Excellent article, merci Misfit ;))
Je crois cependant que cet article oublie quelques points non négligeables :
-> l'UMP a coupé les subventions aux associations. Les associations féministes souffrent particulièrement de cette mesure qui les empêche de mener des actions efficaces, de faire des campagnes de sensibilisation médiatique, d'organiser des manifs, etc ... ce qui, a pour conséquence directe de nuire à la visibilité du mouvement et donc rendent ses appels plus lointains.
-> Cet article classe, à tort , Elisabeth Badinter parmi les féministes. Or elle n'a jamais été féministe.
Voici une lettre ouverte féministe adressée à Elisabeth Badinter à propos de son livre "Fausse Route" :
"Texte de la Fédération Nationale Solidarité Femmes en réponse au livre d'E. Badinter : "Fausse route" (juillet 2003)
LETTRE OUVERTE A ELISABETH BADINTER,
Vous publiez un ouvrage largement présenté dans les médias, contrairement à la plus grande partie de la littérature féministe, qui nous a particulièrement surprises par ses approximations avec la réalité, sa présentation caricaturale de ce que seraient devenues les féministes aujourd'hui !
Quelles sont vos sources ? A quels ouvrages ou pratiques précises faites-vous référence ? Réduire le féminisme actuel à un courant « victimiste » relève au mieux d'un manque d'information sur ce qui se passe dans le mouvement des femmes aujourd'hui. Citons par exemple le 3eme Colloque international féministe francophone qui a rassemblé plus de 800 personnes à Toulouse en septembre 2002 pour ne citer qu'un des moments révélateurs de la vivacité, de la diversité et de la pertinence des recherches et des pratiques féministes où justement les conceptions universalistes et naturalistes continuent à « s'affronter » et à alimenter des débats qui existent depuis le début du mouvement de libération des femmes et qui ne sont pas près de s'arrêter !
Vouloir enfermer la pensée féministe dans une ligne unilatérale est une véritable mascarade intellectuelle ! Le féminisme étant par essence pluriel, au grand dam de certains médias qui annoncent régulièrement sa mort prochaine ! Y compris chez les universalistes dont vous vous réclamez, la réflexion est riche d'apports contradictoires.
Oui, depuis 30 ans le mouvement social féministe est un laboratoire d'idées, d'expériences où se confrontent des théoriciennes, des chercheuses, des salariées de tous les secteurs professionnels (éducation, santé, exclusion, justice...) des citoyennes qui tentent de répondre à la question « qu'est-ce que la libération des femmes change dans notre vie de tous les jours, dans notre rapport aux hommes, aux autres femmes, aux enfants ? » Eh bien, cela change beaucoup de choses !
Aujourd'hui de plus en plus d'hommes reconnaissent ce combat et s'impliquent personnellement dans ces changements sociaux tant dans leur vie publique que dans leur vie privée.
Au cœur de ces changements, le combat contre les violences, le droit pour chaque femme, à la maison comme dans l'espace public, à son intégrité morale et physique.
Reconnaître que des hommes de n'importe quel milieu culturel peuvent aujourd'hui en France abuser (physiquement, moralement, sexuellement... ) de leur compagne ce n'est pas dire que « tous les hommes sont des salauds », c'est simplement constater que malgré les énormes progrès de la condition des femmes dans les pays occidentaux, malgré l'égalité des droits, il reste un « noyau dur » de l'oppression autour du corps et de la sexualité des femmes.
Affirmer cette évidence (les chiffres parlent d'eux-mêmes ! ! !), ce n'est pas comme vous l'affirmez, Mme Badinter, faire du séparatisme entre les hommes et les femmes, c'est mettre à plat tous les éléments d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes ! À moins que l'on considère qu'il y a un « intime » à préserver entre les hommes et les femmes qui serait en dehors du politique, en dehors des rapports sociaux ? Une nature intrinsèquement féminine ou masculine ?
Vous dites dans votre ouvrage avoir compris des choses sur les violences conjugales en écoutant des hommes battus sur TF1 !
Elisabeth Badinter, prenez la peine de lire les nombreux ouvrages qui analysent de façon sérieuse la question des violences conjugales, qui touchent à 99 % des femmes. Prenez la peine de rencontrer les associations féministes sur le terrain qui permettent aux victimes de reprendre la parole, leur autonomie.
Prenez la peine de rencontrer les femmes victimes des violences exercées par leur conjoint, venez écouter leur long parcours : un combat de tous les jours pour retrouver dignité et sérénité. Certaines paient cette lutte de leur vie, le savez-vous ?
Exagération ? Comment pouvez-vous mettre en doute les chiffres de l'enquête ENVEFF alors qu'elle a été contrôlée par le Conseil national de l'information et reconnue officiellement, pour son sérieux et sa fiabilité scientifique, comme « grande enquête d'intérêt général » ?
Alors venez vous rendre compte par vous-même, venez à notre Fédération qui gère le numéro national « Femmes infos services », écouter les milliers de femmes qui sollicitent notre solidarité, allez dans les commissariats, suivez les équipes de gendarmerie ou de police- secours, interrogez les médecins qui interviennent dans les services d'urgence !
Après avoir été un sujet tabou pendant 20 ans, la question des violences faites aux femmes va-t-elle tomber dans la trappe du déni largement orchestré par certains médias ? - déni des chiffres et des recherches scientifiques sur le sujet, - déni de la réalité du système prostitutionnel qui est une atteinte à la dignité humaine, - déni du véritable combat des victimes ?
FEDERATION NATIONALE SOLIDARITE FEMMES
32-34 rue des Envierges
75020 PARIS"
http://eleuthera.free.fr/html/4.htm
La position de Sisyphe sur ce livre d'Elizabeth Badinter :
" Le rapport social, individuel et amoureux, entre les hommes et les femmes d’aujourd’hui, paraît, pour les jeunes, une question depassée. Nous sommes, " les historiques ", appellation connotée péjorativement.
Est-ce à dire les hystériques, celles qui s’offusquent des blagues sexistes, qui font remarquer le vocabulaire dégradant pour les femmes, celles qui refusent les images qui servent à la marchandisation du corps des femmes à travers la consommation de n’importe quel produit ?
N’est-ce pas plutôt celles qui s’opposent au machisme et au sexisme ordinaire, celles qui remettent en cause l’ordre établi depuis des millénaires où la répartition des rôles est toujours la même dans une hyper-valorisation du pouvoir patriarcal.
Nous sommes de celles et ceux pour qui la lutte contre les dominations dans le monde passe par la lutte contre la domination institutionnalisée, intimement intégrée dans chacun et chacune d’entre nous ; la domination des hommes sur les femmes.
Notre pensée, les concepts qui permettent de nommer et d’analyser les phénomènes sociaux et politiques, ont été construits par un masculin dominant d’où le féminin a été exclu pendant des siècles. Il a été exclu de notre imaginaire, de l’Histoire, des arts, de la philosophie ? Ce qui a été écrit, édité, enseigné, était le reflet de cette domination, tellement "naturelle " qu’il a fallu " l’hystérie collective des historiques " et de toutes les autres qui ont suivi pour que les partis politiques, y compris la gauche et l’extrême-gauche, se réveillent.
Le système de valeurs dominant du virilisme
Tout le monde en parle mais la remise en cause d’un système de valeurs où prédomine le virilisme menace le système social mais aussi les individu-e-s construit-e-s pour occuper les places que la société leur assigne.
Attention, sauvons les garcons ! titre le monde de l’éducation en janvier dernier. La réussite scolaire des filles menacerait les garcons ? Mais il n’y a rien à craindre, le patronat veille au grain et même si les filles réussissent mieux dans les études, dans les entreprises, les plus bas salaires, les emplois les plus précaires, le chômage, ce sont majoritairement les femmes qui les subissent.
Un exemple : en 2001 les femmes retraitées ont touché 42% de moins que les hommes, elles vont continuer à payer le prix fort dans les nouvelles réglementations prévues par M. Fillon et le Gouvernement RAFFARIN dirigé par le MEDEF. La durée professionnelle des femmes est interrompue par les grossesses, par les congés parentaux, les maladies des enfants. Leur carrière est freinée et se sont souvent elles qui prennent moins de responsabilites afin de laisser libre champ à la réussite sociale des maris. Elles seront donc en difficulté d’atteindre les durées de cotisations sociales imposées.
Les politiques familiales mises en place sont faites pour maintenir les femmes à la maison et les exclure du champ de l’entreprise, c’est-à-dire de l’emploi et de l’autonomie economique qu’un salaire pourrait leur permettre.
Constater n’est pas "victimiser"
Ces inégalités reflètent la situation sociale et professionnelle que vivent les femmes. Rappeler ces faits ce n’est pas nous placer en victimes. Ce n’est pas non plus de la victimisation lorsque nous contestons comment le corps des femmes est traité comme une marchandise par la publicité, la prostitution, le commerce du sexe, le trafic d’organes, le développement abusif des maternités médicalement assistées, etc.
Ce n’est pas de la victimisation lorsque nous constatons que tous les cinq jours, en France, une femme meurt sous les coups de son compagnon. 400,000 femmes frappées chaque année, c’est une tragique réalité ! Il existe aussi des femmes violentes mais 90% des agresseurs sont des hommes. Ce ne sont pas des cas isolés car toutes les catégories sociales sont concernées, tous les courants politiques également.
Regarder ces choses en face, en parler, publier les chiffres, ce n’est pas se poser en victimes, c’est au contraire commencer à se construire.
Le courant réactionnaire qui se situe aussi à la gauche de certaines tendances de la bourgeoisie rose caviar s’est mis en route pour anéantir les luttes que les féministes ont menées, les avancées que nous avons gagnées. La presse donne de la crédibilité à leur prise de position car le pouvoir d’édition lui appartient.
Non, le féminisme n’est pas une fausse route. C’est une route traversée de chemins, dont certains sont sinueux et parfois certains groupes s’y perdent. C’est un chemin en construction constante.
Mais le féminisme n’est pas non plus une lutte secondaire. On ne peut pas revendiquer des changements radicaux dans notre société, on ne pas exprimer une extrême révolte face aux injustices et continuer à perpétuer la répartition des rôles, les comportements stéréotypes, la dévalorisation de ce qui est feminin et la survalorisation des comportements machistes, sexistes et patriarcaux.
La violence faite aux femmes
La mort de l’actrice Marie Trintignan est insupportable comme l’assassinat de toutes les femmes anonymes battues à mort par leur compagnon. L’horreur et l’injustice des vies brisées par la domination viriliste, brutale et violente, est ici augmentée par l’identité, d’une part, de la victime et, d’autre part, de son agresseur.
Marie Trintignan était convaincue de la nécessite de lutter pour l’égalité entre les hommes et les femmes, elle n’hésitait pas à prendre des positions féministes, elle était consciente de la violence sociale et physique que subissent beaucoup de femmes. Cette conscience ne l’a pas épargnée, l’homme qui l’a tuée, comme cela arrive dans beaucoup de cas, s’est révélé extrêmement violent. La majorité des femmes tuées par leur compagnon, leur amant ou leur mari, le sont au moment où elles décident de les quitter. Comme si l’orgueil machiste dans une blessure narcissique extrême ne pouvait accepter de perdre "l’objet" aimé (ou convoité).
Le monde généreux, dans le partage et la justice sociale que chantait Bertrand CANTAT, du groupe Noir Désir, n’incluait pas les femmes. Il n’a pas compris que l’on ne peut pas faire des déclarations contraires à sa propre pratique. Il n’a pas compris que les hommes sont éduqués pour dominer, par la force, par l’argent, par le sexe. Pour sortir de ce conditionnement, un travail colossal, individuel et collectif, est incontournable. Profondément enraciné, il faut d’abord extirper de soi ce conditionnement pour arriver à reconstruire un comportement juste.
Non, nos luttes ne sont pas secondaires, non, les comportements violents des hommes par ailleurs révoltés par l’injustice sociale ne sont pas simplement une contradiction. Ceux qui soutiennent le chanteur ou qui n’osent le remettre en cause, car il a incarné l’expression de leur propre revolte, trouvent l’excuse du crime passionnel et n’analysent pas un système social qui permet aux hommes de s’approprier les femmes jusqu’à la mort.
Nous disions dans les années 80 : " Le privé est politique ", et cette phrase, toujours d’actualité, prend encore plus de valeur aujourd’hui. C’est une duperie que d’avoir des comportements machistes, dominateurs ou violents dans la sphère privée et, dans le domaine de la vie sociale, avoir un discours progressiste, voire révolutionnaire.
Si la place de plus de 50% de l’humanité est une question que l’on pourra traiter plus tard, quand "le principal" sera réglé, c’est que la démocratie, celle qui construit une place égale entre les hommes et les femmes, n’est pas une priorité.
Si les hommes ont peur des nos revendications, s’ils se sentent agressés par nos réussites, si la mise en cause de leurs rôles et comportements dominateurs les affaiblit, alors la justice ne peut pas exister, l’égalité non plus.
Alors, un autre monde n’est pas possible.
Mis en ligne sur Sisyphe, le 12 octobre 2003"
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=686
Badinter s'inspire donc des revendications masculinistes pour fustiger le féminisme.
Mais alors qui sont les masculinistes ? Quels sont leurs objectifs ?
"LES OBJECTIFS POLITIQUES DES MASCULINISTES
Que l’on consulte les sites des mouvements de défense de la « condition masculine », les publications féministes d’analyse du masculinisme ou que l’on tape tout simplement « masculism » sur un moteur de recherche, les mêmes thématiques idéologiques clés apparaissent avec une belle constance:
tout d’abord, le masculinisme part d’un postulat : l’égalité des sexes est atteinte pour les femmes. Il s’agit donc désormais de contrer les discriminations vécues par les hommes en tant qu’hommes. Des discriminations que le masculinisme identifie comme les fruits d’un prétendu « excès » du féminisme (mais quand on demande aux masculinistes de dresser une liste concrète de ces « excès », impossible d’en avoir le détail).
ensuite, le paradoxe n’étant pas un souci, l’égalité des sexes n’existe pas : les deux sexes sont complémentaires, les différences hormonales et physiques se répercutant inéluctablement sur les performances intellectuelles et sociales.
le féminisme, en niant le caractère intrinsèque de ces différences, met en danger la société. Le mouvement d’émancipation des femmes est ainsi rendu responsable de diverses « plaies » telles que : le haut taux de divorce, la désintégration des familles, la démission des pères, les grossesses adolescentes, le suicide des hommes, la violence, la société de consommation, la dépendance aux drogues, l’échec scolaire, les prisons surpeuplées, les accidents de la route et l’homosexualité (le masculinisme est violemment homophobe.)
les femmes seraient aussi victimes du féminisme, qui les… « victimiserait » (un discours repris d’ailleurs par certaines femmes, telles que Elisabeth Badinter dans « Fausse route » ou la juriste Marcella Iacub) et les éloignerait des sentiers de la séduction entre hommes et femmes pour réduire les rapports entre les deux sexes à une lutte permanente. (Peu importe que cette lutte soit, d’une part, légitime au vu des inégalités persistantes, et au surplus pacifiste, contrairement aux violences organisées par les mouvements masculinistes, telles que : harcèlement des juges aux affaires familiales, lettres piégées, intimidation organisée contre les mères divorcées en procédure judiciaire…).
L’impact du féminisme est d’autant plus fort et ravageur que ses idéologues auraient infiltré l’Etat et gouverneraient désormais le monde occidental (le « complot féministe »). Grâce à ce succès politique, le féminisme (appelé aussi « fémi-nazisme ») édicterait aujourd’hui des lois violemment anti-hommes, visant à renverser le Patriarcat, voire à instaurer un Matriarcat.
Pour redresser la « situation », les mouvements masculinistes ont donc élaboré des stratégies efficaces de lobbying auprès des différents gouvernements et Parlements, de façon à obtenir des lois qui restaurent l’ordre naturel des choses et mettent fin à la discrimination vécue par les hommes. Usant du capital de sympathie que la société porte au moindre père s’occupant ou prétendant s’occuper de ses enfants, ils ont mis en œuvre une série de chantiers législatifs. Que ce soit chez "paPPa" ou "Vateraufbruch für Kinder en Allemagne", "SOS Papa" ou le "Mouvement pour la Condition Masculine" en France, "Fathers 4 Justice" en Angleterre, "Lone Fathers Association" en Australie ou "L'Après-rupture" au Canada, l’agenda est partout le même :
instaurer la notion de couple parental quand le couple conjugal se défait
réformer les lois sur le divorce
contester les accusations de violences conjugales ou d’abus sur enfants
alerter sur les dangers que représentent les familles monoparentales pour les enfants
questionner l’impact de la mixité sur les résultats scolaires des garçons (inférieurs à ceux des filles depuis plusieurs années)
introduire le principe de co-décision en matière de droits procréatifs
combattre la discrimination sexiste en politique
A priori, une profession de foi tout ce qu’il y a de plus politiquement correct. Il faut descendre dans les corps des articles, des revendications, des déclarations, pour découvrir le sens que donne le mouvement masculiniste à ces propositions, à savoir:
que le couple parental est entendu avant tout comme un outil pour maintenir le contrôle sur l’ex-conjointe via l’enfant, intervenir à-tout-va dans la moindre de ses décisions, alors même que, statistiquement, c’est bien la mère qui assume l’essentiel des soins aux enfants. « Résidence-Alternée », l’une des associations qui défend les droits des pères en France, écrit ainsi : « Un parent se retrouvant, volontairement ou non, seul responsable au quotidien de son enfant, n’a plus ni repère ni contrôle venant de l’autre parent », situant donc la notion de coparentalité comme « contrôle d’un parent sur l’autre ». L’idéologie du couple parental indissociable, même après divorce, est sévèrement remise en question depuis peu, notamment par le sociologue Benoît Bastard, sociologue au CNRS (2004).
que l’objet principal de la réforme du divorce est d’abroger le divorce pour faute, éliminant ainsi la reconnaissance au moment de la séparation des violences qui la justifient. Ceci alors que 50% des demandes de divorce s’inscrivent précisément dans un contexte de violence conjugale. Le second objectif étant l’élimination de toute pension, compensatoire pour les épouses (moins de 15% des divorces en France) ou alimentaire pour les enfants (66% ne sont de toutes façons pas ou peu payées en France).
que la lutte contre les « fausses allégations de violences » vise dans les faits à museler les victimes, de sorte que leur parole soit d’emblée entachée de suspicion, que les tribunaux notamment en viennent à interpréter toute accusation comme un subterfuge pour gagner une pension alimentaire plus élevée, par exemple, et non comme un appel au secours de la part d’une mère cherchant à se protéger elle-même ou son enfant. L’association l’Après-Rupture, au Québec, propose la solution suivante en cas d’accusation de violence de la part d’une épouse : « Moi je suggèrerais de mettre tous les deux en prison pendant un mois, le père et la mère tous les deux, comme ça on est sûrs de ne pas se tromper. Ils vont peut-être se calmer, il y en a un qui va comprendre ou l’autre va…hein ? Il y en a un qui ment et l’autre qui dit la vérité, et bien on va faire le juge, on met les deux en prison pendant un mois. Moi je leur dirais : "Ecoutez, moi je ne vous crois pas ni l’un ni l’autre mais je vous condamne tous les deux". Faisons un cas d’espèce, un cas modèle là pour envoyer un message clair. Les juges devraient faire un cas d’espèce, envoyer un signal à la population, c’est leur rôle. »
que la stigmatisation des foyers monoparentaux, à 80% féminins, tend surtout à dissuader les épouses de quitter le foyer. En effet, alors même qu’elles assument seules la charge financière, le travail et le soin nécessaire aux enfants, les mères isolées sont retenues coupables de toutes les souffrances sociales des enfants (délinquance, drogue, échec scolaire). On sait pourtant que ces phénomènes ont pour origine première la pauvreté dans la quelle vivent les foyers monoparentaux. Mais en incitant l’Etat à couper les allocations pour parent isolé (des tentatives en ce sens sont en cours en France et au Québec), en refusant de payer les pensions alimentaires aux enfants, le mouvement masculiniste atteint son but : dissuader les femmes de quitter le foyer. L’un des responsables de l’association « La condition parentale et familiale » à Grenoble, déclare ainsi : « Quand dans un pays vous voulez financer une politique nataliste, que l’on veut créer plus d’enfants, on va donner des incitations financières, donner des subventions aux familles qui ont plus d’enfants que d’autre, et ça fonctionne. Aujourd’hui, le simple fait de donner des subventions, des pensions, des parts contributives, des aides, toujours au même groupe social lorsqu’il se sépare, ne fait ni plus ni moins que de l’inciter à ce type de séparation. Je dirais que nos pays en Europe auraient décidé de financer la séparation des ménages, la fin du couple traditionnel et la montée des familles monoparentales, je crois qu’il ne s’y seraient pas pris autrement, parce que c’est réellement des incitations des femmes effectivement à se séparer »
que le discours sur le décrochage scolaire des garçons correspond en fait à une inquiétude en terme d’embauches. En effet, la supériorité scolaire des filles impliquerait un accroissement des embauches féminines aux postes les plus rémunérateurs. Une perspective inacceptable pour le mouvement masculiniste. Aussi, plutôt que de s’interroger sur le succès des filles en dépit d’un système éducatif qui demeure largement androcentrique (voir « le diktat culturel »), le masculinisme prône le retour à la non-mixité scolaire. Objectif : créer des écoles distinctes pour les garçons, dont on peut imaginer que les meilleurs professeurs assumeront l’enseignement, recréant ainsi un enseignement à deux vitesses couronné fatalement par des diplômes de valeur inégale. Triste pour les filles, triste aussi pour nos garçons : avec 10 ans d’avance, et sous l’impulsion masculiniste, l’Australie a en effet tenté la voie de la non-mixité. Le verdict est tombé l’an dernier sous la forme d’un rapport gouvernemental : les grands perdant de cette affaire sont… les garçons, dont les résultats plongent encore plus bas que dans les écoles mixtes !
que la co-décision en matière de conception ne signifie nullement la prise en charge par les hommes d’une contraception dont les effets délétères sur l’organisme féminin sont désormais amplement documentés. Il s’agit en fait de l’instauration de principes juridiques visant à restaurer le contrôle masculin sur le ventre féminin. L’avocat de Steven Hone, jeune homme anglais qui en 2001 avait intenté une procédure judiciaire pour empêcher sa maîtresse (qui venait de le quitter) d’avorter, déclare: « La vérité c’est que les pères n’ont que des droits très limités dans la législation actuelle, certains diraient même qu’ils n’ont aucun droit. Malheureusement, c’est du moins le point de vue des pères, les pères ont en revanche de lourdes obligations vis-à-vis des enfants, et c’est ce que des gens tels que Steven Hone estiment totalement injuste. Les pères doivent payer pour leurs enfants, et s’en occuper. Nous pensons que c’est une bonne chose, que ces obligations instaurent un sens des responsabilités chez les pères, mais en même temps, si nous voulons qu’ils assument ces responsabilités, alors il faut accepter que les pères aient leur mot à dire sur les grossesses ». Car, entre parler à son mari/compagnon de son intention de poursuivre une grossesse, ou d’avorter, et se voir imposer par la loi une concertation préalable à tout avortement ou maternité, il y a plus qu’un hiatus : il y a franchissement d’une ligne reconnue par la Cour Européenne des droits de l’Homme, qui stipule que tout au long de la grossesse, mère et embryon ne font juridiquement qu’un, et que donc, en vertu de l’habeas corpus, personne d’autre que la mère n’a à décider de la poursuite ou non d’une grossesse dont elle seule assume la charge physique et psychique.
que par lutte contre le sexisme en politique, le mouvement masculiniste entend l’interdiction de tout quota de participation féminine aux listes électorales. Ce qui est sexiste, pour le masculinisme, ce n’est pas que la vie politique et familiale soient organisées de telle sorte que c’est bien entendu à Madame d’organiser la vie du ménage et des enfants avant de se rendre à l’Assemblée. Non, le sexisme, c’est d’envisager comme l’a fait l’Allemagne, des crèches dans les enceintes parlementaires, et d’habituer les électeurs au fait que l’on puisse cocher le nom d’une femme autrement qu’en bas de liste… "Sos Divorce", l’une des plus vieilles associations de défense des droits des hommes en France (1975), écrit ainsi : « Instituer des quotas, nous paraît anticonstitutionnel tant que n'est pas modifié l'article 6 en question qui déclare, nous citons "Tous les citoyens étant égaux à ses yeux -(la loi)-, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents". Il est évident, suivant ce texte, partie intégrante de notre constitution, que le critère de sexe est exclu. Nous considérons qu'un homme ou une femme, placé dans les mêmes conditions, doit avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs, sans aucune discrimination relative à son sexe. Nous nous refusons à porter quelque jugement de valeur sur les différents partis politiques, notre mouvement se caractérisant par le fait que nous ne soucions pas de l'appartenance politique, philosophique, syndicale ou religieuse de nos adhérents ou dirigeants. Mais nous sommes amenés à constater que le parti des chasseurs, représentant une partie importante de la population si on réfère aux scores obtenus aux dernières élections, se verrait alors pénalisé. En effet, nous doutons fort que ce parti ait dans ses rangs autant de femmes que d'hommes. » Autrement dit, pour préserver toutes ses chances au tout petit parti Chasse, Pêche et Tradition, on ne saurait envisager de mesure qui renforce la présence des femmes dans le monde politique… CQFD !
Or toutes ces mesures sont à chaque fois approchées « au nom du père ». Prenons par exemple la question des quotas en politique. On peut lire sur le site de SOS Papa : " Indice de la parité hommes/Femmes en France : 12,3 % de femmes députées, 8,6 % d’hommes ayant la résidence des enfants : 21 femmes députées en trop ?"
La violence conjugale
L’agresseur est systématiquement présenté comme un « père » injustement accusé. Et pour récupérer les subventions chichement allouées aux refuges pour femmes battues, les masculinistes font valoir que les « pères » injustement exclus de leur domicile pour violence conjugale (ainsi que le prévoit la loi autrichienne, allemande, luxembourgeoise, canadienne…) doivent pouvoir bénéficier d’un toit pour continuer à accueillir leurs enfants (dont on sait que 50% sont également battus par ces mêmes hommes violents…).
Abus sexuels sur enfant
Tout « homme » accusé d’inceste est présenté comme un père victime de « fausses allégations ». Un prétendu « Syndrome d’aliénation parentale » (SAP), non reconnu par la psychiatrie officielle, est en ce moment même en passe de conquérir tous les tribunaux européens. Le principe : si un enfant refuse de voir son père ou l’accuse d’attouchements ou de violence, et que cette accusation survient dans un contexte de séparation parentale, c’est très certainement un mensonge. L’enfant est en effet « aliéné » par la mère, qui cherche à gagner le divorce contre le père. Et comme bien entendu la majorité des mères qui découvrent que leur enfant est abusé ou violenté quittent le père, voilà des affaires classées en un clin d’œil. D’autant que les chantres du SAP (notamment le psychologue canadien Hubert Van Ghijseghem, qui donne régulièrement des conférences dans toute l’Europe, y compris dans les écoles de magistrature) offrent une étonnante solution pour « guérir » l’enfant : le confier en garde unique au père. Le fait que la France ait fait l’objet d’un rapport accablant du Commissariat au Droits de l’Homme sur cette question précise ne semble pas remettre en cause la propagation du SAP, dont on trouve explications et références sur tous les sites d’associations de pères en France, Allemagne, Belgique, Canada, Suisse… Leur campagne de désinformation est d’ailleurs très efficace : le chiffre de 50% de fausses allégations a pris dans les médias. Les statistiques des gouvernements canadiens et américains, aux prises avec le SAP depuis plus longtemps que l’Europe, sont pourtant claires : maximum 5% de fausses allégations délibérées d’abus sexuel. Le ministère canadien de la Santé précise d’ailleurs : « Lorsqu’on examine les cas impliquant un litige portant sur la garde des enfant ou sur le droit de visite, on constate que les pères qui n’ont pas la garde ont signalé 43 % de tous les cas de fausses allégations intentionnelles documentées dans l’ÉCI-1998, tandis que les mères ayant la garde des enfants sont responsables de 14 % des fausses allégations ». Mais en ce moment même, la justice française et allemande continue de confier des enfants abusés à leur violeur.
La santé
Les hommes, assurent les mouvements masculinistes, affichent un taux de suicide plus élevé que les femmes. Explication : ce sont des pères privés de leurs enfants, contraints à payer une pension alimentaire, qui sombrent dans la détresse. Conclusion : si l’on veut parer aux suicides des hommes, il faut, d’une part, réduire le nombre de divorces, d’autre part, supprimer la pension alimentaire et, enfin, garantir à tout père, quelles que soient ses compétences et attitudes vis-à-vis de sa famille, un accès inaliénable aux enfants (et, par là même, à son ex-compagne ou épouse). Une démonstration qui fait actuellement fureur au Québec, en dépit des statistiques prouvant que :
1) la pauvreté des mères divorcées est largement supérieure à celle des pères divorcés ;
2) que le taux de suicide des femmes est identique à celui des hommes ; seul diffère le taux de « réussite » du suicide, les hommes optant, construction culturelle oblige, pour des moyens plus virils : armes à feu et accidents de la route volontaires ;
3) que leur précarité psychique s’explique avant tout par l’habitude d’être pris en charge par une femme (ménage, santé, « soins » sexuels, organisation…), et qu’une fois divorcés ils ont du mal à assumer leur statut d’adulte.
Mais dans leur majorité, les médias, très largement objet d’un intense lobbying des mouvements masculinistes (jusqu’à 30 mails et communiqués par jour, constate-t-on au Québec), reprennent leurs arguments sans chercher plus loin. "Sos Papa", en France, a ces 5 dernières années été invité ou interviewé dans 40 émissions de télévision, et fait l’objet de 700 articles de presse. "Fathers 4 Justice" en Angleterre non seulement s’affiche sur les écrans britanniques au moins 2 fois par mois, mais réussit à captiver l’attention d’un nombre incroyable de titres de presse, dont le Times, qui leur a consacré sa couverture pour un grand tour d’horizon des revendications « paternelles » à travers le monde. Der Spiegel, enfin, où écrit celui qui se présente comme le « missionnaire des mouvements des pères allemands », Matthias Matussek, relaie très régulièrement les positions les plus rétrogrades des mouvements de pères en matière de divorce, ou de santé, par exemple.
Jean-Claude Saint-Amant, chercheur en sciences de l’éducation à Québec étudie depuis quelques années l’impact du discours masculiniste sur les décisions politiques en matière de mixité à l’école. Il explique :
« Au Québec les masculinistes sont finalement très peu nombreux, personnellement je les évalue à une vingtaine d’ actifs et autant qui gravitent autour. Mais ils sont extrêmement actifs grâce aux médias électroniques, ils mettent sur pied des sites Internet et investissent massivement les forums de débats. Ils ont ainsi construit tout un système de référencement : on va aller sur un site de droits des pères, à prime abord légitime : on peut se poser des questions sur les droits pères dans la société aujourd’hui, mais très vite les liens vous renvoient vers des sites antiféministes, tels que « Content d’être un gars », au Québec, qui déverse une propagande haineuse contre les femmes, avec des théories du complot où les femmes domineraient dans les médias, domineraient dans la justice, etc., etc...
L’autre façon de procéder, c’est en se servant des médias, c'est-à-dire de faire dire à des personnes autres, avec des mots autres, les choses ou messages qu’ils veulent bien penser. Il y a un certain nombre de personnes dans les medias, qui sont littéralement bombardées de messages internet. On sait que les personnes dans les médias sont pressées, et les mouvements masculinistes se servent de cet aspect, en fournissant souvent une documentation, des chiffres, des statistiques, qu’il faudrait vérifier pour démasquer certaines supercheries grossières. On a pu constater, ici, à l’Université de Laval, qu’ils n’hésitent pas à reprendre des textes d’analyse féministes réalisés par exemple par notre propre faculté et à remplacer le mot homme par femme ! On observe aussi que certaines personnalités, dans les médias et certains hommes et femmes politiques sont ciblés de façon très précise. C’est ainsi que depuis 1 an ou 2 leur influence dans les médias s’est accrue de façon importante, ils sont devenus en fait des interlocuteurs et c’est ce qu’ils souhaitaient depuis années. Je pense par exemple, au Québec et en Australie, à toutes les critiques sur le monde scolaire qui selon eux discriminerait les garçons : l’impact auprès des médias, auprès des parents qui se retournent contre l'école a été énorme.
Il y a enfin un ciblage constant de certains ministères, qui sont bombardés littéralement de messages, en partant du ministre et en descendant tous les échelons hiérarchiques. Et quand je dis bombarder je parle de 10,15,20 messages par jour, que le personnel politique reçoit de la part de ces gens là. On a eu notre ministre des Relations avec les citoyens (le ministère qui chapeaute la Condition féminine) violemment mise en cause. En même temps il ne faut pas se leurrer, ce type de méthode là a ses effets. La réflexion de la ministre sur la place des hommes a été influencée par la prise de position de ces groupes et il y a des risques en fait que des institutions gagnées par les femmes pour favoriser leur émancipation soient perdues. Cette pression constante des masculinistes les plus bruyants, type "L’Après-Rupture" au Québec ou "Sos Papa" en France, crée en définitive une place pour des masculinistes dits « modérés » : mais attention, si la forme employée change (ils ne grimpent pas sur les palais royaux, n’insultent pas les ministres, ne vocifèrent pas dans les manifestations), le fond du discours malheureusement reste le même. », nous dit Arte ( http://www.arte-tv.com/fr/histoire-societe/archives/Quand_20des_20p_C3_A8res_20se_20vengent/813706.html )
"QUI SONT LES MASCULINISTES ?
On peut classer les groupes masculinistes en trois catégories : les groupes de défense des droits des hommes, les groupes de thérapie de la masculinité et les groupes conservateurs qui représentent l’extrême droite religieuse. Au-delà de leurs différences, c’est bien leur anti-féminisme ouvert qui assure la cohésion de leur discours, ainsi que leur position contre l’avortement. Voici brièvement ce que chacun d’eux ont à dire sur cette question.
Les groupes de défense des droits des hommes
Ces groupes luttent d’abord pour le droit des pères concernant la garde des enfants et les lois sur le divorce, mais encore, ils militent activement contre les politiques d’accès à l’égalité ou contre les réformes sur le harcèlement sexuel. Ils soutiennent que toutes ces lois sont discriminatoires envers les hommes. Et bien entendu, la discrimination dont ils souffrent serait le fruit du complot féministe, de connivence avec l’État, les juges et les tribunaux pour les priver injustement de leurs droits. Leur discours tourne donc surtout autour de la définition abusive que les féministes auraient donnée de la violence, du sexisme de l’appareil judiciaire et du partage inéquitable des ressources entre victimes et agresseurs dans les cas de violence conjugale. Selon eux, le féminisme aurait non seulement atteint l’égalité entre les sexes, mais aurait même renversé la situation au profit des femmes. Ainsi, tous les problèmes auxquels font face les femmes sont rendus équivalents à ceux des hommes. Par exemple, le fait que les femmes soient majoritairement les victimes de violence conjugale est contré par le fait que les hommes se suicident plus que ces dernières. À cet effet, ils soutiennent que les hommes souffriraient plus qu’avant car le mouvement féministe aurait engendré le mépris des valeurs masculines. Conséquemment, ils font de la revalorisation des comportements masculins un de leurs refrains, ce qui leur permet de déculpabiliser les hommes de leurs comportements agressifs, puisque selon eux, cela relèverait de la nature masculine à laquelle on ne peut rien changer. Ils s’emploient de cette façon à défendre les rôles sociaux traditionnels en les justifiant par des arguments d’ordre biologique.
Ici au Québec, ce courant est incarné par des groupes comme Entraide pères-enfants séparés, Fathers 4 Justice et parmi les groupes les plus connus, l’Après-rupture et le Groupe d`Entraide Aux Pères et de Soutien à l’Enfant (GEPSE).
L’Après-rupture :
http://www.lapresrupture.qc.ca
Fondé en 1998, l’Après-rupture est un organisme sans but lucratif chapeauté par le non moins notoire Gérard P. Lévesque. Ce groupe dénonce fermement «les excès des féministes radicales et ses conséquences négatives dans la société». Il n’hésite pas non plus à décrire le féminisme comme un «apartheid raciste anti-mâle»...
L’Après-rupture traite principalement des échecs scolaires et du comportement social des garçons, du manque d’activités physiques des garçons, de l’absence de modèle masculin et de la valorisation excessive des filles. Rien de moins que la défense de la culture traditionnelle masculine.
Sur la question de l’avortement, laissons M. Lévesque nous éclaircir sur leur position : «Le droit accordé aux femmes de renoncer à leur maternité […] n’est pas accordé aux hommes. Ainsi, à partir de la conception, jamais le père de l’enfant à naître n’aura le droit de renoncer à sa paternité.»
Ce n’est donc pas tant à l’avortement en tant que tel qu’ils en veulent, mais bien au libre choix des femmes. Ce qui les dérange, c’est plutôt le fait inacceptable, à leurs dires, que le père ne puisse imposer une maternité forcée ou une interruption de grossesse forcée. Car si la femme décide par elle-même de garder l’enfant, ce ne serait que pour réclamer de l’argent à l’homme et si elle décide d’avorter, ce ne serait que pour le faire chier...
Ainsi, leur position se distingue de la droite religieuse... quoi que M. Lévesque nous dit bien qu’ «À chaque année, le sacro-saint sacrement féministe de l’avortement assassine près d’un million de fœtus en Amérique du Nord. Cependant si la femme désire se faire vivre par un esclave mâle, elle impose cette vie humaine «sacrée» au vil éjaculateur. Il n’y a pas à s’étonner que la «culture de la mort» féministe soit un danger mortel pour la survie du peuple des Français d’Amérique: mes grands-parents ont eu en 1930, 13 enfants; la Québécoise «progressiste», lorsqu’elle cesse de tuer ses fœtus, accouche de 0.5 enfant. Le féminisme suicide le Québec! »
Ce qu’ils disent, au bout du compte, c’est que l’avortement serait un «meurtre» seulement lorsque c’est la femme qui décide de se faire avorter! Enfin, cette citation démontre clairement que les idées d’extrême droite ont la touche chez les masculinistes... même chez ceux n’appartenant pas au courant de l’extrême droite religieuse. Alors, imaginez!
Dans un autre registre, la question de l’avortement soulève aussi celle de l’immigration. En effet, il s’agit bien «de la survie du peuple des Français d’Amérique» lorsque les masculinistes mettent le débat sur la table. Ainsi, les masculinistes affichent une peur des autres cultures et tiennent mordicus à la tradition blanche catholique si chère à l’extrême droite. Enfin, tant les groupes de défense des droits de l’homme que les conservateurs partagent cette même xénophobie.
Les groupes de thérapie de la masculinité
Ces groupes se concentrent principalement sur la question de la «souffrance» des hommes. Ils organisent des ateliers, des retraites ou des discussions pour les hommes quant à leur rapport à la masculinité. Ici, au Québec, les groupes de thérapie de la masculinité les plus connus sont «Content d’être un gars» et «Entre-gars».
Content d’être un gars:
http://www.garscontent.com
Chapeauté par le masculiniste Yves Pageau, laissons ce dernier nous expliquer d’où vient le nom de son organisme : «À la première personne du singulier, on est toujours un gars. C’est aux yeux d’autrui qu’on est un homme. L’homme est le personnage social et le gars est la personne intime. Contrairement à ce que la misandrie ambiante tente de laisser croire, il n’est pas interdit d’être content d’être ce qu’on est et je rejette la prétendue supériorité morale des femmes.»
Sur leur site, on retrouve le blog de Gérard P. Lévesque, de l’Après-rupture, qui met bien en garde les hommes que «les féministes radicales risquent de gagner la révolution culturelle». Suite à ses inquiétudes sur le contrôle de l’ONU par les féministes, Lévesque annonce que «nous avons passé le point de non retour et que trop d’enfants non-nés ont été massacrés par des avorteuses». Quant à Yves Pageau, il n’hésite pas à parler de l’infanticide que représente l’avortement après quatre mois de grossesse.
Enfin, les groupes des droits des hommes et les groupes de thérapie de la masculinité partagent la même position concernant l’avortement. Ce n’est pas tant ce dernier qui est en jeu, mais plutôt le libre choix des femmes.
Les groupes conservateurs
Ces groupes défendent une vision de la famille traditionnelle et aimeraient bien retourner aux temps où l’Église dominait la vie sociale et politique. Ils justifient les rôles sociaux traditionnels par la bible (catholique ou protestante) et revendique pour l’homme son statut naturel d’autorité et de protection. Bien entendu, ils s’opposent à l’homosexualité.
Ici au Québec, les groupes les plus connus sont Québec-vie et le Parti de la Démocratie Chrétienne du Québec.
Québec-vie :
http://www.cqv.qc.ca
Présidé par Luc Gagnon, Québec-vie est un organisme sans but lucratif. Il a comme mission de cultiver le respect de la vie face à la culture de la mort qui, selon eux, règne au Québec. Malgré les 65 000 sympathisants qu’il dit avoir, Québec-vie est une organisation très faible.
Bien sûr, cet organisme considère les féministes comme ses adversaires. En fait, à cause d’elles, le Québec serait en train de s’auto-génocider en tuant ses enfants! Leur position est donc très claire : l’avortement est u
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