Bienvenue sur Lez \/ Zone...

Cet espace est dédié à la culture et aux arts sapphiques, ainsi qu'au féminisme, à toutes les femmes de talent...

Je vous invite à le visiter et à ne pas hésiter à me proposer des textes, des poèmes ou des nouvelles pour l'enrichir, je les posterai en votre nom. 

 

 

Présentation

Textes illustrés

Lucie Aubrac :

Résister

 

Rose Ausländer :

Dans le rien

Découvrir un chant

La chambre m'abrite

Ne le sais

Quand je partirai

Tu es là encore

Anne Archet :

Convulsive

Union nucléaire

Nicole Barrière :

Femmes en parallèle

Marie Bataille :

Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

L'humilité...

France Bonneau :

Si j'étais immigrante

Nicole Brossard :

Aujourd'hui je sais

Ma continent

Ne touchons pas...

Sa surface

Sous la langue

Françoise Bujold :

Quand la perdrix...

Mélanie Cantin :

Innocent amour

Diane Cardinal :

Je m'assois sur ton nombril

Je m'infiltre sous ta peau

Tu murmures

Patrizia Cavalli :

De moi...

Natalie Clifford Barney :

Etre libre

Anne Collignon :

Ils étaient cinq

Cristie Cyane :

Laisse-toi aller

On veut pas d'ça ici !

Polaroïd

Rainbow

Un baiser sur ses seins

Louise Cotnoir :

Il faudrait le poème

Le sexe marqué...

Maison à louer

Christine Davi :

Elle dit non

Lucie Delarue-Mardrus :

Baiser 

L'étreinte marine

Refus

Si tu viens

Denise Desautels :

Les chuchotements et la caresse 

L'espoir ?

Tout ce bleu

Une histoire de beauté

Chahdortt Djavann :

L'Iran d'aujourd'hui

Hélène Dorion :

Tu avances une main...

Tu viendras...

J'adviens...

Emily Dickinson :

Douter de Moi !

Elle s'éleva...

Il a Sanglé ma vie

Il s'exerce sur votre Ame

Pour Toi

Eve Ensler :

Le clitoris...

Mon vagin, mon village

Procès en sorcellerie

Rosanna Fiocchetto :

La fureur...

Jacqueline Francoeur :

Sérénité

Madeleine Gagnon :

Un monde androgyne

Cathy Garcia :

Oiseaux

Claire Gérard :

Sensualité

Benoîte Groult :

Elle voudrait

Patricia Guenot :

Abolir la spirale...

Avenir Féminin

Tes mains

Colette Haddad :

Si proche !

Anne Hébert :

L'envers du monde

Les petites villes

Nuit

Istina :

Je me bats

Elle marche

Michèle Lalonde :

Speak white

Sophie Langemont :

Quand je t'imagine

Marguerite Lapalme :

Assimilation

Audre Lorde :

Combattre l'oppression

Habiter les silences...

Savoir - plutôt que penser

Marie-Victoire Louis :

Justice

Andrée Maillet :

Amérique française

Françoise Mariotti :

Lisse comme une pierre blanche

Hélène Marquié :

Le corps subversif

Luci-Louve Mathieu :

Femme

Femme source

Les filles de plume

Lettres

Valéry Meynadier :

Juste...

Peu...

Carole Menahem-Lilin :

Désir obscur...

Le nu visionnaire

Nudité

Souffle 

Un parfum d'écorce

Micheline Mercier :

Abnégation

Gertrude Millaire :

Bousculade

L'attente

L'impossible

Non ! mais...

Regard

Isabell Miller :

Fondre

Shawn Mir :

Là-bas les Flandres

La lesbienne d'aujourd'hui

Misfit :

Ange d'éternité

De mes soeurs lesbiennes

Des siècles...

D'un clapotis de l'âme

Le tourbillon...

Tout se passera bien

Vermillonner d'aimer

Colette Nys-Mazure :

Aimée-Aimante

Délivrer les sources

Flux et reflux

Angèle Paoli :

Peut-être

Geneviève Pastre :

Au mâle quand il veut s'interposer

Bonheurs

Je chie je dis...

Marie-Thérèse Peyrin :

Regarde

Ludmilla Podkosova :

Aimer

Lucie Poirier :

Les longs chemins

Catherine Ribeiro :

Femmes algériennes

Adrienne Rich :

A Judith

L'honneur des femmes

Nier notre réalité

Si c'est le désir...

Amina Saïd :

Amour notre parole

Enfant moi seule

L'élan le souffle le silence

Cécile Sauvage :

Le vallon

Isabelle Servant :

Sûrement

Christel J-Stefariel :

Les mots à huis clots

Nada Stipkovic :

Lâcheté

Jeanne Talbot-David :

Où allons-nous

Si fortement rêvé...

Françoise Tchartiloglou :

C'est la vie

Comme la mouette

Repli

Résidence

Emmanuelle Urien :

Tout est pareil

Yolande Villemaire :

Le son du soi

Clara Vincent :

Au pays de ton corps

Dis femme...

Petite garce femme

Tout près du visage

Renée Vivien :

Intérieur

Le Pilori

Notre Dame des Fièvres (Tolède)

Sonnet "Parle-moi..."

Union

Ton Ame

Vierges et femmes...

Simone Weil :

Comme le puissant...

Monique Wittig :

Elles disent...

J/e suis frappée d'interdit...

Sois m/a très chérie...

Leïla Zhour :

Aime-moi

A mon revers

Deux

Grandes et dures

Je cherche un visage...

T'aimer

Ton regard...

Recherche

 

Texte Libre

La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les sujets qui me tiennent à coeur.

Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.

Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.

Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette artiste.

Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante : sappho4444@hotmail.com 

 Les actus de Têtu :

 

 

Petite note pour informer les lectrices et lecteurs que désormais Lezzone ne publiera plus un certain nombre d'articles de portée  féministe que vous aviez l'habitude d'y trouver régulièrement. D'autre part, certaines archives dejà publiées ne seront plus disponibles dans leur entier. Il appartiendra à chacune, et chacun, de se reporter en bas d'article pour suivre le lien vers les sites d'où ces articles étaient issus.

La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.

Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus être le relai qu'il était.

A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)
Jeudi 15 novembre 2007
Appel des femmes iraniennes aux féministes de tous les pays : 

Le gouvernement d’Iran emprisonne et maltraite des féministes qui dénoncent ses lois misogynes

Les dernières nouvelles en provenance d’Iran confirment la répression continue des militantes féministes et des femmes qui ne respectent pas les normes misogynes de la République islamique d’Iran. L’appel à protestation lancé en mai reste d’actualité. Nous vous remercions de bien vouloir continuer à le diffuser dans vos réseaux.

Novembre 2007

Delaram Ali, étudiante active au sein des mouvements estudiantins et militante de la campagne « Un million de signatures pour l’abrogation des lois discriminatoires envers les femmes », a été condamnée en appel par le tribunal islamique à deux ans et six mois de prison ferme pour avoir participé en 2005 à une manifestation de protestation contre les discriminations vécues par les femmes en Iran.

Octobre 2007

Ronak Safar Zadeh, graphiste et militante kurde de la campagne « Un million de signatures pour l’abrogation des lois discriminatoires envers les femmes » a été arrêtée les agents des renseignements qui ont procédé à la fouille du domicile familial. Ses parents avec qui elle vivait, n’ont aujourd’hui aucune information quant au sort réservé à leur fille.

Zahra Bani Yaghoub, médecin de 27 ans, a été arrêtée dans un parc de la ville de Hamedan par des agents de contrôle des moeurs parce qu’elle s’y promenait avec son fiancé et est donc soupçonnée d’avoir avec lui des rapports sexuels hors mariage. Elle a été déclarée morte après 48 heures de détention. Selon la police, elle se serait suicidée, fait que sa famille refuse et dénonce.

Un dépliant pour les femmes iraniennes à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Réseau international de solidarité avec les féministes iraniennes fera paraître un dépliant pour dénoncer les violences exercées contre les femmes, légalisées par la République islamique d’Iran :

l’obligation du port du voile,
la misogynie,
les violences sexuelles,
la lapidation, l’exécution et les mutilations,
les violences politiques.

Pour soutenir la lutte des féministes iraniennes, ainsi que la résistance des femmes face à ces violences, et participer à la diffusion la plus large possible de ce dépliant, nous vous invitons à prendre contact avec nous. Nous pourrons vous faire parvenir des exemplaires de ce dépliant.

Chahla Chafiq, http://iranfeministe.online.fr

Une pétition à signer

Signature à envoyer à iran.feministe@gmail.com (Prénom, nom, profession, activité, ville, pays) - Adresse du blog : iranfeministe.online.fr

 

Brisons le silence !
Protestons contre la poursuite judiciaire
des militantes féministes en Iran !

 

Le 24 avril 2007, le tribunal révolutionnaire islamiste de Téhéran a condamné à trois ans de prison, dont six mois ferme, deux figures importantes du mouvement féministe en Iran, Parvin Ardalan et Nouchine Ahmadi Khorassani, au motif de « conspiration et rassemblement perturbant l’ordre public ».

Il s’agit de deux figures importantes présentes depuis des années dans la mouvance féministe et qui ont défendu par leurs écrits et actions l’égalité des droits pour les femmes. Elles comptent parmi les initiatrices de la campagne « un million de signatures pour le changement des lois discriminatoires envers les femmes » (www.weforchange.info). En se référant aux pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels dont l’Iran est signataire, cette campagne revendique l’abolition des lois en vigueur qui considèrent les femmes comme des « demi-hommes ». La poursuite judiciaire et l’emprisonnement de militantes de cette campagne n’a qu’un but : faire taire la voix des femmes qui revendiquent des droits élémentaires.

Il faut rappeler que, ces derniers jours, les tribunaux révolutionnaires islamiques ont également condamné Azadeh Forgani, Soussane Tahmassebi, Fariba Davoudi Mohajer et Shahla Entessari pour des motifs identiques.

Dans les jours qui viennent, il faut très certainement s’attendre à des verdicts semblables pour les autres militantes du mouvement féministe en Iran.

Ces jours-ci, en organisant les attaques des forces de l’ordre envers les femmes « mal voilées », celles qui disent « non » au modèle idéologique du régime islamiste, le pouvoir en place tente d’alimenter une ambiance de terreur dans la société civile. Il procède, dans le même temps, à la répression du mouvement étudiant et étouffe violemment les revendications collectives des ouvrier(e)s et des enseignant(e)s. Parallèlement il ne cesse d’attaquer les militantes féministes afin de faire taire toutes les femmes.

L’avenir que le gouvernement réserve aux militantes féministes témoigne d’une indéniable réalité : la lutte pour les droits des femmes est au centre du combat sociopolitique pour la liberté, la justice sociale et la démocratie en Iran. C’est pourquoi il faut absolument briser le silence devant ces verdicts injustes.

Nous, signataires de cet appel, demandons à tou(te)s les défenseur(e)s de la liberté et des droits humains, ainsi qu’aux militant(e)s des droits des femmes de protester contre ce verdict.

Nous adresserons cet appel à toutes les instances internationales pour faire annuler ces verdicts et exiger la liberté et la sécurité pour toutes les militantes du mouvement féministe en Iran.

Signature à envoyer à iran.feministe@gmail.com (Prénom, nom, profession, activité, ville, pays)
Adresse du blog :

-  Chahla Chafiq, http://iranfeministe.online.fr

Mis en ligne sur Sisyphe, le 6 novembre 2007

 


-  Autre article sur Sisyphe concernant les femmes arrêtées et tuées en Iran.

-  Jean-Baptiste Herrera , Gaël Bocandé, Prisonnière de Téhéran, Le Devoir, 10 novembre 2007. Étudiante à l’Université du Québec à Montréal, Mehrnoushe Solouki a eu le malheur de vouloir tourner un documentaire dans son pays d’origine, l’Iran.

Vendredi 10 novembre 2006
L’Iran et les 2 visages du « féminisme musulman »
08.11.2006

Il se tient actuellement à Barcelone le 2e Congrès international du « féminisme musulman ». Les nouvelles parues ont toutes évoqué les paroles d’une certaine Nayereh Tohidi qui représentait les iraniennes. Au même moment en Iran, Shadi Sadr, militante des droits des femmes, a lancé une campagne pour demander aux ayatollahs d’abroger la loi sur la lapidation pour adultère. | Décodages |

Il se tient actuellement à Barcelone le 2e Congrès international du « féminisme musulman ». Les nouvelles parues ont toutes évoqué les paroles d’une certaine Nayereh Tohidi qui représentait les iraniennes.

Tohidi n’habite pas l’Iran, elle est basée à Los Angles où elle fait du lobbying pour introduire Shirin Ebadi en tant que modèle de la femme iranienne. Ce qu’elle a dit à ce 2e Congrès international du « féminisme musulman » est riche d’enseignements et peut être utilisé par ceux qui veulent démasquer ces faux opposants, faux défenseurs de libertés, et authentiques lobbyistes pour relativiser la situation des droits de l’homme et de la femme en Iran.

Nayereh Tohidi n’est pas une femme libre : elle ne peut pas exprimer des idées qui soient déviantes vis-à-vis des doctrines du régime des mollahs ou contraires à ce qu’affirme le ministère iranien des affaires étrangères. Et l’on retrouve les mêmes arguments chez tous ces « dissidents réformateurs ».

Nayereh remet en cause uniquement « une lecture sexiste des textes sacrés du Coran » et non pas l’intrusion dans la vie sociale féminine d’un texte écrit il y a 1400 ans par un homme sans aucune connaissance des attentes d’une femme en 2006. Là s’arrêtent les revendications militantes de Nayereh Tohidi. Le reste de ses déclarations sont de nature politisée et dans la ligne des revendications du ministère iranien des affaires étrangères : « Les femmes en Iran, comme dans la majorité d’autres pays musulmans, sont confrontées à différents défis, mais l’incertitude et l’insécurité face à une attaque militaire potentielle contre l’Iran ont encore aggravé la situation. »

En d’autres termes, ce ne sont pas les mollahs qui maltraitent les femmes, mais « une attaque militaire potentielle contre l’Iran ». Il ne faut pas chercher à creuser ses paroles afin de faire une surinterprétation de ses propos car comme tous les agents de lobby du régime, la première phrase est suivie par ce qui serait son explication.

Le combat pour les femmes en Iran est « très délicat et il doit être mené par des femmes et par l’élite du pays, des réformistes de l’intérieur (c-à-d : mollah Khatami, milicien Ganji et Shirin Ebadi) », car selon Nayereh Tohidi, « la démocratie et les droits de l’homme ne peuvent pas être exportés ».

Décodages | « la démocratie et les droits de l’homme ne peuvent pas être exportés », il s’agit d’une condamnation de la politique de Grand Moyen-Orient démocratique de George Bush. Mais cette prise de position est choquante car par définition les pensées, les idées ou la démocratie doivent circuler en toute liberté sinon la déclaration universelle des droits de l’homme n’aurait aucun sens.

Si on ne pouvait pas exporter ses idées et en importer, si on ne pouvait pas renier une idée et en adopter une autre, le combat civique pour plus de droits n’aurait pas lieu d’être. Contrairement à ce que dit Nayereh Tohidi : la démocratie et les droits de l’homme peuvent être importés, imités, débattus et améliorés.

Cependant, Nayereh Tohidi n’est pas une idiote, elle connaît cette nécessité régénératrice, mais elle a été dépêchée au 2e Congrès international du « féminisme musulman » afin de plaquer un discours politiquement correct sur la négation même de la libre circulation des idées et surtout celles qui parlent de l’universalité.

Si Nayereh Tohidi admettait que la démocratie et les droits de l’homme pouvaient être importés là où ils font défauts, elle devrait nécessairement remettre en cause le Coran, texte figé, et se montrer universaliste et admettre aussi la nécessité de l’apport de soutiens extérieurs. Mais ceci sous-entendrait que l’on admette l’apport et le soutien des exilés, des opposants séculiers ou laïques ou encore l’ingérence humanitaire. L’opinion exprimée par Nayereh Tohidi est le discours politiquement correct qui justifie le refus de tout apport extérieur :

« Le combat pour les femmes en Iran est très délicat et il doit être mené par des femmes et par l’élite du pays, des réformistes de l’intérieur ». C’est tout de même la première fois que des défenseurs des droits de l’homme dans un pays refusent de l’aide.

« Laissez-nous entre musulmans, ne critiquez pas notre livre sacré, seuls les mollahs modérés peuvent nous aider, notre société évolue à son rythme, la démocratie ne s’importe pas »… et pourquoi donc l’Islam s’exporterait-il alors ?

Parallèlement 2e Congrès int. du « féminisme musulman » et exactement à ce moment, des Iraniennes militantes des droits des femmes ont lancé une campagne pour demander aux autorités d’abroger la loi sur la lapidation pour adultère. La nouvelle a été diffusée par une agence officielle du régime ILNA, proche des réformateurs !
 Cette campagne nécessaire mais mensongère est lancée par Shadi Sadr, la nouvelle fausse dissidente du régime qui récupère tout, recycle tout. Pour ce faire elle a un statut particulier : elle est à la fois avocate et journaliste, militante des droits des femmes et militante politique en faveur de Moïn, un universitaire (islamiste) réformateur.

Shadi Sadr (33 ans) existe sur la scène médiatique depuis 2003 (l’année de la nobélisation d’Ebadi), avant rien. Elle n’évoque que très rarement le cas de Zahra Kazemi (pourtant tuée en 2003) ou des viols en prisons par les Pasdaran. Elle ne dépasse pas les lignes rouges. Elle se contente de faire remarquer les progrès de la condition féminine sous Khatami (18 cas de lapidation ont été recensés sous Khatami).

Depuis peu, Shadi (Joie – ndlr) s’occupe de tous les cas médiatiques : cas de pendaisons de mineurs ou de lapidations rendus célèbres par les ONG occidentales. En dehors de ces cas surmédiatisés, elle est peu active et ne se manifeste qu’après les évènements : elle se les approprie, les recycle en « combats des réformateurs contre les conservateurs ». Que dire ?

Il faut se mobiliser afin que les affaires ne puissent pas devenir les moyens de combattre l’ingérence humanitaire des ONG, il faut proposer à cette femmes de se positionner sur la Charia et non sur une moratoire de certaines clauses de la Charia car ceci sera « du Tariq Ramadan ». L’Iran et les iraniens méritent mieux qu’un Tariq Ramadan en Jupon. Il faut que vous nous y aidiez.

Exemple | Shadi Sadr est l’avocate de Nazanin et selon certaines informations que nous avons reçues [1], dans le compte-rendu du deuxième procès, on ne peut lire que les déclarations de Nazanin, de sa nièce Samieh, et de son père, mais pas un mot de l’avocate, comme s’il n’y avait que sa famille pour la défendre... Nous essaierons de vous apporter des éclaircissements sur ce dossier, afin d’apporter le plus possible de soutien à Nazanin afin que cette avocate médiatique soit contrainte de la sauver réellement. Pour l’heure, Nazanin est utile pour Sadr et ses amis et nous essaierons de jouer le jeu tout en dénonçant les manquements professionnels.

WWW.IRAN-RESIST.ORG

| Recherche Par Mots Clefs : Misogynie Institutionnelle |

Les amis de Shadi Sadr :
-  
A propos de la manifestation féministe du 12 juin
-  
(27.06.2006)

Une autre Tariq Ramadan en Jupon :
-  
Fariba Adelkhah : le Fascisme en jupon
-  
(23.04.2006)

Source : http://www.iran-resist.org/article2774

Mercredi 8 novembre 2006

Des musulmanes repensent la place des femmes dans l'islam

Des fidèles de nombreux pays musulmans ont débattu durant trois jours des lois discriminatoires envers les femmes. Ce courant féministe, qui compte aussi des hommes, reste minoritaire

En Occident, on connaît le féminisme, on ignorait encore qu’il puisse exister un féminisme islamique. Et pourtant, c’est la deuxième année que des femmes de plusieurs pays musulmans se réunissent en Espagne pour un congrès international sur ce thème, à l’initiative de l’Association islamique de Catalogne.

Des participants, femmes et hommes venus d’Iran, du Pakistan, du Soudan, de Malaisie, d’Algérie, de Tunisie, du Sénégal et d’Afrique du Sud se sont retrouvés à Barcelone pour partager leur expérience et débattre de la charia et des lois discriminatoires envers les femmes. « Le mouvement féministe islamique est né d’un mouvement intellectuel à l’intérieur de l’islam, critique à la fois de la modernité occidentale et de la tradition issue des textes, explique Abdennur Prado, espagnol, converti à l’islam et l’un des principaux organisateurs de cette rencontre.

Ces dernières années des collectifs de femmes musulmanes se sont organisés pour lutter contre la discrimination et revendiquer leurs droits dans le cadre de l’islam dans des pays aussi différents que la Malaisie, le Nigeria ou le Pakistan. Tous ces mouvements avaient en commun le “féminisme islamique” qui peut se définir comme la revendication des droits de la femme musulmane dans le cadre de l’islam », poursuit Abdennur Prado.
"Aider à balayer les vieilles pratiques"

Certes, ce mouvement est encore minoritaire dans le monde musulman. Les figures du mouvement sont toutes des intellectuelles, militantes, écrivains, enseignantes vivant à l’étranger ou ayant eu l’expérience de la vie dans un pays occidental. Margot Bardan, américaine, spécialiste du féminisme et de l’Égypte, insiste sur le fait que ce mouvement est un phénomène global, sans frontières, né dans des États nations. « C’est un nouveau mode de pensée qui doit aider à balayer les vieilles pratiques. » Ces femmes, dit-elle, revendiquent « une transformation de l’islam, une nouvelle façon de le penser ».

Si les féministes islamiques admettent que la situation des femmes musulmanes est différente selon les pays, tout comme l’interprétation du Coran peut elle aussi varier selon les pays d’origine, toutes ont en commun de revendiquer la compatibilité de l’islam avec l’égalité des sexes et le respect des droits de l’homme. À condition que l’on cesse d’imposer une lecture machiste du Coran.

« Il faut une nouvelle lecture des textes car ils n’ont pas été modernisés, explique Ndeye Andujar, espagnole convertie à l’islam. La solution est une lecture analytique du Coran qui montre que l’islam n’est pas une société patriarcale qui doit soumettre la femme à l’autorité de l’homme. C’est pourquoi nous dénonçons la lecture patriarcale qui en est faite et la manipulation d’un texte » qui, selon elle, porte en lui les fondements de l’égalité homme-femme.
"Tuer au nom de l’honneur n’a rien d’islamique"

« Il faut rendre l’islam à l’islam », ajoute Margot Badran. C’est ce que tente de faire Shaheen Sardar Ali, juriste pakistanaise, seule femme musulmane professeur de droit islamique en Grande-Bretagne. Après un long travail de recherche en tant que juriste, elle a dénoncé les lois Houdid, toujours en vigueur au Pakistan. Celles-ci exigent qu’une femme victime d’un viol produise les témoignages de quatre hommes qui corroborent les faits, donc doivent avoir été témoins. À l’opposé, une femme peut être accusée d’adultère, et même être condamnée, pour avoir dénoncé un viol qu’elle ne peut pas prouver !

Ces lois n’ont, dit-elle, rien à voir avec l’islam, mais elles sont maintenues car présentées par les islamistes les plus fondamentalistes comme islamiques et, à ce titre, elles ne peuvent pas être changées. Dans ce cas, Shaheen Sardar Ali estime que l’islam est utilisé au Pakistan comme « un instrument de vengeance personnelle, une dynamique de pouvoir ». « De même, ajoute-t-elle, tuer au nom de l’honneur n’a rien d’islamique. »

Pour avoir contesté ces lois, alors qu’elle faisait partie du premier gouvernement du président Pervez Moucharraf, elle a été menacée, accusée d’apostat. « Si je n’avais pas mené mon argumentation dans le cadre de l’islam, je n’aurais jamais été capable de défendre mon point de vue, mon argumentation n’aurait pas été considérée comme légitime. » D’où la nécessité pour les femmes musulmanes de connaître le Coran. « Le comprendre nous place dans la position de pouvoir contre- attaquer », poursuit Shaheen Sardar Ali. Ce que les femmes iraniennes en Iran ont compris et qui leur a permis de contester des dispositions légales qu’elles jugent non conformes aux textes du Coran mais provenant d’une interprétation machiste et erronée de celui-ci.

Reste aux féministes islamiques à convaincre leurs coreligionnaires. Un combat de longue haleine quand dans de nombreux pays musulmans les femmes sont confrontées à des difficultés économiques et sociales qui relèguent au second plan la lutte des féministes islamiques.

Agnès ROTIVEL, à Barcelone

Source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2285710&rubId=4078

Dimanche 5 novembre 2006

La représentativité politique au féminin reste menacée

01.11.2006 | 14h52

Faute de textes, la représentativité politique au féminin reste menacée

Aux dernières nouvelles, le projet de loi électorale, qui a été déposé au Parlement, fait l'objet d'un débat depuis hier à la commission de l'Intérieur de la Chambre des représentants. Cette information a été diffusée lors d'une rencontre organisée par l'Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) mardi dernier, dans le cadre de son action pour la promotion de l'égalité entre les sexes et l'accès des femmes aux postes de décision politiques.


A ce propos, scandalisée par le fait que la question des femmes ne soit toujours pas comprise dans les priorités du gouvernement, et qu'il n'existe toujours pas de vision stratégique des politiques publiques en matière de promotion des droits des femmes, l'ADFM a commencé son offensive.
Elle lance, en partenariat avec la Commission européenne, un programme pour continuer à animer le débat et la réflexion sur l'importance de " la participation politique des femmes à la gestion des affaires publiques " et pour sensibiliser les décideurs afin d'institutionnaliser le pacte d'honneur fait avec les partis politiques.

C'est dans ce cadre que le professeur Mohamed Mouaquit a réalisé, avec l'aide financière de l'Union européenne, une étude pour analyser le processus de prise de décision en faveur de l'adoption de mesures pour l'accès des femmes aux postes électifs, en vue de dégager les points forts et les résistances et de formuler une stratégie d'action.

" L'objectif de cette étude est dû aux premières expériences de 2002, 2003… Nous avons voulu donc faire une évaluation du processus lui-même dans le cadre d'une étude pour pouvoir en tirer des conclusions et des leçons afin d'améliorer la représentativité politique des femmes dans les instances élues. Et justement, cette étude nous a montré que ce qui nous faisait défaut est comment y arriver.
Ce qui nous a amené à avoir un débat sur le projet de code électoral ", explique Rachida Tahiri.

En effet, l'étude a démontré que l'enjeu de la représentation politique des femmes n'est pas seulement une affaire de nombre de postes à attribuer mais surtout de changement profond dans les mentalités et dans la structure générale des rapports sociaux. La perspective du genre est le cadre intellectuel et
" philosophique " dans lequel se pose désormais la question des femmes.
Ainsi, le féminisme ne peut plus demeurer annexe à la perspective d'émancipation générale. La nécessité d'une action et de moyens spécifiques à la lutte contre les inégalités et les discriminations est donc aujourd'hui prioritaire.

Ces dernières sont favorisées par la domination masculine et l'avantagent par la même occasion, en particulier dans le domaine de la participation et de la représentation politique des femmes. L'étude a également rapporté que le Maroc partage, avec la grande majorité des systèmes politiques de la planète, le fait de sous-représenter les femmes dans les postes de décision, spécialement au niveau des instances élues.

Cette sous-représentation politique se ressent par l'absence d'une conscience de genre. Ce qui devrait constituer un enjeu spécifique à l'intérieur du champ politique. " La femme est l'espoir de réhabiliter le politique. Aujourd'hui, avec l'absence des femmes, il y a un divorce entre les besoins de la population et les instances politiques : ce sont les femmes qui gèrent le quotidien ", confirme Nouzha Skalli.

La conséquence en est une certaine improvisation et un certain flottement des positionnements quant aux options à défendre ou, à tout le moins, une insuffisance de temps nécessaire à la maturation du débat et à l'inflexion des positions du champ politique en faveur des choix et des attentes du mouvement féminin.

La preuve en est que c'est depuis le gouvernement Youssoufi que les débats sont ouverts et que la situation reste inchangée.
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Conclusion de l'étude sur « La représentation politique des femmes au Maroc»

. Défendre les acquis de la représentativité politique (RP) et de la liste nationale. S'agissant de la RP, le débat actuel autour du choix du mode de scrutin tend malheureusement à poser la question du mode de scrutin dans une perspective androcentriste qui ne prend en considération que le problème de la
"balkanisation " du champ politique et de l'efficacité de l'action gouvernementale.

. Ne pas se contenter du statu quo, ce qui implique trois conséquences : ne pas se contenter du quota de 30 femmes pour la liste nationale ; ne pas se suffire de faire reposer le quota féminin de la liste nationale seulement sur un " pacte d'honneur " ; ne pas se satisfaire que le quota ne concerne que la représentation politique des femmes dans la chambre basse seulement, cela signifie qu'il faut envisager un quota de représentation des femmes pour la Chambre des conseillers et pour les assemblées locales ;
. Envisager de nouvelles propositions : en particulier, introduire des mesures d'incitation/sanction financières pour garantir l'éligibilité des femmes, et non seulement leur " candidabilité " ; introduire dans la Constitution, à la faveur de sa révision prochaine, une disposition qui reconnaît au législateur le droit de recourir à des mesures de nature à favoriser la concrétisation de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Elles ont déclaré…


Rachida Tahiri, membre de l'ADFM

Aujourd'hui, au sein des associations il y a deux tendances. Les premiers estiment qu'il faut consolider l'acquis (la liste nationale) et l'élargir même si pour cela on se contente du pacte d'honneur. La deuxième tendance, par contre, celle que nous défendons à l'ADFM, est qu'il est hors de question que nous dépendions de la charité du pacte d'honneur.

On parle au Maroc d'Etat de droit, mais pour cela il faut inclure la question de la représentativité des femmes dans le cadre du débat sur les réformes institutionnelles et législatives. Nos pistes d'action sont donc d'inscrire la question de l'égalité au niveau de la Constitution qui fait l'objet d'un débat. Dans le préambule, le Maroc reconnaît les conventions internationales et n'a émis aucune réserve sur le CEDAW, les articles 4 et 7… donc de fait, le Maroc est partant sur les discriminations positives.

Le blocage auquel nous sommes confrontés est situé au niveau des partis politiques et du gouvernement. Les décideurs disent être d'accord sur le principe mais ils ne prennent pas le temps de réfléchir sur comment traduire cet idéal abstrait en dispositions concrètes qui puissent favoriser la représentation politique des femmes. Il faut donc réviser le mode de scrutin, le découpage, et tout l'arsenal législatif en intégrant l'approche genre. Aujourd'hui, nous comptons mobiliser la société civile et tous les acteurs pour faire pression sur les partis politiques.

Nouzha Skalli, parlementaire PPS

Il y a absolument quelque chose que les citoyens doivent connaître, à savoir le seuil de 7 % au niveau de la liste nationale. Ce quota est excluant pour les femmes, il est contre elles. C'est donc une discrimination. Pour être élue au niveau national, une femme doit mobiliser 500.000 voix alors qu'un homme n'a besoin que de 5.000 voix. En appliquant donc cela, toute la multitude des petits partis politiques, qui pourraient donner une valeur qualitative et une diversité dans la représentation des femmes au Parlement, sera éliminée.

Nous devons donc lutter pour que le mécanisme de la liste nationale soit institutionnalisé parce qu'aujourd'hui nous n'avons aucune garantie vu qu'il s'agit d'un pacte d'honneur.
La liste nationale est donc menacée.
Il faut également soulever la question du seuil de 7 % qui est antidémocratique, et revoir aussi le seuil de 3 % qui entrave les partis politiques n'ayant pas obtenu ce pourcentage. C'est encore une fois antidémocratique et anticonstitutionnel.

Le dernier point qu'il faut débattre est l'augmentation du quota au niveau de la liste nationale. Avec 30 femmes, nous étions à 10,8 %, ce qui nous plaçait en tête de liste des pays arabes. Malheureusement aujourd'hui, nous sommes en quatrième position, et derrière la Mauritanie qui vient d'appliquer un quota de 20 % pour les femmes. Donc, si le Maroc ne réagit pas, nous allons nous retrouver à la queue des pays arabes. Il y a aujourd'hui à travers le monde un combat qui est mené pour augmenter la représentativité politique des femmes.

Au Maroc, nous devons nous aussi faire entendre nos voix. Il faut continuer à interpeller jusqu'à ce que l'on obtienne gain de cause.


Propos recueillis par Dounia Z. Mseffer

Source : http://www.lematin.ma/Journal/Article.asp?id=natio&ida=66828

Vendredi 3 novembre 2006

Le djihad du féminisme islamique


RELIGION. Un nombre croissant de femmes musulmanes demande une réinterprétation des textes sacrés de l'islam et revendique l'égalité avec les hommes.


Patricia Briel
Vendredi 3 novembre 2006

Ce n'est pas l'islam qui opprime les femmes, c'est la lecture machiste qui en est faite. Tel est le credo du «féminisme islamique», un mouvement qui commence à se développer dans le monde arabo-musulman. Ses principales représentantes vont se rencontrer à Barcelone pendant trois jours, du 3 au 5 novembre, à l'occasion du 2e «Congrès international de féminisme islamique». 400 participantes provenant d'une vingtaine de pays prendront part à cet événement organisé par la Junta Islamica Catalana. Elles débattront de la charia et du code de la famille.

Très minoritaire, le féminisme musulman est cependant emblématique de ce courant critique qui émerge petit à petit au sein de l'islam. Il revendique l'égalité hommes-femmes et appelle à un «djihad du genre». «Nous demandons une relecture du Coran et de la Sunna, dit Ndeye Andujar, vice-présidente de la Junta Islamica et coorganisatrice du Congrès. Ces écrits ont souffert d'une interprétation patriarcale. Bien sûr, on ne peut pas nier qu'il y a dans le Coran des éléments patriarcaux. C'est pourquoi il faut faire la différence entre ce qui, dans ce texte, relève de la description de la société telle qu'elle se présentait au VIIe siècle, et ce qui est normatif, ce qui a une valeur éthique et universelle. Il est nécessaire de relire les textes dans le contexte historique qui les a vus apparaître.»

Le premier Congrès, qui a eu lieu en 2005, est né de la prise de conscience que de nombreux groupes de femmes musulmanes combattaient pour leurs droits dans des pays aussi divers que la Malaisie, le Nigeria ou le Pakistan, relève Abdennur Prado, président de la Junta Islamica Catalana, sur le site internet du Congrès (http://www.feminismeislamic...), dont il est le principal organisateur. «Tous ces mouvements avaient quelque chose en commun que nous avons appelé le féminisme islamique, et dans lequel on trouve des femmes qui réclament leurs droits dans le cadre de l'islam.»

«Il existe trois types de féminisme à l'intérieur du monde arabo-musulman, explique Ndeye Andujar. Un féminisme laïc, auquel se rattachent des femmes qui, bien que de tradition musulmane, pensent que l'islam est une religion patriarcale. Ce féminisme est mal vu des musulmans car il est perçu comme occidental. On distingue également un féminisme arabe, qui est de culture musulmane, mais qui voit aussi dans l'islam une religion patriarcale. Quant au féminisme islamique, il est basé sur la foi et milite pour l'égalité des genres dans le cadre de la religion. C'est une réforme qui vient de l'intérieur de l'islam, et les religieux ne peuvent pas la balayer sous prétexte qu'elle est occidentale. Il est plus difficile de détruire des arguments qui viennent de l'intérieur.»

Outre l'égalité des droits, le féminisme islamique demande également l'abolition de toutes les discriminations et violences à l'encontre des femmes. Certaines de ces violences sont justifiées par la charia, thème de ce 2e Congrès. «Il faut rappeler que la charia n'est pas une loi divine, dit Ndeye Andujar, et dénoncer des interprétations juridiques qui datent du Xe siècle.» La vice-présidente de la Junta Islamica en est convaincue: le Coran propose un message d'égalité et de liberté.

Une des principales représentantes du féminisme islamique est Amina Wadud, une musulmane afro-américaine qui vit aux Etats-Unis. Professeure d'islamologie à la Virginia Commonwealth University, Amina Wadud s'est auto-instituée imam et a dirigé une prière mixte à New York le 18 mars 2005. En effet, rien dans l'islam n'interdit aux femmes d'exercer l'imamat. Pourtant, l'initiative de cette femme a choqué, et les réactions dans le monde musulman ont été violentes. Amina Wadud se dit cependant «croyante avant d'être féministe», et estime que le Coran ne fait pas de différence ontologique entre l'homme et la femme. Le fameux verset qui affirme la supériorité de l'homme sur la femme ferait ainsi partie des aspects descriptifs du Coran, et n'aurait pas valeur de norme.

En Europe, le mouvement est pris au sérieux. L'Unesco lui a consacré un colloque les 18 et 19 septembre derniers. Dans une note préliminaire à ce colloque, Valentine Moghadam, sociologue et chef de la section «Egalité des genres et développement» à l'Unesco, expliquait ceci: «En plus de son entreprise théologique, le féminisme musulman doit être perçu, du point de vue sociologique, comme une réponse ou une réaction de la part de femmes, soit qui ont été déçues par les promesses des mouvements islamiques, soit qui ont refusé le projet fondamentaliste dès ses débuts et cherché à récupérer leur religion de ce qu'elles considéraient comme un mouvement politique douteux ou dangereux.»

Source :  http://www.letemps.ch/template/societe.asp?page=8&article=192993

Aujourd'hui, l'éducation est la priorité du mouvement. «Les femmes doivent accéder à l'interprétation des textes sacrés, poursuit Ndeye Andujar. Il est important qu'elles puissent proposer leur lecture.» Mais le combat sera difficile, car «la plupart des leaders religieux ne veulent pas leur donner ce droit, dit-elle. Ils ont peur de voir leurs prérogatives remises en cause.»

Dimanche 29 octobre 2006

La femme dans la société maghrébine


Le thème de la femme dans les pays en voie de développement continue à faire couler beaucoup d’encre dans les universités américaines où la division d’hier entre chercheurs confirmant l’exploitation de la femme et leurs collègues prouvant l’éveil de la conscience féministe se mue aujourd’hui en une analyse plus nuancée qui met en évidence la complexité et les contradictions du vécu féminin. En tant que chercheurs examinant la situation de la femme au Maghreb, que nous soyons «insider» ou «outsider», maghrébins ou étrangers, nous sommes tous conscients des enjeux politiques du champ de recherche. En soulevant la question du rôle de la femme dans la sociéte maghrebine, nous entrons dans le débat sur la tradition et la modernité, un débat qui porte sur l’éducation, la religion, le développement économique et social.


Aux Etats-Unis, étant donné la décentralisation de l’enseignement supérieur et le grand nombre d’universités, les spécialistes du Maghreb se trouvent partout, dans les grandes universités qui offrent des programmes de doctorat (Ph.D) comme dans les «collèges», ces universités plus petites où les étudiants préparent la licence. Pour les chercheurs travaillant sur le Maghreb, trois associations facilitent énormément les contacts et la diffusion des informations : Middle East Studies Association (MESA), American Institute for Maghreb Studies (AIMS), Association for Middle East Women’s Studies (AMEWS). MESA regroupe les chercheurs du Maghreb et du Moyen Orient, AIMS se consacre uniquement au Maghreb et AMEWS à la recherche sur les femmes du Moyen Orient et du Maghreb. Ces trois associations tiennent des colloques, publient des revues et des bulletins et encouragent des échanges d’idées interdisciplinaires et transnationales.


AIMS nous propose un ouvrage collectif en français, Femmes Cultures et Société (1996), rassemblant des contributions de chercheurs maghrébins et américains issues d’un colloque sur le thème : «Femme, Etat et Développement». Ecrit par des chercheurs appartenant à des disciplines différentes – histoire, anthropologie, économie, science politique – cet ouvrage présente différents points de vue et ouvre plusieurs débats, qui se réfèrent dans la plupart des cas à des recherches menées sur le terrain. Comme le soulignent les éditeurs, Rahma Bourqia, Mounira Charrad, et Nancy Gallagher, les analyses qui portent sur les différents aspects des rapports entre les sexes, utilisent le terme de genre ou «gender» (un terme en anglais dont l’équivalent semble manquer en français) pour insister sur une identité sexuelle définie en tant que construction sociale et culturelle plutôt que comme fait biologique. Le premier volume, Culture, femme et famille présente surtout des articles anthropologiques. Par exemple, Elaine Combs-Schilling (Université de Columbia), analyse le rite du mariage au Maroc en tant que processus par lequel la monarchie s’inscrit dans la vie de chaque Marocain. Selon le rite, le marié qui exerce son pouvoir dans la sphère publique devient symboliquement le roi au cours de la cérémonie, un rôle qu’il gardera jusqu’à ce qu’il prouve sa virilité, jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel. Ainsi par le biais de la cérémonie s’établit un modèle personnel d’autorité lié au système de domination politique de l’Etat.


Le deuxième volume Femmes, pouvoir politique et développement examine le statut de la femme dans les discours historique, juridique, et politique. Dans ce volume, Mounira Charrad (Université de Pittsburgh) et Ann Elisabeth Mayer (Université de Pennsylvanie) font des analyses comparatives de la politique du droit de la famille et du statut personnel dans les trois pays du Maghreb. M. Charrad met en relief l’importance de l’Etat dans l’évolution des droits de la femme en montrant les divergences juridiques des trois pays malgré leur racine commune, le rite malékite, qui donne aux hommes le pouvoir légal de contrôler la famille. A. E. Mayer, en revanche, insiste sur les aspects communs des lois maghrébines. Partant du principe que les trois pays partagent un héritage français aussi bien que malékite, elle étudie les conséquences de leur choix du modèle français modifié, un choix qui permet à l’Etat le maximum de contrôle juridique tout en se référant à la jurisprudence islamique. Reliant les lois patriarcales maghrébines à une double tradition, l’une musulmane, l’autre méditerranéenne, elle nous rappelle que le Code Napoléon imposa en 1804 une structure patriarcale à la France qui renforça le principe du chef de famille. Ainsi, les lois maghrébines récentes (voir le code de la famille algérienne de 1984) et le droit occidental avant la modernisation se rejoignent, en permettant au mari d’interdire à sa femme de travailler en dehors de la maison.


Il est clair que la Tunisie est reconnue comme l’Etat maghrébin le plus progressiste dans le domaine des droits de la femme. Le progressisme de la mentalité tunisienne est soutenu par les femmes participant à la vie publique. Dans son article consacré à la Tunisie, Susan Waltz (Université de Floride) examine le concept de «sens de l’efficacité» qui donne à l’individu l’idée qu’il est capable d’agir et que le groupe social répondra. S. Waltz a mené des entrevues avec une douzaine de femmes élues dans des municipalités tunisiennes. Son enquête révèle que le «sens de l’efficacité» exige d’elles un apprentissage particulier pour fonctionner dans un monde dominé par les hommes. S. Waltz trouve que cette voie est souvent ouverte aux filles par des hommes et elle conclut que les associations de femmes doivent réfléchir sur les structures dominantes afin de créer des opportunités pour les femmes. Cette réflexion sur la formation politique des femmes et leur insertion dans l’espace politique est récurrente aux Etats-Unis où les enseignants font beaucoup d’efforts dans les discussions pédagogiques pour encourager les filles à envisager leur entrée future dans l’arène politique.


La réflexion sur l’insertion de la femme dans la politique sert de transition à une étude récente de Elizabeth Warnock Fernea, In search of Islamic Feminism : One woman’s global journey. Dans ce texte, publié en 1998, E. W. Fernea examine le rapport de la femme musulmane à l’idéologie féministe. Menant son enquête dans plusieurs pays musulmans y compris le Maroc, elle cherche à savoir ce que signifie le féminisme pour la femme musulmane et si le féminisme est une idéologie universelle qui dépasse les barrières de classe, de religion, de culture.


Le voyage au Maroc est un retour aux sources pour une ethnologue américaine dont les recherches sur la femme musulmane remontent à plus de quarante ans. Ce qui débute comme une interrogation de «l’autre» devient un échange d’idées où l’interrogation porte sur deux cultures questionnant le rôle de la femme. Dans ce texte, E. W. Fernea constate que les femmes interviewées refusent l’étiquette féministe, persuadées que ce terme importé de l’Occident ne correspond pas à leur propre réalité. Leur interlocutrice américaine, qui plus est, n’arrive pas à leur faire comprendre tout à fait le sens du terme genre ou «gender», c’est-à-dire, le principe d’une construction sociale de l’identité sexuelle remplaçant une étiquette purement biologique. Poursuivant son enquête, l’ethnologue se rend compte de l’énorme barrière de classe présente dans la société marocaine actuelle et conclut que le facteur déterminant de la promotion sociale et économique au Maroc est celui de classe plutôt que celui de genre. Et, lorsque E. W. Fernea retrouve son ancienne bonne Aïcha ruinée par un fils paresseux, elle quitte le terrain théorique pour s’ancrer à nouveau dans la réalité, afin d’être le témoin éloquent du petit peuple dont le sort change trop lentement ou pas du tout. Insistant sur les petits détails de la vie quotidienne, E. W. Fernea recrée ce quotidien pour ses lecteurs, de manière à ce qu’ils la rejoignent dans la redécouverte du pays et dans ses rencontres avec toutes ces femmes courageuses et dynamiques dont les talents contribuent à l’évolution de leur société.


En revanche, en Algérie la femme vit une expérience bien différente de celle de ses sœurs marocaines et tunisiennes. Prise dans un conflit qui oppose le gouvernement aux intégristes, elle est confrontée au danger quotidien d’une guerre non-déclarée bloquant toute évolution sociale. La violence de cette lutte fratricide est au cœur de toute réflexion sur l’Algérie aujourd’hui, elle empêche également des recherches. Dans les universités américaines, les étudiants au niveau du Ph.D travaillant sur l’Algérie sont peu nombreux, car le pays reste inaccessible à ceux dont les recherches nécessitent d’y faire un séjour prolongé.


Dans un article consacré à la femme algérienne, «Hassiba Ben Bouali, if you could see our Algeria», Susan Slyomovics (Université de Brown) examine les contraintes spatiales imposées aux Algériennes en se référant à la moudjahida Hassiba Ben Bouali. S’engageant dans la révolution, cette martyre de la bataille d’Alger a assumé un rôle nouveau, en évoluant dans un espace autre que l’espace familial. Dans le film de Gillo Pontecorvo, La Bataille d’Alger (1967), la caméra suit Hassiba, habillée à l’européenne, quittant la maison pour la rue, traversant la Casbah des indigènes et pénétrant dans la ville nouvelle européenne pour poser une bombe. S. Slyomovics nous rappelle que ses sœurs voilées, arabophones et analphabètes, soutenaient la révolution et participaient à la lutte.


En Algérie post-coloniale, le gouvernement encourage la présence des femmes dans les espaces publics, mais la mixité est réduite par la résurgence islamique, une situation politique qui pousse de plus en plus de femmes à porter le hijab. Dehors le voile apparaît comme un symbole d’intériorité permettant l’entrée dans l’espace masculin sans remettre en cause la distinction entre le monde privé et public ; la femme qui le porte pense pouvoir échapper au regard masculin oppressif. Mais voilée ou non, la femme algérienne est prisonnière de la violence qui secoue son pays et victime d’une lutte fratricide que Hassiba Ben Bouali n’aurait jamais imaginée. Les regards portés sur l’Algérie aujourd’hui des Etats-Unis sont engagés, les amis de l’Algérie s’interrogeant sur les moyens d’aider cette population en crise.


En conclusion, ce bref survol met en relief les études des rapports de genre et les analyses du statut de la femme dans le discours politique et juridique et démontre la participation active de la femme maghrébine, une participation déjà acquise en Tunisie, en évolution au Maroc, et en crise en Algérie.




28-10-2006
Mildred Mortimer

Source : http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=43941&idc=10

Samedi 21 octobre 2006

«Histoire croisée des luttes des femmes maghrébines pour les droits»


Un cycle de cinq conférences traitant de la problématique de la lutte des femmes des trois pays du Maghreb à l’initiative d’un groupe d’associations. Une démarche qui poursuit un double objectif : «faire croiser les expériences et évaluer l’impact sur les sociétés». Et d’autre part, interroger «la mémoire de l’histoire de la lutte des femmes maghrébines afin «de réfléchir le présent…, d’enrichir le débat et rendre visibles les luttes souvent méconnues et parfois dénigrées». La première conférence avait pour objectif de situer ces mouvements dans le contexte politique, social, économique et culturel dans lequel ils ont évolué dans le but «d’en recenser les expressions les plus significatives, les formes organisationnelles et les axes prioritaires».
Dans son intervention, F. Lalami a repéré trois grandes périodes du mouvement des femmes en Algérie.


1970-1991.

La détermination de codifier les relations hommes/femmes au sein de l’institution familiale sur des bases essentiellement inégalitaires remonte aux lendemains de l’indépendance.
En 1973, un groupe de femmes manifeste dans les rues d’Alger. Elles protestent contre le projet de loi relatif au statut du code du statut personnel. Action vaine puisqu’en 1984, l’assemblée nationale promulgue le Code de la famille, document social et juridique qui institutionnalise la domination masculine maintenant les femmes dans un statut de minorité opprimée.
En l’absence de liberté d’association et d’expression, des femmes s’opposant au code de la famille se structurent dans des collectifs qui oeuvrent dans la clandestinité. Elles dénonçent l’inégalite des rapports entre les sexes mettant ainsi en exergue la «violation» du principe d’égalité affirmée dans la Constitution algérienne. Octobre 1988 inaugure une ère d’ouverture démocratique puisque cette période se caractérise essentiellement par l’instauration du multipartisme et la liberté d’association. Les organisations clandestines se constituent en associations. Elles dénoncent le contenu du Code de la famille et revendiquent un statut plus équitable pour les femmes. Deux tendances émergent. D'une part, les partisanes de l’amendement du texte de loi, c’est-à-dire la suppression des articles jugés les plus discriminatoires (divorce unilatéral, polygamie, le logement en cas de divorce…). Et d'autre part, celles qui revendiquent l’abrogation du Code de la famille et la promulgation de lois civiles et égalitaires.
Au delà de ce clivage, ces associations partagent des revendications communes, en l'occurrence la dénonciation des violences faites aux femmes et la défense de la mixité en réaction à l’imposition de l’ordre moral par des partis politiques à prétention théocratique (FIS, HAMAS). Dans les années 1991, le mouvement des femmes s’affirme comme un interlocuteur et un acteur politique sur la scène publique .

1991-2000. Situation de crise politique

 
Le vent des revendications cesse de souffler sur le pays. La violence règne suprême. Menaces. Attentats. Assassinats. Les femmes n’y échappent pas. Elles sont prises pour cibles: menacées, utilisées comme «butin de geurre» et parfois même assassinées. C’est pendant cette période que des femmes migrent. En France, elles s’associent à des militantes françaises et créent des associations en guise de solidarité avec les femmes vivant en Algérie. Elles jouent le rôle de porte voix des luttes des femmes en Algérie et dénoncent les violences qui leur sont faites.


2000-2006.

Baisse de la violence. Augmentation du nombre d’associations qui se forment à partir des besoins socio-économiques des femmes s’investissant ainsi dans des problématiques sociales. Elles aident et soutiennent les femmes des classes populaires les plus défavorisées. Par ailleurs, la question des violences faites aux femmes et celle de la violence domestique est posée sur la scène publique. Dans la conjoncture actuelle, il semble difficile pour les femmes de constituer un mouvement et de l’affirmer comme acteur et interlocuteur politiques.
Dans son exposé sur le mouvement des femmes en Tunisie, L. Nejri identifie trois périodes.


1980-1983.

Durant cette période, un groupe d’enseignantes et d’étudiantes créent le Club Tahar Haddad. Cette initiative est critiquée par les partis politiques qui accusent ces femmes de vouloir dissoudre les familles et diviser la classe ouvrière sur des revendications sexistes. Ce groupe étend son action : création d’une commission femmes à l’Union générale des travailleurs tunisiens (l’UGTT), d’un espace femmes à l’université, dans les partis politiques, d’une rubrique «femmes» à l’hebdomadaire


Le Maghreb.

Le fonctionnement du club est collectif et auto-gestionnaire. En 1980, la journée internationale des femmes est célébrée pour la première fois en Tunisie. Les discours des militantes font apparaître une volonté de rupture avec le paternalisme bourguibien. Et d’autre part, avec le discours de la gauche qui préconise la libération des femmes comme conséquence de la libération sociale. Pour agir sur les mentalités, contribuer à la transformation des représentations sociales relatives au statut, rôle et place des femmes dans la société et proposer d’autres modèles plus valorisants, les membres du club prennent la parole en public. 1982, voit la création du groupe des femmes démocrates. En 1983, lors d’un colloque sur la sexualité et la contraception, les femmes posent de manière ouverte la problématique du corps comme lieu où s’exerçent l’oppresssion patriarcale.


1983-1985.

Les femmes affichent une volonté de structurer leur mouvement. Elles s‘impliquent davantage dans des actions et prennent position par rapport à des sujets d’ordre politique et autres : les émeutes du pain (1984), la peine de mort, la question des femmes et des pouvoirs, la montée de l’islamisme …Puis des divergences se font jour au point de précipiter le groupe dans une situation de crise. Pour un groupe de femmes, c’est le refus de débattre des questions de fond qui entrave la réflexion. Pour d’autres, l’engagement dans l’action est la condition sine qua non de la réussite de l’action des femmes. Ces divergences font néanmoins apparaître l’idée de la nécessité d’avoir un cadre organisationnel légal afin de définir des stratégies de lutte. L’émergence de l’islamisme et la remise en cause des acquis des femmes incitent ces dernières à s’unir pour lutter ensemble. En 1985, elles créent le journal Nissa.
Mais des conflits relatifs à la gestion du journal et aux sujets traités font surface.

 
1985-1987.

Les divergences s’accentuent. Des femmes créent l’association «des femmes démocrates».
Les faits les plus signifiants de ces divergences sont en l’occurrence, la nature du mode de gestion des conflits à l’intérieur du club, le refus de débattre de la question du féminisme, la tendance à vouloir contrôler et canaliser le débat et les divergences entre celles qui voulaient faire des compromis et s’intégrer à la société civile et celles qui affichaient la détermination d’assumer le décalage pour défendre leurs idées et des revendications. D’autre part, elles semblent être dues à la pesanteur sociale, historique, culturelle de la société tiunisienne fortement patriarcale où la religion, la gouvernance politique et les modes relationnels sont fortement hiérarchisés.
D’une manière générale, le club Tahar Haddad proposait un modèle de société qui mettait au centre la question des femmes et interrogeaient les rapports régissant les relations entre les sexes. Cette approche échappait au contrôle des hommes et remettait en cause leur pouvoir.
Dans son intervention sur le mouvement des femmes au Maroc, L. Hamili, distingue trois périodes.
La période du protectorat. Dans les représentations coloniales, les femmes sont un enjeu dynamisant car «la féminité est le véritable levier des dirigeants de la société musulmane». Pour les réformateurs et les instances royales, les femmes sont une fortere