Présentation

Textes illustrés

Lucie Aubrac :

Résister

 

Rose Ausländer :

Dans le rien

Découvrir un chant

La chambre m'abrite

Ne le sais

Quand je partirai

Tu es là encore

Anne Archet :

Convulsive

Union nucléaire

Nicole Barrière :

Femmes en parallèle

Marie Bataille :

Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

L'humilité...

France Bonneau :

Si j'étais immigrante

Nicole Brossard :

Aujourd'hui je sais

Ma continent

Ne touchons pas...

Sa surface

Sous la langue

Françoise Bujold :

Quand la perdrix...

Mélanie Cantin :

Innocent amour

Diane Cardinal :

Je m'assois sur ton nombril

Je m'infiltre sous ta peau

Tu murmures

Patrizia Cavalli :

De moi...

Natalie Clifford Barney :

Etre libre

Anne Collignon :

Ils étaient cinq

Cristie Cyane :

Laisse-toi aller

On veut pas d'ça ici !

Polaroïd

Rainbow

Un baiser sur ses seins

Louise Cotnoir :

Il faudrait le poème

Le sexe marqué...

Maison à louer

Christine Davi :

Elle dit non

Lucie Delarue-Mardrus :

Baiser 

L'étreinte marine

Refus

Si tu viens

Denise Desautels :

Les chuchotements et la caresse 

L'espoir ?

Tout ce bleu

Une histoire de beauté

Chahdortt Djavann :

L'Iran d'aujourd'hui

Hélène Dorion :

Tu avances une main...

Tu viendras...

J'adviens...

Emily Dickinson :

Douter de Moi !

Elle s'éleva...

Il a Sanglé ma vie

Il s'exerce sur votre Ame

Pour Toi

Eve Ensler :

Le clitoris...

Mon vagin, mon village

Procès en sorcellerie

Rosanna Fiocchetto :

La fureur...

Jacqueline Francoeur :

Sérénité

Madeleine Gagnon :

Un monde androgyne

Cathy Garcia :

Oiseaux

Claire Gérard :

Sensualité

Benoîte Groult :

Elle voudrait

Patricia Guenot :

Abolir la spirale...

Avenir Féminin

Tes mains

Colette Haddad :

Si proche !

Anne Hébert :

L'envers du monde

Les petites villes

Nuit

Istina :

Je me bats

Elle marche

Michèle Lalonde :

Speak white

Sophie Langemont :

Quand je t'imagine

Marguerite Lapalme :

Assimilation

Audre Lorde :

Combattre l'oppression

Habiter les silences...

Savoir - plutôt que penser

Marie-Victoire Louis :

Justice

Andrée Maillet :

Amérique française

Françoise Mariotti :

Lisse comme une pierre blanche

Hélène Marquié :

Le corps subversif

Luci-Louve Mathieu :

Femme

Femme source

Les filles de plume

Lettres

Valéry Meynadier :

Juste...

Peu...

Carole Menahem-Lilin :

Désir obscur...

Le nu visionnaire

Nudité

Souffle 

Un parfum d'écorce

Micheline Mercier :

Abnégation

Gertrude Millaire :

Bousculade

L'attente

L'impossible

Non ! mais...

Regard

Isabell Miller :

Fondre

Shawn Mir :

Là-bas les Flandres

La lesbienne d'aujourd'hui

Misfit :

Ange d'éternité

De mes soeurs lesbiennes

Des siècles...

D'un clapotis de l'âme

Le tourbillon...

Tout se passera bien

Vermillonner d'aimer

Colette Nys-Mazure :

Aimée-Aimante

Délivrer les sources

Flux et reflux

Angèle Paoli :

Peut-être

Geneviève Pastre :

Au mâle quand il veut s'interposer

Bonheurs

Je chie je dis...

Marie-Thérèse Peyrin :

Regarde

Ludmilla Podkosova :

Aimer

Lucie Poirier :

Les longs chemins

Catherine Ribeiro :

Femmes algériennes

Adrienne Rich :

A Judith

L'honneur des femmes

Nier notre réalité

Si c'est le désir...

Amina Saïd :

Amour notre parole

Enfant moi seule

L'élan le souffle le silence

Cécile Sauvage :

Le vallon

Isabelle Servant :

Sûrement

Christel J-Stefariel :

Les mots à huis clots

Nada Stipkovic :

Lâcheté

Jeanne Talbot-David :

Où allons-nous

Si fortement rêvé...

Françoise Tchartiloglou :

C'est la vie

Comme la mouette

Repli

Résidence

Emmanuelle Urien :

Tout est pareil

Yolande Villemaire :

Le son du soi

Clara Vincent :

Au pays de ton corps

Dis femme...

Petite garce femme

Tout près du visage

Renée Vivien :

Intérieur

Le Pilori

Notre Dame des Fièvres (Tolède)

Sonnet "Parle-moi..."

Union

Ton Ame

Vierges et femmes...

Simone Weil :

Comme le puissant...

Monique Wittig :

Elles disent...

J/e suis frappée d'interdit...

Sois m/a très chérie...

Leïla Zhour :

Aime-moi

A mon revers

Deux

Grandes et dures

Je cherche un visage...

T'aimer

Ton regard...

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Texte Libre

La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les sujets qui me tiennent à coeur.

Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.

Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.

Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette artiste.

Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante : sappho4444@hotmail.com 

 Les actus de Têtu :

 

 

Petite note pour informer les lectrices et lecteurs que désormais Lezzone ne publiera plus un certain nombre d'articles de portée  féministe que vous aviez l'habitude d'y trouver régulièrement. D'autre part, certaines archives dejà publiées ne seront plus disponibles dans leur entier. Il appartiendra à chacune, et chacun, de se reporter en bas d'article pour suivre le lien vers les sites d'où ces articles étaient issus.

La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.

Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus être le relai qu'il était.

A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)

Femmes en terre d'islam

Mercredi 15 septembre 2004 3 15 09 2004 17:00

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Code de la famille : une révolution à venir pour les Marocaines des deux rives

RABAT -- Le nouveau code de la famille marocain représente une vraie révolution pour les femmes marocaines des deux rives de la Méditerranée, mais son application devrait prendre du temps, selon les participants d'un colloque franco-marocain qui se tient mercredi et jeudi à Rabat.

Près d'un an après l'annonce, par le roi Mohammed VI, d'une réforme fondamentale de la "Moudawana", entrée en vigueur le 9 février, les associations franco-marocaines réunies par le Haut conseil français à l'intégration (HCI) restent enthousiastes mais n'ont pas caché qu'il faudrait du temps pour faire entrer dans les moeurs les nouvelles règles, et critiquent une information insuffisante.

Le nouveau code limite de façon draconienne les possibilités de répudiation de la femme, fait quasiment disparaître la polygamie, et vise également la protection des enfants et le droit de garde de la femme.

"Une grande question demeure, estime Sabine Raczy, rapporteur du HCI et magistrate, comment cette réforme va-t-elle être appliquée devant les tribunaux?"

Les associations féminines marocaines, qui ont bataillé pour l'adoption de ce nouveau code, concèdent qu'il ne pourra s'appliquer sans tensions. "Nous sommes conscientes du travail qui doit être mené pour changer les mentalités des hommes et même des femmes, et des juges", désormais présents à toutes les étapes de la vie familiale, affirme Zaria Mrini, présidente de l'association Ennakhil pour la femme et l'enfant.

Mais elle voit déjà une évolution positive dans l'augmentation du nombre de femmes osant demander de l'aide dans les "centres d'écoute" mis en place par les associations. "Une barrière psychologique et culturelle est tombée", dit-elle.

Alors que "la place prépondérante donnée au juge fragilise la réforme", selon Yves Rabineau, magistrat français de liaison auprès des autorités judiciaires marocaines, "car les juges, dans le monde entier, sont conservateurs", l'association Ennakhil réclame une présence accrue des associations près des tribunaux, avec un rôle de "médiateur familial".

Présidente du tribunal de première instance de Casablanca, Zhor El Hor compte sur une féminisation des tribunaux, le Maroc comptant 518 femmes juges, soit 18%. "Sortir une nouvelle loi, ce n'est pas difficile, mais changer les mentalités demande beaucoup d'efforts", reconnaît-elle.

Avocate et membre de l'Union de l'action féminine (UAF), une des plus représentatives du mouvement des femmes, Aïcha Loukhmas estime de son côté que "les résistances sont fortes de la part des hommes en général pour ce qui touche surtout la tutelle ou le divorce", et cite des cas de jeunes filles de 18 ans pour qui "le juge a bloqué la procédure de mariage de façon indirecte".

Reste aussi à passer le message en France, où les immigrées "n'ont pas suivi l'évolution en cours au Maroc et sont encore moins informées que les Marocaines", témoigne Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique pour les droits des femmes, qui a organisé des "caravanes" jusqu'au fin fond du Maroc, mais aussi, en France, en région lyonnaise avec l'association "Femmes contre les intégrismes".

"Pour une fois, les femmes immigrées étaient étonnées et fières de voir que les Marocaines luttaient pour l'égalité", dit-elle.

Source : http://www.courrierinternational.com/AFP/depeche.asp?obj_id=040915170241.n8y3g4wd
Mis en ligne le 15/09/04

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Samedi 9 octobre 2004 6 09 10 2004 00:00

 

 

La seule candidate à l'élection dénonce la persistance des discriminations à l'égard des femmes

par Françoise CHIPAUX

"Nous sommes revenus à la période prétalibans, c'est tout".

Recroquevillées le long d'un mur, une trentaine de femmes sont séparées des hommes, dix fois plus nombreux, par un rideau poussiéreux. Au centre de cette mosquée de quartier, sur un petit podium de bois, Massouda Jalal, robe islamique et tête couverte, seule femme candidate à l'élection présidentielle afghane du 9 octobre, parle d'une voix ferme : "J'ai vécu dans ce pays toute ma vie. Je suis là pour vous servir et montrer au monde la pauvreté dans laquelle vous vivez."

Les hommes applaudissent ; les femmes, la plupart en burqa (longue robe qui recouvre le corps de la tête aux pieds), ne bronchent pas. Pourtant confie Sajia, 20 ans : "Nous sommes très fières d'avoir une femme candidate." Anis Gul, sa mère, 55 ans, approuve, tout en concédant : "Nous voulons la paix, et je pense qu'un homme est meilleur pour nous l'apporter qu'une femme."

Dans le salon d'un modeste appartement, Massouda Jalal, 41 ans, ne mâche pas ses mots : "La condition des femmes n'a pas fondamentalement changé. Nous sommes revenus à la période prétalibans, c'est tout", affirme ce médecin pédiatre qui n'en est pas à sa première campagne électorale. Elle s'était déjà opposée au président Hamid Karzaï pour la présidence de l'administration transitoire, lors de la Loya Jirga (Grande Assemblée) réunie d'urgence en juin 2002. Cette fois, et contrairement à beaucoup de ses adversaires, elle tourne dans le pays, en taxi ou en avion régulier, et se targue d'être le seul candidat capable de se déplacer sans gardes du corps.

"Les femmes sont absentes de la direction du pays, et aucune ne participe à la prise de décision sur les affaires politiques, économiques ou stratégiques", dit-elle, sachant bien qu'elle ne sera pas démentie par les deux femmes ministres du gouvernement. "Les femmes sont celles qui ont souffert le plus des vingt-cinq années de guerre. Elles constituent 50 % de la population et elles ne participent pas à la reconstruction", déplore-t-elle. "Trois ans après la chute des talibans, la discrimination aurait dû cesser", dit-elle encore.

C'est loin d'être le cas et, comme le dit Elha Surosh, du Comité de défense des droits des femmes, "même si la Constitution donne aux femmes des droits égaux à ceux des hommes, personne ne la respecte sur ce point". "Allez dans n'importe quelle administration : vous n'êtes pas traitée comme un être humain", souligne-t-elle.

SANS ILLUSIONS

"Je suis sûr que -le président- Karzaï aurait pu faire beaucoup de choses pour nous, mais il ne l'a pas fait", ajoute Mme Surosh. Shaina, qui dirige le département juridique du Comité, affirme, sans illusions : "Le principal problème est que les hommes ne comprennent pas qu'ils n'ont pas le droit de tuer leur femme ou leurs sœurs. Ils doivent d'abord accepter que la femme a des droits", dit-elle.

Les statistiques de la Banque mondiale montrent au minimum que, même en tenant compte de la nécessaire évolution des mentalités, beaucoup peut être fait. Seulement 40 % des filles, aujourd'hui, fréquentent l'école primaire, contre 67 % des garçons. Dans les zones rurales, ce taux descend à 30 % et, dans certaines provinces, à 1 %, contre 61 % pour les garçons.

Le fait est que, même à une demi-heure de Kaboul, des villages n'ont pas d'école. Mais, comme l'affirme une institutrice rurale, "les parents laissent les garçons marcher une heure pour aller à une école proche ; ils ne permettent pas cela aux filles". "Les mariages précoces, les échanges de filles pour régler un différend sont toujours monnaie courante", affirme Massouda Jalal. Si, en moyenne, 40 % des femmes ont obtenu une carte électorale, le taux est de 20 % dans le sud du pays et, dans certaines provinces, de 3 %.

Selon une enquête récente réalisée par l'Asia Fondation, 87 % des interviewés affirment que les femmes auront besoin de la permission de leur mari pour aller voter. Une femme de Kandahar se plaignait récemment, sur une radio, que le jour du vote ait été déclaré férié. "Nous n'aurons pas de motif pour sortir et nous ne pourrons pas aller voter", disait-elle.

Selon cette même étude, 75 % des personnes interrogées pensent que les hommes doivent conseiller aux femmes leur choix électoral. "Les femmes pourront décider indépendamment quand elles seront économiquement indépendantes, et pour cela elles doivent avoir accès à la santé et à l'éducation", affirme Mme Jalal. L'Afghanistan a encore un long chemin à parcourir mais, d'ores et déjà, beaucoup de femmes estiment que la communauté internationale n'a pas tenu toutes ses promesses à leur égard.

Source : http://www.afgha.com/?af=article&sid=46347
Mis en ligne le 05/10/04

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Vendredi 15 octobre 2004 5 15 10 2004 17:00


Muhammad Al-Fallatta & Rania Al-Baz


Arab News / AFP - GETTY IMAGES
Rania al-Baz sur son lit d'hôpital.



Rania al-Baz, 30 ans, saoudienne, présentatrice de télé. Laissée pour morte par son mari violent, elle a brisé dans son pays le tabou pesant sur les femmes battues.

Par Christophe AYAD


En une seule photo, Rania al-Baz est devenue la plus célèbre Saoudienne au monde. Jeune et jolie présentatrice de la télévision locale, elle a accédé à la notoriété lorsque Arab News, quotidien anglophone de Jeddah, a publié, au mois d'avril dernier, son visage déformé par les coups portés par son mari, une plaie béante. De sa tragédie, Rania al-Baz a fait une arme. Elle est fière d'avoir brisé le tabou du silence. Le week-end dernier, elle était l'une des invités vedettes de la deuxième université d'automne de Ni putes ni soumises à Dourdan (Essonne).

En arabe, Rania al-Baz a traduit Ni putes ni soumises par «Non à la haine, non à la violence», une adaptation un peu libre destinée à lui éviter les ennuis au pays où une traduction littérale ne manquerait pas de susciter un tollé, tant les mots sont des tabous encore plus forts que la réalité. Rania n'est ni une intello, ni une militante. Il se dit qu'elle fait payer jusqu'à 2 000 dollars (1600 euros) ses interviews lorsqu'elle est chez elle, à Jeddah, grand port sur la mer Rouge et deuxième ville du royaume wahhabite. Elle n'est pas non plus l'un de ces fantômes intégralement voilés de noir que l'on croise à Ryad, la capitale rigoriste.

C'est une jeune fille spontanée, pas très réfléchie, mais dotée d'un solide instinct de vie qui l'a sauvée jusqu'à présent. Elle peut aussi compter sur l'amour de son père. Sévère et conservateur, ce dernier, âgé de seulement 53 ans, a toujours chéri Rania, l'aînée de ses huit enfants, tous de la même mère. «Nous appartenons à la classe moyenne, où la polygamie n'est pas si courante, explique la jeune femme. Mon père nous a poussés à faire des études, il a toujours voulu notre bonheur.» Lorsque Rania est demandée en mariage, à l'âge de 16 ans, il ne s'oppose pas. «J'étais une gamine dans un corps de femme. Mon mari avait treize ans de plus que moi. Il s'est vite lassé de mon côté fofolle. Lorsqu'il a voulu divorcer, le monde s'est écroulé.» La petite Rahaf, dont elle vient d'accoucher, n'a que quelques mois lorsqu'elle rentre chez ses parents et plonge dans une dépression carabinée. «Les parents de mes amies leur disaient de m'éviter. J'avais 17 ans et déjà une expérience sexuelle.»

Elle entame des études paramédicales. Peu après, elle passe un test à la télévision et se fait repérer pour son beau minois et sa chaude voix d'alto. Au cours d'une émission qu'elle anime, elle rencontre un jeune chanteur qui lui plaît. Pour l'épouser, il se trouve un travail «décent» à la chambre de commerce. «Pendant un an, c'était le bonheur, puis tout s'est détraqué. Je voyais trop mes amies. Mon travail, mes études me prenaient trop de temps. Il se plaignait tout le temps. J'ai beaucoup pris sur moi parce que je ne voulais pas d'un deuxième échec.» Banale déchéance d'un couple où la femme s'épanouit dans son travail tandis que le mari, au chômage, remâche sa rancoeur. «Quand on lui disait : "Vous avez de la chance d'avoir une aussi belle femme", il devenait fou.» Jusqu'à la nuit fatale, il ne l'avait frappée «que» quatre fois, une gifle, une tape, «rien de grave».

Arrive le 4 avril 2004. «Cela faisait dix jours que nous faisions chambre à part. Il est rentré, j'étais au téléphone. Il m'a crié : "Mais à qui tu parles encore ?" On s'est disputé et j'ai fini par lui dire que je préférais divorcer. Soudain, je me suis retrouvée par terre avec lui assis à califourchon sur moi. Il m'a cogné la tête contre le sol en marbre, m'a crié de réciter ma prière car j'allais mourir puis m'a étranglée jusqu'à ce que je perde connaissance.» Le mari jette son corps devant un hôpital avant de s'enfuir. Elle se réveille après quatre jours de coma et avec 13 fractures au visage.

Pendant son sommeil, des collègues venus la visiter la prennent en photo. Son père autorise la publication. Le gouvernement, engagé dans une lutte contre les extrémistes islamistes et acculé aux réformes, laisse faire. Elle devient un sujet de société. «Tout le monde a pris position pour moi, le gouvernement, les simples gens, les religieux. Même celui qui n'a jamais porté la main sur sa femme a été obligé de réfléchir au problème.»

Sara al-Angari, la femme du gouverneur de La Mecque, lui offre les services d'un avocat et un an de loyer. Elle finance cinq opérations par les meilleurs chirurgiens esthétiques du royaume. La télé, qui la payait à l'émission, lui fait un contrat. Le mari, poursuivi pour tentative de meurtre, se rend quelques jours plus tard. Elle ne l'a revu qu'au tribunal où il a écopé de six mois de prison et 300 coups de fouet ou 6 000 dollars (4900 euros) d'amende, au choix de la victime. Rania, qui doit encore subir deux opérations, n'a pas l'impression d'avoir récupéré son visage, surtout le côté gauche qu'elle cache par réflexe. Selon un ami libanais, «elle ne se rend pas compte que ses blessures ne se voient presque plus. Elle est encore fracassée dans sa tête.»

Début juillet, Rania a «pardonné» à son mari. Il est sorti de prison, a échappé au fouet et à l'amende, mais a interdiction d'approcher sa femme et ses enfants. «Je ne l'ai pas fait pour lui mais pour Dieu.» En fait, elle aurait négocié en échange son divorce et la garde permanente de leurs deux fils, Saoud et Nayef, âgés de 5 et 3 ans. Normalement, à l'âge de 8 ans, ils sont censés, selon la loi islamique, quitter leur mère pour habiter chez le père, comme la petite Rahaf.

Rania al-Baz prend au sérieux son rôle d'ambassadrice. «Partout ailleurs dans le monde arabe, la demande de réforme vient de la société et les dirigeants freinent. Notre chance, en Arabie Saoudite, c'est que ce sont nos dirigeants qui veulent faire bouger les choses.» Certes, c'est le pouvoir qui a pris en main le changement. Mais récemment, le ministre de l'Intérieur annonçait que les femmes ne seraient probablement pas autorisées à voter lors des prochaines élections municipales, les premières de l'histoire du pays.

Les acquis sont tellement fragiles que Rania se met en pilotage automatique dès qu'on passe de son cas au statut de la femme saoudienne en général. Non, l'islam n'est pas injuste lorsqu'il accorde aux femmes un tiers de l'héritage paternel «puisqu'il fait obligation aux hommes de subvenir aux besoins des femmes». «Franchement, j'admire la femme française, obligée de courir toute la journée pour gagner sa vie et qui doit en plus élever les enfants, tenir sa maison et rester belle pour garder son mari.» Non, l'interdiction de conduire une voiture, c'est-à-dire d'échapper à la surveillance des hommes, n'est ni un handicap, ni un combat valant la peine d'être mené. «J'ai une voiture et un chauffeur», tranche-t-elle en bonne bourgeoise saoudienne. Non, les hommes saoudiens ne sont pas spécialement plus violents qu'ailleurs. «Vous avez bien Marie Trintignant», rétorque-t-elle avec à-propos.

Rania al-Baz est moins rigide que son discours. Elle touche le bras de son interlocuteur comme pour mieux le convaincre, allume une cigarette à la garçonne. Sa main rajuste sans cesse son voile rouge transparent qui glisse. Malgré deux mariages et trois enfants, elle garde quelque chose d'adolescent : des lèvres boudeuses, un nez charnu, une petite taille qui dégagent une sensualité difficile à réprimer. En Orientale coquette, elle porte de lourds bijoux en or et épile ses interminables sourcils. Malgré le froid parisien, elle n'a pas résisté à enfiler des mules vertes à talons. Quand on lui demande si cela ne lui pèse pas d'être un symbole, elle s'inquiète : «J'espère que cela ne découragera pas les hommes. Je n'ai pas envie d'être un problème ambulant.»

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=246328
Mis en ligne le 15/10/04

 

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Jeudi 21 octobre 2004 4 21 10 2004 00:00



En Arabie saoudite, les femmes ont désormais le droit de vote mais ne peuvent pas l'utiliser

Elles en seront privées lors des élections municipales qui auront lieu de février à avril 2005 mais entendent bien participer au premier scrutin organisé depuis 1963 dans le royaume.


Riyad de notre envoyé spécial

Pour les femmes saoudiennes, la victoire est amère. Certes, elles viennent d'obtenir, pour la première fois, le droit de voter, mais elles n'ont pas encore gagné la possibilité de le faire lors des élections municipales qui doivent avoir lieu en trois phases entre le 10 février et le 21 avril à travers le pays. Il s'agira des premières élections depuis 1963 et elles entendent bien participer à ce qui est considéré comme un événement national et une percée réformatrice même s'il ne s'agit d'élire qu'une moitié des 178 conseils municipaux - l'autre sera désignée par la famille royale.

Normalement rien ne s'oppose à ce que les Saoudiennes, qui représentent la moitié de la population, soit environ 8 millions de femmes dont 40 % ont plus de 21 ans, soient en mesure de voter. La Loi fondamentale de 1977 et le décret d'application adopté le 9 août n'excluent pas les femmes puisque l'utilisation du terme "citoyen" dans son acception juridique comprend celles-ci.

L'espoir était permis mais, le 10 octobre, le ministre de l'intérieur, Nayef Ben Abdel Aziz, a jeté un froid en affirmant "je pense qu'il y a peu de chances que les femmes participent". Deux jours plus tard, le président de la commission générale des élections, le prince Mansour Ben Miteb, a confirmé cette exclusion pour le scrutin à venir tout en laissant la porte ouverte au droit de vote en déclarant "je m'attends à ce que les femmes participent à des élections dans une phase ultérieure après avoir mené une étude qui témoignera de l'utilité ou non d'une telle participation".

Au total, cinq femmes ont déjà fait acte de candidature et elles n'ont pas l'intention de laisser passer cette occasion d'autant que, selon elles, les raisons techniques et logistiques invoquées peuvent être facilement surmontées. A commencer par le fait que les femmes n'ont pas de cartes d'identité même si elles ont la possibilité d'en obtenir une depuis décembre 2001. Or elles ne sont que 10 % environ à l'avoir fait en raison des pesanteurs religieuses et surtout de l'obstacle de la photo sur le document. "Et alors, répond Hatoon Al-Fassi, professeur d'histoire ancienne, 10 %, c'est mieux que rien et rien n'empêche d'accélérer l'attribution de cartes d'identité en un court laps de temps. Nous avons proposé des solutions à tous les problèmes soulevés. On attend toujours un rendez-vous avec des officiels de la commission. Il n'est pas question d'attendre quatre ans pour pouvoir voter. Les hommes seront déjà en place, et on trouvera d'autres excuses pour nous empêcher de voter, comme au Koweït."

Avec Nadia Bakhurji, une architecte qui fut la première candidate, et un groupe de femmes, elles sont bien décidées à se battre pour "briser le handicap mental" qui les empêche, dans le contexte de "dialogue national" instauré par la monarchie, d'être l'égal des hommes, à tout le moins dans ce domaine. Pour le moment, il n'est pas question de se disperser, afin de tenter de réduire la ségrégation qui frappe les femmes, à commencer par celle qui leur interdit de conduire une voiture.

"CONTINUER À RÉSISTER"

Sans parler du fait qu'elles ne sont que 350 000 à travailler, soit seulement 4 % de la force de travail. "On se concentre sur les élections, tempère Mme Al-Fassi. On va continuer à résister car c'est notre raison de vivre. Les élections ne sont qu'un premier pas, ensuite on verra." Cette jeune femme, enceinte de six mois, assure qu'il n'y a pas de "résistance gouvernementale, religieuse ou traditionnelle à leur participation", mais qu'il s'agit plutôt d'"un manque de confiance, de paresse et d'imagination de la part de l'administration qui traîne les pieds". "On va se charger de les aiguillonner, de leur faire comprendre de quoi nous sommes capables, car le fond de la question est qu'ils ne veulent pas donner du pouvoir à l'autre moitié de la société parce qu'ils se débrouillent très bien entre eux, et veulent continuer ainsi. Aucune femme ne fait partie des organes de décision. Notre voix n'est jamais entendue et on veut la faire entendre car nous avons un tas de projets pour les municipalités", ajoute-t-elle.

Auront-elles plus de succès que les 47 femmes qui, le 6 novembre 1990, avaient défilé pendant une demi-heure dans les rues de Riyad au volant de quinze voitures pour protester contre l'interdiction de conduire ? Elles furent toutes arrêtées, privées de leur travail pendant plusieurs années et la cible d'attaques permanentes. Aujourd'hui, la question est toujours taboue.

Pour le droit de vote, en revanche, il n'y a pas d'opposition frontale, mais les autorités préfèrent temporiser de peur de compliquer davantage la consultation qui s'annonce, et pour que celle-ci soit un succès. En 1963, alors que le scrutin ne s'était déroulé que dans la partie occidentale du pays, les résultats ne furent jamais publiés.

Prévues pour novembre, ces élections municipales ont été repoussées en février 2005. "Nous partons de zéro, explique Ihsan Bu-Hulaiga, membre du Conseil consultatif (Majlis al-Choura), organisme désigné par le pouvoir. Il faut donc procéder graduellement car il faut tenir compte des réalités dans une société conservatrice, et nous ne voulons pas que le processus échoue. Quatre ans, ce n'est pas long à attendre, et le projet sera mieux prêt pour que la meilleure moitié du pays y participe."

Michel Bôle-Richard

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-383805,0.html
Mis en ligne le 21/10/04

 

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Vendredi 3 mars 2006 5 03 03 2006 13:19

Les femmes «imams» arrivent au Maroc

 Les 50 premières mourchidates seront diplômées en avril. Formées comme des imams, sans en avoir le titre, elles auront essentiellement une mission d’encadrement. De la prison à l’usine en passant par Internet et la télévision, leurs domaines d’action seront multiples.


Elles sont cinquante et elles devraient recevoir leur diplôme du ministère des Habous et des affaires islamiques en avril prochain. Qui sont-elles ? Des «mourchidates». Derrière ce terme inhabituel, quoique tout sauf récent, se cachent des femmes qui se verront bientôt attribuer un rôle clé dans le culte musulman au Maroc.

Destinées à jouer un rôle «d’encadrement, d’orientation, d’information et de sensibilisation religieuse», selon le ministère, ces femmes devront s’atteler à rattraper «les carences observées en matière d’intégration de la question de la famille et de la femme dans la stratégie de sensibilisation religieuse» au Maroc.

Pour cela, les mourchidates devront «contribuer à l’activité cultuelle, culturelle, sociale et dans les mosquées», en participant «à la préservation de l’unité religieuse de la société et de sa cohésion», «enseigner le Saint Coran» et «donner des cours d’alphabétisation» ; autant de missions qu’elles accompliront essentiellement auprès des femmes, mais aussi des jeunes. En somme, elles feront pratiquement tout ce que font les hommes, mais elles ne pourront diriger la prière.

Destinées à renforcer l’encadrement religieux au niveau local (délégations des Affaires islamiques et conseils locaux des oulémas), les mourchidates seront embauchées dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée avec l’Etat, avec un statut similaire à celui d’un fonctionnaire à l’échelle 10, explique Abdelaziz Derouiche, directeur des mosquées au ministère des Habous et des affaires islamiques.

Pourtant, la diversité des milieux auquels elles seront affectées - de la prison à la télévision en passant par l’usine ou Internet - et le profil des personnes concernées montrent qu’elles sont loin de constituer de simples assistantes religieuses : triées sur le volet du début à la fin de leur formation, elles auront été sélectionnées parmi plusieurs titulaires d’une licence ou équivalent. «Elles auront les capacités requises pour se tenir près des citoyens, notamment les jeunes, et d’être à l’écoute de leurs préoccupations religieuses et culturelles», explique-t-on au ministère des Habous et des affaires religieuses. Une expérience qui devra se répéter tous les ans avec l’octroi de diplômes - sur concours - à cinquante nouvelles mourchidates.

Ce n’est toutefois pas la première fois que l’on voit les femmes imposer leurs marques aux nombreuses mutations intervenues sur la scène religieuse marocaine depuis les attentats du 16 mai 2003. Les mourchidates s’inscrivent dans le cadre de «la mise en œuvre de la nouvelle stratégie du ministère des Habous pour le renouvellement du champ religieux et la préservation de son identité, caractérisée par la pondération, la modernisation et la tolérance», explique M. Derouiche. En effet, participant à la modernisation du champ religieux marocain, ces mourchidates viendront s’ajouter aux alimate - féminin de alem - existant actuellement au Maroc et dont certaines siègent au Conseil supérieur des Oulémas - à l’instar de Fatima El Kabbaj -, au niveau des conseils provincaux des oulémas et de leurs extensions locales. Elles mettront ainsi un pied dans un territoire qui, depuis plusieurs siècles, semblait relever exclusivement des hommes.


Une vraie fausse innovation

Cette situation est-elle révolutionnaire pour autant ? Pas vraiment : entamée à la suite du discours royal du 30 avril 2004, prononcé devant les membres du Conseil supérieur et des Conseils provinciaux des oulémas, et où SM Mohammed VI avait appellé à une action au niveau des institutions, de l’encadrement et de l’éducation, cette tendance semble réconcilier le Maroc avec une tradition musulmane ancienne. «Dans la société musulmane, la femme peut être un acteur religieux autant pour les femmes que pour les hommes», indique le député PJD Mohamed Yatim. «Il faut remonter pour cela à la période du Prophète. A l’époque, il n’y avait pas de séparation entre hommes et femmes dans les mosquées, la séparation qu’on a maintenant», explique-t-il.

En effet, parmi les religions monothéistes, l’islam s’est caractérisé à ses débuts par une forte présence féminine dans la transmission du savoir. De l’apprentissage des hadith - où la championnne toutes catégories reste Aïcha, l’une des épouses du Prophète -, à l’enseignement religieux, en passant par l’interprétation ou la calligraphie, nombre de femmes ont émergé au cours des siècles. Certaines, telles Karima al Marwaziyya (morte en 463 H.), spécialiste de Sahih Al Boukhari, Fatima Bint Muhamad (morte en 574 H.), «musnida» d’Ispahan, ou Sitt al Wuzara (morte en 716 H.), calligraphe, ayant elles-mêmes partagé leur savoir avec des classes mixtes qui ont parfois compris des érudits islamiques connus.

De l’islamisme féministe à la mutation du pouvoir
On remarquera cependant une baisse de leur nombre à partir du Xe siècle. «Lorsque la femme a quitté le domaine de l’éducation, quand la société a marginalisé la femme du domaine de l’enseignement religieux [...], la société a décliné, et je dis qu’on s’est éloigné de l’âme véritable de l’islam», insiste M. Yatim. Cette époque où les femmes ont disparu de l’enseignement religieux correspond à une période de déclin du monde musulman.


Coïncidence ?

Malgré leur absence sur le plan intellectuel et religieux, les femmes resteront actives dans le domaine du culte, particulièrement au Maghreb, où elles seront très présentes parmi les soufis. Beaucoup deviendront des saintes par la suite. Bien plus tard, notamment vers le XIXe et le XXe siècles, la situation sera telle que, en Egypte par exemple, on invoquera la condition de la femme musulmane pour justifier la colonisation du pays, alors que, paradoxalement, l’arrivée de l’occupant britannique entraînera une dégradation de la situation de la femme, remarque le professeur Leïla Ahmed dans son ouvrage Women and gender in Islam : Historical roots of a modern debate» (Femmes et genre en islam : racines historiques d’un débat moderne)...

Malgré l’éclairage historique, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi les autorités marocaines ont décidé de cautionner le retour des femmes sur la scène politique marocaine en lançant un tel projet aujourd’hui. Cherchent-t-elles à surfer sur la vague de la promotion des droits de la femme entamée avec la réforme de la Moudawana, en s’attaquant à la scène religieuse du même coup ? «Il ne s’agit pas d’un processus de féminisation de la scène religieuse», prévient Abdelaziz Derouiche. Et d’ajouter : «Il s’agit, en fait, de faire participer davantage la femme à la mise en œuvre de la stratégie de la refonte du champ religieux».

De source officielle, l’objectif est double : rendre justice à la femme, en faisant confiance à sa contribution positive et sa participation active ; et prendre davantage en considération ses aspirations et les préoccupations dans les stratégies du ministère en matière de sensibilisation religieuse.

Il n’empêche que cette initiative des autorités coïncide avec la montée, à l’échelle mondiale, d’un phénomène nouveau : le féminisme islamique. Après avoir passé des décennies à militer pour avoir leur mot à dire, et ce au nom de la modernisation, de plus en plus de femmes cherchent désormais à «réformer l’islam de l’intérieur», investissant progressivement le terrain religieux - essentiellement via les médias - quitte à provoquer la polémique. On verra ainsi des personnes comme Amina Wadud, professeur d’études islamiques à la Virginia Commonwealth University, provoquer un scandale en dirigeant une prière - mixte - à New York, en mars 2005. Elle récidivera à Barcelone, en octobre dernier, à la suite de son intervention au premier Congrès international du féminisme islamique (sic !).

C’est «une tendance qui reflète un changement dans la nature du pouvoir», explique Fatéma Mernissi. «Ce ne sont pas les acteurs qui ont changé mais l’échiquier lui-même», prévient-elle. L’auteur, qui a abandonné les discussions sur les femmes en islam pour se dédier désormais à la révolution numérique déclenchée par l’arrivée des nouvelles technologies (satellite, internet, etc. ) dans le monde arabe, explique qu’aujourd’hui le pouvoir n’est plus fondé sur la force mais sur la capacité à communiquer, à faire de l’autre un allié au lieu de chercher à l’éliminer. Cette mutation du pouvoir imposant désormais le recours à tous les cerveaux disponibles, insiste-t-elle, les barrières historico-culturelles traditionnelles séparant hommes et femmes n’ont donc désormais plus lieu d’être, y compris au niveau religieux. Une situation qui concernera particulièrement nos mourchidates, étant donné leur mission axée sur la communication

Contribuer à l’activité cultuelle, sensibiliser dans les mosquées, enseigner le Coran, alphabétiser,... des missions que les mourchidates accompliront auprès des femmes et des jeunes, sans toutefois pouvoir diriger la prière.


Une sélection impitoyable

Pour obtenir leur diplôme, les mourchidates seront passées par le parcours du combattant : de nationalité marocaine, elles devront être âgées de 45 ans au plus à la date de conclusion du contrat de recrutement, jouir de leurs droits civiques et être de bonne moralité. Le plus intéressant dans l’affaire est qu’elles devront aussi être titulaires d’«une licence ou de tout autre diplôme reconnu équivalent», avec mention, s’il vous plaît.

Sélectionnées sur la base d’un examen oral, leur formation sera très proche de celle des 150 futurs imams - hommes - participant au même programme puisque les deux groupes suivront une formation en «Sciences islamiques», «Fondement doctrinal et rituel», «Fondement de l’unité nationale» et «Environnement national et international», la formation divergeant dans la mesure où ces messieurs suivront un «enseignement théorique et pratique sur l’exercice du culte islamique dans les mosquées», tandis que ces dames bénéficieront de cours de «Fiqh des femmes».

L’obtention du diplôme final ne relèvera pas de la sinécure non plus puisqu’elle se fera à l’issue d’un concours, 10 des soixantes élèves devant être éliminées, sans espoir de réintégration. Ce sont ainsi 50 femmes qui seront formées tous les ans, et si, au ministère, on n’exclut pas de faire bénéficier les communautés marocaines à l’étranger de leurs services, elles sont considérées pour l’instant comme trop peu nombreuses pour répondre aux besoins du pays. Certaines ayant déjà effectué des stages dans l’audiovisuel, on pourrait les voir bientôt sur le petit écran.

La Vie Eco

Source : http://www.vision-maroc.com/news.php?id_art=1625&rub=Vision+du+Maroc

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Mardi 7 mars 2006 2 07 03 2006 15:49
Royaume-Uni (Action)
Manifestation de soutien pour les femmes iraniennes, et notamment les lesbiennes

L'Organisation pour la libération des femmes d'Iran a annoncé qu'elle manifesterait, demain, mercredi 8 mars, à Londres, pour les droits des femmes et contre les crimes dont elles sont victimes, rapporte le site d'information Pink News. Elle entend ainsi, à l'occasion de la Journée internationale des femmes, appeler à l'interdiction du voile en Iran, mais aussi dénoncer la peine de mort pour relations homosexuelles ainsi que les peines relatives à l'adultère. Cette action est soutenue par le groupe britannique de défense des droits LGBT OutRage!. «Aucune liberté ne vaut la peine si elle n'inclut pas la liberté des femmes, a expliqué Peter Tatchell, porte-parole de l'organisation. L'Iran ne sera jamais complètement libéré tant que des femmes seront asservies par des hommes et des mosquées. Nous applaudissons le courage des militantes iraniennes qui se battent contre la misogynie cléricale. Leur campagne pour les droits des femmes, en dépit des menaces de prison et de meurtre, est héroïque et donne des inspirations.»



par Habibou Bangré

Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=9172

 

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 03 2006 16:19

Excellent article, merci Misfit ;))


Je crois cependant que cet article oublie quelques points non négligeables :


-> l'UMP a coupé les subventions aux associations. Les associations féministes souffrent particulièrement de cette mesure qui les empêche de mener des actions efficaces, de faire des campagnes de sensibilisation médiatique, d'organiser des manifs, etc ... ce qui, a pour conséquence directe de nuire à la visibilité du mouvement et donc rendent ses appels plus lointains.


-> Cet article classe, à tort ,  Elisabeth Badinter parmi les féministes. Or elle n'a jamais été féministe.


Voici une lettre ouverte féministe  adressée à Elisabeth Badinter à propos de son livre "Fausse Route" : 

 


"Texte de la Fédération Nationale Solidarité Femmes en réponse au livre d'E. Badinter : "Fausse route" (juillet 2003)

 
LETTRE OUVERTE A ELISABETH BADINTER,

Vous publiez un ouvrage largement présenté dans les médias, contrairement à la plus grande partie de la littérature féministe, qui nous a particulièrement surprises par ses approximations avec la réalité, sa présentation caricaturale de ce que seraient devenues les féministes aujourd'hui !

 

 

 

 Quelles sont vos sources ? A quels ouvrages ou pratiques précises faites-vous référence ? Réduire le féminisme actuel à un courant « victimiste » relève au mieux d'un manque d'information sur ce qui se passe dans le mouvement des femmes aujourd'hui. Citons par exemple le 3eme Colloque international féministe francophone qui a rassemblé plus de 800 personnes à Toulouse en septembre 2002 pour ne citer qu'un des moments révélateurs de la vivacité, de la diversité et de la pertinence des recherches et des pratiques féministes où justement les conceptions universalistes et naturalistes continuent à « s'affronter » et à alimenter des débats qui existent depuis le début du mouvement de libération des femmes et qui ne sont pas près de s'arrêter !

Vouloir enfermer la pensée féministe dans une ligne unilatérale est une véritable mascarade intellectuelle ! Le féminisme étant par essence pluriel, au grand dam de certains médias qui annoncent régulièrement sa mort prochaine ! Y compris chez les universalistes dont vous vous réclamez, la réflexion est riche d'apports contradictoires.
Oui, depuis 30 ans le mouvement social féministe est un laboratoire d'idées, d'expériences où se confrontent des théoriciennes, des chercheuses, des salariées de tous les secteurs professionnels (éducation, santé, exclusion, justice...) des citoyennes qui tentent de répondre à la question « qu'est-ce que la libération des femmes change dans notre vie de tous les jours, dans notre rapport aux hommes, aux autres femmes, aux enfants ? » Eh bien, cela change beaucoup de choses !

 Aujourd'hui de plus en plus d'hommes reconnaissent ce combat et s'impliquent personnellement dans ces changements sociaux tant dans leur vie publique que dans leur vie privée.

 Au cœur de ces changements, le combat contre les violences, le droit pour chaque femme, à la maison comme dans l'espace public, à son intégrité morale et physique.

Reconnaître que des hommes de n'importe quel milieu culturel peuvent aujourd'hui en France abuser (physiquement, moralement, sexuellement... ) de leur compagne ce n'est pas dire que « tous les hommes sont des salauds », c'est simplement constater que malgré les énormes progrès de la condition des femmes dans les pays occidentaux, malgré l'égalité des droits, il reste un « noyau dur » de l'oppression autour du corps et de la sexualité des femmes.

Affirmer cette évidence (les chiffres parlent d'eux-mêmes ! ! !), ce n'est pas comme vous l'affirmez, Mme Badinter, faire du séparatisme entre les hommes et les femmes, c'est mettre à plat tous les éléments d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes ! À moins que l'on considère qu'il y a un « intime » à préserver entre les hommes et les femmes qui serait en dehors du politique, en dehors des rapports sociaux ? Une nature intrinsèquement féminine ou masculine ?

Vous dites dans votre ouvrage avoir compris des choses sur les violences conjugales en écoutant des hommes battus sur TF1 !

 

 

Elisabeth Badinter, prenez la peine de lire les nombreux ouvrages qui analysent de façon sérieuse la question des violences conjugales, qui touchent à 99 % des femmes. Prenez la peine de rencontrer les associations féministes sur le terrain qui permettent aux victimes de reprendre la parole, leur autonomie.

Prenez la peine de rencontrer les femmes victimes des violences exercées par leur conjoint, venez écouter leur long parcours : un combat de tous les jours pour retrouver dignité et sérénité. Certaines paient cette lutte de leur vie, le savez-vous ?

 

 

 

 

 

 

 

Exagération ? Comment pouvez-vous mettre en doute les chiffres de l'enquête ENVEFF alors qu'elle a été contrôlée par le Conseil national de l'information et reconnue officiellement, pour son sérieux et sa fiabilité scientifique, comme « grande enquête d'intérêt général » ?

Alors venez vous rendre compte par vous-même, venez à notre Fédération qui gère le numéro national « Femmes infos services », écouter les milliers de femmes qui sollicitent notre solidarité, allez dans les commissariats, suivez les équipes de gendarmerie ou de police- secours, interrogez les médecins qui interviennent dans les services d'urgence !

Après avoir été un sujet tabou pendant 20 ans, la question des violences faites aux femmes va-t-elle tomber dans la trappe du déni largement orchestré par certains médias ? - déni des chiffres et des recherches scientifiques sur le sujet, - déni de la réalité du système prostitutionnel qui est une atteinte à la dignité humaine, - déni du véritable combat des victimes ?

FEDERATION NATIONALE SOLIDARITE FEMMES
32-34 rue des Envierges
75020 PARIS"

 

 

 


http://eleuthera.free.fr/html/4.htm



La position de Sisyphe sur ce livre d'Elizabeth Badinter :


" Le rapport social, individuel et amoureux, entre les hommes et les femmes d’aujourd’hui, paraît, pour les jeunes, une question depassée. Nous sommes, " les historiques ", appellation connotée péjorativement.

Est-ce à dire les hystériques, celles qui s’offusquent des blagues sexistes, qui font remarquer le vocabulaire dégradant pour les femmes, celles qui refusent les images qui servent à la marchandisation du corps des femmes à travers la consommation de n’importe quel produit ?


N’est-ce pas plutôt celles qui s’opposent au machisme et au sexisme ordinaire, celles qui remettent en cause l’ordre établi depuis des millénaires où la répartition des rôles est toujours la même dans une hyper-valorisation du pouvoir patriarcal.


Nous sommes de celles et ceux pour qui la lutte contre les dominations dans le monde passe par la lutte contre la domination institutionnalisée, intimement intégrée dans chacun et chacune d’entre nous ; la domination des hommes sur les femmes.


Notre pensée, les concepts qui permettent de nommer et d’analyser les phénomènes sociaux et politiques, ont été construits par un masculin dominant d’où le féminin a été exclu pendant des siècles. Il a été exclu de notre imaginaire, de l’Histoire, des arts, de la philosophie ? Ce qui a été écrit, édité, enseigné, était le reflet de cette domination, tellement "naturelle " qu’il a fallu " l’hystérie collective des historiques " et de toutes les autres qui ont suivi pour que les partis politiques, y compris la gauche et l’extrême-gauche, se réveillent.


Le système de valeurs dominant du virilisme


Tout le monde en parle mais la remise en cause d’un système de valeurs où prédomine le virilisme menace le système social mais aussi les individu-e-s construit-e-s pour occuper les places que la société leur assigne.


Attention, sauvons les garcons ! titre le monde de l’éducation en janvier dernier. La réussite scolaire des filles menacerait les garcons ? Mais il n’y a rien à craindre, le patronat veille au grain et même si les filles réussissent mieux dans les études, dans les entreprises, les plus bas salaires, les emplois les plus précaires, le chômage, ce sont majoritairement les femmes qui les subissent.


Un exemple : en 2001 les femmes retraitées ont touché 42% de moins que les hommes, elles vont continuer à payer le prix fort dans les nouvelles réglementations prévues par M. Fillon et le Gouvernement RAFFARIN dirigé par le MEDEF. La durée professionnelle des femmes est interrompue par les grossesses, par les congés parentaux, les maladies des enfants. Leur carrière est freinée et se sont souvent elles qui prennent moins de responsabilites afin de laisser libre champ à la réussite sociale des maris. Elles seront donc en difficulté d’atteindre les durées de cotisations sociales imposées.


Les politiques familiales mises en place sont faites pour maintenir les femmes à la maison et les exclure du champ de l’entreprise, c’est-à-dire de l’emploi et de l’autonomie economique qu’un salaire pourrait leur permettre.


Constater n’est pas "victimiser"


Ces inégalités reflètent la situation sociale et professionnelle que vivent les femmes. Rappeler ces faits ce n’est pas nous placer en victimes. Ce n’est pas non plus de la victimisation lorsque nous contestons comment le corps des femmes est traité comme une marchandise par la publicité, la prostitution, le commerce du sexe, le trafic d’organes, le développement abusif des maternités médicalement assistées, etc.


Ce n’est pas de la victimisation lorsque nous constatons que tous les cinq jours, en France, une femme meurt sous les coups de son compagnon. 400,000 femmes frappées chaque année, c’est une tragique réalité ! Il existe aussi des femmes violentes mais 90% des agresseurs sont des hommes. Ce ne sont pas des cas isolés car toutes les catégories sociales sont concernées, tous les courants politiques également.


Regarder ces choses en face, en parler, publier les chiffres, ce n’est pas se poser en victimes, c’est au contraire commencer à se construire.


Le courant réactionnaire qui se situe aussi à la gauche de certaines tendances de la bourgeoisie rose caviar s’est mis en route pour anéantir les luttes que les féministes ont menées, les avancées que nous avons gagnées. La presse donne de la crédibilité à leur prise de position car le pouvoir d’édition lui appartient.


Non, le féminisme n’est pas une fausse route. C’est une route traversée de chemins, dont certains sont sinueux et parfois certains groupes s’y perdent. C’est un chemin en construction constante.


Mais le féminisme n’est pas non plus une lutte secondaire. On ne peut pas revendiquer des changements radicaux dans notre société, on ne pas exprimer une extrême révolte face aux injustices et continuer à perpétuer la répartition des rôles, les comportements stéréotypes, la dévalorisation de ce qui est feminin et la survalorisation des comportements machistes, sexistes et patriarcaux.


La violence faite aux femmes


La mort de l’actrice Marie Trintignan est insupportable comme l’assassinat de toutes les femmes anonymes battues à mort par leur compagnon. L’horreur et l’injustice des vies brisées par la domination viriliste, brutale et violente, est ici augmentée par l’identité, d’une part, de la victime et, d’autre part, de son agresseur.


Marie Trintignan était convaincue de la nécessite de lutter pour l’égalité entre les hommes et les femmes, elle n’hésitait pas à prendre des positions féministes, elle était consciente de la violence sociale et physique que subissent beaucoup de femmes. Cette conscience ne l’a pas épargnée, l’homme qui l’a tuée, comme cela arrive dans beaucoup de cas, s’est révélé extrêmement violent. La majorité des femmes tuées par leur compagnon, leur amant ou leur mari, le sont au moment où elles décident de les quitter. Comme si l’orgueil machiste dans une blessure narcissique extrême ne pouvait accepter de perdre "l’objet" aimé (ou convoité).


Le monde généreux, dans le partage et la justice sociale que chantait Bertrand CANTAT, du groupe Noir Désir, n’incluait pas les femmes. Il n’a pas compris que l’on ne peut pas faire des déclarations contraires à sa propre pratique. Il n’a pas compris que les hommes sont éduqués pour dominer, par la force, par l’argent, par le sexe. Pour sortir de ce conditionnement, un travail colossal, individuel et collectif, est incontournable. Profondément enraciné, il faut d’abord extirper de soi ce conditionnement pour arriver à reconstruire un comportement juste.


Non, nos luttes ne sont pas secondaires, non, les comportements violents des hommes par ailleurs révoltés par l’injustice sociale ne sont pas simplement une contradiction. Ceux qui soutiennent le chanteur ou qui n’osent le remettre en cause, car il a incarné l’expression de leur propre revolte, trouvent l’excuse du crime passionnel et n’analysent pas un système social qui permet aux hommes de s’approprier les femmes jusqu’à la mort.


Nous disions dans les années 80 : " Le privé est politique ", et cette phrase, toujours d’actualité, prend encore plus de valeur aujourd’hui. C’est une duperie que d’avoir des comportements machistes, dominateurs ou violents dans la sphère privée et, dans le domaine de la vie sociale, avoir un discours progressiste, voire révolutionnaire.


Si la place de plus de 50% de l’humanité est une question que l’on pourra traiter plus tard, quand "le principal" sera réglé, c’est que la démocratie, celle qui construit une place égale entre les hommes et les femmes, n’est pas une priorité.


Si les hommes ont peur des nos revendications, s’ils se sentent agressés par nos réussites, si la mise en cause de leurs rôles et comportements dominateurs les affaiblit, alors la justice ne peut pas exister, l’égalité non plus.


Alors, un autre monde n’est pas possible.


Mis en ligne sur Sisyphe, le 12 octobre 2003"


http://sisyphe.org/article.php3?id_article=686


Badinter s'inspire donc des revendications masculinistes pour fustiger le féminisme.


Mais alors qui sont les masculinistes ? Quels sont leurs objectifs ?


"LES OBJECTIFS POLITIQUES DES MASCULINISTES


Que l’on consulte les sites des mouvements de défense de la « condition masculine », les publications féministes d’analyse du masculinisme ou que l’on tape tout simplement « masculism » sur un moteur de recherche, les mêmes thématiques idéologiques clés apparaissent avec une belle constance:

tout d’abord, le masculinisme part d’un postulat : l’égalité des sexes est atteinte pour les femmes. Il s’agit donc désormais de contrer les discriminations vécues par les hommes en tant qu’hommes. Des discriminations que le masculinisme identifie comme les fruits d’un prétendu « excès » du féminisme (mais quand on demande aux masculinistes de dresser une liste concrète de ces « excès », impossible d’en avoir le détail).

ensuite, le paradoxe n’étant pas un souci, l’égalité des sexes n’existe pas : les deux sexes sont complémentaires, les différences hormonales et physiques se répercutant inéluctablement sur les performances intellectuelles et sociales.

le féminisme, en niant le caractère intrinsèque de ces différences, met en danger la société. Le mouvement d’émancipation des femmes est ainsi rendu responsable de diverses « plaies » telles que : le haut taux de divorce, la désintégration des familles, la démission des pères, les grossesses adolescentes, le suicide des hommes, la violence, la société de consommation, la dépendance aux drogues, l’échec scolaire, les prisons surpeuplées, les accidents de la route et l’homosexualité (le masculinisme est violemment homophobe.)

les femmes seraient aussi victimes du féminisme, qui les… « victimiserait » (un discours repris d’ailleurs par certaines femmes, telles que Elisabeth Badinter dans « Fausse route » ou la juriste Marcella Iacub) et les éloignerait des sentiers de la séduction entre hommes et femmes pour réduire les rapports entre les deux sexes à une lutte permanente. (Peu importe que cette lutte soit, d’une part, légitime au vu des inégalités persistantes, et au surplus pacifiste, contrairement aux violences organisées par les mouvements masculinistes, telles que : harcèlement des juges aux affaires familiales, lettres piégées, intimidation organisée contre les mères divorcées en procédure judiciaire…).

L’impact du féminisme est d’autant plus fort et ravageur que ses idéologues auraient infiltré l’Etat et gouverneraient désormais le monde occidental (le « complot féministe »). Grâce à ce succès politique, le féminisme (appelé aussi « fémi-nazisme ») édicterait aujourd’hui des lois violemment anti-hommes, visant à renverser le Patriarcat, voire à instaurer un Matriarcat.

Pour redresser la « situation », les mouvements masculinistes ont donc élaboré des stratégies efficaces de lobbying auprès des différents gouvernements et Parlements, de façon à obtenir des lois qui restaurent l’ordre naturel des choses et mettent fin à la discrimination vécue par les hommes. Usant du capital de sympathie que la société porte au moindre père s’occupant ou prétendant s’occuper de ses enfants, ils ont mis en œuvre une série de chantiers législatifs. Que ce soit chez "paPPa" ou "Vateraufbruch für Kinder en Allemagne", "SOS Papa" ou le "Mouvement pour la Condition Masculine" en France, "Fathers 4 Justice" en Angleterre, "Lone Fathers Association" en Australie ou "L'Après-rupture" au Canada, l’agenda est partout le même :

instaurer la notion de couple parental quand le couple conjugal se défait

réformer les lois sur le divorce

contester les accusations de violences conjugales ou d’abus sur enfants

alerter sur les dangers que représentent les familles monoparentales pour les enfants

questionner l’impact de la mixité sur les résultats scolaires des garçons (inférieurs à ceux des filles depuis plusieurs années)

introduire le principe de co-décision en matière de droits procréatifs

combattre la discrimination sexiste en politique


A priori, une profession de foi tout ce qu’il y a de plus politiquement correct. Il faut descendre dans les corps des articles, des revendications, des déclarations, pour découvrir le sens que donne le mouvement masculiniste à ces propositions, à savoir:

que le couple parental est entendu avant tout comme un outil pour maintenir le contrôle sur l’ex-conjointe via l’enfant, intervenir à-tout-va dans la moindre de ses décisions, alors même que, statistiquement, c’est bien la mère qui assume l’essentiel des soins aux enfants. « Résidence-Alternée », l’une des associations qui défend les droits des pères en France, écrit ainsi : « Un parent se retrouvant, volontairement ou non, seul responsable au quotidien de son enfant, n’a plus ni repère ni contrôle venant de l’autre parent », situant donc la notion de coparentalité comme « contrôle d’un parent sur l’autre ». L’idéologie du couple parental indissociable, même après divorce, est sévèrement remise en question depuis peu, notamment par le sociologue Benoît Bastard, sociologue au CNRS (2004).

que l’objet principal de la réforme du divorce est d’abroger le divorce pour faute, éliminant ainsi la reconnaissance au moment de la séparation des violences qui la justifient. Ceci alors que 50% des demandes de divorce s’inscrivent précisément dans un contexte de violence conjugale. Le second objectif étant l’élimination de toute pension, compensatoire pour les épouses (moins de 15% des divorces en France) ou alimentaire pour les enfants (66% ne sont de toutes façons pas ou peu payées en France).

que la lutte contre les « fausses allégations de violences » vise dans les faits à museler les victimes, de sorte que leur parole soit d’emblée entachée de suspicion, que les tribunaux notamment en viennent à interpréter toute accusation comme un subterfuge pour gagner une pension alimentaire plus élevée, par exemple, et non comme un appel au secours de la part d’une mère cherchant à se protéger elle-même ou son enfant. L’association l’Après-Rupture, au Québec, propose la solution suivante en cas d’accusation de violence de la part d’une épouse : « Moi je suggèrerais de mettre tous les deux en prison pendant un mois, le père et la mère tous les deux, comme ça on est sûrs de ne pas se tromper. Ils vont peut-être se calmer, il y en a un qui va comprendre ou l’autre va…hein ? Il y en a un qui ment et l’autre qui dit la vérité, et bien on va faire le juge, on met les deux en prison pendant un mois. Moi je leur dirais : "Ecoutez, moi je ne vous crois pas ni l’un ni l’autre mais je vous condamne tous les deux". Faisons un cas d’espèce, un cas modèle là pour envoyer un message clair. Les juges devraient faire un cas d’espèce, envoyer un signal à la population, c’est leur rôle. »

que la stigmatisation des foyers monoparentaux, à 80% féminins, tend surtout à dissuader les épouses de quitter le foyer. En effet, alors même qu’elles assument seules la charge financière, le travail et le soin nécessaire aux enfants, les mères isolées sont retenues coupables de toutes les souffrances sociales des enfants (délinquance, drogue, échec scolaire). On sait pourtant que ces phénomènes ont pour origine première la pauvreté dans la quelle vivent les foyers monoparentaux. Mais en incitant l’Etat à couper les allocations pour parent isolé (des tentatives en ce sens sont en cours en France et au Québec), en refusant de payer les pensions alimentaires aux enfants, le mouvement masculiniste atteint son but : dissuader les femmes de quitter le foyer. L’un des responsables de l’association « La condition parentale et familiale » à Grenoble, déclare ainsi : « Quand dans un pays vous voulez financer une politique nataliste, que l’on veut créer plus d’enfants, on va donner des incitations financières, donner des subventions aux familles qui ont plus d’enfants que d’autre, et ça fonctionne. Aujourd’hui, le simple fait de donner des subventions, des pensions, des parts contributives, des aides, toujours au même groupe social lorsqu’il se sépare, ne fait ni plus ni moins que de l’inciter à ce type de séparation. Je dirais que nos pays en Europe auraient décidé de financer la séparation des ménages, la fin du couple traditionnel et la montée des familles monoparentales, je crois qu’il ne s’y seraient pas pris autrement, parce que c’est réellement des incitations des femmes effectivement à se séparer »

que le discours sur le décrochage scolaire des garçons correspond en fait à une inquiétude en terme d’embauches. En effet, la supériorité scolaire des filles impliquerait un accroissement des embauches féminines aux postes les plus rémunérateurs. Une perspective inacceptable pour le mouvement masculiniste. Aussi, plutôt que de s’interroger sur le succès des filles en dépit d’un système éducatif qui demeure largement androcentrique (voir « le diktat culturel »), le masculinisme prône le retour à la non-mixité scolaire. Objectif : créer des écoles distinctes pour les garçons, dont on peut imaginer que les meilleurs professeurs assumeront l’enseignement, recréant ainsi un enseignement à deux vitesses couronné fatalement par des diplômes de valeur inégale. Triste pour les filles, triste aussi pour nos garçons : avec 10 ans d’avance, et sous l’impulsion masculiniste, l’Australie a en effet tenté la voie de la non-mixité. Le verdict est tombé l’an dernier sous la forme d’un rapport gouvernemental : les grands perdant de cette affaire sont… les garçons, dont les résultats plongent encore plus bas que dans les écoles mixtes !

que la co-décision en matière de conception ne signifie nullement la prise en charge par les hommes d’une contraception dont les effets délétères sur l’organisme féminin sont désormais amplement documentés. Il s’agit en fait de l’instauration de principes juridiques visant à restaurer le contrôle masculin sur le ventre féminin. L’avocat de Steven Hone, jeune homme anglais qui en 2001 avait intenté une procédure judiciaire pour empêcher sa maîtresse (qui venait de le quitter) d’avorter, déclare: « La vérité c’est que les pères n’ont que des droits très limités dans la législation actuelle, certains diraient même qu’ils n’ont aucun droit. Malheureusement, c’est du moins le point de vue des pères, les pères ont en revanche de lourdes obligations vis-à-vis des enfants, et c’est ce que des gens tels que Steven Hone estiment totalement injuste. Les pères doivent payer pour leurs enfants, et s’en occuper. Nous pensons que c’est une bonne chose, que ces obligations instaurent un sens des responsabilités chez les pères, mais en même temps, si nous voulons qu’ils assument ces responsabilités, alors il faut accepter que les pères aient leur mot à dire sur les grossesses ». Car, entre parler à son mari/compagnon de son intention de poursuivre une grossesse, ou d’avorter, et se voir imposer par la loi une concertation préalable à tout avortement ou maternité, il y a plus qu’un hiatus : il y a franchissement d’une ligne reconnue par la Cour Européenne des droits de l’Homme, qui stipule que tout au long de la grossesse, mère et embryon ne font juridiquement qu’un, et que donc, en vertu de l’habeas corpus, personne d’autre que la mère n’a à décider de la poursuite ou non d’une grossesse dont elle seule assume la charge physique et psychique.

que par lutte contre le sexisme en politique, le mouvement masculiniste entend l’interdiction de tout quota de participation féminine aux listes électorales. Ce qui est sexiste, pour le masculinisme, ce n’est pas que la vie politique et familiale soient organisées de telle sorte que c’est bien entendu à Madame d’organiser la vie du ménage et des enfants avant de se rendre à l’Assemblée. Non, le sexisme, c’est d’envisager comme l’a fait l’Allemagne, des crèches dans les enceintes parlementaires, et d’habituer les électeurs au fait que l’on puisse cocher le nom d’une femme autrement qu’en bas de liste… "Sos Divorce", l’une des plus vieilles associations de défense des droits des hommes en France (1975), écrit ainsi : « Instituer des quotas, nous paraît anticonstitutionnel tant que n'est pas modifié l'article 6 en question qui déclare, nous citons "Tous les citoyens étant égaux à ses yeux -(la loi)-, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents". Il est évident, suivant ce texte, partie intégrante de notre constitution, que le critère de sexe est exclu. Nous considérons qu'un homme ou une femme, placé dans les mêmes conditions, doit avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs, sans aucune discrimination relative à son sexe. Nous nous refusons à porter quelque jugement de valeur sur les différents partis politiques, notre mouvement se caractérisant par le fait que nous ne soucions pas de l'appartenance politique, philosophique, syndicale ou religieuse de nos adhérents ou dirigeants. Mais nous sommes amenés à constater que le parti des chasseurs, représentant une partie importante de la population si on réfère aux scores obtenus aux dernières élections, se verrait alors pénalisé. En effet, nous doutons fort que ce parti ait dans ses rangs autant de femmes que d'hommes. » Autrement dit, pour préserver toutes ses chances au tout petit parti Chasse, Pêche et Tradition, on ne saurait envisager de mesure qui renforce la présence des femmes dans le monde politique… CQFD !

Or toutes ces mesures sont à chaque fois approchées « au nom du père ». Prenons par exemple la question des quotas en politique. On peut lire sur le site de SOS Papa : " Indice de la parité hommes/Femmes en France : 12,3 % de femmes députées, 8,6 % d’hommes ayant la résidence des enfants : 21 femmes députées en trop ?"

La violence conjugale
L’agresseur est systématiquement présenté comme un « père » injustement accusé. Et pour récupérer les subventions chichement allouées aux refuges pour femmes battues, les masculinistes font valoir que les « pères » injustement exclus de leur domicile pour violence conjugale (ainsi que le prévoit la loi autrichienne, allemande, luxembourgeoise, canadienne…) doivent pouvoir bénéficier d’un toit pour continuer à accueillir leurs enfants (dont on sait que 50% sont également battus par ces mêmes hommes violents…).

Abus sexuels sur enfant
Tout « homme » accusé d’inceste est présenté comme un père victime de « fausses allégations ». Un prétendu « Syndrome d’aliénation parentale » (SAP), non reconnu par la psychiatrie officielle, est en ce moment même en passe de conquérir tous les tribunaux européens. Le principe : si un enfant refuse de voir son père ou l’accuse d’attouchements ou de violence, et que cette accusation survient dans un contexte de séparation parentale, c’est très certainement un mensonge. L’enfant est en effet « aliéné » par la mère, qui cherche à gagner le divorce contre le père. Et comme bien entendu la majorité des mères qui découvrent que leur enfant est abusé ou violenté quittent le père, voilà des affaires classées en un clin d’œil. D’autant que les chantres du SAP (notamment le psychologue canadien Hubert Van Ghijseghem, qui donne régulièrement des conférences dans toute l’Europe, y compris dans les écoles de magistrature) offrent une étonnante solution pour « guérir » l’enfant : le confier en garde unique au père. Le fait que la France ait fait l’objet d’un rapport accablant du Commissariat au Droits de l’Homme sur cette question précise ne semble pas remettre en cause la propagation du SAP, dont on trouve explications et références sur tous les sites d’associations de pères en France, Allemagne, Belgique, Canada, Suisse… Leur campagne de désinformation est d’ailleurs très efficace : le chiffre de 50% de fausses allégations a pris dans les médias. Les statistiques des gouvernements canadiens et américains, aux prises avec le SAP depuis plus longtemps que l’Europe, sont pourtant claires : maximum 5% de fausses allégations délibérées d’abus sexuel. Le ministère canadien de la Santé précise d’ailleurs : « Lorsqu’on examine les cas impliquant un litige portant sur la garde des enfant ou sur le droit de visite, on constate que les pères qui n’ont pas la garde ont signalé 43 % de tous les cas de fausses allégations intentionnelles documentées dans l’ÉCI-1998, tandis que les mères ayant la garde des enfants sont responsables de 14 % des fausses allégations ». Mais en ce moment même, la justice française et allemande continue de confier des enfants abusés à leur violeur.

La santé
Les hommes, assurent les mouvements masculinistes, affichent un taux de suicide plus élevé que les femmes. Explication : ce sont des pères privés de leurs enfants, contraints à payer une pension alimentaire, qui sombrent dans la détresse. Conclusion : si l’on veut parer aux suicides des hommes, il faut, d’une part, réduire le nombre de divorces, d’autre part, supprimer la pension alimentaire et, enfin, garantir à tout père, quelles que soient ses compétences et attitudes vis-à-vis de sa famille, un accès inaliénable aux enfants (et, par là même, à son ex-compagne ou épouse). Une démonstration qui fait actuellement fureur au Québec, en dépit des statistiques prouvant que :
1) la pauvreté des mères divorcées est largement supérieure à celle des pères divorcés ;
2) que le taux de suicide des femmes est identique à celui des hommes ; seul diffère le taux de « réussite » du suicide, les hommes optant, construction culturelle oblige, pour des moyens plus virils : armes à feu et accidents de la route volontaires ;
3) que leur précarité psychique s’explique avant tout par l’habitude d’être pris en charge par une femme (ménage, santé, « soins » sexuels, organisation…), et qu’une fois divorcés ils ont du mal à assumer leur statut d’adulte.

Mais dans leur majorité, les médias, très largement objet d’un intense lobbying des mouvements masculinistes (jusqu’à 30 mails et communiqués par jour, constate-t-on au Québec), reprennent leurs arguments sans chercher plus loin. "Sos Papa", en France, a ces 5 dernières années été invité ou interviewé dans 40 émissions de télévision, et fait l’objet de 700 articles de presse. "Fathers 4 Justice" en Angleterre non seulement s’affiche sur les écrans britanniques au moins 2 fois par mois, mais réussit à captiver l’attention d’un nombre incroyable de titres de presse, dont le Times, qui leur a consacré sa couverture pour un grand tour d’horizon des revendications « paternelles » à travers le monde. Der Spiegel, enfin, où écrit celui qui se présente comme le « missionnaire des mouvements des pères allemands », Matthias Matussek, relaie très régulièrement les positions les plus rétrogrades des mouvements de pères en matière de divorce, ou de santé, par exemple.


Jean-Claude Saint-Amant, chercheur en sciences de l’éducation à Québec étudie depuis quelques années l’impact du discours masculiniste sur les décisions politiques en matière de mixité à l’école. Il explique :


« Au Québec les masculinistes sont finalement très peu nombreux, personnellement je les évalue à une vingtaine d’ actifs et autant qui gravitent autour. Mais ils sont extrêmement actifs grâce aux médias électroniques, ils mettent sur pied des sites Internet et investissent massivement les forums de débats. Ils ont ainsi construit tout un système de référencement : on va aller sur un site de droits des pères, à prime abord légitime : on peut se poser des questions sur les droits pères dans la société aujourd’hui, mais très vite les liens vous renvoient vers des sites antiféministes, tels que « Content d’être un gars », au Québec, qui déverse une propagande haineuse contre les femmes, avec des théories du complot où les femmes domineraient dans les médias, domineraient dans la justice, etc., etc...
L’autre façon de procéder, c’est en se servant des médias, c'est-à-dire de faire dire à des personnes autres, avec des mots autres, les choses ou messages qu’ils veulent bien penser. Il y a un certain nombre de personnes dans les medias, qui sont littéralement bombardées de messages internet. On sait que les personnes dans les médias sont pressées, et les mouvements masculinistes se servent de cet aspect, en fournissant souvent une documentation, des chiffres, des statistiques, qu’il faudrait vérifier pour démasquer certaines supercheries grossières. On a pu constater, ici, à l’Université de Laval, qu’ils n’hésitent pas à reprendre des textes d’analyse féministes réalisés par exemple par notre propre faculté et à remplacer le mot homme par femme ! On observe aussi que certaines personnalités, dans les médias et certains hommes et femmes politiques sont ciblés de façon très précise. C’est ainsi que depuis 1 an ou 2 leur influence dans les médias s’est accrue de façon importante, ils sont devenus en fait des interlocuteurs et c’est ce qu’ils souhaitaient depuis années. Je pense par exemple, au Québec et en Australie, à toutes les critiques sur le monde scolaire qui selon eux discriminerait les garçons : l’impact auprès des médias, auprès des parents qui se retournent contre l'école a été énorme.
Il y a enfin un ciblage constant de certains ministères, qui sont bombardés littéralement de messages, en partant du ministre et en descendant tous les échelons hiérarchiques. Et quand je dis bombarder je parle de 10,15,20 messages par jour, que le personnel politique reçoit de la part de ces gens là. On a eu notre ministre des Relations avec les citoyens (le ministère qui chapeaute la Condition féminine) violemment mise en cause. En même temps il ne faut pas se leurrer, ce type de méthode là a ses effets. La réflexion de la ministre sur la place des hommes a été influencée par la prise de position de ces groupes et il y a des risques en fait que des institutions gagnées par les femmes pour favoriser leur émancipation soient perdues. Cette pression constante des masculinistes les plus bruyants, type "L’Après-Rupture" au Québec ou "Sos Papa" en France, crée en définitive une place pour des masculinistes dits « modérés » : mais attention, si la forme employée change (ils ne grimpent pas sur les palais royaux, n’insultent pas les ministres, ne vocifèrent pas dans les manifestations), le fond du discours malheureusement reste le même. »,
nous dit Arte ( http://www.arte-tv.com/fr/histoire-societe/archives/Quand_20des_20p_C3_A8res_20se_20vengent/813706.html )


"QUI SONT LES MASCULINISTES ?


On peut classer les groupes masculinistes en trois catégories : les groupes de défense des droits des hommes, les groupes de thérapie de la masculinité et les groupes conservateurs qui représentent l’extrême droite religieuse. Au-delà de leurs différences, c’est bien leur anti-féminisme ouvert qui assure la cohésion de leur discours, ainsi que leur position contre l’avortement. Voici brièvement ce que chacun d’eux ont à dire sur cette question.


Les groupes de défense des droits des hommes


Ces groupes luttent d’abord pour le droit des pères concernant la garde des enfants et les lois sur le divorce, mais encore, ils militent activement contre les politiques d’accès à l’égalité ou contre les réformes sur le harcèlement sexuel. Ils soutiennent que toutes ces lois sont discriminatoires envers les hommes. Et bien entendu, la discrimination dont ils souffrent serait le fruit du complot féministe, de connivence avec l’État, les juges et les tribunaux pour les priver injustement de leurs droits. Leur discours tourne donc surtout autour de la définition abusive que les féministes auraient donnée de la violence, du sexisme de l’appareil judiciaire et du partage inéquitable des ressources entre victimes et agresseurs dans les cas de violence conjugale. Selon eux, le féminisme aurait non seulement atteint l’égalité entre les sexes, mais aurait même renversé la situation au profit des femmes. Ainsi, tous les problèmes auxquels font face les femmes sont rendus équivalents à ceux des hommes. Par exemple, le fait que les femmes soient majoritairement les victimes de violence conjugale est contré par le fait que les hommes se suicident plus que ces dernières. À cet effet, ils soutiennent que les hommes souffriraient plus qu’avant car le mouvement féministe aurait engendré le mépris des valeurs masculines. Conséquemment, ils font de la revalorisation des comportements masculins un de leurs refrains, ce qui leur permet de déculpabiliser les hommes de leurs comportements agressifs, puisque selon eux, cela relèverait de la nature masculine à laquelle on ne peut rien changer. Ils s’emploient de cette façon à défendre les rôles sociaux traditionnels en les justifiant par des arguments d’ordre biologique.


Ici au Québec, ce courant est incarné par des groupes comme Entraide pères-enfants séparés, Fathers 4 Justice et parmi les groupes les plus connus, l’Après-rupture et le Groupe d`Entraide Aux Pères et de Soutien à l’Enfant (GEPSE).

L’Après-rupture :
http://www.lapresrupture.qc.ca

Fondé en 1998, l’Après-rupture est un organisme sans but lucratif chapeauté par le non moins notoire Gérard P. Lévesque. Ce groupe dénonce fermement «les excès des féministes radicales et ses conséquences négatives dans la société». Il n’hésite pas non plus à décrire le féminisme comme un «apartheid raciste anti-mâle»...

L’Après-rupture traite principalement des échecs scolaires et du comportement social des garçons, du manque d’activités physiques des garçons, de l’absence de modèle masculin et de la valorisation excessive des filles. Rien de moins que la défense de la culture traditionnelle masculine.

Sur la question de l’avortement, laissons M. Lévesque nous éclaircir sur leur position : «Le droit accordé aux femmes de renoncer à leur maternité […] n’est pas accordé aux hommes. Ainsi, à partir de la conception, jamais le père de l’enfant à naître n’aura le droit de renoncer à sa paternité.»

Ce n’est donc pas tant à l’avortement en tant que tel qu’ils en veulent, mais bien au libre choix des femmes. Ce qui les dérange, c’est plutôt le fait inacceptable, à leurs dires, que le père ne puisse imposer une maternité forcée ou une interruption de grossesse forcée. Car si la femme décide par elle-même de garder l’enfant, ce ne serait que pour réclamer de l’argent à l’homme et si elle décide d’avorter, ce ne serait que pour le faire chier...


Ainsi, leur position se distingue de la droite religieuse... quoi que M. Lévesque nous dit bien qu’ «À chaque année, le sacro-saint sacrement féministe de l’avortement assassine près d’un million de fœtus en Amérique du Nord. Cependant si la femme désire se faire vivre par un esclave mâle, elle impose cette vie humaine «sacrée» au vil éjaculateur. Il n’y a pas à s’étonner que la «culture de la mort» féministe soit un danger mortel pour la survie du peuple des Français d’Amérique: mes grands-parents ont eu en 1930, 13 enfants; la Québécoise «progressiste», lorsqu’elle cesse de tuer ses fœtus, accouche de 0.5 enfant. Le féminisme suicide le Québec! »


Ce qu’ils disent, au bout du compte, c’est que l’avortement serait un «meurtre» seulement lorsque c’est la femme qui décide de se faire avorter! Enfin, cette citation démontre clairement que les idées d’extrême droite ont la touche chez les masculinistes... même chez ceux n’appartenant pas au courant de l’extrême droite religieuse. Alors, imaginez!


Dans un autre registre, la question de l’avortement soulève aussi celle de l’immigration. En effet, il s’agit bien «de la survie du peuple des Français d’Amérique» lorsque les masculinistes mettent le débat sur la table. Ainsi, les masculinistes affichent une peur des autres cultures et tiennent mordicus à la tradition blanche catholique si chère à l’extrême droite. Enfin, tant les groupes de défense des droits de l’homme que les conservateurs partagent cette même xénophobie.


Les groupes de thérapie de la masculinité


Ces groupes se concentrent principalement sur la question de la «souffrance» des hommes. Ils organisent des ateliers, des retraites ou des discussions pour les hommes quant à leur rapport à la masculinité. Ici, au Québec, les groupes de thérapie de la masculinité les plus connus sont «Content d’être un gars» et «Entre-gars».


Content d’être un gars:
http://www.garscontent.com


Chapeauté par le masculiniste Yves Pageau, laissons ce dernier nous expliquer d’où vient le nom de son organisme : «À la première personne du singulier, on est toujours un gars. C’est aux yeux d’autrui qu’on est un homme. L’homme est le personnage social et le gars est la personne intime. Contrairement à ce que la misandrie ambiante tente de laisser croire, il n’est pas interdit d’être content d’être ce qu’on est et je rejette la prétendue supériorité morale des femmes.»


Sur leur site, on retrouve le blog de Gérard P. Lévesque, de l’Après-rupture, qui met bien en garde les hommes que «les féministes radicales risquent de gagner la révolution culturelle». Suite à ses inquiétudes sur le contrôle de l’ONU par les féministes, Lévesque annonce que «nous avons passé le point de non retour et que trop d’enfants non-nés ont été massacrés par des avorteuses». Quant à Yves Pageau, il n’hésite pas à parler de l’infanticide que représente l’avortement après quatre mois de grossesse.


Enfin, les groupes des droits des hommes et les groupes de thérapie de la masculinité partagent la même position concernant l’avortement. Ce n’est pas tant ce dernier qui est en jeu, mais plutôt le libre choix des femmes.


Les groupes conservateurs


Ces groupes défendent une vision de la famille traditionnelle et aimeraient bien retourner aux temps où l’Église dominait la vie sociale et politique. Ils justifient les rôles sociaux traditionnels par la bible (catholique ou protestante) et revendique pour l’homme son statut naturel d’autorité et de protection. Bien entendu, ils s’opposent à l’homosexualité.


Ici au Québec, les groupes les plus connus sont Québec-vie et le Parti de la Démocratie Chrétienne du Québec.


Québec-vie :
http://www.cqv.qc.ca


Présidé par Luc Gagnon, Québec-vie est un organisme sans but lucratif. Il a comme mission de cultiver le respect de la vie face à la culture de la mort qui, selon eux, règne au Québec. Malgré les 65 000 sympathisants qu’il dit avoir, Québec-vie est une organisation très faible.


Bien sûr, cet organisme considère les féministes comme ses adversaires. En fait, à cause d’elles, le Québec serait en train de s’auto-génocider en tuant ses enfants! Leur position est donc très claire : l’avortement est u

Par Aliexen - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 03 2006 16:20
Les islamistes inventent leurs féministes
 
Journée de la femme : attention aux contrefaçons !
 

En Occident, les femmes célèbrent le 8 mars, Journée internationale de la femme, sous le signe des luttes pour la parité dans les institutions, toutes les institutions (politiques, économiques, syndicales...), pour l’équité salariale dans le milieu du travail, contre le harcèlement sexuel, contre la violence conjugale, etc.

Elles sont à l’avant-garde de débats qui se posent de manière de plus en plus aiguë et controversée dans la société occidentale : le mariage des homosexuels, l’accès des femmes à la prêtrise, la reconnaissance des « travailleuses du sexe »... Il est vrai qu’on est loin de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges (1791) pour les droits à l’égalité, du Mouvement de libération des femmes des années 60 et du droit à « la pilule bonheur ».

Il est aussi vrai que le féminisme occidental, aujourd’hui, s’interroge : entre les féministes socialistes, les féministes syndicalistes, les féministes radicales (notamment américaines), les féministes essentialistes... les débats font rage sur l’évaluation des acquis de plus de trois décennies de luttes féministes, acquis si contradictoires et déroutants.
En effet, des voix féministes crient au scandale qu’après tant de luttes, les femmes tardent à investir les hautes sphères du pouvoir politique et économique, ce « plafond de verre » qu’elles n’atteignent jamais, le sexisme est loin d’être une pratique marginale, l’égalité face aux tâches ménagères est un « mythe » pour certaines, le savoir et même le langage sont sexistes...
Le féminisme occidental a peur : peur de perdre ses acquis constamment remis en cause par les mouvements d’extrême droite, le grand capital, la déroute économique que l’on sent proche (globalisation oblige) et la montée des fanatismes religieux...

Pendant ce temps, d’autres voix féministes, telle E. Badinter, s’élèvent pour dénoncer les dérives d’un féminisme radical dont les conséquences sociales sont désastreuses : les taux de divorce sont effrayants, l’éclatement de la cellule familiale traditionnelle a vu l’augmentation des familles monoparentales, la dévalorisation et/ou l’absence de modèle masculin, l’hypersexualisation des jeunes filles, la banalisation du sexe... Pire, les femmes, grisées par leurs succès professionnels, sont tout simplement désenchantées !

Bref, le féminisme occidental, après avoir ébranlé les bases du patriarcat, doute !

Dans cette symphonie des incertitudes, les islamistes, tranquillement, ont placé leurs pions au nom, paradoxe des paradoxes, de la démocratie et des « libertés et droits individuels ». Ainsi, naissent les féministes islamistes (ou islamistes féministes) sur les terres des plus grandes démocraties laïques du monde !

Longtemps, ces « féministes » d’un nouveau genre ont surtout activé dans le sillage des mouvements de gauche, souvent « intronisées » au nom de la lutte contre le racisme, de l’exclusion, de la tolérance, du droit à la différence, du multiculturalisme, du dialogue interculturel, etc.
Elles recevaient des appuis et des solidarités qui feraient pâlir n’importe quelle militante féministe des pays « arabo-musulmans ».

Aujourd’hui, ces islamistes féministes (ou féministes islamistes) ont acquis leur autonomie doctrinale et ont acquis suffisamment d’expérience politique et militante pour jouer dans la cour des grandes !

Elles connaissent suffisamment les lois, les institutions et les chartes des libertés et droits des pays occidentaux pour en user à leur profit !

Ainsi, en octobre 2005, s’est tenu à Barcelone, avec l’appui de la région de Catalogne le premier congrès international du féminisme musulman qui a vu se rassembler plus de 400 militantes et intellectuelles « musulmanes » pour expliquer au monde que la religion musulmane n’est pas « essentiellement » oppressante. Mieux, ces féministes qui revendiquent leurs « droits humains » à partir de leur référence musulmane, soutiennent que le dogme musulman n’établit aucune hiérarchie, qu’il permet à la femme de s’instruire, de travailler... et que le croyant musulman est un « genre neutre ».

Ces féministes ont démontré qu’elles ont parfaitement « assimilé » les outils d’analyse du féminisme occidental. D’ailleurs, beaucoup parmi elles, telle que Asma Basra, enseignante dans une université américaine, avouent avoir « une dette » vis-à-vis du féminisme occidental dans ses analyses sur le patriarcat, ses méthodes et moyens d’action.

Dans tous les pays occidentaux, les islamistes féministes passent à l’offensive et réclament plus de droits : le droit au voile, à la séparation des sexes dans les sphères publiques (soins, loisirs...)... Elles soutiennent même le droit aux tribunaux islamiques !

Au même moment, les droits fondamentaux et individuels des femmes peinent à se frayer un chemin dans les pays arabo-musulmans, malgré la pression des institutions internationales, comme le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (ONU).
Les femmes y sont toujours otages d’une religion qui tarde à finir son Moyen Âge et de lois rétrogrades inimaginables en Occident.

Il est à espérer que les féministes occidentales se remettent de leur gueule de bois et sachent où placer leurs solidarités. À moins qu’elles aient besoin, elles aussi, d’un dessin !

En ce 8 mars 2006, je ne peux m’empêcher de penser à toutes les jeunes femmes kabyles, ces bourgeons qui éclosent à l’ombre de la peste verte, à toutes celles qui luttent humblement, avec les « moyens du bord », pour imposer leur respect, leur existence dans un pays de déni.
Acte, certes, dérisoire. Insignifiant. Ainsi vont les petites gens. Les petits peuples !

Louisa

Source : http://www.kabyles.com/article.php3?id_article=1209

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Mardi 4 avril 2006 2 04 04 2006 13:11

Instruire et mourir





Quatre talibans ont poignardé puis décapité un instituteur sous les yeux de sa famille dans une ville du centre de l'Afghanistan. Son crime ? Accueillir des filles dans son école. Ça n'est pas la première attaque de ce genre, notamment dans les régions proches de la frontière avec le Pakistan, fiefs des talibans, où des écoles ont dû fermer faute de pouvoir assurer leur sécurité. Le gouvernement, qui condamne ces violences et se prononce en faveur de l'éducation des filles, fera-t-il en sorte que cela cesse ?

Source : http://www.penelopes.org/xarticle.php3?id_article=6452

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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Mardi 4 avril 2006 2 04 04 2006 13:14

Une unité de police contre les violences familiales à Kaboul



Un centre de lutte contre les violences familiales, c'est une première en Afghanistan, où pourtant les violences faites aux femmes et aux enfants sont devenues un problème de santé publique. Soutenu par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le centre ouvert à Kaboul est rattaché à un commissariat de police, avec cependant une entrée particulière pour préserver la confidentialité. Les intervenantes, des policières afghanes, ont été formées par la Mission d'assistance des Nations Unies. Leur tâche sera rude, car pour la majorité de la population, les violences familiales appartiennent à la normalité. L'UNFPA envisage d'ouvrir des unités similaires dans tout le pays… dès l'obtention de fonds.
Source : UNFPA

Source : http://www.penelopes.org/xarticle.php3?id_article=6451

Par Misfit - Publié dans : Femmes en terre d'islam
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