Texte Libre
La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les sujets qui me tiennent à coeur.
Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.
Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.
Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette artiste.
Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante : sappho4444@hotmail.com
Les actus de Têtu :
La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.
Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus être le relai qu'il était.
A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)
Pour accéder au site du magazine Zero, cliquez ICI
http://citegay.fr/ACTUALITES/GAY/250927/content_visu.htm
|
|
|
|
|
||
| Inde : Un tiers des jeunes ne voient pas de problème à être homosexuel |
28% des Indiens jeunes et urbains âgés de 18 à 35 ans estiment qu'il est acceptable d'être gay ou
lesbienne. C'est ce que révèle une étude publiée samedi 26 janvier dans le quotidien Hindustan Times, au lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy en
Inde. À l'occasion de Republic Day, journée nationale qui commémore l'adoption de la Constitution et la proclamation de la République en Inde, ce journal de référence a commandé un sondage afin
de «savoir qui sont les Indiens, ce qu'ils veulent et ce qu'ils veulent être». À Bhopal, dans le centre du pays, seuls 13% des personnes interrogées ont
répondu par l'affirmative à la question «est-il acceptable d'être gay/lesbienne?» alors que dans les mégalopoles de Delhi et Bombay on atteint
respectivement des scores de 48 et 44%. Deux mois auparavant, l'hebdomadaire India Today révélait que 15% des hommes mariés admettent avoir des fantasmes
homosexuels.
par Sophie Collet
Source : http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=12401
| Revue de presse: «La Chine n'ignore plus les homosexuels» |
Quand les minorités interrogent le «mainstream»: en France comme ailleurs, les revendications identitaires sont l'objet d'âpres débats dans l'espace public.
Revue de presse hebdomadaire.
«Fierté et préjudice»
Et pas n'importe comment: une pleine page, avec une grande photo où deux beaux jeunes hommes chinois s'embrassent fougueusement, et un titre évocateur: «Fierté et préjudice». Une première donc, dans un pays où le gouvernement et son appareil de propagande ont longtemps occulté l'homosexualité, sans parler des persécutions. Serait-ce la perspective prochaine des Jeux Olympiques de Pékin qui aurait fait bouger les lignes? En tout cas, le journal chinois a décidé «d'offrir à ses lecteurs» les témoignages de trois homosexuels chinois qui racontent leur histoire et leurs difficultés à vivre leur sexualité dans un pays où l'homosexualité est taboue: Tong Ge, un écrivain de 57 ans qui était auparavant marié; Ruo Zhe, l'auteur du premier portail internet gay de Chine (www.gztz.org), âgé de 33 ans; et une jeune lesbienne de 26 ans (qui témoigne sous anonymat). Enfin, le quotidien raconte plus largement les difficultés d'une communauté estimée par les autorités «entre 5 et 10 millions de personnes» dans une société très traditionnelle, dans laquelle «les homosexuels risquent de perdrent leur emploi et de s'éloigner de leur famille et de leurs amis».
«Le sexe sans risque était impossible»
Tong s'aperçut de «son orientation» en pleine révolution culturelle (1966-1976), et ne pensait pas alors qu'il y avait «une définition pour ce comportement». Il ne découvrit qu'au milieu des années 1970 qu'il y avait des «lieux secrets» comme des parcs et des bains publics où se rencontraient les homosexuels: «Le sexe sans risque entre eux était impossible, car les préservatifs étaient seulement distribués aux couples mariés par les offices de planification familiale dans les unités de travail»… De son côté, Ruo confie qu'il se sentait comme un «monstre» puisque la législation chinoise considérait que l'homosexualité était «un enfermement mental», et ce jusqu'en 2001: «C'est seulement en consultant les sites internet étrangers que je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul gay dans le monde», explique-t-il. En 1998, il décide de lancer le premier site web pour les gays chinois. Et les choses bougent. Depuis six ans, il vit en couple. Ce qui fait dire à El País que «la Chine n'ignore plus les homosexuels». On mesure pourtant à quel point le combat jusqu'à l'émancipation est encore semé d'embûches…
par Marc Endeweld
Source : http://www.tetu.com/rubrique/mag/mag_dossier_detail.php?id_dossier=360
Masculin-féminin, les nouvelles frontières
'emblée, une lycéenne avait marqué le défi. Fin octobre, lors d'une rencontre au sein d'un
établissement scolaire, l'élève avait ainsi interpellé les organisateurs du 19e forum Le Monde-Le Mans : en intitulant cette manifestation "Femmes, hommes : quelle différence
?", n'avez-vous pas d'ores et déjà pris parti ? Cette façon de formuler les choses ne reflète-t-elle pas un choix foncièrement féministe ?
De fait, toute la difficulté était là. D'un côté, le forum s'était donné pour objet cette évidence vécue : le partage du "féminin" et du "masculin", dont l'anthropologue Françoise Héritier affirme qu'il constitue un alphabet universel, et même "un butoir ultime pour la pensée" ; remettre en "question" la réalité de ce partage, c'était bel et bien s'engager sur un sentier périlleux. Mais d'un autre côté, le forum devait rester fidèle à sa vocation philosophique, ne pas se laisser entraîner vers un terrain purement polémique, au moment où les enjeux sexuels reviennent sur le devant de la scène, autour de débats aussi importants que la parité, l'homoparentalité ou encore la procréation médicalement assistée.
Trois jours durant, les intervenants ont donc tenté de conjuguer réflexion, engagement et pédagogie. D'entrée de jeu, l'historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco, la sociologue Irène Théry et l'anthropologue Maurice Godelier ont replacé la différence sexuelle au coeur du système propre à la culture occidentale. Dans d'autres sociétés, a rappelé Irène Théry, la partition masculin - féminin est moins définie en termes d'identités figées que de relations dynamiques, de rôles infiniment mobiles : "Nos sociétés ont tendance à oublier ce jeu dramaturgique, comme si le personnage social était forcément le "masque" de la "vraie" personne...", a-t-elle insisté.
Racontant son expérience auprès des Baruya, en Nouvelle-Guinée, où la domination masculine se traduit par des rites d'initiation extrêmes, Maurice Godelier a, quant à lui, souligné la puissance des "pratiques symboliques" en ces domaines : "L'imaginaire, c'est pas de la blague. C'est du réel, des évidences réelles. Et pour casser ça, faut se lever de bonne heure !", a-t-il averti. A leur tour, le linguiste Reza Mir-Samii, la neurobiologiste Catherine Vidal, l'historienne américaine Laura Frader et la juriste Danièle Lochak sont venus expliquer comment leurs disciplines respectives envisagent non seulement la division des sexes, mais aussi les figures qui en brouillent les frontières.
A commencer par l'identité transsexuelle, dont le déploiement comme phénomène social vient miner le clivage des genres, comme l'a montré la journaliste du Monde Clarisse Fabre. "Le transgenre nous apprend ce qu'est le sexe !", a lancé le philosophe Patrice Maniglier, alors que l'historienne Laure Murat s'apprêtait à esquisser l'aventure du "troisième sexe", celui des travestis, saphistes et autres "antiphysiques" qui "n'ont que la forme masculine et qui sont de véritables femmes au moral", selon l'expression d'un agent de police du XIXe siècle.
Comment ces troubles, ces brouillages, traversent-ils la création langagière et artistique ? Définissant la littérature comme "le royaume des différences", la romancière italienne Elisabetta Rasy a évoqué sa propre expérience d'écriture pour défendre une bipolarité masculin - féminin indissociable de la "tragédie humaine", et qui seule permettrait "l'inscription du corps dans la lettre". La littérature érotique, elle aussi, elle surtout, met en crise les identités. Journaliste au Monde, Patrick Kéchichian a relu les oeuvres de Diderot, Sade ou encore Catherine Millet pour mettre au jour la "pensée" propre à ce type de jouissance textuelle : à chaque fois, "il s'agit de s'avancer dans le désir de l'autre sexe, c'est-à-dire dans un territoire opaque, semé de pièges, éclairé de fausses lumières", a-t-il noté, avant de laisser la parole au réalisateur Sébastien Lifshitz, venu commenter son film Wild Side (2004), l'un des premiers à avoir filmé le corps transsexuel.
"Différence" ou "ressemblance" des sexes ? Bien avant d'être portée sur les écrans de cinéma, cette tension avait déjà été pensée par les textes sacrés des trois grands monothéismes, ainsi que l'ont magistralement montré les philosophes Olivier Boulnois (pour le christianisme), Catherine Chalier (pour le judaïsme) et Christian Jambet (pour l'islam). Et c'est encore autour de cette même alternative entre dualité et confusion des sexes que Sylviane Agacinski et Elisabeth Badinter ont retracé le destin de "l'utopie post-sexuelle" depuis les premiers chrétiens jusqu'à nos jours. Sylviane Agacinski a récusé la tentation de "neutraliser" la dualité des sexes et défendu la perspective d'une "égalité dans la différence". Elisabeth Badinter a rétorqué qu'elle préférait "une égalité entre l'infinie diversité des genres". Avant de conclure, d'une voix grave et insistante : "L'heure est à l'acceptation de notre essentielle bisexualité psychique (...) Le monde qui s'organise selon la différence des sexes est celui dont nous ne voulons plus."
La dure vie des homosexuels dans le township de Soweto
La solitude, la peur et la violence constituent encore souvent le quotidien des homosexuels du ghetto de Soweto, dix ans après le vote d'une législation censée les protéger en Afrique du Sud.
Quand ils se retrouvent, c'est dans le plus grand secret, dans un bar improvisé à l'intérieur d'une maison, autour d'une bière. De jeunes Noirs homosexuels peuvent s'y rencontrer, flirter et parfois danser, à l'abri de la population du township qui leur est souvent hostile.
L'Afrique du Sud a été le premier pays, en 1996, à adopter une Constitution qui protège les citoyens des discriminations basées sur leur orientation sexuelle. Dans ce cadre, la Cour constitutionnelle a ordonné au gouvernement de légaliser les mariages entre personnes du même sexe d'ici la fin de l'année. L'homosexualité est illégale dans la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne, comme le Kenya, l'Ouganda, le Nigeria, la Tanzanie, le Ghana ou le Zimbabwe, où le président Robert Mugabe tient régulièrement des propos particulièrement violents sur ce sujet.
La loi contre les discriminations a contribué au fait que l'Afrique du Sud abrite aujourd'hui la communauté homosexuelle la plus visible sur un continent où l'homosexualité est généralement cachée et que l'on préfère considérer comme non-africaine, héritage non désiré du colonialisme et de la culture blanche. Mais la protection juridique ne garantit pas l'acceptation ou la tolérance. La réalité, c'est souvent une vie de solitude, de peur, de viol, de violence et parfois même de meurtre.
"J'ai été violée six fois, cinq fois juste parce que je suis homosexuelle. J'ai été violée par des hommes que je connais, qui voulaient me montrer ce que ça veut dire d'être une femme. Ils pensaient que cela me ferait changer, que cela m'empêcherait d'être homosexuelle", explique une jeune lesbienne noire de Soweto, soucieuse de ne pas être identifiée par craintes de représailles. "Je suis séropositive en raison d'un de ces viols."
L'organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch basée aux Etats-Unis a révélé au début de cette année que les lesbiennes, en Afrique du Sud, étaient victimes de violences simplement parce qu'elles ne répondaient pas aux attentes sociales sur la manière dont les femmes devraient se comporter.
Dans un bidonville près du Cap, en février dernier, une lesbienne de 19 ans, Zoliswa Nkonyana, est morte après avoir été pourchassée par une foule, frappée avec des clubs de golf et des briques, et poignardée à cause de son orientation sexuelle. Il n'y a eu aucune arrestation, selon Donna Smith, dirigeante du "Forum pour l'émancipation des femmes" et membre de la Coalition des lesbiennes africaines.
Lors d'une "gay pride" organisée l'an dernier, le char du Forum a été attaqué par des gens qui jetaient des bouteilles, parce qu'il représentait l'homosexualité comme une partie naturelle de la culture africaine, ajoute Donna Smith.
"Ce qui est non-africain, c'est l'homophobie", poursuit-elle. "Certaines personnes croient que l'homosexualité est une idée amenée ici par l'homme blanc. Mais elle a toujours été ici. Ce que l'homme blanc a amené, c'est l'homophobie par le biais de doctrines religieuses que nous n'avions pas avant", affirme-t-elle, se référant aux travaux d'anthropologues montrant que l'homosexualité était largement acceptée dans l'Afrique pré-coloniale. AP
Source : La dure vie des homosexuels dans le township de Soweto
Le site de Tolérance.ca ayant fait parvenir un rapport d'abus pour la publication de cet article, il n'est plus disponible sur ce site.
Le long chemin des droits
Même si un nombre grandissant de pays ont légalisé l'homosexualité, il reste souvent du chemin à faire sur le front des mentalités.
publié dans L'actualité du 1er août 2006
La situation des gais dans le monde varie énormément d’un continent à l’autre. Outre le Canada, seuls quelques pays, principalement en Europe, traitent homosexuels et hétérosexuels sur un pied d’égalité. Plus de 75 États sévissent ouvertement contre l’homosexualité, souvent assimilée à un crime. Une tendance se dessine: plus le pouvoir est proche des religieux, plus l’intolérance est grande. Il faut bien dire, toutefois, que les ayatollahs sont plus sévères que les cardinaux (quoique le cardinal de Saint-Domingue, Nicolás de Jesús López Rodríguez, ait récemment traité les homosexuels de «dégénérés»). La situation des lesbiennes, en général plus discrètes que les gais, est délicate. Dans certains pays, dont le Kenya, les relations sexuelles entre femmes sont si inconcevables qu’elles ne sont même pas mentionnées dans le Code pénal, qui interdit pourtant les relations entre hommes. (Le Canada a connu une situation analogue jusqu’en 1953.) OCÉANIE
AUSTRALIE
Le territoire de Canberra envisage de reconnaître les unions civiles gaies, mais le premier ministre conservateur, John Howard, insiste pour que le mariage reste «une union hétérosexuelle pour la vie».
AFRIQUE
AFRIQUE DU SUD
Discrimination selon l’orientation sexuelle interdite par la Constitution, adoptée en 1996. Le mariage gai sera permis dès décembre 2006. Mais la violence n’épargne pas les homosexuels, surtout les femmes noires. En février, des jeunes ont battu à mort une lesbienne de 19 ans dans un township près du Cap.
CAMEROUN
Homosexualité illégale. En février, condamnation à un an de prison de deux hommes ayant eu des relations sexuelles. Publication par trois journaux de listes d’homosexuels présumés, sur lesquelles figuraient des personnalités politiques. Climat de «chasse aux sorcières» dénoncé par les défenseurs des droits de la personne.
KENYA
Relations sexuelles entre hommes interdites. Peines prévues: de 5 à 14 ans de prison. La loi n’évoque pas les relations entre femmes.
NIGERIA
Homosexualité interdite par le Code pénal (jusqu’à 14 ans de prison) et le droit islamique, loi en vigueur dans 12 États du Nord. Projet de loi pour empêcher les mariages gais, qui prévoit aussi des peines de prison pour les journalistes qui publieraient de l’information sur le sujet.
OUGANDA
Relations «contre nature» passibles de la prison à vie. Mariage gai explicitement interdit.
AMÉRIQUE DU NORD
CANADA
Mariage entre personnes de même sexe permis depuis 2005. Stephen Harper envisage de revenir sur le sujet en organisant un vote libre aux Communes à l’automne. Les unions homosexuelles déjà conclues ne seraient pas invalidées si les députés faisaient machine arrière.
ÉTATS-UNIS
Unions civiles homosexuelles reconnues par le Vermont, le Connecticut, Hawaï, la Californie, le Maine, le New Jersey et Washington. Mariage gai reconnu par le Massachusetts depuis 2004. En novembre prochain, référendums en Caroline du Sud, au Dakota du Sud, en Idaho, au Tennessee, en Virginie et au Wisconsin sur des modifications constitutionnelles afin que le mariage soit une union «entre un homme et une femme». Dix-neuf États ont déjà légiféré en ce sens.
ASIE
ARABIE SAOUDITE
Homosexualité interdite par le Code pénal et le droit islamique (application très stricte de la charia). Au début des années 2000, des exécutions d’une extraordinaire sévérité, dont certaines par décapitation, ont visé des homosexuels.
CHINE
Homosexualité non interdite, mais vue d’un mauvais œil. Sodomie parfois assimilée à un comportement antisocial à réprimer.
ÉMIRATS ARABES UNIS
Dans ce pays qui passe pour être «tolérant», 26 hommes, présumés gais, ont été arrêtés en novembre dans un hôtel d’Abu Dhabi. Accusés aux termes du Code pénal et du droit islamique, 11 d’entre eux ont été condamnés à cinq ans de prison.
INDE
Jusqu’à 10 ans de prison pour des relations sexuelles «contre nature».
IRAK
Homosexualité interdite depuis 2001 par le Code pénal, qui prévoit la peine de mort. Aggravation du climat anti-gais depuis l’invasion américaine et la croissance de l’influence des autorités religieuses. Le site Internet qui se réclame du principal dirigeant chiite, Ali Husseini Sistani, précise que les hommes coupables de sodomie devraient être «tués de la façon la plus brutale».
IRAN
Selon le Code pénal, la sodomie peut valoir la peine de mort, et des relations homosexuelles sans pénétration, 100 coups de fouet. Deux hommes nus sous une même couverture peuvent recevoir jusqu’à 99 coups de fouet. Des articles visant les femmes stipulent que des relations sexuelles entre elles sont punissables de 100 coups de fouet.
AMÉRIQUE LATINE
BRÉSIL
Homosexualité non mentionnée dans le Code pénal. Violence anti-gais répandue, même si un tribunal a accordé, en 2005, le statut de couple marié à deux conjoints de fait homosexuels. Selon des défenseurs des droits et libertés, 63 personnes présumées homosexuelles ont été tuées de janvier à juillet 2005 à Bahia.
GUATEMALA
Homosexualité dépénalisée en 1871, mais violence contre les gais répandue. En décembre, la police a ouvert le feu sur deux militants antisida, Juan Pablo Méndez Cartagena et Kevin Robles. Le premier a été tué, le second, blessé. En 2005, au moins 13 personnes ont été tuées en raison de leur orientation sexuelle.
JAMAÏQUE
Île la plus homophobe des Antilles, selon Human Rights Watch. Homosexualité interdite par le Code pénal et dénoncée par les Églises (des fondamentalistes chrétiens aux adeptes du vaudou) ainsi que des stars du reggae. Assassinat des militants gais Brian Williamson (2004) et Lenford «Steve» Harvey (2005).
EUROPE DE L’EST
POLOGNE
Homosexualité illégale jusqu’en 1969; retirée de la liste des maladies psychiatriques en 1991. Union civile homosexuelle adoptée en 2003 par les sénateurs, mais non entérinée par les députés au moment des élections, en 2005. La coalition conservatrice issue de ces élections n’a pas l’intention de légaliser l’union homosexuelle.
RUSSIE
Homosexualité légale depuis 1993 (dépénalisée par la révolution de 1917, elle avait été réintroduite dans le Code pénal sous Staline). Mais le maire de Moscou a interdit le défilé de la Fierté gaie, qui devait avoir lieu le 27 mai dernier. Des extrémistes, dont le dirigeant nationaliste Vladimir Jirinovsky, réclament parfois l’application de la peine de mort pour lutter contre cette «perversion» occidentale.
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
Premier des ex-pays communistes de l’Union européenne à avoir légalisé les unions gaies. Un «partenariat enregistré» ouvert aux homosexuels a été adopté par le Parlement, contre l’avis du président Václav Klaus.
EUROPE DE L’OUEST
BELGIQUE
Mariage gai depuis 2003; droit d’adoption depuis 2005.
DANEMARK
Premier pays au monde à avoir légalisé les unions civiles gaies, en 1989. N’autorise pas l’adoption par les couples homosexuels.
ESPAGNE
Droit à l’égalité reconnu aux gais depuis 2005 dans tous les domaines (mariage, adoption, retraite…), malgré la colère de l’Église catholique.
FRANCE
Depuis 1999, le pacte civil de solidarité (pacs) permet l’union civile de deux conjoints; ne donne pas le droit d’adopter. Le seul mariage gai célébré par un maire, en 2004, a été invalidé.
GRANDE-BRETAGNE
Depuis décembre 2005, une union civile permet aux homosexuels d’officialiser leur relation et d’adopter.
IRLANDE
Un groupe d’experts nommé par le gouvernement devrait préciser, en novembre, la meilleure façon de reconnaître les unions homosexuelles.
PAYS-BAS
Premier pays au monde à reconnaître le mariage gai, en 2001. Environ 1 200 mariages y sont célébrés annuellement.
VATICAN
Benoît XVI a dénoncé les mariages et unions civiles homosexuels comme une attaque contre l’institution du mariage, «pilier de l’humanité».
---
Sources: Amnistie internationale, AP, BBC, Départements d’État américains, Fédération internationale des droits de l’homme, Human Rights Watch, Commission internationale des droits des gais et lesbiennes, Reuters.
Source : http://www.lactualite.com/dossiers_speciaux/article.jsp?content=20060622_133847_4344

Quelque 2000 personnes, dont Bhoomika, 20 ans, ont défilé dans les rues de Bangalore, en Inde, le 31 mars dernier. Elles réclamaient la suppression de l'article 377 du Code pénal indien qui proscrit les relations sexuelles anales et orales, criminalisant ainsi les pratiques sexuelles des homosexuels, bisexuels et transexuels.
Photo AP
En Inde, être gai est un crime
Andrée-Marie Dussault
La Presse
Collaboration spéciale
L'Inde est en pleine explosion économique et sa capitale met de l'avant une image moderne de cité de «classe mondiale». Mais derrière toute cette ouverture vers la modernité, la plus grande démocratie du monde continue de criminaliser l'homosexualité. Une poignée de gais ont décidé de se rebeller.
«Soyez financièrement indépendants.» Voilà le conseil d'or dispensé tant par Maya que Rahul, une lesbienne et un gai, à tous les homosexuels qui, comme eux, souhaitent sortir du placard. Car rares et téméraires sont les ceux qui osent faire leur «coming-out» à Delhi. La capitale indienne a beau vouloir projeter une image de cité de classe mondiale au carrefour des idées nouvelles, lorsqu'il est question d'homosexualité, on est encore au XIXe siècle. Littéralement, puisque le Code pénal compte toujours une loi datant du Raj Britannique criminalisant l'amour homosexuel.
Et les mentalités ont peu d'avance sur la loi, si l'on se fie à un sondage mené en 2002, dans le cadre d'une foire fréquentée par les classes moyennes supérieures de Delhi. «Soixante-dix pour cent des interviewés ont répondu n'avoir rien contre les gens attirés par leur propre sexe», rapporte Maya Shanker, au look de garçonne, qui, avec sa copine, mène à bout de bras une association appelée Sangini, la seule à offrir un service d'aide téléphonique et de consultations aux lesbiennes de la mégapole de 15 millions d'habitants. «En revanche, lorsqu'ils étaient interrogés sur la réaction qu'ils auraient si leur soeur ou leur fils était gai, plus personne ne voulait discuter !»
Vivre son homosexualité au grand jour sous le ciel indien ne va pas de soi. Les histoires d'horreur abondent. À la tête de Milan l'équivalent de Sangini, pour les hommes Rahul Singh, la trentaine costaude et «piercée», sait quelque chose de la détresse de ces concitoyens. «Tous les mois, je reçois une vingtaine d'appels d'hommes prêts à décrocher la lune pour devenir " normaux ", affirme-t-il, et qui faute de solutions, souvent, envisagent le suicide», raconte celui qui a aussi été initiateur d'une pétition contre la loi homophobe présentement examinée par la Cour suprême.
Rahul nous confie l'histoire de Sanjay, un scénario classique, assure-t-il : à 20 ans, le jeune homme quitte son village pour venir à Delhi. Officiellement, c'est pour travailler. Officieusement, c'est pour respirer plus librement. Prenant son courage à deux mains, il écrit à sa famille la vérité sur son orientation sexuelle. Illico, son père s'amène dans la capitale pour faire entendre raison à son fils. Il lui sert les arguments habituels : «ce n'est qu'une phase», «c'est l'influence de la grande ville.» Il essaie de le convaincre sous menace de le déshériter de revenir à la maison, où un mariage arrangé l'attend. Contre vents et marées, Sanjay résiste. Aujourd'hui, il peut se considérer orphelin.
Tout pour un mariage
Le sacro-saint mariage, avec tout le chantage émotionnel qui peut l'accompagner, constitue la pierre angulaire des pressions exercées par la famille sur ceux qui ne sont pas hétérosexuels. Surtout sur les femmes gaies. «Jusqu'à 23 ans, vous pouvez dire que vous étudiez, nous explique Maya. Ensuite, vous pouvez toujours entamer une maîtrise, puis un doctorat. Enfin, vous pouvez prétexter le début d'une carrière, mais à 30 ans, ça devient extrêmement difficile d'y échapper.» Et si vous êtes d'un milieu rural conservateur, peu éduqué, peu argenté : bonne chance ! Cela dit, la presse indienne rapportait il y a quelques mois la sortie de placard de deux amantes de l'Inde profonde, avec la bénédiction de tout le village.
Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Les détracteurs de «ce mal venant de l'Ouest» sont nombreux. Parmi eux, on compte bien sûr les puissants partis hindous nationalistes. Mais la gauche est loin d'être d'un grand secours à l'électorat rose. L'argument d'usage consistant à dire qu'avec son cortège de problèmes, le pays a d'autres chats à fouetter que la protection des droits individuels d'une minorité. Quant aux féministes, elles sont toujours au stade où elles craignent d'inclure les revendications lesbiennes à leur plateforme, de peur que cela «nuise à la cause»: «Venez à nos manifs, mais laissez vos banderoles à la maison» ont-elles concédé à Sangini.
Le mariage gai et le partenariat enregistré version indienne ne sont donc pas à l'ordre du jour des prochaines semaines du gouvernement...
Mais la situation évolue quand même. En 2003 et 2004, Calcutta a vu défiler dans ses rues une Gay Pride, même si la parade n'avait rien à voir avec les méga-événements que connaissent désormais les capitales occidentales : une modeste cinquantaine de personnes s'est pointée lors de la première manifestation, tandis que quelques centaines étaient présentes pour la seconde, certains ayant fait le déplacement depuis le Népal et le Bangladesh. Seront-ils à Montréal pour les Outgames ?
Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20060704/CPACTUEL/607040593/1015/CPACTUEL
|
|
|
|
|
||

