Texte Libre
La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les sujets qui me tiennent à coeur.
Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.
Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.
Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette artiste.
Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante : sappho4444@hotmail.com
Les actus de Têtu :
La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.
Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus être le relai qu'il était.
A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)
Baba Traore, Ivan, Chulan Zhang... Les décès lors de contrôles se multiplient. Des enquêtes sont lancées, mais ou mènent-elles?
par Par CHLOÉ LEPRINCE
Depuis le mois de janvier, il était sous le coup d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Lorsque les policiers -en civil, raconteront des témoins- lui demandent de les suivre pour vérifier son identité, il prend la fuite. Au bout de la course, les parapets qui protègent les berges du fleuve. Il saute à l'eau. Hydrocution: la Marne était à 6 degrés ce vendredi 4 avril. Il se passe encore quelques minutes avant que les secours ne le repêchent, inconscient. Transporté à l'hôpital à Paris, il décède peu après.
Ce récit, c'est celui du parquet de Créteil, en charge du dossier. Car une enquête a été ouverte et confiée par le parquet à l'IGS, la "police des polices". L'autopsie indique que Baba Traore est mort d'un choc cardiaque lié à la température de l'eau. Brigitte Franceschini, secrétaire générale du parquet au TGI de Créteil, précisait vendredi soir que l'enquête sur la mort de Baba Traoré était "quasi bouclée":
"Si nous constatons une infraction pénale de la part des policiers, nous pouvons décider de poursuivre. Mais les témoignages sont formels et confirment les résultats de l'autopsie: il n'y a pas eu de contact après le contrôle entre les policiers et Baba Traore. Il n'y a aucune trace de violences."
La soeur de Baba Traore, elle, contestait dans la presse, quelques jours après le drame, que son frère ait pu se jeter à l'eau: "Parce qu'il aimait trop la vie."
Des précédents tragiques
L'annonce de ce décès a déclenché un vif émoi dans l'opinion publique. Car l'histoire de Baba Traore entre en résonnance avec celle d'autres sans-papiers, morts après un contrôle d'identité. C'est le cas de ce jeune Congolais qui s'est jeté du deuxième étage de l'hôtel de police, à Lyon, le 4 août. Le cas, aussi, le 20 septembre, de cette Chinoise qui s'est elle aussi défenestrée, boulevard de la Villette, à Paris, lorsque les policiers étaient venus perquisitionner dans un appartement au 1er étage. L'enquête révelera que la police cherchait en fait son logeur dans une affaire de vol. Chulan Zhang avait 51 ans.
C'est aussi le cas d'Ivan, 12 ans, né à Grozny, dont l'histoire a été très médiatisée. Le 9 août, la police réveille cette famille tchétchène en sonnant à la porte de leur appartement d'Amiens. Les parents d'Ivan refusent d'ouvrir, le père panique et décide de passer sur le balcon du voisin du dessous lorsqu'il entend la police défoncer la porte. Son fils veut le suivre. Il tombe. Il passera plusieurs jours dans le comas, puis de longs mois hospitalisé.
Contacté vendredi, maître Lec, son avocat, raconte qu'Ivan a repris les cours au collège à mi-temps et qu'il est en rééducation le reste du temps. Ses parents et lui ont arraché un titre de séjour provisoire d'un an, alors qu'Ivan était encore dans le coma.
A l'epoque, Ivan est le quatrième sans-papiers à passer par la fenêtre en un mois et demi. Là aussi, une enquête a eu lieu. Au pas de course et dans une grande discrétion: Ivan chute du balcon le 9 août, l'IGPN boucle son enquête le 3 septembre. Quelques jours plus tard, le parquet d'Amiens classe l'affaire sans suite. A l'époque, Me Francis Lec expliquait à Rue89 que l'Etat pourrait être inquiété dans cette affaire. Huit mois plus tard, l'avocat précise:
"L'enquête est close et nous ne sommes guère étonnés des conclusions. Mais on peut encore porter plainte contre X pour faire rouvrir l'information judiciaire. Les milieux associatifs qui entourent la famille poussent en ce sens. Devant le tribunal administratif, nous pourrions poursuivre l'Etat. Les parents, eux, ne sont pas encore décidés."
Que se passe-t-il réellement sur place pour qu'on en arrive là?
Ajoutant au désarroi qui va crescendo, les cas se multiplient: le 8 janvier, un autre sans-papiers, Algérien de 26 ans, mourrait en se jetant dans le vide durant une perquisition, en région parisienne. Et l'opinion publique de s'interroger: comment peut-on en arriver à tant de contrôles à l'issue dramatique? Que se passe-t-il réellement sur place pour qu'on en arrive là?
L'ouverture d'une enquête est systématique sitôt que l'affaire débouche sur un décès. Deux autorités peuvent en être à l'initiative: le préfet ou le parquet. Mais ces enquêtes, annoncées très vite après le drame, sont-elles efficaces et crédibles? Vite menées, discrètement closes, elles ne débouchent le plus souvent sur rien.
Contactés cette semaine pour faire le point sur l'enquête, sept mois après la mort de Chulan Zhang, ni l'IGS ni le parquet de Paris n'ont voulu répondre à Rue89. A Créteil, où s'instruit l'enquête sur la mort de Baba Traore, Brigitte Franceschini, la secrétaire générale du parquet, a, elle, accepté de nous parler de l'affaire:
"C'est la toute première fois que nous sommes confrontés à un tel cas. Je sais qu'il y a eu des précédents, et d'autres enquêtes à la clef, mais on n'échange pas, entre parquets. Les autres affaires, c'est par la presse que j'en ai entendu parler."
Une conséquence de la politique du chiffre
Proche de la gauche et ouvertement hostile à la politique actuelle envers les sans-papiers, le Syndicat de la magistrature n'hésite pas à aller plus loin:
"Nous n'avons pas encore de chiffres sur ce point. La question du suicide d'étrangers en centre de rétention ou de décès lors d'interpellation est assez récente. C'est la pression du chiffre qui crée les conditions d'un stress légitime pour les étrangers: ils veulent échapper par tous moyens à la police."
Enfin, outre l'enquêtes administrative, lancée par l'administration concernée, et l'enquête judiciaire, sous le contrôle du parquet, ces affaires peuvent aussi déboucher sur une enquête de la Commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS), sur l'initiative d'un député.
La CNDS rendait justement public, cette semaine, son rapport annuel pour 2007. La Commission, peu diserte par téléphone, concède toutefois du bout des lèvres quelques mots sur ces affaires:
"Oui, nous avons des cas comme celui [De Baba Traoré]. Nous sommes alors en droit d'exiger des pièces émanant de l'enquête judiciare ou administrative, qui existe à côté. Mais nous restons soumis au bon vouloir des gens qui nous répondent: ça peut prendre plusieurs mois, en cas de blocage d'un juge d'instruction, par exemple. Notre appréciation des faits est régulièrement différente de celle de l'IGS, c'est notre raison d'être."
Et la CNDS, qui avait été créée en 2001, de souligner que ses moyens restent très limités "pour une bonne raison: lorsqu'il y a un décès, il nous manque un témoignage crucial, celui du mort!"
Source : http://www.rue89.com/2008/04/14/morts-de-sans-papiers-ou-en-sont-les-enquetes
NOS ENFANTS SONT FICHÉS, ON NE S’EN FICHE PAS !
LES SIGNATAIRES DE CETTE PÉTITION NATIONALE RÉCLAMENT LA SUPPRESSION IMMÉDIATE DE LA BASE ELEVES
Bientôt, tous les enfants en âge d’être scolarisés qui résident en France seront fichés dans le système Base élèves 1er degré. Elaboré en l’absence de tout débat démocratique sur sa finalité, son fonctionnement, ses possibilités de croisement avec d’autres fichiers (police, justice,…), il est en voie de généralisation sur tout le territoire, après une simple déclaration à la Cnil le 24 décembre 2004.
Sa mise en place rencontre de fortes oppositions de la part de parents d’élèves – mais nombre d’entre eux ignorent jusqu’à son existence –, d’enseignants, d’associations et d’élus. Des conseils municipaux se sont prononcés contre ce fichage, des parents le refusent, des directeurs d’école sont opposés ou réticents (ils sont alors soumis à de fortes pressions de leur hiérarchie)… mais rien ne semble pouvoir arrêter une administration qui minimise les dangers du système.
Des informations sur les enfants et leurs familles qui, jusqu’à présent, ne sortaient pas de l’école, deviennent partiellement accessibles aux maires, et remontent jusqu’à l’échelon académique, et même au niveau national avec un identifiant (la liste des informations se trouve en Annexe). Ces données transitent via Internet. Personne n’a oublié le scandale de juin 2007 qui a mis en évidence l’absence de sécurisation – tout un chacun pouvant avoir accès aux données personnelles des enfants et de leurs familles.
La plupart des données individuelles nominatives seront conservées quinze ans. La finalité affichée du traitement est d’« apporter une aide à la gestion locale des élèves, assurer un suivi statistique des effectifs d’élèves et permettre un pilotage pédagogique et un suivi des parcours scolaires ».
Mais dans la mesure où il va ficher tous les enfants – y compris ceux qui sont scolarisés dans leur famille – l’une des utilisations vraisemblables de ce système se trouve dans la Loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007. Cette loi place le maire « au centre de la politique de prévention » avec de nouveaux pouvoirs, en le faisant notamment bénéficier de la notion de « secret partagé » avec différents acteurs sociaux. Les enseignants sont associés à ce dispositif de contrôle social : l’article 12 de la loi modifie le Code de l’Education en précisant que les établissements scolaires « participent à la prévention de la délinquance ». Base élèves se situe donc dans la droite ligne du rapport Benisti qui, pour prévenir « les comportements déviants », préconise la détection précoce des troubles comportementaux infantiles dès la crèche…
Sous la pression d’un mouvement de protestation de parents d’élèves, d’enseignants et d’organisations de défense des droits de l’Homme, le ministère a annoncé le 5 octobre 2007 la suppression des champs relatifs à la nationalité (Annexe note(2)) – tout en maintenant le lieu de naissance.
Pour l’enfant, individu en devenir, toute information sortie de son contexte peut être source de discrimination. Confier autant de données personnelles à une administration qui pourra les faire circuler par Internet et les utiliser à des fins qui ne sont pas précisées, nous semble dépasser ce qui peut légitimement être exigé des familles. L’école doit rester un lieu protégé, un lieu où l’enfant doit pouvoir se développer sans être enfermé dans son passé.
Convaincus que les libertés individuelles sont trop importantes pour être abandonnées au bon vouloir des gouvernements et des administrations, nous demandons la suppression définitive du système Base élèves et des données déjà collectées.
Pétition mise en ligne à l’initiative du CORRESO (Collectif Rennais de Résistance Sociale), le 22/01/2008.
Texte finalisé par Line Lucas et Hélène Auneau (Rennes), Mireille Charpy (Grenoble) et François Nadiras (Toulon).
Liste des premiers signataires
Liste des organisations-collectifs-syndicats-associations-écoles signataires
Contact : be.petition@yahoo.fr
Source : http://petition.bigbrotherawards.eu.org/Texte-de-la-petition-NOS-ENFANTS-SONT-FICHES-ON
21 Mars 2008 Par Mathilde Mathieu
«Cette décision, prise en catimini, risque de déclencher un conflit majeur avec les professeurs du public, prévient Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Nous n'accepterons pas que l'Etat supprime des postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons de faire grève, je le rappelle, contre la liquidation de 11.200 postes à la rentrée prochaine ! La dernière fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser le privé, un million de Français sont descendus dans la rue...».
Critiquée pour sa concentration dans les centres-villes et sa mixité sociale défaillante (deux fois moins d'enfants boursiers que dans le public), le secteur privé sous contrat affichait depuis longtemps sa volonté de participer davantage à la lutte contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie un coup de pouce budgétaire, des subsides supplémentaires. «Il faut nous faciliter la tâche», avait soufflé le nouveau "patron" de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, lors de sa conférence de presse de rentrée 2007.
C'est aujourd'hui chose faite.
Si le nombre d'établissements aidés par le « Fonds » reste limité, voire symbolique en 2008, la création de ce dispositif spécifique révèle la volonté présidentielle de faire bouger les lignes, et la détermination de l'école privée à «rénover» - plutôt redéfinir - ses relations avec les pouvoirs publics. «Nous sommes décomplexés», revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé du dossier auprès d'Eric de Labarre. «Nous aussi !», répond sans ambages un conseiller de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale...
Les deux parties viennent donc de trouver un terrain d'entente, sur les contours du Fonds et les modalités de son financement. Sans surprise, les pouvoirs publics verseront aux établissements concernés une subvention de fonctionnement proportionnelle au nombre d'enfants inscrits (le "forfait d'externat") - une contribution obligatoire depuis la loi Debré de 1959. Mais l'Etat devrait également prendre en charge une sorte de "forfait d'internat", dans les cas où les élèves seront hébergés en pensionnat. Une petite révolution, puisque cette subvention particulière n'a jamais été prévue dans la réglementation Debré. En 1984, une loi l'avait exceptionnellement accordée à l'enseignement privé agricole, mais jamais les filières générales n'en avaient bénéficié. Comment le ministère compte-il donc s'y prendre, juridiquement, pour faire passer cette hardiesse ? Ne doit-il pas présenter un projet de loi ? «On regarde, ça n'est pas totalement bouclé», répond le conseiller de Xavier Darcos chargé de donner forme au nouveau dispositif avant le début du mois d'avril.
Par ailleurs, le Fonds assumera la rémunération des enseignants qui travaillent dans cette cinquantaine de classes. Une décision en conformité avec la lettre de la loi Debré, mais en contradiction avec une règle non-écrite, datant de 1985, qui précise que le nombre de professeurs alloués au privé dépend de la quantité attribuée au public. C'est la tradition dite du "80-20" : 80% des enseignants pour le public, 20% pour le privé. Quand le nombre de postes diminue dans le premier, il baisse en proportion dans le second. Une arithmétique déclinée inlassablement depuis plus de vingt ans. Or en créant le « Fonds », le gouvernement ébranle ce principe : les postes affectés à ce dispositif dépendraient d'une ligne budgétaire particulière, et viendraient s'ajouter aux 20% traditionnels. Leur nombre est faible, mais tout de même.
Fernand Girard, l'un des responsables de l'enseignement catholique, ne mâche d'ailleurs pas ses mots : «Le "80-20" n'est qu'une règle coutumière, qui ne figure dans aucune loi. Serions-nous au fin fond de l'Afrique ?! Nous sommes prêts à remettre tout ceci à plat. L'école privée ne travaille pas pour le catholicisme, pas pour remplir les églises, mais pour les jeunes de notre pays.» Dans le magazine confessionnel Famille chrétienne, Eric de Labarre déclarait aussi fin septembre : «Nous n'avons pas l'intention de nous laisser enfermer dans une logique de quotas.» Et glissait, en fin juriste : «La loi Debré est moins contraignante qu'on ne l'imagine trop souvent... ».
La liste des ouvertures de classe soutenues par le Fonds sera donc bientôt fixée. Après que la direction de l'enseignement catholique a lancé en octobre un appel à candidatures, quelque 180 propositions sont remontées des diocèses ou congrégations. Fernand Girard, chargé d'effectuer un premier tri, devait proposer sa sélection ces jours-ci au cabinet du ministre. Parmi les heureux gagnants : sans doute des structures pédagogiques atypiques, dédiées aux élèves décrocheurs, telles que les Orphelins apprentis d'Auteuil ou les Ecoles de production de la région lyonnaise. Plusieurs établissements franciliens de centre-ville devraient par ailleurs inaugurer des annexes en ZEP, tandis que des collèges déjà implantés en banlieue baptiseront des classes supplémentaires. «Tout est ouvert», assure-t-on au cabinet de Xavier Darcos, «à condition que l'accent soit mis sur la mixité sociale. Ce n'est pas un cadeau que nous faisons au privé, plutôt un effort que nous lui demandons, dans le cadre de sa participation au service public d'éducation.» Fernand Girard, emballé, espère pousser l'avantage et précise qu'il demandera l'an prochain au ministère de revoir son plafond de 50 classes...
Mais comment ce projet a-t-il pu s'imposer? Dès 2006, au cours d'une convention UMP consacrée à l'éducation, Emmanuelle Mignon, alors directrice des études du parti, confiait en coulisses: « Il faut trouver un moyen pour que les familles de banlieue puissent bénéficier des savoir-faire des établissements catholiques et d'un vrai choix entre école privée ou publique.» En 2007, Nicolas Sarkozy reprenait l'idée dans son programme présidentiel sans donner de détails, puis la déclinait, une fois élu, dans sa lettre de mission à Xavier Darcos, en deux lignes: « Vous ne dissuaderez pas les établissements privés de s'installer dans des quartiers en difficulté, au contraire »... Le président de la République a finalement reçu les dirigeants de l'école catholique le 7 septembre, pour en discuter: « En ressortant de l'Elysée, on s'est dit : "Cette fois, ça y est ! Il va nous aider". Simplement, on se savait pas encore quelle forme ça prendrait », confie aujourd'hui Fernand Girard. Manquait surtout une opportunité politique, une fenêtre de tir. Le plan "Espoir Banlieues" l'a justement fournie.
Boîte noire
- Depuis une discussion en 2006 avec Emmanuelle Mignon, actuelle directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, j'avais compris que la droite voudrait innover dans le domaine des relations entre l'école privée et les pouvoirs publics. L'idée d'encourager les établissements catholiques à s'implanter en banlieue restait vague, mais commençait à s'imposer.
- En août 2007, alors que j'interrogeais le nouveau "patron" de l'enseignement catholique pour le magazine La Vie, j'ai compris que ce dernier, décomplexé, très fin, très politique, travaillerait rapidement à pousser quelques pions et se pencherait notamment sur le dossier des banlieues, sûr que la guerre scolaire s'était épuisée.
- Après l'annonce en février 2007 de la création du Fonds spécifique par Xavier Darcos, passée relativement inaperçue, j'ai décidé de creuser, imaginant que mes confrères s'y attelleraient aussi. Concentrés sur les dossiers importants de la suppression massive de postes d'enseignants ou de la révision des programmes scolaires du primaire, ils ont laissé le champ libre...
Source : _http://www.mediapart.fr/journal/france/210308/le-gouvernement-va-aider-l-ecole-privee-en-banlieue_
Et les organisateurs de la biennale ont reçu des milliers de courriers. D'autre part, l'association italienne OIPA nous annonce les premières retombées de ce mouvement de protestation : l'artiste présente ses excuses publiques et promet de ne plus jamais refaire un tel acte. Il promet qu'il ne parlera plus de la mort de cet animal comme s'il s'agissait d'une oeuvre d'art.
Les organisateurs de la biennale, inquiets de cette mauvaise publicité, demandent des explications à cet artiste et remettent en cause la légitimité de sa présence durant la biennale.
Plusieurs associations de protection animale étudient un moyen de poursuite judiciaire contre cet homme.
Franco Frattini, Le vice président de la Commission Européenne en personne a envoyé une lettre d'indignation aux médias, demandant entre autres que les portes de l'Europe restent closes à un tel homme. Il est clair que l'on pourra parler vraiment de victoire le jour ou cet homme sera jugé pour ce qu'il a fait.
http://stop.animals.genocid.bleublog.ch/debut-de-victoire-contre-guillermo-habacuc-vargas-le-pseudo-artiste-qui-a-laisse
-un-chien-mourir-dans-une-galerie-dart.html
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Autres actions :
Écrire au Président de la république
du Costa Rica
Écrire aux Organisateurs de la biennale pour que le tortionnaire du chien Guillermo Vargas soit écarté
de la représentation de son pays à la Biennale d'Amérique Centrale 2008. bienalcostarica@gmail.com, info@madc.ac.cr Une autre pétition en ligne : |

En 2007, Guillermo Vargas Habacuc, supposément un artiste, a pris un chien abandonné dans la rue, l'attacha avec une très courte corde au mur d'une galerie d'art et l'a laissé mourir lentement de faim et de soif.
Pendant plusieurs jours, autant l'auteur de cette cruauté tout comme les visiteurs de la galerie d'art ont observé impassible l'agonie du pauvre animal jusqu'à sa mort d'inanition après avoir passé par un calvaire douloureux, absurde et incompréhensible.
Ce n'est pas tout : la prestigieuse Biennal Centroaméricaine d'Art a décidé, de façon incompréhensible, que la sauvagerie que venait de commettre cet individu était de l'art et en conséquence, Guillermo Vargas Habacuc a été invité a répété sa cruauté dans la version 2008 de l'événement. EMPÊCHONS-LE !
Signez cette pétition à cette adresse : http://www.petitiononline.com/13031953/petition.html http://www.petitiononline.com/13031953/petition.html> . Il ne faut pas payer ni s'enregistrer et ça vaut la peine afin que cet homme ne soit pas félicité ni appelé artiste devant un acte cruel, insensible et sadique.
C'est facile et ça ne prend que 10 secondes.
S.V.P. Envoyez ce courriel a tous vos contacts pour essayer d'éviter qu'un autre animal innocent souffre de la cruauté de cet "être humain".
P.S.: Si vous googler le nom de l'artiste, vous verrez d'autres photos de ce pauvre animal et pourrez consulter des sites web sur le sujet.



http://air-libre.org/article38.html
Appel valable pour 2008
En France et au Québec.
Appel à témoignage : La violence dans les couples lesbiens
Cette recherche s'effectue dans le cadre du projet de doctorat en travail social de Vanessa Watremez, sous la direction de Dominique Damant (Université Laval à Québec).
Annonce
Que vous soyez lesbiennes, homosexuelles, femmes hétÃérosexuelles (ou que vous vous définissiez sous un tout autre terme traduisant le fait que vous avez eu une relation avec une personne du mêªme sexe) et que vous êtes au jour d'aujourd'hui ou que vous ayez été par le passé " dans une relation de couple violente avec une autre femme
(violences psychologiques, verbales ou physiques), nous vous invitons à apporter votre témoignage de cette relation afin de permettre de briser le tabou, de développer les connaissances sur ces violences et afin de construire des réponses adaptées à vos besoins. Cette enquête se déroule sur l'ensemble du territoire québécois et français. Elle cherche à rejoindre tout autant celles qui sont ou ont été victimes de ces violences, celles qui en sont ou en ont été l'initiatrice, ou encore celles qui sont ou ont été tout autant que leur partenaire à la fois initiatrice et victime de ces violences. La confidentialité est garantie !
Déroulement de la participation
L'étude prend la forme de récits de vie enregistrés d'une durée de 3h à 4h. Deux ou trois rencontres, d'environ 1h30 chacune, auront lieu en l'espace de un à sept jours : l'une portant sur le lesbianisme et la vie de couple ; l'autre se rapportant sur la ou les relations violentes. La participante sera invitée, lors d'une entrevue individuelle, à faire un récit de sa vie qui pourra aborder les éléments suivants : des éléments d'informations diverses sur la participante et sur son milieu ; des éléments sur les trajectoires
de vie (professionnelle, amoureuse, familiale, etc.) ; des éléments sur son entourage ; des éléments sur les relations violentes et l'aide recherchée et reçue. La participante a la liberté de ne pas répondre à toutes les questions.
Pour cela, contacter Vanessa Watremez :
Courriel : vanessawatremez@yahoo.fr
De France : 06.88.39.27.76 (n° d'AIR-Libre, Association d'Interventions, de Recherches et de Lutte contre les violences dans les relations lesbiennes et les violences à l'égard des lesbiennes).
De Québec : 514-526-2452 (n° du GIVCL, Groupe d'intervention en violence conjugale chez les lesbiennes).
Si vous laissez un message sur le répondeur et si cela est nécessaire veuillez-nous informer des moments où nous pouvons vous rejoindre sans danger pour vous (sans la présence de votre partenaire si besoin été) et/ou, si nous pouvons vous laisser un message sur votre messagerie !
A votre demande, un soutien et un accompagnement vous seront proposés. Ressources à contacter en cas d'urgence ou de besoin :
Le GIVCL au Québec : 514-526-2452 C.P 47577, C.O.P Plateau
AIR-Libre en France : 06.88.39.27.76 airlibre.association@gmail.com
www.air-libre.org
N° d'approbation du CERUL : 2007-061 Date de l'approbation : le 28 mai 2007
Source : http://air-libre.org/article60.html
AIR-Libre
Associations d'Interventions, de Recherches et de Lutte contre la violence dans les relations lesbiennes et à l'égard des lesbiennes.
www.air-libre.org/
06.88.39.27.76
D'avril à juin 2008
Deux rencontres par mois
Lieu : dans le Tarn (accès facilité par le train pour les
Toulousaines et le bus pour les Montalbanaises)
Pour qui ?
Ouvert à toutes les personnes (lesbiennes, gouines, bisexuelles, homosexuelles, femmes hétérosexuelles...) ayant vécu par le passé ou vivant actuellement une relation violente (violences psychologiques, verbales, sexuelles et/ou physiques...) avec une personne du même sexe.
Objectifs
La protection, la dévictimisation, la réparation des conséquences des violences, la reprise de pouvoir sur sa vie, la sortie de l'isolement, l'échange...
Informations diverses
* La confidentialité est assurée.
* La participation est gratuite.
* Une rencontre individuelle avec l'intervenante est prévue avant
l'entrée dans le groupe.
* Intervenante : Vanessa Watremez (sociologue et intervenante sociale).
Contact
airlibre.association@gmail.com
06.88.39.27.76
- s'informer :
http://www.tibet-info.net
- signer la pétition de soutien :
http://www.tibet-info.net/www/Signez-l-appel-a-la-solidarite.html
- manifestation un peu partout en France, dates et lieux :
http://www.tibet-info.net/www/Appel-a-manifester-pour-le-Tibet.html
- quelques photos des régions tibétaines par des membres du photo club de bussy sur notre site :
http://www.bleuvertrouge.com/
A vos clics, urgent ! La pétition sera close vendredi 21 mars !!!!!!!!!
Soutien à Christian Vélot
- Christian Vélot est le chercheur qui est intervenu le 11 mars sur Arte dans le documentaire sur Monsanto, la multinationale étatsunienne détentrice de la majorité des brevets d'OGM. Monsanto fut aussi entre autres le fabricant de l'agent orange, utilisé pendant la guerre du Vietnam. L'agent orange a provoqué de multiples
cancers au sein de la population vietnamienne et chez des soldats états-uniens. -
Trouvant insoutenable qu'en France un scientifique se battant pour éclairer le débat sur les OGM soit pénalisé de la sorte dans son travail (lire mail de Christian Vélot ci-dessous), je vous appelle à faire circuler ce mail le plus possible, au delà de la sphère écologiste que cette problématique dépasse très largement...
La politique ici à l'oeuvre est emblématique de la soumission croissante de la science aux intérêts des firmes privées, avec les dangers que cela représente pour la démocratie. En effet, les chantiers actuels de la
science déterminent les choix de société futurs... Mieux vaut que ces choix restent dictés par des intérêts collectifs.
En l'état actuel de l'organisation de la science, de la politique et de l'agriculture, nous avançons assurément vers une société humaine dépendante des firmes pour l'accès à la nourriture. L'enjeu n'est donc pas anodin.
Notre aptitude à nous emparer de "l'affaire Vélot", comme d'un emblème d'une reprise en main de son destin par la société civile, sera déterminante pour l'avenir. Cela n'engage pas que nous. Mais bel et bien une société et la vision que nous avons de son avenir. Avec à la clé des hommes (nos enfants !) dépendants des puissants pour leurs besoins vitaux comme l'accès à l'eau ou à la nourriture. Ou des hommes libres,
parce qu'ils auront su à temps (et c'est maintenant, c'est nous !) reprendre les rênes de leur vie en ne cédant pas au diktat des multinationales de l'agro-alimentaire qui tentent de museler la recherche afin qu'elle n'ébruite surtout pas les dangers qu'il y a à se nourrir OGM, à breveter le vivant, à vivre dans une société où la
semence, parce que trafiquée, n'est plus... gratuite !
A vos clics de souris les amis ! Que ce scientifique qui mouille la chemise pour ne pas renier la haute opinion qu'il a de son humanité, soit récompensé à la hauteur de ses espoirs...
Bien à vous tous
Nelly Pégeault, rédactrice en chef de la revue Nature & Progrès
Les pétitions à soutenir :
Christian Vélot :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1638
Pierre Méneton :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1641
Véronique Lapides :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1659
-----Message d'origine-----
De : Christian Velot
Envoyé : jeudi 6 mars 2008 18:28
À : Christianvelot@orange.fr
Objet : Ma situation professionnelle et Nouvelle adresse électronique
Bonjour à toutes et à tous,
A l'approche de la date de remise de la pétition me concernant (prévue fin mars), je viens vous donner quelques nouvelles sur ma situation qui n'a pas vraiment évolué. Je suis toujours remercié pour fin 2009, et malgré cela, on me demande toujours de déménager en 2008 (pour implanter dans mes locaux un pôle de biotechnologie), et mon reliquat de crédits qui devait me permettre de fonctionner pour 2008 et 2009 ne m'a toujours pas été restitué.
Suite à une entrevue entre la direction de mon institut et une intersyndicale locale (qui, dans son ensemble, à l'exception de Sud-Recherche et à un moindre degré du SNTRS-CGT, semble plus motivée par le fait de me faire stopper la médiatisation que celui de réellement me défendre) la directrice a précisé qu'elle exigeait que mon déménagement intervienne avant fin mars 2008, que le dossier était désormais entre les mains des instances universitaires et CNRS, et que si la situation n'évoluait pas rapidement, elle était prête à mettre sa démission dans la balance. Je n'ai toujours pas été convoqué par les instances en question et la démission officielle de la directrice semble imminente (même si elle évoque finalement multiples autres raisons).
Je ne sais donc pas du tout dans quelles directions vont évoluer les choses, et je maintiens la pression, d'autant plus que je n'ai plus le moindre crédit de fonctionnement et que je vais très bientôt être complètement bloqué au niveau de mes travaux de recherche.
La pétition me concernant (en comptant les signatures reçues sur la version papier) atteint les 16000 signatures environ. Elle sera remise (avec celles de Pierre Méneton et de Véronique Lapides, deux autres
lanceurs d'alerte pour lesquels vous trouverez toutes les infos sur le site de Fondation Sciences Citoyennes :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?rubrique14 ) fin mars juste avant ou juste après le colloque sur les lanceurs d'alerte qui aura lieu le 27 mars au Sénat (à l'initiative de FSC et de Marie-Christine Blandin)
et dont je vous joins l'affiche en document attaché (merci d'en faire beaucoup de publicité : nous avons une salle de 250 places).
Je précise également que le verdict du procès de Pierre Méneton aura lieu le 13 mars, et que le procès de Véronique Lapides aura lieu le 14 mars.
Par conséquent, pour les pétitions, nous attaquons la dernière ligne droite, et je vous invite à relancer un nouvel appel à signatures.
Voici les liens pour les 3 pétitions :
Christian Vélot :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1638
Pierre Méneton :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1641
Véronique Lapides :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1659
J'en profite pour vous communiquer mon adresse électronique personnelle (qui est opérationnelle dès maintenant) et à laquelle je vous invite désormais à me contacter : christianvelot@orange.fr (mon adresse professionnelle reste bien sûr valable, du moins tant que je suis encore dans l'institut).
Merci encore du fond du coeur pour tout votre soutien.
Christian Vélot
P.S. Merci de relayer et de diffuser ce message le plus largement possible et sans la moindre restriction.
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Pétition pour la liberté et le droit de produire et consommer sans OGM
Source : [etudiantsehess]
Conformément aux conclusions du Grenelle de l'Environnement (1) et aux déclarations ministérielles (2) , nous réclamons:
- un réel moratoire sur les OGM pesticides avec l'application de la clause de sauvegarde (3) sur le maïs Monsanto 810
- une loi qui garantisse la liberté et le droit de produire sans OGM pour les agriculteurs et les apiculteurs
- un étiquetage des produits (laits, oeufs, viandes et poissons) issus d'animaux ayant consommé des plantes GM
Diffusez et faites signer la pétition : http://www.stop-ogm.org/
Si la fronde des laïques tient bon, il renoncera à modifier l’article 2 de la loi de 1905, interdisant de reconnaître ou de subventionner le culte. En revanche, il faudra une mobilisation massive — par exemple à l’occasion de la venue prochaine du pape — pour le dissuader de parvenir au même résultat en coupant la fine membrane existant entre les associations cultuelles (type 1905) et culturelles (type 1901). Car cela reviendrait à autoriser le financement du culte par le biais du culturel. C’est la demande formulée par la Fédération protestante de France, poussée au prosélytisme depuis l’expansion des Églises évangéliques. Un mouvement que Nicolas Sarkozy juge « évidemment positif par son dynamisme et le renouveau dont il est porteur ».
Encore cinq ans et le président de la République française prêtera serment sur la Bible. Tandis que nos banlieues ressembleront au Bronx. Des déserts sociaux, où les Églises évangéliques et les Centres islamiques se disputent le ciel en guise d’espoir.
Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Paru dans Charlie Hebdo (23 janvier 2008)
Source: http://carolinefourest.canalblog.com
Le compromis de 1905 est menacé par les instrumentalisations politiques de toutes parts. D’un côté, l’extrême droite s’en sert comme prétexte pour interdire la construction de lieux de culte musulmans en multipliant les recours administratifs douteux. De l’autre, certains élus locaux cherchent au contraire à contourner la loi de 1905 pour financer la construction de mosquées par clientélisme, au risque de favoriser l’islam politique au détriment de politiques culturelles et sociales en faveur de l’égalité. Les deux jouent un jeu dangereux, dans un contexte où il faut d’urgence cesser d’entretenir la confusion entre la question culturelle et la question confessionnelle, avant de distinguer enfin la question religieuse de la question sociale.
La loi de 1905 en otage
Autant la volonté d’empêcher la construction d’une mosquée, comme à Nice, doit être combattue car elle révèle un impensé raciste et une volonté de maintenir la prédominance culturelle chrétienne. Autant celle de construire des lieux de culte en sus et place de centres sociaux ou culturels sur des fonds publics révèle une incompréhension grave des priorités et menace le vivre-ensemble. Elle trahit l’espoir bien illusoire d’acheter la paix sociale en substituant l’« espérance spirituelle » à l’espérance sociale dans les quartiers populaires . C’est le programme affiché par Nicolas Sarkozy dans La République, les religions, l’espérance , écrit en collaboration avec Thibaud Collin, membre de la Fondation de Service politique, l'un des think-tank du Vatican et de son aile droite (Opus Dei, Légionnaires du Christ etc). Une fois élu, Nicolas Sarkozy a d’ailleurs confié le ministère de la ville et du logement (donc en partie des banlieues) à Christine Boutin, conseillère du Vatican. Son directeur de cabinet, approuvé par la présidence et le Premier ministre, est un intégriste chrétien formé par la Cité catholique (une association prônant la restauration d’une forme de théocratie). Quant à l’homme qu’elle a chargé du dossier des quartiers populaires, Jean-Marie Petitclerc, il est prêtre.
Cette nomination, loin d’être accidentelle, est parfaitement cohérente avec la vision d’une laïcité défendue par Nicolas Sarkozy. Comme ce 20 juin 2005, à l’occasion d’une réunion interreligieuse organisée par l’association la Bible au théâtre de Neuilly sur le thème « Dieu peut-il se passer de la République ? ». « Les religions sont un plus pour la République… ce sont les sectaires qui ont fait de la laïcité une laïcité de combat » a déclaré Nicolas Sarkozy. À l’entendre, la République ne peut pas se passer de Dieu. Surtout dans les quartiers populaires, où le manque de spiritualité sert à expliquer tous les maux. « Nos quartiers sont devenus des déserts spirituels, je ne pense pas que nous ayons quoi que ce soit à y gagner … Si personne n'explique que la vie n'est pas un produit de consommation, il ne faut pas s'étonner que le sens de la vie ne soit pas le même à La Courneuve qu'à Neuilly ». Le ministre revient alors de la cité des « 4 000 » à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), où un enfant de onze ans, Sidi Ahmed Hammache, vient d’être tué par balles lors d’un règlement de comptes entre bandes. « Quand on voit des choses pareilles, on comprend que choisir l'espérance soit une nécessité. » Rien à redire, sauf lorsqu’on sait que chez Nicolas Sarkozy le mot « espérance » veut dire « religion ».
L’opium des quartiers populaires
En Angleterre, cette approche a conduit Tony Blair à miser sur les Frères musulmans pour combattre les salafistes djihadistes. Un faux pari absolu. Puisque les Frères musulmans n’ont aucun impact sur ces ultra-radicaux (qui les prennent pour des mous voire des traîtres) mais diffusent un islam liberticide (sexiste, homophobe et antisémite) d’autant plus dangereux pour le vivre-ensemble qu’il bénéficie désormais de la bénédiction de l’Etat. La France va jusqu’à présent mieux que l’Angleterre de ce point de vue (un musulman anglais sur trois veut vivre selon les lois de la charia, contre 73 % de musulmans français attachés à la laïcité). Encourager les fondamentalistes à remplacer les travailleurs revient à abandonner le terrain aux prédicateurs intégristes, sexistes, homophobes et antisémites et reproduire les erreurs de l’Angleterre. Nicolas Sarkozy ne peut pas l’ignorer, mais il ne veut rien entendre.
En bon ultra-libéral fasciné par les républicains américains, Sarkozy privilégie l’« espérance spirituelle » à l’« espérance sociale » autant par conviction chrétienne que par pragmatisme économique. Les travailleurs sociaux, les associations citoyennes maintiennent un lien social qui fait barrage à l’intégrisme, mais ils coûtent cher en subventions. Or, Nicolas Sarkozy n’y voit qu’un ramassis de petites mafias ayant détourné l’argent de l’État. En novembre 2005, devant le Mouvement national des élus locaux réunis à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), il a fait une déclaration stupéfiante : « Tout l’argent mis par les gouvernements de gauche et de droite depuis vingt ou trente ans dans les politiques de la Ville a été en partie détourné par une économie souterraine qui a pollué l’économie réelle dans ces quartiers. » Les religieux, eux, ne coûtent pas cher… et ils ramènent l’« espoir ». Or le gouvernement a déjà largement creusé les déficits publics au profit des plus riches. Il doit maintenant faire des économies sur le dos des plus pauvres. Autrement dit, en banlieue, s’il doit investir, ce sera pour construire des lieux de cultes et non des centres socioculturels.
La religion au secours de la République
Ira-t-il jusqu’à modifier l’article 2 de la loi de 1905 —selon lequel « l’Etat ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » — pour financer ces lieux de cultes sur fonds publics ? Le débat, en tout cas, aura lieu. Pour l’anticiper, Nicolas Sarkozy a confié une mission de « réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics » à une commission de sages — composée de religieux et de partisans de la nouvelle laïcité.
Sans surprise, la commission dirigée par le professeur Machelon a conclu à la nécessité d’encourager les communes à subventionner directement la construction de nouveaux lieux de culte. Cette réforme pourrait notamment favoriser les passerelles entre la loi de 1901 et celle de 1905 pour permettre aux associations non cultuelles de soutenir davantage les associations cultuelles. Une demande formulée entre autres par la Fédération protestante de France, très demandeuse de souplesse en matière de laïcité depuis qu’elle a admis en son sein les adventistes, et qui vient de nommer à sa tête un évangéliste.
Les conclusions de ce rapport ont reçu le soutien du candidat Nicolas Sarkozy. Dans une tribune intitulée « Pour une laïcité vivante » et adressée à La Croix juste après la sortie du rapport Machelon, le 21 septembre 2006, il persiste : « Il n’est pas juste que les fidèles des confessions en expansion récente sur notre territoire, l’islam sunnite et le christianisme évangélique, rencontrent des difficultés pour pratiquer leur culte. » Un regret déjà énoncé dans La République, les religions et l’espérance, où le fait d’autoriser les pouvoirs publics à financer directement des lieux de culte est présenté comme le moyen de permettre à l’islam de France de rattraper son retard, mais surtout de le couper des influences étrangères. Cette idée séduit, même à gauche, mais repose sur un diagnostic erroné.
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