxième année consécutive, le festival " Femmes en résistances " se propose d'explorer les luttes des femmes dans le domaine " économique ". Le capitalisme a des conséquences non moins dramatiques pour les femmes que la guerre, thème qui fut exploré lors de la première édition du festival. La guerre et la violence envers les femmes font d'ailleurs partie de l'arsenal des moyens du capitalisme pour s'imposer comme système économique unique à l'ensemble de la planète. Cependant, cet arsenal est multiple. Le mythe du développement par rattrapage qu'évoque Maria Mies (1999) (1) fait aussi partie de cet arsenal : il est " basé sur une compréhension évolutionniste et linéaire de l'histoire, certains ont déjà atteint le sommet de l'évolution, dont les hommes en général et en particulier les hommes blancs, les pays industrialisés, les citadins. Les "autres" - les femmes, les gens de couleurs, les pays "sous-développés", les paysans - atteindront aussi ce sommet avec un peu plus d'efforts, d'éducation de "développement" ". Le mythe, aujourd'hui, a du plomb dans l'aile… on n'en finirait pas d'égrener les maux que la croissance capitaliste fait subir à l'environnement et aux populations, particulièrement les femmes. En première ligne face à ces agressions, les femmes sont aussi les premières à construire des actions de résistance au capitalisme. Simples aménagements destinés à faire supporter et donc durer plus longtemps le système, ou bien sources de véritables alternatives, les résistances des femmes sur tous les continents seront évoquées et questionnées au travers d'une quinzaine de films documentaires.

La croissance capitaliste et ses dégâts

La croissance capitaliste est fondée sur le modèle de la productivité, dont le progrès technologique est censé constituer le moteur : " En dehors de la productivité, qui créée le revenu, qui structure la distribution des revenus dans toutes les économies nationales, point de salut ! " (Verlaeten, 1993 ) (2). Loin du mythe du développement par rattrapage, on constate cependant que ce système ne peut satisfaire que les intérêts d'une minorité, dont l'enrichissement et la consommation expansive n'existent qu'aux dépends de l'appauvrissement de pans entiers de la population, du pillage des ressources naturelles et de graves dégradations de l'environnement. Tout, dans ce monde, est susceptible d'appropriation pour exploitation par le détenteur de capital, qu'une idéologie libérale puissante veille à ne pas entraver dans sa course aux profits. En témoigne - pour ne prendre qu'un exemple - la volonté du GATT " d'étendre la propriété intellectuelle aux espèces vivantes, animales et végétales, génétiquement manipulées avec royalties à la clé pour les grandes firmes détentrices des brevets " (Bertrand, 1993) (3) .

Ce modèle de croissance est celui des pays du Nord ; il est imposé aux pays du Sud par de puissantes structures, dites internationales (Banque Mondiale, FMI) bien qu'elles ne servent que les intérêts des pays les plus industrialisés. Ce mouvement peut alors être aisément comparé à une " néo-colonisation " (Fatouma-Diaroumeye, 1993) (4) face à laquelle les pays du Sud ont aujourd'hui engagé la résistance. Mais des voix critiques de plus en plus nombreuses se font également entendre au Nord. Si l'on s'interroge aujourd'hui sur ce modèle, c'est parce que ses conséquences dramatiques se font de plus en plus visibles à l'échelle de la planète toute entière, y compris dans les pays " développés " : catastrophes industrielles, pollution des villes, chômage croissant, instabilité sociale,…. Comme si les risques et les coûts de la croissance capitaliste ne pouvaient plus être entièrement dissimulés en étant externalisés sur des populations et des environnements lointains.

Les femmes, premières victimes du capitalisme

Dire que les femmes sont les premières victimes car elles sont les plus fragiles ou les plus démunies cacherait un biais majeur : le capitalisme véhicule des valeurs, des modes de pensée et des comportements d'action masculins, dont les femmes sont exclues ou s'excluent d'elles-mêmes. La compétitivité ? L'individualisme ? La concurrence ? Le pouvoir ? La marchandisation ? La loi du plus fort ? L'argent ? Le visible ?... Les femmes ne sont-elles pas adaptées à ces logiques ? Les refusent-elles du fait d'autres croyances plus humaines, plus sociales ? Eprouvent-elles seulement un manque d'intérêt pour ces guerres nouvelles ou bien la société les forment-elles à se tenir en dehors de ses enjeux ? Quoiqu'il en soit, c'est un constat : au Nord, comme au Sud, les femmes souffrent particulièrement des maux du capitalisme. On n'évoquera ici que deux situations nationales, à l'image de toutes les autres à la surface de la planète

En France, alors qu'elles ont toujours travaillé et que leur place s'affirme sur le marché du travail, les inégalités persistent entre elles et les hommes. En octobre 2003, le taux de chômage des femmes âgées entre 25 et 49 ans s'établissait à 10 ,5% contre 7,5% pour celui de leurs homologues masculins (5), en sachant que le taux d'activité des femmes conjointes se réduit fortement avec le nombre d'enfants (6). Quand elles sont en emploi, elles sont davantage touchées par la précarité du marché du travail : contrats à durée déterminée, contrats aidés et surtout travail à temps partiel… un tiers des emplois occupés par les femmes sont à temps partiel, temps partiel contraint ou choisi… pour articuler vie familiale et vie professionnelle… la leur et celle des membres de leur famille. Concentrées dans un nombre très restreint de professions, encore souvent des emplois d'assistance ou dans le prolongement de l'activité familiale et domestique, elles sont aussi moins présentes dans les professions prestigieuses et de pouvoir, bloquées dans leur ascension professionnelle par un invisible mais solide plafond de verre et ceci malgré le fait qu'elles soient de plus en plus diplômées. Les inégalités salariales stagnent : en moyenne les femmes gagnent encore 20% de moins que les hommes ; résultat de l'ensemble des inégalités sur le marché du travail mais aussi de phénomènes discriminatoires…

Aux philippines (7), les " plans d'ajustements structurels " mis en place par le FMI et la Banque Mondiale conduisent le pays à consacrer la majeure partie de son budget national au remboursement de la dette. Les sommes qui peuvent être consacrées aux services tels que l'éducation ou la santé s'en trouvent considérablement réduites, ce qui touche au premier chef les femmes et leurs enfants. Dans certaines zones rurales, les familles d'agriculteurs, de moins en moins aidées par le gouvernement et contraintes d'acheter des insecticides et des engrais importés ont coutume d'envoyer leurs filles " servir " leur propriétaire afin de rembourser les dettes contractées auprès de lui. Au niveau national, les femmes sont encore " les instruments de la dette ", dans la mesure où elle constituent le gros des bataillons de travailleurs émigrés vers l'Europe, le Moyen-Orient ou encore le Japon afin de gagner durement les dollars nécessaires au remboursement.

Les femmes au cœur du système et pourtant invisibles

Pour Vandana Shiva (1999) (8) la décennie de la Femme des Nations-Unies - basée sur le postulat qu'une amélioration de la position économique des femmes conduirait à la diffusion du processus de développement - s'est achevée sur un constat amer : " le sous-développement croissant des femmes n'est pas du à une "participation" insuffisante et inadéquate dans le "développement", mais plutôt à leur participation forcée mais asymétrique dont elles supportent les coûts tout en étant exclues des bénéfices ". Car si les femmes sont les premières touchées par les inégalités générées par le capitalisme, elles sont aussi au cœur du système, celles qui permettent son fonctionnement au Sud comme au Nord. Ici, les femmes sont les gardiennes des sphères de l'assistance, actives du social, piliers du familial, intendantes des actions revendicatives… elles sont celles qui mettent de l'huile dans les rouages, qui soignent les exclus et rendent plus doux et acceptable ce qui ne l'est pourtant pas. Bénévoles actives et dévouées dans les associations de réinsertion et de formation des exclus du système, mères de famille alliant les sphères de l'éducation, du travail et du privé de tous les membres et dictant les règles de marketing en tout genre sous le masque de la célèbre " ménagère de moins de 50 ans ". Soutien actif préparant le café et les sandwiches des mouvements de protestation des hommes. Secrétaire d'association, secrétaire de délégation syndicale… celles qui prennent les notes, se lancent dans les procédures, préparent les réunions... Celles qui réfléchissent sans rien dire tous les jours aux solutions simples pour améliorer le bien-être de leurs proches au quotidien, dans l'ombre, dans toutes ces petites choses si vitales qu'on les oublie.

Là bas, les femmes sont aussi les piliers de la société. Elles constituent la majeure partie de la main d'œuvre agricole ; elles sont souvent chargées des cultures vivrières, de la gestion des ressources essentielles telles que l'eau ou le bois ; leur activité commerciale est essentielle… sans parler évidemment de leur rôle dans l'éducation des enfants, l'entretien, la protection et le soin de tous les membres de la communauté… " Néanmoins, dans la coopération française, les spécialistes de la production agricole, les responsables des programmes éducatifs, comme les démographes, réussissent trop souvent le tour de force d'être experts dans leurs domaines sans y avoir vu les femmes " (Duriez, 1993) (9).

Comme le souligne ATTAC (2003) (10), " la Banque mondiale ne s'y est pas trompée, qui leur prête une grande attention puisque les femmes constituent une "variable" qui aide à encaisser les ajustements structurels… ".

Les femmes sont donc partout, à la fois dans le système et juste à côté, cherchant à le rendre plus proche de leurs convictions. Simplement, personne ne les voit, elles sont invisibles, leur travail est invisible, qu'il soit agricole, industriel, marchand, domestique, familial, associatif ou syndical… elles sont à la fois présentes et invisibles. Une chose est sûre : tout changement de système ne pourra que passer par les femmes…

Les femmes entrent en résistance au capitalisme

Invisibles… enfin pas vraiment et pas toutes. Pas vraiment car tout dépend des yeux qui regardent, des valeurs soutenues par ceux qui inspectent, par ceux qui jugent de l'action. Et pas toutes, car certaines utilisent les valeurs du système pour se faire entendre, pour oser, pour agir ouvertement, sur le devant de la scène, elles se coalisent comme les infirmières aux conditions de travail déplorables, ou les ouvrières licenciées. Elles militent au sein des syndicats et autres organisations, créent des comités, et luttent pour l'égalité ; elles affrontent le capitalisme pour redistribuer les ressources plus justement et revendiquer leurs droits. Plusieurs des films présentés rendront compte de ces actions de résistance des femmes face à l'exploitation du travail humain, qui ont existé depuis les débuts du capitalisme industriel.

Cependant, au-delà de leur légitimité évidente, ces luttes que les femmes mènent pour leur droits dans les pays industrialisés posent une question : de quels droits parle-t-on ? Aujourd'hui, plusieurs gouvernements disent engager des actions de promotion des femmes (négociation collective sur le thème de l'égalité professionnelle, projet d'un crédit d'impôt famille afin d'inciter les entreprises à l'articulation travail/famille, encouragement de la parité politique ; etc.). Pour Maria Mies (1999) " tous ces efforts et ces initiatives au niveau politique équivalent à une stratégie de rattrapage des hommes par les femmes (…) qui signifie que les hommes en général et les hommes blancs dans des conditions d'influence, sont considérés comme le modèle auquel les femmes doivent aspirer ". Il s'agirait alors pour les femmes des sociétés d'abondances de s'approprier " une part du butin de l'homme blanc ". N'y a-t-il pas d'autres voies à explorer pour les femmes ?

Clara Flenley (1993) (11) remarque que " au Sud, les femmes sont productrices de l'alimentation, au Nord ce sont les femmes qui font les achats, les choix. Nous pouvons ainsi très fortement influencer les schémas de production et de consommation ". Quelques films, à l'instar du réputé " Ouvrières du monde " de Marie-France Collard, tentent d'ouvrir ces voies ardues de la solidarité féministe internationale. Afin de mieux appréhender ce qui est d'ordinaire caché aux yeux des consommateurs/trices du Nord, la programmation fera une large place aux expériences menées dans les pays du Sud. Là-bas aussi, les initiatives et les énergies conjuguées des femmes foisonnent pour tenter d'atténuer les maux causés par le capitalisme mondial. Quand les femmes prennent en main la lutte contre l'exode rural en créant des activités respectant l'environnement au Brésil (12) ou quand elles se battent contre la déforestation et la disparition de l'eau potable dans l'Etat du Gujarat en Inde (13), ces femmes ne font-elles que palier les dégâts les plus flagrants du régime économique et politique actuel, ou bien défrichent-elles de nouveaux espaces de participation citoyenne ?

Le festival cherchera ainsi à poser quelques pistes de réflexion sur la place et les rôles qu'occupent les femmes face à l'ensemble des maux causés par le capitalisme. Ne font-elles que mener des actions d'aménagement du capitalisme pour le rendre plus humain ou bien bâtissent-elles les contours d'un véritable système alternatif, qui ne serait plus basé sur la division, la domination et l'exploitation de la nature et des personnes?

Anne Labit, Sociologue
Séverine Lemière, Economiste
Membres de l'association Résistances de Femmes

1 - Mies Maria, " Le mythe du développement par rattrapage " in Maria Mies et Vandana Shiva, Ecoféminisme, Edition l'Harmattan, 1999.
2 - Verlaeten Marie-Paule, " Les maux de la croissance ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, Femmes et Changements, Festival de Créteil, 1993.
3 - Bertrand Agnès, " La "cocacolonisation" et pourquoi il faut refuser le GATT ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
4 - Fatoumata-Diaroumeye Agnès, " Femmes d'Afrique et développement durable pour demain", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
5 - Données CVS - Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité.
6 - Données INSEE, enquête Emploi.
7 - On s'appuie ici sur l'exposé de Tessita Oliveiros, " Dette et programmes d'ajustement structurel aux Philippines, in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
8 - Shiva Vanadana, " L'appauvrissement de l'environnement, des femmes et des enfants ", in Maria Mies et Vandana Shiva, Ecoféminisme, Edition l'Harmattan, 1999.
9 - Duriez Françoise, " Femmes et développement : quelle problématique adopter ? ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
10 - Attac, Quand les femmes se heurtent à la mondialisation, Editions Mille et une nuits, 2003.
11 - Flenley Clara, " Les actions du Women's Environmental Network ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
12 - Mao na massa (La main à la pâte) de Marcia Meireles et M. Angelica Lemos, Brésil, 1992, couleur, vidéo 17'.
13 - We can solve it (Nous avons la solution) de Nafissa Barot et Raju Barot, Inde, 1988, couleur vidéo 22'.

Source : http://www.resistancesdefemmes.org/

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11 septembre 2004 6 11 /09 /septembre /2004 17:00

Les viols de femmes et fillettes se poursuivent au Soudan
Par ATS ©2004 Europolitica 


Dès l'âge de 7 ans, les fillettes sont soumises
à des viols en réunion par les miliciens du
nord musulman.

NAIROBI - Le viol des femmes et le harcèlement des civils se poursuivent au Darfour, a affirmé à Nairobi Dennis McNamara.

L'émissaire de l'ONU a dressé ce constat alors que le délai accordé à Khartoum pour régler la crise dans la région arrive à terme.

«Il existe une crise au niveau de la protection (des civils) au Darfour aujourd'hui». Les populations déplacées restent soumises à des pressions constantes, parfois à du harcèlement de la part des autorités au Darfour pour qu'elles retournent dans leurs villages d'origine malgré l'insécurité».

M. McNamara a souligné que les déplacés étaient «traumatisés», citant des violences sexuelles et des viols de femmes et de fillettes, dès l'âge de 7 ans. «La plupart des viols sont des viols en réunion, généralement perpétrés par des membres de milices» a-t-il martelé.

Interrogé sur l'action de Khartoum, le responsable de l'ONU a estimé que le Soudan ne faisait «pas assez» pour protéger les civils au Darfour. Quelque 30 000 personnes ont déjà été tuées et 1,4 millions déplacées.

Le constat dressé par M. McNamara a précédé de quelques heures l'expiration du délai accordé le 30 juillet dernier par le Conseil de sécurité au Soudan pour désarmer les milices arabes et régler la crise humanitaire au Darfour.

Des pourparlers entre belligérants devaient reprendre à Abuja. Ces discussions au Nigeria ont lieu sous l'égide de l'Union africaine (UA). La semaine dernière, l'UA était parvenue à réunir les parties autour d'une table de négociations, mais les entretiens n'ont rien donné à ce jour, chaque camp accusant l'autre de violations du cessez-le-feu signé le 9 avril.

Source : http://www.europolitica.org/7,article,rp200409,09,0000x0000p0005.htm
Mis en ligne le 09/09/04

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9 septembre 2004 4 09 /09 /septembre /2004 00:00

Violence. Insécurité : les femmes sont les premières victimes

Les agressions que subissent les femmes dans l'espace public restent un tabou. Ces actes se sont multipliés ces derniers mois, comme en témoignent les nombreuses plaintes déposées en région parisienne. Des associations tirent le signal d'alarme.

Insultes, regards lourds de sous-entendus, main baladeuse dans les transports en commun, harcèlement par un exhibitionniste, agressions physiques... En France, au moins une femme sur cinq a subi un « acte de violence dans l'espace public. Malheureusement, la prise en compte de ces actes reste problématique.
En France, on a du retard dans ce domaine », relève Maryse Jaspard, sociologue-démographe responsable de l'Enquête nationale sur les violences faites aux femmes en France (Enveff). Publiée en 2001*, cette étude reste plus que jamais d'actualité. Cette violence ne cesse de s'accroître, comme en témoigne l'enquête du « Parisien ». Il n'existe en effet aucune statistique officielle. Les crimes et délits recensés par le ministère de l'Intérieur ne distinguent pas le sexe de la victime. Il est donc impossible, par exemple, de savoir combien de femmes ont subi un vol avec violence. Quant aux autres atteintes, comme les insultes sexistes ou le fait d'être suivie par un homme dans la rue, elles échappent à tout recensement. D'où un profond malaise face à un phénomène bien réel. « On ignore presque tout des violences vécues par l'ensemble des femmes », déplore une militante des Droits de la femme. L'enquête Enveff a le mérite de s'intéresser à ces violences dans l'espace public, c'est-à-dire en dehors du cadre conjugal, familial et du monde du travail.

Les Franciliennes sont les plus exposées


Quelles sont-elles ? D'après l'enquête, sur une période d'un an, les femmes ont confié avoir été victimes d'insultes (13,2 %), suivies dans leurs déplacements (5,2 %), d'avoir subi la vue d'exhibitionnistes ou été importunées sexuellement (4,8 %). Les agressions physiques et sexuelles sont citées plus rarement. « Nous avons malgré tout connaissance d'un nombre élevé d'agressions sexuelles commises sur la voie publique à Paris », relève un magistrat. Autre constat, les jeunes femmes (moins de 25 ans) sont de loin les premières victimes dans l'espace public. Le plus souvent, elles sont agressées par des inconnus du sexe opposé. Enfin, l'insécurité varie selon l'environnement géographique. 8,3 % des femmes ont été la cible d'insultes dans les communes rurales, contre 22 % en Ile-de-France. Les Franciliennes apparaissent particulièrement exposées. 20 % d'entre elles sont touchées par les insultes, contre 13 % des femmes en France. Ces violences du quotidien dans l'espace public, Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences faites aux femmes, implanté en Seine-Saint-Denis, les baptise, pour les plus courantes, « les incivilités du sexisme ». « Nombre de jeunes filles, de tous les milieux sociaux, s'en plaignent ouvertement. Ce qui les choque le plus, c'est la passivité des adultes », constate-t-elle. L'observatoire lancera prochainement une enquête sur ce phénomène auprès de 2 000 adolescentes âgées de 15 à 20 ans et scolarisées dans les établissements du département.

*Commandée et financée par le secrétariat d'Etat aux Droits des femmes, cette enquête nationale a été réalisée auprès de 6 970 femmes âgées de 20 à 59 ans.
Geoffroy Tomasovitch et Pascale Egré

Source : http://www.leparisien.fr/home/info/faitjour/article.htm?articleid=241132051
Mis en ligne le 09/09/04

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8 septembre 2004 3 08 /09 /septembre /2004 17:00

Samira Bellil, l'auteure de "Dans l'enfer des tournantes", est morte

 



Malek Boutih, secrétaire national du PS chargé des questions de société, a rappelé que la marraine de Ni putes, ni soumises avait été "la première à dénoncer les tournantes, dont elle avait été elle-même victime".
Samira Bellil, l'auteur du livre Dans l'enfer des tournantes, est décédée à l'âge de 31 ans "au terme d'une douloureuse maladie", a annoncé mardi 7 septembre dans un communiqué Olivier Rubinstein, directeur général des éditions Denoël. Paru à l'automne 2002, cet ouvrage était "un témoignage capital et courageux sur un fait de société trop souvent occulté", a-t-il rappelé.

Dans ce récit, ni larmoyant ni apitoyé, l'auteur raconte les viols collectifs qu'elle a subis à 13 ans dans sa cité de banlieue, mais aussi sa vie faite de violence dès l'enfance, les coups donnés par son père, la faiblesse de sa mère, la drogue, les "embrouilles" avec les autres filles de la cité qu'elle prend parfois pour des alliées. Elle dit aussi sa rancœur contre la justice des pauvres.

Mais elle est décidée à ne pas laisser les choses en l'état et décide de porter plainte, une décision qui va lui coûter cher. Les agresseurs en prison, à la cité, on ne lui pardonne pas : sa mère met du temps à la comprendre, son père ne l'accepte jamais en "violée". Pour couronner le tout, son avocate, commise d'office, oublie de la prévenir de la date du procès, où elle ne peut donc pas témoigner. Heureusement, un avocat finira par être touché par son histoire et lui obtiendra une indemnisation.

Samira Bellil était devenue éducatrice en Seine Saint-Denis, et son témoignage avait servi à terminer sa thérapie. "Je voudrais faire un livre pour que tout cela ne me soit pas arrivé pour rien. Je voudrais dire à celles qui ont subi ce que j'ai subi qu'il y a toujours un espoir de s'en sortir", écrivait-elle.

"UN EXEMPLE À SUIVRE"

Le mouvement Ni putes ni soumises a rendu hommage dans un communiqué à la "combativité sans faille en se battant contre l'infamie du machisme barbare et la violence" de cette "marraine et militante" de l'association. Selon ses membres, la "présence fidèle et l'investissement" de Mme Bellil aux côtés de Ni putes ni soumises ont été "déterminants", et "sa force a permis à de nombreuses filles de résister pour gagner leur émancipation".

Malek Boutih, secrétaire national du PS chargé des questions de société, a déclaré, pour sa part, que "la disparition brutale de Samira Bellil est un coup dur pour tous ceux qui admiraient son courage à dénoncer les conditions des filles des cités". Et d'ajouter : "Il nous reste aujourd'hui son courage comme exemple pour continuer son combat pour l'émancipation des filles de banlieues."

Côté gouvernement, la secrétaire d'Etat aux droits des victimes, Nicole Guedj, a salué "le courage" et "la force" de Mme Bellil, qui "(l')accompagneront dans (sa) volonté de combattre les humiliations subies par les femmes victimes de violences sexuelles".

Nicole Ameline, Jean-Louis Borloo et Catherine Vautrin ont également rendu hommage au "courage" de la jeune femme. "Son livre est un acte fort, un témoignage bouleversant qui brise la loi du silence pour combattre les stéréotypes, la soumission, la culpabilité et libérer la parole des femmes victimes de ces atrocités", a écrit la ministre de la parité et de l'égalité professionnelle, Nicole Ameline, qui avait "beaucoup d'amitié" pour Mme Bellil. "Elle incarnait la volonté et l'espoir de réussir en quittant la vie qu'elle subissait dans sa cité", a-t-elle poursuivi. Et de conclure : "Le respect de la personne humaine et de ses droits fondamentaux est au cœur de notre combat, c'était celui de Samira Bellil. Elle a servi admirablement cette cause juste et universelle."

Le ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, et la secrétaire d'Etat à l'intégration et à l'égalité des chances, Catherine Vautrin, "tiennent à rendre hommage à son courage et à son engagement". "Très attristés, ils tiennent à apporter leur soutien à ceux qui ont su l'accompagner, l'épauler dans son combat et présentent leurs condoléances à ses proches", ont-ils ajouté.

Enfin, la première adjointe au maire de Paris, Anne Hidalgo, chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, s'est déclarée "bouleversée" par le décès de la jeune femme. "Samira Bellil a contribué à briser la loi du silence dans les cités", a souligné Mme Hidalgo. "Après sa disparition, il faut continuer à soutenir toutes les initiatives pour prévenir et réprimer les violences, et favoriser l'égalité et le respect entre les femmes et les hommes, a-t-elle ajouté. Le combat de Samira Bellil a marqué le début d'une révolte qui ne doit pas s'éteindre."

Avec AFP

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-378217,0.html
Mis en ligne le 08/09/04

Dans l'enfer des tournantes
de Samira Bellil


Langue : Français Éditeur : Editions Gallimard (20 mai 2003)
Collection : Folio documents
Format : Poche - 307 pages
ISBN : 2070429903
Dimensions (en cm) : 11 x 1 x 18
Autres éditions : Broché

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Chroniques et points de vue

Amazon.fr :

"Pour sortir de mon malheur, il m'a fallu des années d'effort et beaucoup de souffrance". À 29 ans, Samira Bellil reconsidère son passé et se raconte tout entière dans ce récit autobiographique fort et émouvant. Dans l'enfer des tournantes est, comme le dit Samira, "la triste histoire d'une minette de banlieue". À 13 ans, Samira a été violée et battue à plusieurs reprises dans une cité de la banlieue parisienne. Sous le joug d'un caïd local, elle a eu peur, des années durant, de témoigner. Peur des conséquences, peur de la répression, peur du qu'en-dira-t-on. Sans fausse pudeur et sans rien cacher de ce qu'elle a subi et qu'elle nomme "la loi des cités", Samira Bellil confesse le souvenir des violences qu'elle a subies et la perte progressive des repères que cela a entraîné dans son comportement. De la "fille fleur bleue" qu'elle était, elle a été vite considérée comme une "fille facile", puis une "fille à cave". Vite marginalisée, Samira raconte comment elle a été rejetée par sa famille et même par certaines de ses amies. Placée en centre, elle est devenue fugueuse et très vite a tourné autour de la petite délinquance, livrée à la rue et à ses tentations.
Ce témoignage très cru et très brut dans sa forme résonne de vibrants accents sincères. Il dénonce vigoureusement la violence des milieux machistes chez certains jeunes garçons de banlieue. Il témoigne aussi et surtout de la rage de cette femme pour renaître au monde après tant d'humiliations et d'oubli de soi. "Grâce au livre, je pense avoir retrouvé une forme de dignité", affirme l'auteur. Cette confession, aussi douloureuse soit-elle, en valait donc la peine puisqu'elle nous livre au final une vraie leçon de courage.
Denis Gombert

Quatrième de couverture :

Samira Bellil est une rescapée. Adolescente, elle a été victime de plusieurs viols collectifs que l'on nomme aujourd'hui des « tournantes ». Rongée par la culpabilité et le dégoût, détruite par l'ostracisme de sa famille et les rumeurs dans son quartier, elle se réfugie dans la drogue et l'alcool. Sa fausse gaieté cache difficilement une plaie à vif. Les coups, les insultes, les cris, la violence gratuite deviennent son mode d'expression. Peu à peu, elle détruit sa jeunesse en renvoyant à la société les violences qu'elle a subies. Son témoignage coup de poing dévoile la violence sexuelle qui s'est instituée et banalisée dans des cités et des banlieues où tout se réduit à des rapports de forces et de domination. Dans un tel environnement, la torture que subissent les filles est non seulement physique mais également morale : réputation brisée, honte et humiliation sont leur lot quotidien. Revenue de cet enfer, Samira a réussi un rétablissement exemplaire. Ce livre, qui intervient au terme d'une longue thérapie, est pour elle le moyen de laisser une trace de son histoire et de venir en aide à ses « frangines », victimes, comme elle, du pire des crimes. C'est aussi une formidable preuve de courage : rares sont les mineures violées à porter plainte et à pouvoir affronter le regard d'autrui. Pour briser la loi du silence.

Pour commander le livre, cliquez ici.

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