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  • : Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.
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Résister 

Rose Ausländer :

Dans le rien

Découvrir un chant

La chambre m'abrite

Ne le sais

Quand je partirai

Tu es là encore

Anne Archet :
Convulsive

Union nucléaire

Nicole Barrière :

Femmes en parallèle

Marie Bataille :

Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

L'humilité...

France Bonneau :

Si j'étais immigrante

Nicole Brossard :

Aujourd'hui je sais

Ma continent

Ne touchons pas...

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Françoise Bujold :

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Mélanie Cantin :

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Diane Cardinal :

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Tu murmures

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Anne Collignon :

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Un baiser sur ses seins

Louise Cotnoir :

Il faudrait le poème

Le sexe marqué...

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Tu viendras...

J'adviens...

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Il s'exerce sur votre Ame

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Le clitoris...

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Procès en sorcellerie

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Sensualité

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Patricia Guenot :

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Nuit

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 14:49

Colloque : Femmes, création, politique

Evénement

Information publiée le lundi 25 février 2008 par CCIC) (source : Michaël Morel)

Du 2 août 2008 au 12 août 2008, Centre Culturel International de Cerisy

FEMMES, CRÉATION, POLITIQUE

DIRECTION : Brigitte CHALLANDE, Martine DELVAUX

ARGUMENT :

Ce colloque a pour objectif d’explorer le lien entre la création des femmes et le politique. On le sait: la création a été, depuis les premiers balbutiements du féminisme, un moyen d’en exprimer les enjeux, et d’en explorer les effets possibles. Depuis la seconde moitié du XXème siècle, certaines femmes ont incarné ce rapport tout comme certains événements politiques et culturels importants ont eu un impact sur la façon dont il a été ou non rendu visible.
L'on posera donc les questions suivantes:
- comment s’articulent les rapports entre les femmes-créatrices et le politique? De quelle façon la création des femmes est-elle un lieu du politique, un enjeu politique, ou encore un ailleurs par rapport au politique?
- quelles sont les formes et les contenus que la création au féminin explore comme lieux possibles du politique?
- la création artistique au féminin peut-elle être, aujourd’hui, le lieu d’un type de mobilisation politique, ou le lieu d’une chose autre que la mobilisation politique?

COMMUNICATIONS :

L'histoire du mouvement des femmes et ses implications dans la vie sociale et politique
* Sandra BONFIGLIOLI: Les politiques temporelles en Italie
* Marie-Hélène BOURCIER: Les politiques de la performance ou pourquoi Ségolène Royal devrait prendre les suffragettes comme conseillère en communication
* Frédérik DETUE: Noter le futur: témoignage et politique suivant Svetlana Alexievitch
* Michèle RAMOND: La grande fille
* Isabelle SORARU: Déconstruire le présent: langue(s) et pouvoir dans l'œuvre d'Elfriede Jelinek
* Philippe TANCELIN: Créer-résister en compagnie de Geneviève Clancy
* Les femmes dirigeantes en entreprises, table ronde animée par Louise BOISSONNAT

Les femmes créatrices: histoire de l'art, cinéma, danse, musique, théâtre
* Marie-Jo BONNET: Création-Procréation. Réflexions sur une opposition
* Catherine BRISSET: Création d'un répertoire, création musicale
* Frédérique DEVAUX: Femmes: au cœur ou en marge du cinéma expérimental...
* Fabienne DUMONT: Prendre conscience de sa capacité d'agir par le travail symbolique en art: l'exemple des créatrices des années 1970 en France
* Catherine ESPINASSE: Place et représentations du féminin dans la danse et en particulier dans le flamenco
* Hélène FLECKINGER: Intervention et contre-information féministes. L'expérience du collectif audiovisuel Vidéa
* Catherine GONNARD: L'union des femmes peintres et sculpteurs
* Elisabeth LEBOVICI: Tatiana Trouvé, Elisabeth Ballet, Monica Bonvicini en "sculpteurs"
* Hélène MARQUIÉ: Engagements chorégraphiques: danse, féminisme et politique
* Gérard MAYEN: Des seins féminins, comme enjeu chorégraphique
* Chantal MONTELLIER: Questions aux clercs
* Aglaia ROMANOVSKAÏA & Elena CHARLAMOVA: "Chercher la femme..." Des questions d'identité féminine et masculine dans la Russie contemporaine
* Thérèse SAINT-GELAIS: Le politique et l'hypersexualisation dans la production de femmes artistes actuelles
* Claire SIMON: Projection du film "Les bureaux de dieu" et débat

Les femmes et l'écriture
* Nicole BARRIÈRE: L'autre et le même dans les correspondances de poètes
* Frieda EKOTTO: Histoire cachée d'une enfance
* Lynne HUFFER: Devenir Despentes
* Thierry JANDROK: Ecriture féminine de l'imaginaire et écriture du corps dans la littérature de SF et la Fantasy
* Catherine MAVRIKAKIS: Saintes et sataniques colères: la rage des femmes dans l'art et la cité
* Manon MOREAU: Le fil d'Hagar
* Blandine PONET: Le "e" muet: la tentation de l'écriture
* Dominique ROBERT: Défaire son trou
* Maria Dolores VIVERO GARCIA: Anne Garréta ou les (en)jeux de l'écriture
* Les écrivaines québécoises et françaises: échange de pratiques, table ronde animée par Nicole BARRIÈRE & Martine DELVAUX, avec Claudine BERTRAND, Frieda EKOTTO, Catherine MAVRIKAKIS, Manon MOREAU, Blandine PONET, Dominique ROBERT et Françoise WILDER
* Lectures de correspondances et de textes
* Exposition "Paroles de femmes" de Jean-Pierre GUENOT

Avec le soutien de la Fondation de la Poste et du Conseil régional de Basse-Normandie (dans le cadre de la participation bas-normande aux manifestations du 400ème anniversaire du Québec)
 
Responsable : Centre Culturel International de Cerisy
 
Url de référence :
http://www.ccic-cerisy.asso.fr/femmes08.html
 
Adresse : Le Château 50210 Cerisy-La-Salle
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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 15:38

Maroc : une pétition internationale pour dépénaliser l'homosexualité

Une pétition internationale en faveur de la dépénalisation de l'homosexualité consentie au Maroc a été lancée par deux organisations des droits de l'Homme américaine et marocaine après la récente condamnation de six personnes dans le nord du royaume.
 
Human Rights Watch (HRW) basée à New York et l'Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante) appellent le gouvernement marocain "à abroger la loi condamnant à des peines de prison des actes d'homosexualité librement consentis", dans un communiqué commun.

Les deux ONG "lancent une pétition pour la suppression de l'article 489 du code pénal marocain et demandent la libération des six personnes condamnées à la prison en raison de cette loi". Elles invitent à "la signature de cette pétition partout dans le monde".

L'article 489 condamne de six mois à trois ans de prison et à une amende de 200 à 1.000 dirhams (18 à 90 euros) toute personne convaincue d'avoir commis un acte d'homosexualité.

En décembre, la justice marocaine avait condamné à des peines allant de quatre à dix mois de prison six prévenus poursuivis pour homosexualité à la suite d'une fête privée en novembre à Ksar El Kébir (nord) qualifiée par la presse de "mariage gay".
La police les avait arrêtés en novembre, après la diffusion sur Internet d'une vidéo montrant une fête privée dans cette ville.
Quelques jours plus tard, une manifestation de protestation contre l'homosexualité à laquelle participaient de nombreux militants islamistes, avait conduit à des affrontements avec les forces de l'ordre et au saccage d'une bijouterie supposée appartenir à l'un des participants et du domicile de l'organisateur de cette fête.

Le 17 février, les islamistes du Parti de la Justice et du Développement (PJD) ont lancé, à partir de cette ville de 100 000 habitants dont ils dirigent la municipalité, une "campagne des valeurs et de la morale" qui doit se dérouler dans les principales villes du royaume.

Mis en ligne le 27/02/2008
Source : http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=17172
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 15:56
Après la discrimination positive, la "laïcité positive"



Le président appelle de ses vœux une « laïcité positive ». Ce qui revient à dire que la laïcité française actuelle est « négative ». En fait de « positive attitude », il s’agit d’ouvrir une brèche dans la séparation entre le politique et le religieux, pour faire évoluer la laïcité française vers une laïcité plus américaine, le modèle absolu de Nicolas Sarkozy dans ce domaine.

Si la fronde des laïques tient bon, il renoncera à modifier l’article 2 de la loi de 1905, interdisant de reconnaître ou de subventionner le culte. En revanche, il faudra une mobilisation massive — par exemple à l’occasion de la venue prochaine du pape — pour le dissuader de parvenir au même résultat en coupant la fine membrane existant entre les associations cultuelles (type 1905) et culturelles (type 1901). Car cela reviendrait à autoriser le financement du culte par le biais du culturel. C’est la demande formulée par la Fédération protestante de France, poussée au prosélytisme depuis l’expansion des Églises évangéliques. Un mouvement que Nicolas Sarkozy juge « évidemment positif par son dynamisme et le renouveau dont il est porteur ».

Encore cinq ans et le président de la République française prêtera serment sur la Bible. Tandis que nos banlieues ressembleront au Bronx. Des déserts sociaux, où les Églises évangéliques et les Centres islamiques se disputent le ciel en guise d’espoir.

Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Paru dans Charlie Hebdo (23 janvier 2008)


Source: http://carolinefourest.canalblog.com


Nicolas Sarkozy ou l’esprit de 1905 en danger (Caroline Fourest)



Les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy confirment toutes les craintes émises depuis des années par Caroline Fourest, Fiammetta Venner et ProChoix à son sujet concernant la laïcité. Nous republions ici un texte paru en novembre 2007 dans la revue Après-Demain.

Le compromis de 1905 est menacé par les instrumentalisations politiques de toutes parts. D’un côté, l’extrême droite s’en sert comme prétexte pour interdire la construction de lieux de culte musulmans en multipliant les recours administratifs douteux. De l’autre, certains élus locaux cherchent au contraire à contourner la loi de 1905 pour financer la construction de mosquées par clientélisme, au risque de favoriser l’islam politique au détriment de politiques culturelles et sociales en faveur de l’égalité. Les deux jouent un jeu dangereux, dans un contexte où il faut d’urgence cesser d’entretenir la confusion entre la question culturelle et la question confessionnelle, avant de distinguer enfin la question religieuse de la question sociale.

La loi de 1905 en otage

Autant la volonté d’empêcher la construction d’une mosquée, comme à Nice, doit être combattue car elle révèle un impensé raciste et une volonté de maintenir la prédominance culturelle chrétienne. Autant celle de construire des lieux de culte en sus et place de centres sociaux ou culturels sur des fonds publics révèle une incompréhension grave des priorités et menace le vivre-ensemble. Elle trahit l’espoir bien illusoire d’acheter la paix sociale en substituant l’« espérance spirituelle » à l’espérance sociale dans les quartiers populaires . C’est le programme affiché par Nicolas Sarkozy dans La République, les religions, l’espérance , écrit en collaboration avec Thibaud Collin, membre de la Fondation de Service politique, l'un des think-tank du Vatican et de son aile droite (Opus Dei, Légionnaires du Christ etc). Une fois élu, Nicolas Sarkozy a d’ailleurs confié le ministère de la ville et du logement (donc en partie des banlieues) à Christine Boutin, conseillère du Vatican. Son directeur de cabinet, approuvé par la présidence et le Premier ministre, est un intégriste chrétien formé par la Cité catholique (une association prônant la restauration d’une forme de théocratie). Quant à l’homme qu’elle a chargé du dossier des quartiers populaires, Jean-Marie Petitclerc, il est prêtre.

Cette nomination, loin d’être accidentelle, est parfaitement cohérente avec la vision d’une laïcité défendue par Nicolas Sarkozy. Comme ce 20 juin 2005, à l’occasion d’une réunion interreligieuse organisée par l’association la Bible au théâtre de Neuilly sur le thème « Dieu peut-il se passer de la République ? ». « Les religions sont un plus pour la République… ce sont les sectaires qui ont fait de la laïcité une laïcité de combat » a déclaré Nicolas Sarkozy. À l’entendre, la République ne peut pas se passer de Dieu. Surtout dans les quartiers populaires, où le manque de spiritualité sert à expliquer tous les maux. « Nos quartiers sont devenus des déserts spirituels, je ne pense pas que nous ayons quoi que ce soit à y gagner … Si personne n'explique que la vie n'est pas un produit de consommation, il ne faut pas s'étonner que le sens de la vie ne soit pas le même à La Courneuve qu'à Neuilly ». Le ministre revient alors de la cité des « 4 000 » à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), où un enfant de onze ans, Sidi Ahmed Hammache, vient d’être tué par balles lors d’un règlement de comptes entre bandes. « Quand on voit des choses pareilles, on comprend que choisir l'espérance soit une nécessité. » Rien à redire, sauf lorsqu’on sait que chez Nicolas Sarkozy le mot « espérance » veut dire « religion ».

L’opium des quartiers populaires

Contrairement à ce que semblent croire plusieurs de ses sympathisants, l’intégrisme en banlieue n’est pas forcément un problème aux yeux du nouveau président de la République. Il y verrait plutôt un moyen efficace de lutter contre la délinquance : « Partout en France, et dans les banlieues plus encore qui concentrent toutes les désespérances, il est bien préférable que des jeunes puissent espérer spirituellement plutôt que d’avoir dans la tête, comme "seule religion", celle de la violence, de la drogue ou de l’argent. » Il défend même le rôle positif que pourraient jouer certaines organisations comme l’UOIF pour remettre les quartiers populaires dans le chemin : « La réalité, c’est que l’UOIF mène, sur le terrain, un travail utile contre des adversaires autrement plus dangereux pour la République : les salafistes. », écrit-il.

En Angleterre, cette approche a conduit Tony Blair à miser sur les Frères musulmans pour combattre les salafistes djihadistes. Un faux pari absolu. Puisque les Frères musulmans n’ont aucun impact sur ces ultra-radicaux (qui les prennent pour des mous voire des traîtres) mais diffusent un islam liberticide (sexiste, homophobe et antisémite) d’autant plus dangereux pour le vivre-ensemble qu’il bénéficie désormais de la bénédiction de l’Etat. La France va jusqu’à présent mieux que l’Angleterre de ce point de vue (un musulman anglais sur trois veut vivre selon les lois de la charia, contre 73 % de musulmans français attachés à la laïcité). Encourager les fondamentalistes à remplacer les travailleurs revient à abandonner le terrain aux prédicateurs intégristes, sexistes, homophobes et antisémites et reproduire les erreurs de l’Angleterre. Nicolas Sarkozy ne peut pas l’ignorer, mais il ne veut rien entendre.

En bon ultra-libéral fasciné par les républicains américains, Sarkozy privilégie l’« espérance spirituelle » à l’« espérance sociale » autant par conviction chrétienne que par pragmatisme économique. Les travailleurs sociaux, les associations citoyennes maintiennent un lien social qui fait barrage à l’intégrisme, mais ils coûtent cher en subventions. Or, Nicolas Sarkozy n’y voit qu’un ramassis de petites mafias ayant détourné l’argent de l’État. En novembre 2005, devant le Mouvement national des élus locaux réunis à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), il a fait une déclaration stupéfiante : « Tout l’argent mis par les gouvernements de gauche et de droite depuis vingt ou trente ans dans les politiques de la Ville a été en partie détourné par une économie souterraine qui a pollué l’économie réelle dans ces quartiers. » Les religieux, eux, ne coûtent pas cher… et ils ramènent l’« espoir ». Or le gouvernement a déjà largement creusé les déficits publics au profit des plus riches. Il doit maintenant faire des économies sur le dos des plus pauvres. Autrement dit, en banlieue, s’il doit investir, ce sera pour construire des lieux de cultes et non des centres socioculturels.

La religion au secours de la République

Dans La République, les religions et l’espérance, sous couvert d’une discussion polie, Nicolas Sarkozy signe un livre de combat contre la conception française de la laïcité — qualifiée de « laïcité sectaire ». Il souhaite la remplacer par une « laïcité positive », que d’autres chercheurs appellent aussi « laïcité ouverte » ou « nouvelle laïcité », c’est-à-dire par une laïcité inspirée du modèle anglo-saxon. Et ce au moment même où les anglais se demandent si leur modèle ne favoriserait pas l’intégrisme...

Ira-t-il jusqu’à modifier l’article 2 de la loi de 1905 —selon lequel « l’Etat ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » — pour financer ces lieux de cultes sur fonds publics ? Le débat, en tout cas, aura lieu. Pour l’anticiper, Nicolas Sarkozy a confié une mission de « réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics » à une commission de sages — composée de religieux et de partisans de la nouvelle laïcité.

Sans surprise, la commission dirigée par le professeur Machelon a conclu à la nécessité d’encourager les communes à subventionner directement la construction de nouveaux lieux de culte. Cette réforme pourrait notamment favoriser les passerelles entre la loi de 1901 et celle de 1905 pour permettre aux associations non cultuelles de soutenir davantage les associations cultuelles. Une demande formulée entre autres par la Fédération protestante de France, très demandeuse de souplesse en matière de laïcité depuis qu’elle a admis en son sein les adventistes, et qui vient de nommer à sa tête un évangéliste.

Les conclusions de ce rapport ont reçu le soutien du candidat Nicolas Sarkozy. Dans une tribune intitulée « Pour une laïcité vivante » et adressée à La Croix juste après la sortie du rapport Machelon, le 21 septembre 2006, il persiste : « Il n’est pas juste que les fidèles des confessions en expansion récente sur notre territoire, l’islam sunnite et le christianisme évangélique, rencontrent des difficultés pour pratiquer leur culte. » Un regret déjà énoncé dans La République, les religions et l’espérance, où le fait d’autoriser les pouvoirs publics à financer directement des lieux de culte est présenté comme le moyen de permettre à l’islam de France de rattraper son retard, mais surtout de le couper des influences étrangères. Cette idée séduit, même à gauche, mais repose sur un diagnostic erroné.

La suite: http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2008/01/18/1886
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 16:01
EMPREINTES

BENOITE GROULT
LE TEMPS D'APPRENDRE A VIVRE


Dans ce nouveau volet d'Empreintes, Benoîte Groult parle bien sûr de son féminisme. Mais pas seulement. Elle évoque aussi ses parents, hommes de sa vie, son émancipation, ses livres, les lieux qu'elle aime ou son combat en faveur de l'euthanasie. L'écrivaine et journaliste se confie, librement, encore formidablement jeune à 88 ans.


Benoîte Groult"C'est à 55 ans que je suis née au féminisme. Il m'a fallu tout ce temps-là pour secouer mon éducation bourgeoise - pourtant artiste, moderne, privilégiée ; ma situation de jeune fille rangée, élevée dans des écoles catholiques, non mixtes. Il m'a fallu beaucoup de temps, surtout que j'étais une personne obéissante, pas du tout une révoltée. C'est 1968 qui m'a fait découvrir que, finalement, j'étais féministe. Ce que je ne savais pas. Ce n'était pas une théorie philosophique ; c'était vraiment le résultat de mon expérience.

On n'imagine pas, on n'image plus la détresse qui était la nôtre quand nous tombions enceintes. Nous aurions tenté n'importe quoi ! N'importe quoi ! Toutes : les riches et les pauvres ; les adolescentes et les femmes qui se croyaient ménopausées ; les putes et les sages qui n'avaient couché qu'une fois et qui étaient prises ; les abandonnées et les mères de cinq enfants déjà. Toutes !

En fait, c'était une tradition familiale. Ma mère, qui aimait la littérature, la peinture, les arts, nous avait donné cette loi, à ma soeur et à moi : "Tous les soirs, mes filles, vous écrivez votre journal, vous vous lavez les dents. Voilà les deux choses à faire avant de vous endormir." Alors nous avions chacune notre journal, qu'elle venait lire en cachette comme toute mère qui veut savoir ce qui se passe dans les tréfonds de l'âme de ses enfants. D'avoir été féministe, ça n'est plus du tout honorable. Et ça m'a nui dans le monde littéraire parce qu'on me considère comme un auteur féministe et pas tout à fait comme une romancière.

J'avais envie de faire ma médecine, et ma mère m'a dit : "Si tu fais ta médecine, c'est sept ans d'études, ça décourage un homme. Tu seras un bas-bleu, les hommes n'aiment pas les bas-bleus. Il vaut mieux faire quelque chose de plus gracieux."J'ai fait une licence de lettres. Il fallait désobéir pour exister, dans le temps, alors qu'aujourd’hui les filles, au contraire, sont complètement libres. Elles font Polytechnique, elles font l'école qu'elles veulent.

Benoîte GroultJe me suis mariée avec un étudiant en médecine, et il est mort huit mois après. Ce mariage n’a pas été long. Mais ça m'a donné un état social. J'étais veuve, et ça, c'est un état social. C'est affreux à dire parce que j'avais été très heureuse dans ce premier mariage et je ne le regrette pas, mais, étant veuve, ça y est, j'étais une femme, j'étais épanouie. Je me suis mise à travailler avec plus d'ambition et de courage. J'existais.

Vers 1943, la fille des bijoutiers en face de chez nous, rue de Bourgogne, est venue sonner à la porte en disant : "On a emmené mes parents aujourd'hui, on a mis les scellés sur leur magasin. Je ne sais pas où aller, je sais que vous avez deux filles du même âge… Est-ce que vous voulez bien me cacher, me recueillir ?" Mon père a tenu un conciliabule avec sa femme et il a décidé que c'était trop dangereux, que, s'il était dénoncé par quelqu'un de la rue qui la voyait entrer et sortir, on serait arrêtés, tous. Alors on a décidé de lui dire : "Au revoir, mademoiselle. On a des responsabilités, des enfants dont on ne veut pas qu'ils gâchent leur vie. On ne peut pas vous prendre. Vous avez sûrement de la famille…" Je me souviens que j'ai eu très honte, mais je n'ai pas bronché. Je n’ai pas dit : "Papa, j'exige qu'on la prenne." Je ne l'ai pas dit… (…) J'ai eu honte de moi, pas honte de mon père. ”


Première diffusion : vendredi 22 février 2008 à 20:40 (câble, satellite et TNT), rediffusion dimanche 24 février à 09:45 (hertzien et TNT).

Durée : 52'
Auteure : Marie Mitterrand
Réalisation : Jean-Baptiste Martin
Production : France 5 / Casadei Productions
Année : 2008

Source : http://www.france5.fr/programmes/articles/arts-et-culture/1395-empreintes.php

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 15:59
Municipales et cantonales: le PS et les Verts répondent à l'Inter-LGBT  

À l'occasion des élections municipales et cantonales, les 9 et 16 mars prochains, l'Interassociative lesbienne, gay, bi et trans (Inter-LGBT) a adressé aux partis politiques un questionnaire. Chacun d'entre eux a été sollicité pour produire, à un niveau national, des engagements minimaux au nom des candidats qui se présentent sous leurs couleurs, sur les thèmes suivants: couple, lutte contre les discriminations, jeunesse, associations, lutte contre le sida, action internationale.

L'Inter-LGBT publie sur son site les seules réponses qu'elle a reçues dans les délais impartis: celles des Verts et du Parti socialiste. Les éventuelles réponses des autres partis politiques seront ajoutées au fur et à mesure qu'elles lui parviendront.

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=12546

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 15:58
Nadir menacé d'expulsion : décision du tribunal administratif de Lyon d'ici trois semaines

Hier matin, Nadir, lycéen homosexuel d'origine algérienne menacé d'expulsion par la Préfecture du Rhône, était convoqué devant le Tribunal Administratif de Lyon. Ce dernier a décidé de rendre son délibéré d'ici trois semaines.
Dans cet intervalle de temps, la Préfecture du Rhône peut encore abroger d'elle-même l'Obligation de Quitter le Territoire Français qui frappe Nadir. La Lesbian and Gay Pride de Lyon demande au Préfet de faire "preuve d'humanité" en octroyant au jeune homme un titre de séjour "vie privée et familiale".

Selon l'entourage de Nadir, l'audience d'hier au tribunal administratif a démontré "une totale méconnaissance de son dossier par le Commissaire du Gouvernement".
Exemple : ce dernier aurait mis en avant des attaches de Nadir au Maroc alors que sa famille demeure en Algérie.
Le commissaire du gouvernement aurait également réfuté les "traitements dégradants ou inhumains" que Nadir pourrait subir à son retour en Algérie, alors que l'homosexualité y est réprimée par la loi et que sa famille réprouve son orientation sexuelle.
Enfin, sa relation avec Samuel a été qualifiée de "récente" alors que les deux garçons vivent ensemble depuis 2 ans.

Nadir vit en France depuis plus de 7 ans. Agé de 24 ans, il est scolarisé dans un lycée professionnel de Villeurbanne et doit passer son baccalauréat en juin prochain.

Plus d'infos :
www.fierte.net.

Mis en ligne le 20/02/2008
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=17119
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 11:52

Un nouveau blog


http://lesbiennesmaghrebines.over-blog.com


AZRIYAS


blog des lesbiennes maghrébines et des femmes libres



Déjà vous expliquer d'où vient le nom de ce blog:
 


dans les Aurès, région berbère d'Algérie, les Azriyas sont des femmes libres. A la personnalité affirmée, dotées d'un sens de l'hospitalité inégalé et d'un profond raffinement, ces femmes étaient loin d'être ostracisées ou rejetées ... elles semblaient, au contraire, selon l'auteure Mathéa Gaudry, qui les a approchées et étudiées (in "La femme chaouia de l'aurès") jouir d'une position privilégiée.
Nous sommes des Françaises d'origine algérienne, et nous souhaitions, depuis un moment, ouvrir un espace d'échange pour les femmes libres du monde entier ... nous espérions créer un espace d'échange où les femmes libres ou qui aimeraient l'être (serait-ce sur la toile), des femmes en questionnement sur leur sexualité, dans leur rapport aux autres femmes pourraient discuter et réfléchir, en toutes quiétude et latitude, sur des thèmes aussi divers que le cinéma, la littérature, le féminisme, etc.
Nos maîtres-mots sont liberté, diversité, tolérance.
Ce sont toutes ces raisons qui nous ont incitées à créer ce forum.

Qu'est-ce être une femme dans les sociétés d'aujourd'hui ?
Quelle place occupons-nous et laquelle devrait nous revenir ?
Pour initier un début de réflexion, j'ai choisi un extrait du book de Kristeva (in "Seule, une femme" ), une écrivaine et psychanalyste française d'origine bulgare. Elle souligne sa singularité, le goût et le prix de sa liberté !

"Oui, j'emploie le mot "seule" au sens de singulière, unique, sans égale. "Seule" est cette incommensurable particularité à laquelle fait appel Le Génie féminin que j'adresse à l'unicité de chacun et de chacune, au dépassement de soi en ces temps de massification et de globalisation. Mais "seule" indique aussi la solitude qu'éprouve une femme, fût-elle la mieux entourée, aidée ou intégrée, quand elle assume le risque de sa singularité, qui est tout simplement le risque de la liberté. Car l'Histoire n'a pas préparé les femmes à oser prendre ce risque et, plus douloureux encore, lorsqu'elles le font, leurs partenaires familiaux et sociaux en sont heurtés. Comme la gloire selon Madame de Staël, la singularité au féminin est bien souvent, aujourd'hui encore, "le deuil éclatant du bonheur".


Source: http://lesbiennesmaghrebines.over-blog.com

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 08:00

L’apprentissage du dégoût

par Stéphanie LeBlanc



L’adolescence est une étape cruciale de la vie, puisque c’est durant cette période que le-la futur-e adulte forge sa personnalité. Malheureusement, cette période s’accompagne trop souvent chez la fille de ce qu’on pourrait appeler un apprentissage du dégoût du corps féminin.

Il est troublant de constater que les premiers signes de puberté sont perçus de façon très différente selon qu’ils apparaissent chez une fille ou chez un garçon. Alors que l’apparition de poils est accueillie positivement chez les garçons (le duvet sous le nez, par exemple), il marque généralement pour une fille l’entrée dans le merveilleux monde de l’épilation. Le duvet sous le nez, les poils aux aisselles, les poils de jambes, les sourcils et parfois même les poils des cuisses, des fesses et du pubis sont considérés comme d’horribles défauts physiques dont il faut se débarrasser. On ne se demande même pas si la fille nouvellement nubile a réellement envie d’épiler tout ces poils, il va de soi qu’elle le fera.

La suite sur Sisyphe, le 13 février 2008

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 20:59

Egalité de traitement dans l'emploi : l'Inter-LGBT veut améliorer le projet de loi du gouvernement

Rappelée à l'ordre il y a quelques jours par la Commission européenne la France s'apprête à transposer la directive qui interdit toute discrimination en matière d'emploi fondée sur l'orientation sexuelle dans son droit national. Le projet de loi élaboré à cet effet par le gouvernement est "bâclé" selon l'Inter-LGBT qui veut l'améliorer.
 
Le 25 mars prochain sera débattu à l'Assemblée nationale un projet de loi " portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations ". Ce texte a vocation à conclure la transposition dans le droit français de trois directives européennes datant de 2000. Récemment, la Commission européenne a adressé un avis à onze pays, dont la France, relevant les lacunes de transposition, et lui donnant deux mois pour réagir : cet avis est la première étape d'une procédure qui peut se terminer par la saisine de la Cour européenne de justice et la condamnation des pays contrevenants.

L'Inter-LGBT qui parle d'un "projet de loi bâclé", déplore qu'il n'ait fait l'objet "d'aucune concertation, ni dans son écriture, ni à l'occasion de son examen par le parlement, alors même que la consultation des acteurs associatifs est précisément un objectif défini par ces directives".

De "graves problèmes de rédaction" de la loi

L'Inter pointe de "graves problèmes de rédaction" de la loi.
Un problème de hiérarchie entre les discriminations selon leur motif, d'abord. "Suivant le motif de discrimination, la protection prévue par la loi ne sera pas la même. Cette régression est inacceptable", fait savoir l'Inter-LGBT.
Ensuite, un problème de limitation à l'action des associations auprès des victimes. En effet, alors que les associations de lutte contre les discriminations peuvent agir auprès des victimes au pénal et aux prud'hommes, elles ne le peuvent devant le tribunal administratif. Les associations ne peuvent donc agir en justice aux côtés des fonctionnaires victimes de discrimination. Le projet de loi a "omis" de rectifier cette non-transposition du droit européen : "un comble, vu son objet", soulignent les associations.
Enfin, le projet de loi codifie partiellement les dispositions nouvelles. Le code pénal, le code du travail et la loi sur les droits des fonctionnaires sont partiellement amendés par le texte, ce qui jette un doute sur l'applicabilité des nouveautés apportées. "La loi donne le sentiment d'avoir été écrite d'abord pour satisfaire aux exigences de la Commission européenne, et non dans l'objectif d'un droit accessible et lisible par tous", s'agace Alain Piriou, porte-parole de l'Inter.

La fédération LGBT a préparé des propositions d'amendements qu'elle va soumettre aux parlementaires. Elle a aussi demandé au Premier ministre et au Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité de les soutenir. L'Inter demande "que la concertation soit enfin ouverte, dans l'intérêt des victimes de discriminations".


Mis en ligne le 15/02/2008
Source : http://www.e-llico.com/
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 20:56

Prévention de l'homophobie à l'école : la justice condamne le rectorat de Nancy-Metz pour avoir discriminé Couleurs Gaies

La Cour Administrative d’Appel à Nancy a rendu son jugement jeudi 14 février dans l’affaire qui opposait le rectorat de Nancy-Metz à Couleurs Gaies. L'association LGBT s'était vu refuser l’agrément lui permettant de mener des actions de prévention de l’homophobie dans les lycées.
 
La Cour annule la décision du recteur quant au refus d’agrément. Elle demande au recteur de réexaminer la demande de Couleurs Gaies. Par ailleurs, l'Etat versera à l'association une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Pour Couleurs Gaies, "c'est une belle victoire qui permettra enfin de mener de véritables actions de prévention de l'homophobie en milieu scolaire en Lorraine". "C'est une victoire également pour toutes les associations LGBT de France qui rencontrent les mêmes difficultés que Couleurs Gaies dans leur demande d’agrément", estime l'association qui espère que cette décision fera jurisprudence.

En mars 2005, après deux ans de tracasseries administratives, le Rectorat de l’Académie Nancy-Metz avait refusé à Couleurs Gaies l’agrément qui devait lui permettre de mener plus facilement des actions de prévention de l’homophobie dans les lycées. En décembre 2006, le tribunal administratif de Nancy-Metz avait débouté en première instance l’association dans sa demande.
Couleurs Gaies avait décidé alors de faire appel et avait débuté en parallèle une procédure auprès de la Halde.

La Halde a décidé de soutenir l’association durant l’audience à la Cour Administrative d’Appel le jeudi 24 janvier 2008 estimant que le rectorat a usé de pratiques discriminatoires dans le traitement du dossier de demande d’agrément. La Halde a expliqué que le dossier de Couleurs Gaies avait subi "une différence de traitement qui caractérise une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle".

Mis en ligne le 15/02/2008

Source : http://www.e-llico.com/
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