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Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités.
Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.
La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les
sujets qui me tiennent à coeur.
Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi
que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.
Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou
de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.
Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette
artiste.
Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante :sappho4444@hotmail.com
Les actus de Têtu :
Petite note pour informer les lectrices et lecteurs que désormais Lezzone ne publiera plus un certain nombre d'articles de portée féministe que vous aviez l'habitude d'y trouver
régulièrement. D'autre part, certaines archives dejà publiées ne seront plus disponibles dans leur entier. Il appartiendra à chacune, et chacun, de se reporter en bas d'article pour suivre le
lien vers les sites d'où ces articles étaient issus.
La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.
Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être
gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus
être le relai qu'il était.
A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)
Au Yémen, une fille de huit ans demande le divorce au tribunal
"Une fille de huit ans a décidé la semaine dernière de se rendre au tribunal de l´ouest de Sanna pour porter plainte contre son père, qui l´a forcée à épouser un homme de trente ans (Š) L´enfant
a demandé le divorce, accusant son mari de violences domestiques et sexuelles.
Selon la loi yéménite, Nojoud ne peut poursuivre [qui que ce soit en justice], étant donné son jeune âge. Le juge Muhammad Al-Qathi a toutefois entendu sa plainte et ordonné l´arrestation du père
comme du mari (Š)"
Effets sur les femmes du développement de l'État néolibéral
1) Hétérogénéisation de la situation sur les marchés de l'emploi et précarisation économique
Féminisation accrue du travail atypique (à domicile, sur demande, ateliers de misère, etc.)
Augmentation du travail à temps partiel, atypique, au noir. etc.
Augmentation du travail indépendant et croissance du secteur privé
Développement de la sous-traitance
Renforcement des ghettos d'emploi et plus grande concentration des emplois féminins dans certains sous-secteurs moins payés
Diminution des protections en matière de lois du travail et atteintes importantes au droit à la syndicalisation, à la négociation des salaires et des conditions de travail (modification à
l'article 45 du Code du travail, loi 8 interdisant le syndicalisation aux éducatrices de services de garde en milieu familial, loi 124 sur les CPE, loi spéciale 142 décrétant les salaires et
conditions de travail du personnel syndiqué du secteur public)
Écueils à répétition dans l'application de la Loi sur l'équité salariale
Intensification de la tension Nord-Sud (conditions quasi d'esclavage dans les zones franches et autres ateliers de misère)
Trafic des travailleuses domestiques
Creusement des inégalités entre les femmes elles-mêmes (certaines femmes sont avantagées par l'évolution en cours)
2) Renforcement de la division sexuelle du travail
Absence généralisée de mesures adéquates de conciliation famille / travail
Reféminisation du travail bénévole des femmes
Invisibilité de la production domestique, du travail de soins, du travail volontaire ou bénévole
3) Contrôle et marchandisation du corps des femmes
Marchandisation-exploitation accrue du corps des femmes, prolifération des produits sexuels, augmentation de la prostitution et de la pornographie
Sexualisation précoce (hypersexualisation) des petites filles
Développement du trafic et de l'esclavage sexuels des femmes et des enfants à travers le monde
Violences envers les femmes
Réaffirmation de l'idéologie patriarcale : recrudescence des stéréotypes sexuels, montée de l'intégrisme religieux, du discours anti-féministe, etc.
Deux ans après avoir été violée par des policiers, Bárbara Italia Méndez attend toujours que justice lui soit rendue. Dans la soirée du 3 mai 2006, après avoir appris qu'un enfant avait été tué
lors d'affrontements entre la police et des manifestants, elle s'était rendue, en signe de soutien, à San Salvador Atenco, dans l'État de Mexico. Elle s'était réfugiée dans une maison afin
d'échapper à la police, qui avait fait irruption dans le village pour mettre fin au mouvement de protestation et libérer des policiers pris en otages.
Le lendemain, elle a été arrêtée sans aucune explication. Les policiers l'ont rouée de coups, lui infligeant des blessures à la tête et de multiples contusions. Ils l'ont ensuite poussée dans un
véhicule, l'obligeant à s'allonger sur les autres détenus qui s'y trouvaient déjà. Pendant le trajet, ils l'ont forcée à se déshabiller, et après l'avoir à nouveau frappée, des policiers l'ont
violée à l'aide de différents objets, sous les acclamations de leurs collègues. Elle est l'une des 26 femmes qui ont déclaré avoir été victimes de violences, notamment sexuelles, après leur
arrestation les 3 et 4 mai 2006.
Bárbara Italia Méndez a été conduite à la prison de Santiaguito près de Toluca, dans l'État de Mexico, où elle a été soumise à un examen médical. Les médecins de la prison n'ont pas relevé toutes
les blessures physiques ni réuni les éléments de preuve montrant qu'elle avait été victime de violences sexuelles. Des médecins légistes du bureau du procureur général de l'État ont procédé sans
entretien détaillé à un deuxième examen médical qui, selon Bárbara Italia Méndez, a été superficiel et gênant.
Elle a ensuite comparu devant un représentant du bureau du procureur, qui lui a indiqué que la raison de son arrestation était « inconnue ». N'ayant pas été autorisée à consulter un avocat, elle
a refusé de faire la moindre déclaration. Elle a néanmoins porté plainte pour le viol et les autres mauvais traitements dont elle avait été victime. Or, pendant qu'elle faisait sa déposition, un
responsable a déchiré sa plainte en disant qu'elle ne devait expliquer que ce qu'elle faisait à San Salvador Atenco.
Le tollé suscité par les allégations de sévices a finalement contraint le bureau du procureur à ouvrir une enquête. Cependant, aucun des responsables présumés de ces crimes n'a été poursuivi.
Madame la Procureure,
Dans la soirée du 3 mai 2006, Bárbara Italia Méndez s'était rendue, en signe de soutien, à San Salvador Atenco, dans l'État de Mexico, après avoir appris qu'un enfant avait été tué lors
d'affrontements entre la police et des manifestants. Elle a alors été arrêtée le lendemain sans explication. Pendant le trajet vers le poste de police, elle a été forcée de se déshabiller, a été
frappée et violée à l'aide de différents objets, sous les acclamations des policiers. Elle est l'une des 26 femmes qui ont déclaré avoir été victimes de violences notamment sexuelles, après leur
arrestation les 3 et 4 mai 2006. Conduite à la prison de Santiaguito près de Toluca, dans l'État de Mexico, elle a été soumise à un examen médical superficiel.
Des médecins légistes du bureau du procureur général de l'État ont procédé à un deuxième examen gênant et peu précis. Le représentant du procureur n'a pas pu notifier la raison de l'arrestation
de Bárbara Italia Méndez qui, sans l'assistance d'un avocat, a refusé de faire la moindre déclaration. Le tollé suscité par les allégations de sévices subis par ces femmes a finalement contraint
le bureau du procureur à ouvrir une enquête. Cependant, aucun des responsables présumés de ces crimes n'a été poursuivi.
En tant que membre/sympathisant(e) d'Amnesty International, je vous demande instamment qu'une enquête approfondie et impartiale soit menée dans les plus brefs délais sur le viol et les autres
mauvais traitements signalés par Bárbara Italia Méndez et les 25 autres femmes. Ces dernières doivent recevoir pleinement réparation et les responsables présumés doivent être traduits en
justice.
En espérant que vous ferez droit à ma requête, je vous prie de croire, Madame la Procureure, à l'expression de toute ma considération.
Signature/Nom/Adresse
lettre à adresser à :
Lic. Guadalupe Morfin,
Fiscal Especial para la Atención
de Delitos Relacionados con Actos
de Violencia contra las Mujeres,
Procuraduría General de la República,
Rio Elba, No. 17,
Col. Cuauhtémoc,
Del. Cuauhtémoc,
México D.F.,
C.P. P. 06300,
Mexique
Fax : 00 52 55 53 46 09 40
E-mail : atencionmujeres@pgr.gob.mx
copie à adresser à :
Ambassade du Mexique
9, rue de Longchamp - 75116 Paris
Fax : 01.47.55.65.29
E-mail : mailto:embfrancia@sre.gob.mx
modèle de lettre à télécharger au format WORD
Affranchissement avion
jusqu'à 20 g : 0,85 ¤
Signature/Nom/Adresse lettre à adresser à : Lic. Guadalupe Morfin, Fiscal Especial para la Atención de Delitos Relacionados con Actos de Violencia contra las Mujeres, Procuraduría General de la
República, Rio Elba, No. 17, Col. Cuauhtémoc, Del. Cuauhtémoc, México D.F., C.P. P. 06300, Mexique Fax : 00 52 55 53 46 09 40 E-mail : copie à adresser à : Ambassade du Mexique 9, rue de
Longchamp - 75116 Paris Fax : 01.47.55.65.29 E-mail : Affranchissement avion jusqu'à 20 g : 0,85 ¤
Pour vous aider à la rédaction des lettres, vous pouvez vous référer au Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 (ratifié par le Mexique), article 2.3 sur le droit au
recours utile et article 14 sur le droit au procès équitable.
?« Demain, si vous n'y prenez garde, ?vos caissières siègeront au Conseil d'Administration
» Le groupe d'action féministe LA BARBE s'en prendaux CA des grandes entreprises françaises.
Ce Jeudi 27 mars, à l'hotel Hyatt de Paris, le groupe La BARBE a investit l'Assemblée Générale Ordinaire du CNCC, Conseil National des Centres Commerciaux. Le
CNCC, composé essentiellement de géants de l'immobilier commercial et de la grande distribution, s'est vu féliciter hautement par une femme portant barbe pour avoir su « résister à l'attrait de
la féminisation des instances du pouvoir» et comme tant d'autres en France, comme l'indique la composition de son Conseil d'Administration.
Devant un parterre de costumes gris atterrés, la porte-parole barbue s'est emparée du micro pour féliciter un à un et nommément les vingt-neuf membres du CA
:
« Nous félicitons Eric, le Président, Raoul, Marc, Maurice, Jean-Christophe, Jean-Louis, Eric, Jean-Marie, Gérard, Christian, Frédéric, Alain, Eric,
Alain, Eric, Jean-Luc, Olivier, Jean-Paul, Alain, Pierre, Jean-Michel, Michael, Bertrand, Bertrand, André, Christopher, Alain, Philippe, René et Maurice…
La litanie des prénoms masculins a suscité un certain malaise dans l'assemblée, peu coutumière de telles irruptions activistes, et incapable de trouver
la réplique face à cette dénonciation réaliste du sexisme du monde industriel et commercial européen.
Selon une étude d'Egon Zehnder International, dans les CA des 200 plus grandes entreprises industrielles, des 20 plus grandes banques, des 20 plus grandes
compagnies d'assurance et dans des firmes plus modestes de 14 petits pays européens, la représentation moyenne des femmes est de 8 %2. Par ailleurs, si l'on considère la proportion de femmes
occupant un poste dirigeant les chiffres sont encore inférieurs : elle est de 5 % en moyenne. Dans 62 % des sociétés passées en revue, une seule femme siège au conseil
d'administration. C'est le cas au CNCC, comme l'a fait remarquer ironiquement la porte-parole de La BARBE :
« Après les félicitations, les remontrances : une femme s'est immiscée dans le CA. Vous l'avez élue, et bien voilà ! La voilà maintenant promue au titre
de Chevalier de la Légion d'Honneur ! Précédent regrettable. Messieurs, en la matière, l'exception devient vite la règle. Demain, si vous n'y prenez garde, vos caissières siègeront au Conseil
d'Administration ».
Mireille Bracq, chef d'entreprise, vice-présidente du CNCC, seule femme du CA, a été promue le 21 mars au grade d'Officier de la Légion d'Honneur.
Pour soutenir l'une ou l'autre des actions de Femmes Amnesty, se rendre sur le site, dont l'adresse apparaît ci-haut.
Bulletin d'informations et d'actions sur les droits des femmes dans le monde :
Pour la journée internationale de femmes, Amnesty International a voulu attirer l'attention sur les activistes des droits des femmes dans le monde qui mènent ce combat bien souvent au péril de
leur vie.
- Par exemple en Iran ; où Parvin ARDALAN, journaliste, féministe et membre active de la campagne Un million de signatures pour l'abrogation des lois discriminatoires envers les femmes en Iran,
lauréate du Olof Palme a été interdite de cérémonie.
- Mais aussi en Afghanistan : Les femmes défenseures des droits humains continuent de lutter pour les droits des femmes.
- Au Guatemala : La défenseure des droits humains Aída del Rosario López Cordero est la cible de menaces et d'actes d'intimidation. Agir.
- Ou encore au Kénya : La militante des droits humains Wangari Maathai a été menacée de mort à trois reprises. Agir.
- Le droit à la santé est un droit fondamental trop souvent inaccessible aux femmes : Afrique du Sud. Les femmes vivant en milieu rural sont les oubliées de l'action contre le VIH. Info.
- Amnesty lance une campagne mondiale intitulée Safe schools Des écoles plus sûres, c'est un droit pour toutes les filles et fillettes du monde. Info et action.
- Bonne nouvelle : Iran : Mokarrameh Ebrahimi a été libérée le 17 mars de la prison de Choubin, dans la province de Qazvin (nord-ouest de l'Iran), avec son plus jeune enfant, Ali, qui vivait avec
elle en prison.
Ils ont tout fait pour se débarrasser d'elle. Face aux menaces et aux émeutes des fanatiques, les autorités indiennes trouvent Taslima Nasreen bien embarrassante. On ne peut pas la laisser se
faire tuer, tout de même, mais on peut lui faire passer le goût de vivre en Inde, la contraindre à des mesures de sécurité comparables à une prison, jusqu'à ce que sa santé se détériore. En
février, elle a dû être hospitalisée à New Delhi à la suite d'une chute de tension consécutive à une prise excessive de médicaments destinés à maîtriser son hypertension.
Exfiltrée de son domicile, elle vit depuis quatre mois dans une maison de sécurité à New-Delhi, où elle dispose d'un téléphone et d'un ordinateur mais ne peut recevoir aucune visite. Déprimée,
isolée et malade, elle annonce qu'elle va quitter l'Inde pour tenter de ne pas finir par en crever. Les intégristes peuvent se réjouir. Eux qui ne lui ont laissé aucun répit depuis 1994. Elle a
bien payé, bien souffert. Ce ne sont pas eux — les assassins, les fanatiques — qu'on a punis mais elle. Elle et tous les esprits libres qui n'oseront plus parler si les gouvernements ne
réfléchissent pas à une autre façon de protéger leur liberté de parole et de mouvement.
Et pendant ce temps, Ayaan Hirsi Ali compte toujours le nombre d'heures où elle peut sortir en toute sécurité. Le groupe parlementaire européen de droite n'a toujours pas signé la question
écrite demandant à l'Union européenne de financer sa protection. Le vice-président de l'Union cherche une solution "technique". Et Nicolas Sarkozy a assuré le premier ministre néerlandais de
son soutien dans son combat contre... les "amalgames" envers l'Islam. On espère qu'il tiendra sa promesse lors de la présidence française de l'Union. Car la création d'un fonds communautaire
pour financer la protection des personnes menacées en raison de leurs opinions n'a jamais été aussi urgente.
Caroline Fourest
Source : NEW DELHI (Reuters), Bappa Majumdar, version française Eric Faye
Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen sont toutes deux menacées par les intégristes pour avoir osé penser et écrire en toute liberté. Extrait du journal du TF1 du 11 février 2008
(notamment consacré au comité de
soutien organisé à Paris pour demander le financement de la protection d'Ayaan).
Dans ce nouveau volet d'Empreintes, Benoîte Groult parle bien sûr de son féminisme. Mais pas seulement. Elle évoque aussi ses parents, hommes de sa vie, son émancipation, ses
livres, les lieux qu'elle aime ou son combat en faveur de l'euthanasie. L'écrivaine et journaliste se confie, librement, encore formidablement jeune à 88 ans.
"C'est à 55 ans que je suis née au
féminisme. Il m'a fallu tout ce temps-là pour secouer mon éducation bourgeoise - pourtant artiste, moderne, privilégiée ; ma situation de jeune fille rangée, élevée dans des écoles catholiques,
non mixtes. Il m'a fallu beaucoup de temps, surtout que j'étais une personne obéissante, pas du tout une révoltée. C'est 1968 qui m'a fait découvrir que, finalement, j'étais féministe. Ce que je
ne savais pas. Ce n'était pas une théorie philosophique ; c'était vraiment le résultat de mon expérience.
On n'imagine pas, on n'image plus la détresse qui était la nôtre quand nous tombions enceintes. Nous aurions tenté n'importe quoi ! N'importe quoi ! Toutes : les riches et les pauvres ; les
adolescentes et les femmes qui se croyaient ménopausées ; les putes et les sages qui n'avaient couché qu'une fois et qui étaient prises ; les abandonnées et les mères de cinq enfants déjà. Toutes
!
En fait, c'était une tradition familiale. Ma mère, qui aimait la littérature, la peinture, les arts, nous avait donné cette loi, à ma soeur et à moi : "Tous les soirs, mes filles, vous écrivez
votre journal, vous vous lavez les dents. Voilà les deux choses à faire avant de vous endormir." Alors nous avions chacune notre journal, qu'elle venait lire en cachette comme toute mère qui veut
savoir ce qui se passe dans les tréfonds de l'âme de ses enfants. D'avoir été féministe, ça n'est plus du tout honorable. Et ça m'a nui dans le monde littéraire parce qu'on me considère comme un
auteur féministe et pas tout à fait comme une romancière.
J'avais envie de faire ma médecine, et ma mère m'a dit : "Si tu fais ta médecine, c'est sept ans d'études, ça décourage un homme. Tu seras un bas-bleu, les hommes n'aiment pas les bas-bleus. Il
vaut mieux faire quelque chose de plus gracieux."J'ai fait une licence de lettres. Il fallait désobéir pour exister, dans le temps, alors qu'aujourd’hui les filles, au contraire, sont
complètement libres. Elles font Polytechnique, elles font l'école qu'elles veulent.
Je me suis mariée avec un étudiant
en médecine, et il est mort huit mois après. Ce mariage n’a pas été long. Mais ça m'a donné un état social. J'étais veuve, et ça, c'est un état social. C'est affreux à dire parce que j'avais été
très heureuse dans ce premier mariage et je ne le regrette pas, mais, étant veuve, ça y est, j'étais une femme, j'étais épanouie. Je me suis mise à travailler avec plus d'ambition et de courage.
J'existais.
Vers 1943, la fille des bijoutiers en face de chez nous, rue de Bourgogne, est venue sonner à la porte en disant : "On a emmené mes parents aujourd'hui, on a mis les scellés sur leur magasin. Je
ne sais pas où aller, je sais que vous avez deux filles du même âge… Est-ce que vous voulez bien me cacher, me recueillir ?" Mon père a tenu un conciliabule avec sa femme et il a décidé que
c'était trop dangereux, que, s'il était dénoncé par quelqu'un de la rue qui la voyait entrer et sortir, on serait arrêtés, tous. Alors on a décidé de lui dire : "Au revoir, mademoiselle. On a des
responsabilités, des enfants dont on ne veut pas qu'ils gâchent leur vie. On ne peut pas vous prendre. Vous avez sûrement de la famille…" Je me souviens que j'ai eu très honte, mais je n'ai pas
bronché. Je n’ai pas dit : "Papa, j'exige qu'on la prenne." Je ne l'ai pas dit… (…) J'ai eu honte de moi, pas honte de mon père. ”
Première diffusion : vendredi 22 février 2008 à 20:40 (câble, satellite et TNT), rediffusion dimanche 24 février à 09:45 (hertzien et TNT).
Durée : 52'
Auteure : Marie Mitterrand
Réalisation : Jean-Baptiste Martin
Production : France 5 / Casadei Productions
Année : 2008
L’adolescence est une étape cruciale de la vie, puisque c’est durant cette période que le-la futur-e adulte forge sa personnalité. Malheureusement, cette période s’accompagne trop souvent chez la
fille de ce qu’on pourrait appeler un apprentissage du dégoût du corps féminin.
Il est troublant de constater que les premiers signes de puberté sont perçus de façon très différente selon qu’ils apparaissent chez une fille ou chez un garçon. Alors que l’apparition de poils
est accueillie positivement chez les garçons (le duvet sous le nez, par exemple), il marque généralement pour une fille l’entrée dans le merveilleux monde de l’épilation. Le duvet sous le nez,
les poils aux aisselles, les poils de jambes, les sourcils et parfois même les poils des cuisses, des fesses et du pubis sont considérés comme d’horribles défauts physiques dont il faut se
débarrasser. On ne se demande même pas si la fille nouvellement nubile a réellement envie d’épiler tout ces poils, il va de soi qu’elle le fera.
"Les droits des femmes sont des droits humains", affirmait Hillary Rodham Clinton lors de son célèbre discours à la Conférence des Nations
Unies sur les femmes à Pékin en 1995. Il y a consensus sur sa volonté d’améliorer l’existence des femmes et des enfants, de lutter contre les diverses formes d’inégalité et de violence qu’elles
subissent dont la pauvreté endémique, de créer un système de santé universel, son action constante auprès des enfants défavorisés et sa lutte déterminée pour l’octroi de subventions
substantielles pour l’éducation universitaire des filles. On louange son intelligence, sa force, son endurance, son expérience et sa capacité d’exercer le pouvoir, mais on hésite pourtant à voter
pour elle parce que, à l’instar de tous les candidats, sauf Obama, elle a voté pour l’invasion de l’Irak, a appuyé la politique d’Israël sur la Palestine, la guerre au Liban et, récemment, le
durcissement des mesures contre l’Iran.
On aurait aimé, comme femme et progressiste, qu’elle ait le courage de se tenir debout face au complexe militaro-industriel et à la peur
entretenue par l’administration Bush et à sa définition démagogique du patriotisme et des intérêts du peuple américain. Les critiques les plus dures viennent surtout des misogynes et des femmes.
C’est sans doute à sa capacité de rallier les femmes et de neutraliser les attaques misogynes qu’elle devra sa victoire ou sa défaite, en tenant compte que son programme diffère peu de celui
d’Obama, que ce soit sur la défense de l’économie de marché et de l’entreprise, le libre-échange, la santé, l’aide sociale, la politique étrangère, l’immigration, l’écologie, le mariage gay
(contre le mariage et pour l’union civile) ou sur le consentement unanime de tous les candidats au maintien de la peine de mort. Tous les deux veulent réparer le gâchis causé par l’administration
Bush, mieux répartir les revenus et lutter pour diminuer l’effet de serre, promouvoir un développement durable et des emplois "verts". C’est sur sa connaissance exceptionnelle des affaires de
l’État, son sens de la politique et son engagement envers les femmes que Hillary Clinton se démarque le plus des autres candidats.
Le Plaisir de tuer Un livre d’un psychanalyste qui justifie le viol
par Brigitte Brami
Les Editions du Seuil ont publié en février 2007 un livre de Michel Dubec, au titre racoleur : Le Plaisir de tuer.
Le docteur Michel Dubec est psychanalyste, mais c’est surtout un expert psychiatre national auprès des tribunaux.
Or donc, dans ses écrits (retranscrits par la journaliste Chantal de Rudder), il justifie les violences faites aux femmes, et même les viols, au
nom de la sacro-sainte nature de la sexualité masculine.
Michel Dubec reconnaît une espèce de solidarité de sexe, qui va jusqu’à une véritable complicité masculiniste, avec le violeur et tueur en série,
Guy Georges, qu’il a expertisé :
« Sans que je lui en parle, le tueur de l’Est parisien a peut-être deviné le trouble que j’ai ressenti en regardant les photos de ses
victimes. Je les trouvais très attirantes. (...) Une communauté de désir nous rapprochait Guy Georges et moi. (...) parce qu’il existait entre nous un partage des mêmes “objets érotiques“, j’ai
pu faire un bout de chemin avec le tueur en série le plus célèbre de l’Hexagone (...) Je ne partageais pas la pulsion homicide de Guy Georges, heureusement. Mais je pouvais ressentir ce qui
provoquait sa pulsion érotique. Entre nous, je l’avoue, ce goût commun entrebâilla une porte, jusque-là verrouillée à double tour, sur un possible échange. » (pages 211-212).
Or, cette attirance sexuelle, que Michel Dubec revendique, de façon indécente dans une pareille situation, aurait dû provoquer chez un individu
« normal » - a fortiori chez un psychanalyste et expert psychiatre - non pas un rapprochement solidaire avec le tortionnaire en question, mais au contraire, davantage de
révolte envers ce dernier et un surcroît d’empathie à l’égard de ses victimes sauvagement violentées.
Pourtant, si l’expert dénonce sans ambiguïté les meurtres de Guy Georges nés de ses pulsions homicides, il s’identifie à ce violeur avec une
notoire excitation sexuelle :
« Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré (...) Jusque-là, on peut le comprendre, et
même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. » (page 213).
Comme le fait rêver la description de la vie sexuelle du tueur en série que l’expert relate avec une admiration non dissimulée :
« Sa vie sexuelle est trépidante, son tempérament étonnant, il est capable de baiser cinq fois par jour ! » (page 218),
ce qui est inadmissible déontologiquement, - sans relever ici la délicatesse des termes utilisés par ce grand spécialiste payé par les
contribuables - car il a une véritable responsabilité, et ce qu’il dit et qu’il écrit est rendu publiquement avec son statut d’expert psychiatre national auprès des Tribunaux.
Nous ne pouvons laisser passer ces propos aussi clairs : « Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol
compris. » (page 213).
Pour les justifier, Michel Dubec nous ressort l’antienne selon laquelle :
« Pour parler sans détour, dans la sexualité masculine, il existe un intérêt à obtenir la défaveur de sa partenaire, pas seulement ses
faveurs ; à faire crier la femme, peu importe la nature de ses cris. L’acte de pénétrer est en lui-même agressif. Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. » (page
213).
Ce refrain maintes fois entendu n’a pour finalité que de faire perdurer des relations inégalitaires entre les hommes et les femmes, y compris à
l’intérieur de leurs relations sexuelles. C’est une approche archaïque, une vision primaire et profondément machiste, avec toujours la même sempiternelle distribution des rôles sexuels figés une
fois pour toutes. Mais ce dont il s’agit également ici, c’est un véritable appel au « viol compris ».
En émaillant son compte-rendu de détails sordides, Dubec parle de viols manifestes, mais ces derniers restent aux yeux de l’expert des expériences
sexuelles légitimes puisqu’elles ont réussi à satisfaire Guy Georges ! Expériences selon lui abouties puisque seul compte le point de vue masculin, en l’occurrence celui du tueur en
série :
« Il ne s’inhibait pas au dernier moment, il était capable de leur faire l’amour quasi normalement. Il y avait éjaculation à l’intérieur du
vagin. Guy Georges donne le sentiment que l’acte sexuel était consommé avec complétude. » (page 213). Qu’importe la victime, et malgré les violences endurées, il est ici question de
« faire l’amour quasi normalement » (sic) ! Le viol est donc revendiqué en tant qu’expérience sexuelle comme une autre. Du moment que le mâle a bien éjaculé à l’intérieur du vagin,
où est le problème ? Et que demande donc encore la femme, elle a même eu droit à un préservatif !
Qui sont nos experts psychiatres nationaux ?
Ce à quoi nous répondons : mais qui sont nos experts psychiatres nationaux ? Peut-on continuer à en laisser certains véhiculer aussi
impunément, et sous le label scientifique, toute cette horreur idéologique violemment et dangereusement misogyne ?
Que deux choses soient bien claires, d’une part, il ne s’agit ici aucunement de contraindre en aucune façon la liberté d’expression. En effet,
l’expert dont il est question est un homme de pouvoir, il est reconnu et très souvent nommé dans de grandes affaires de justice, mais il est aussi sollicité dans des commissions pour donner son
avis au plus haut niveau gouvernemental. Ce n’est pas un individu comme un autre, non, il porte une très grosse responsabilité, et ses rapports d’expertises ainsi que ses propositions ont des
conséquences concrètes. On imagine avec une certaine appréhension ce que de tels propos peuvent tacitement autoriser comme comportements délétères, et l’on craint leur influence, car ils ne vont
pas dans le sens du respect des droits fondamentaux des personnes.
D’autre part, bon nombre de psys se situent d’emblée sur plusieurs niveaux de lecture et d’interprétation, c’est une position stratégique, donc
consciente, adoptée afin de contrer d’éventuelles critiques. Ces psys en viennent très rapidement à brandir l’arme rhétorique habituelle : la défense du fantasme et de sa liberté absolue.
Or, une fois pour toutes : les féministes ne veulent empêcher personne de fantasmer. Le fantasme n’a rien à voir avec les lignes écrites par Dubec. Il s’agit hélas de véritables viols et
Dubec a dû véritablement être en proie à une excitation sexuelle qui l’a submergé - ce qu’il reconnaît volontiers - en écoutant leur récit détaillé fait par Guy Georges. Preuve en est :
pourquoi Dubec accepte t-il le fantasme de viol et pas celui d’assassinat ? La réponse, l’expert la donne lui-même, c’est bien sûr parce qu’il ne s’agit pas seulement de fantasme mais aussi
d’acceptation du viol lui-même car :
« Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles superbes contre leur gré, mais évite de les
soumettre à des conditions trop crapuleuses ou de les terrifier, au point qu’elles ne devinent pas qu’elles vont mourir. Deux d’entre elles ont demandé à Guy Georges d’enfiler un préservatif et
il a accédé à leur requête, comme si de rien n’était ! » (page 213).
Et l’expert de rajouter :
« Après, quand il tue, tout bascule. On le rejette, incapable de saisir, ressentir, appréhender pourquoi il le fait (...) Et l’on en veut à
Guy Georges du bout de chemin qu’on a été capable de faire avec lui(...) » (page 213).
Le bout du chemin que Dubec a fait avec Guy Georges, c’est l’identification massive au violeur et l’excitation sexuelle sadique liée au récit du
viol. Le tabou pour l’expert psychiatre, ce n’est donc pas le viol ; le tabou, c’est le meurtre. Avec ces quelques lignes, notre savant fixe les limites de l’acceptable et de l’inacceptable.
Le viol étant à ses yeux de l’ordre de l’admissible ; il le fait même rêver.
Michel Dubec a ainsi fait preuve d’une absence totale du respect élémentaire dû aux familles des victimes.
Nous sommes en droit de nous interroger sur les débordements identificatoires d’un psychanalyste qui, selon ses propres écrits, a travaillé sur
son inconscient des années durant au cours d’une analyse personnelle. En effet, quand un expert, dont la neutralité est indispensable professionnellement, en arrive à une telle explosion de ses
propres sens et qu’il découvre qu’il perd ainsi tout recul et toute distance, il me semble que la seule attitude digne qu’il puisse avoir est de se désister. Ce que n’a pas fait Michel Dubec qui
a préféré ouvertement prendre le parti des violences et des viols faits aux femmes. Violences et viols qui l’ont fait bander.
Quelques actions possibles
Lettre aux Éditions du Seuil
Date
Prénom + NOM
Adresse complète
Monsieur le Directeur Général des Editions du Seuil
27, rue Jacob
75006 PARIS
Monsieur le Directeur,
Vous avez publié au début du mois de février 2007 un livre signé Michel Dubec, aidé par la journaliste Chantal de Rudder, sous le titre de LE
PLAISIR DE TUER.
L’auteur en question l’a écrit en sa qualité d’expert psychiatre national auprès des tribunaux.
Or, plusieurs lignes écrites sont particulièrement irrespectueuses des droits fondamentaux de la personne, dans la mesure où elles justifient les
viols.
Il semble que la propre fascination de Michel Dubec pour Guy Georges - dont le récit des agressions sexuelles de ce dernier à l’encontre des
femmes a excité sexuellement l’expert qui le reconnaît lui-même - l’ait ensuite conduit à écrire des propos très dangereux, et que vous avez cautionnés en les publiant.
Quel que soit le contexte de ces lignes, il est injustifiable d’affirmer que :
« On peut être avec lui (Guy Georges) jusqu’au viol compris » parce que « Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui
baise des filles superbes contre leur gré ». Car, « Jusque là, on peut le comprendre, et même il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. »
Il est étonnant et navrant que les éditions du Seuil aient cédé à la tentation d’éditer ces pages, écoeurantes et indignes.
C’est pourquoi, nous sommes nombreux, hommes et femmes, à nous mobiliser contre les dérives inadmissibles de l’auteur de ces lignes qui s’est
laissé aller à une confusion des genres entre fantasmes personnels et déclarations publiques, sous couvert de la respectabilité de sa fonction d’expert psychiatre national auprès des tribunaux.
Dérives dont votre maison d’édition a été complice en en faisant écho, et qui a donc engagé sa responsabilité.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations distinguées.
Signature :
Lettre à Madame la Garde des sceaux
Date
Prénom + NOM
Adresse complète
Madame la Garde des sceaux
Rachida DATI
Ministère de la Justice
13 place Vendôme
75042 PARIS Cedex 01
Madame la Ministre,
Michel Dubec, expert psychiatre national auprès des tribunaux, - et qui exerce encore aujourd’hui dans son cabinet libéral au 6 rue de
Lesdiguières, 75004 PARIS - a commis un livre en février dernier : Le Plaisir de tuer, publié aux Editions du Seuil, dans lequel il tient des propos inadmissibles concernant le
viol.
Il le rend légitime très clairement page 213, notamment, alors qu’il décrit l’expertise du violeur et tueur en série : Guy Georges.
Même tirés de leur contexte, et habilement noyées dans d’autres phrases, il est décemment impossible de justifier des phrases telles que
celles-ci : « Guy Georges, c’est différent. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. » et : « Oui, c’était possible de s’identifier à ce violeur qui baise des filles
superbes contre leur gré (...) », enfin : « Jusque-là, on peut le comprendre, et même, il nous fait presque rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. »
Ces quelques lignes dévoilent que le Docteur Dubec, submergé par ses propres sens, n’est plus dans la capacité de conduire des expertises, ni d’en
rédiger les conclusions, avec les qualités professionnelles nécessaires, c’est-à-dire la mesure, la neutralité et l’objectivité.
Soulignons combien le Docteur Michel Dubec fait preuve de manque de tact, de réserve et de respect à l’égard des familles des victimes, d’autant
plus qu’il a écrit ce livre en sa qualité d’expert psychiatre national auprès des tribunaux.
C’est pourquoi, des femmes et des hommes sont en ce moment en train de se mobiliser afin que cet expert ne soit plus en mesure de donner son avis
dans des dossiers qui traitent de viols et d’agressions sexuelles à l’encontre des femmes.
J’espère que nous serons entendu-es, et dans l’attente d’une réponse, je vous prie, Madame la Ministre, de croire en l’expression de ma haute
considération.
Pièces jointes : 1) Page 213 (copie) du Plaisir de Tuer, de Michel Dubec, publié aux Editions du Seuil (février 2007) 2) Couverture de ce
livre.