Présentation

Textes illustrés

Lucie Aubrac :

Résister

 

Rose Ausländer :

Dans le rien

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La chambre m'abrite

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Quand je partirai

Tu es là encore

Anne Archet :

Convulsive

Union nucléaire

Nicole Barrière :

Femmes en parallèle

Marie Bataille :

Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

L'humilité...

France Bonneau :

Si j'étais immigrante

Nicole Brossard :

Aujourd'hui je sais

Ma continent

Ne touchons pas...

Sa surface

Sous la langue

Françoise Bujold :

Quand la perdrix...

Mélanie Cantin :

Innocent amour

Diane Cardinal :

Je m'assois sur ton nombril

Je m'infiltre sous ta peau

Tu murmures

Patrizia Cavalli :

De moi...

Natalie Clifford Barney :

Etre libre

Anne Collignon :

Ils étaient cinq

Cristie Cyane :

Laisse-toi aller

On veut pas d'ça ici !

Polaroïd

Rainbow

Un baiser sur ses seins

Louise Cotnoir :

Il faudrait le poème

Le sexe marqué...

Maison à louer

Christine Davi :

Elle dit non

Lucie Delarue-Mardrus :

Baiser 

L'étreinte marine

Refus

Si tu viens

Denise Desautels :

Les chuchotements et la caresse 

L'espoir ?

Tout ce bleu

Une histoire de beauté

Chahdortt Djavann :

L'Iran d'aujourd'hui

Hélène Dorion :

Tu avances une main...

Tu viendras...

J'adviens...

Emily Dickinson :

Douter de Moi !

Elle s'éleva...

Il a Sanglé ma vie

Il s'exerce sur votre Ame

Pour Toi

Eve Ensler :

Le clitoris...

Mon vagin, mon village

Procès en sorcellerie

Rosanna Fiocchetto :

La fureur...

Jacqueline Francoeur :

Sérénité

Madeleine Gagnon :

Un monde androgyne

Cathy Garcia :

Oiseaux

Claire Gérard :

Sensualité

Benoîte Groult :

Elle voudrait

Patricia Guenot :

Abolir la spirale...

Avenir Féminin

Tes mains

Colette Haddad :

Si proche !

Anne Hébert :

L'envers du monde

Les petites villes

Nuit

Istina :

Je me bats

Elle marche

Michèle Lalonde :

Speak white

Sophie Langemont :

Quand je t'imagine

Marguerite Lapalme :

Assimilation

Audre Lorde :

Combattre l'oppression

Habiter les silences...

Savoir - plutôt que penser

Marie-Victoire Louis :

Justice

Andrée Maillet :

Amérique française

Françoise Mariotti :

Lisse comme une pierre blanche

Hélène Marquié :

Le corps subversif

Luci-Louve Mathieu :

Femme

Femme source

Les filles de plume

Lettres

Valéry Meynadier :

Juste...

Peu...

Carole Menahem-Lilin :

Désir obscur...

Le nu visionnaire

Nudité

Souffle 

Un parfum d'écorce

Micheline Mercier :

Abnégation

Gertrude Millaire :

Bousculade

L'attente

L'impossible

Non ! mais...

Regard

Isabell Miller :

Fondre

Shawn Mir :

Là-bas les Flandres

La lesbienne d'aujourd'hui

Misfit :

Ange d'éternité

De mes soeurs lesbiennes

Des siècles...

D'un clapotis de l'âme

Le tourbillon...

Tout se passera bien

Vermillonner d'aimer

Colette Nys-Mazure :

Aimée-Aimante

Délivrer les sources

Flux et reflux

Angèle Paoli :

Peut-être

Geneviève Pastre :

Au mâle quand il veut s'interposer

Bonheurs

Je chie je dis...

Marie-Thérèse Peyrin :

Regarde

Ludmilla Podkosova :

Aimer

Lucie Poirier :

Les longs chemins

Catherine Ribeiro :

Femmes algériennes

Adrienne Rich :

A Judith

L'honneur des femmes

Nier notre réalité

Si c'est le désir...

Amina Saïd :

Amour notre parole

Enfant moi seule

L'élan le souffle le silence

Cécile Sauvage :

Le vallon

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Sûrement

Christel J-Stefariel :

Les mots à huis clots

Nada Stipkovic :

Lâcheté

Jeanne Talbot-David :

Où allons-nous

Si fortement rêvé...

Françoise Tchartiloglou :

C'est la vie

Comme la mouette

Repli

Résidence

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Yolande Villemaire :

Le son du soi

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Au pays de ton corps

Dis femme...

Petite garce femme

Tout près du visage

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Intérieur

Le Pilori

Notre Dame des Fièvres (Tolède)

Sonnet "Parle-moi..."

Union

Ton Ame

Vierges et femmes...

Simone Weil :

Comme le puissant...

Monique Wittig :

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J/e suis frappée d'interdit...

Sois m/a très chérie...

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La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les sujets qui me tiennent à coeur.

Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.

Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.

Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette artiste.

Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante : sappho4444@hotmail.com 

 Les actus de Têtu :

 

 

Petite note pour informer les lectrices et lecteurs que désormais Lezzone ne publiera plus un certain nombre d'articles de portée  féministe que vous aviez l'habitude d'y trouver régulièrement. D'autre part, certaines archives dejà publiées ne seront plus disponibles dans leur entier. Il appartiendra à chacune, et chacun, de se reporter en bas d'article pour suivre le lien vers les sites d'où ces articles étaient issus.

La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.

Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus être le relai qu'il était.

A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)

Féminisme

Mercredi 8 septembre 2004 3 08 09 2004 17:00

Samira Bellil, l'auteure de "Dans l'enfer des tournantes", est morte

 



Malek Boutih, secrétaire national du PS chargé des questions de société, a rappelé que la marraine de Ni putes, ni soumises avait été "la première à dénoncer les tournantes, dont elle avait été elle-même victime".
Samira Bellil, l'auteur du livre Dans l'enfer des tournantes, est décédée à l'âge de 31 ans "au terme d'une douloureuse maladie", a annoncé mardi 7 septembre dans un communiqué Olivier Rubinstein, directeur général des éditions Denoël. Paru à l'automne 2002, cet ouvrage était "un témoignage capital et courageux sur un fait de société trop souvent occulté", a-t-il rappelé.

Dans ce récit, ni larmoyant ni apitoyé, l'auteur raconte les viols collectifs qu'elle a subis à 13 ans dans sa cité de banlieue, mais aussi sa vie faite de violence dès l'enfance, les coups donnés par son père, la faiblesse de sa mère, la drogue, les "embrouilles" avec les autres filles de la cité qu'elle prend parfois pour des alliées. Elle dit aussi sa rancœur contre la justice des pauvres.

Mais elle est décidée à ne pas laisser les choses en l'état et décide de porter plainte, une décision qui va lui coûter cher. Les agresseurs en prison, à la cité, on ne lui pardonne pas : sa mère met du temps à la comprendre, son père ne l'accepte jamais en "violée". Pour couronner le tout, son avocate, commise d'office, oublie de la prévenir de la date du procès, où elle ne peut donc pas témoigner. Heureusement, un avocat finira par être touché par son histoire et lui obtiendra une indemnisation.

Samira Bellil était devenue éducatrice en Seine Saint-Denis, et son témoignage avait servi à terminer sa thérapie. "Je voudrais faire un livre pour que tout cela ne me soit pas arrivé pour rien. Je voudrais dire à celles qui ont subi ce que j'ai subi qu'il y a toujours un espoir de s'en sortir", écrivait-elle.

"UN EXEMPLE À SUIVRE"

Le mouvement Ni putes ni soumises a rendu hommage dans un communiqué à la "combativité sans faille en se battant contre l'infamie du machisme barbare et la violence" de cette "marraine et militante" de l'association. Selon ses membres, la "présence fidèle et l'investissement" de Mme Bellil aux côtés de Ni putes ni soumises ont été "déterminants", et "sa force a permis à de nombreuses filles de résister pour gagner leur émancipation".

Malek Boutih, secrétaire national du PS chargé des questions de société, a déclaré, pour sa part, que "la disparition brutale de Samira Bellil est un coup dur pour tous ceux qui admiraient son courage à dénoncer les conditions des filles des cités". Et d'ajouter : "Il nous reste aujourd'hui son courage comme exemple pour continuer son combat pour l'émancipation des filles de banlieues."

Côté gouvernement, la secrétaire d'Etat aux droits des victimes, Nicole Guedj, a salué "le courage" et "la force" de Mme Bellil, qui "(l')accompagneront dans (sa) volonté de combattre les humiliations subies par les femmes victimes de violences sexuelles".

Nicole Ameline, Jean-Louis Borloo et Catherine Vautrin ont également rendu hommage au "courage" de la jeune femme. "Son livre est un acte fort, un témoignage bouleversant qui brise la loi du silence pour combattre les stéréotypes, la soumission, la culpabilité et libérer la parole des femmes victimes de ces atrocités", a écrit la ministre de la parité et de l'égalité professionnelle, Nicole Ameline, qui avait "beaucoup d'amitié" pour Mme Bellil. "Elle incarnait la volonté et l'espoir de réussir en quittant la vie qu'elle subissait dans sa cité", a-t-elle poursuivi. Et de conclure : "Le respect de la personne humaine et de ses droits fondamentaux est au cœur de notre combat, c'était celui de Samira Bellil. Elle a servi admirablement cette cause juste et universelle."

Le ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, et la secrétaire d'Etat à l'intégration et à l'égalité des chances, Catherine Vautrin, "tiennent à rendre hommage à son courage et à son engagement". "Très attristés, ils tiennent à apporter leur soutien à ceux qui ont su l'accompagner, l'épauler dans son combat et présentent leurs condoléances à ses proches", ont-ils ajouté.

Enfin, la première adjointe au maire de Paris, Anne Hidalgo, chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, s'est déclarée "bouleversée" par le décès de la jeune femme. "Samira Bellil a contribué à briser la loi du silence dans les cités", a souligné Mme Hidalgo. "Après sa disparition, il faut continuer à soutenir toutes les initiatives pour prévenir et réprimer les violences, et favoriser l'égalité et le respect entre les femmes et les hommes, a-t-elle ajouté. Le combat de Samira Bellil a marqué le début d'une révolte qui ne doit pas s'éteindre."

Avec AFP

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-378217,0.html
Mis en ligne le 08/09/04

Dans l'enfer des tournantes
de Samira Bellil


Langue : Français Éditeur : Editions Gallimard (20 mai 2003)
Collection : Folio documents
Format : Poche - 307 pages
ISBN : 2070429903
Dimensions (en cm) : 11 x 1 x 18
Autres éditions : Broché

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Chroniques et points de vue

Amazon.fr :

"Pour sortir de mon malheur, il m'a fallu des années d'effort et beaucoup de souffrance". À 29 ans, Samira Bellil reconsidère son passé et se raconte tout entière dans ce récit autobiographique fort et émouvant. Dans l'enfer des tournantes est, comme le dit Samira, "la triste histoire d'une minette de banlieue". À 13 ans, Samira a été violée et battue à plusieurs reprises dans une cité de la banlieue parisienne. Sous le joug d'un caïd local, elle a eu peur, des années durant, de témoigner. Peur des conséquences, peur de la répression, peur du qu'en-dira-t-on. Sans fausse pudeur et sans rien cacher de ce qu'elle a subi et qu'elle nomme "la loi des cités", Samira Bellil confesse le souvenir des violences qu'elle a subies et la perte progressive des repères que cela a entraîné dans son comportement. De la "fille fleur bleue" qu'elle était, elle a été vite considérée comme une "fille facile", puis une "fille à cave". Vite marginalisée, Samira raconte comment elle a été rejetée par sa famille et même par certaines de ses amies. Placée en centre, elle est devenue fugueuse et très vite a tourné autour de la petite délinquance, livrée à la rue et à ses tentations.
Ce témoignage très cru et très brut dans sa forme résonne de vibrants accents sincères. Il dénonce vigoureusement la violence des milieux machistes chez certains jeunes garçons de banlieue. Il témoigne aussi et surtout de la rage de cette femme pour renaître au monde après tant d'humiliations et d'oubli de soi. "Grâce au livre, je pense avoir retrouvé une forme de dignité", affirme l'auteur. Cette confession, aussi douloureuse soit-elle, en valait donc la peine puisqu'elle nous livre au final une vraie leçon de courage.
Denis Gombert

Quatrième de couverture :

Samira Bellil est une rescapée. Adolescente, elle a été victime de plusieurs viols collectifs que l'on nomme aujourd'hui des « tournantes ». Rongée par la culpabilité et le dégoût, détruite par l'ostracisme de sa famille et les rumeurs dans son quartier, elle se réfugie dans la drogue et l'alcool. Sa fausse gaieté cache difficilement une plaie à vif. Les coups, les insultes, les cris, la violence gratuite deviennent son mode d'expression. Peu à peu, elle détruit sa jeunesse en renvoyant à la société les violences qu'elle a subies. Son témoignage coup de poing dévoile la violence sexuelle qui s'est instituée et banalisée dans des cités et des banlieues où tout se réduit à des rapports de forces et de domination. Dans un tel environnement, la torture que subissent les filles est non seulement physique mais également morale : réputation brisée, honte et humiliation sont leur lot quotidien. Revenue de cet enfer, Samira a réussi un rétablissement exemplaire. Ce livre, qui intervient au terme d'une longue thérapie, est pour elle le moyen de laisser une trace de son histoire et de venir en aide à ses « frangines », victimes, comme elle, du pire des crimes. C'est aussi une formidable preuve de courage : rares sont les mineures violées à porter plainte et à pouvoir affronter le regard d'autrui. Pour briser la loi du silence.

Pour commander le livre, cliquez ici.

Par Misfit - Publié dans : Féminisme
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Jeudi 9 septembre 2004 4 09 09 2004 00:00

Violence. Insécurité : les femmes sont les premières victimes

Les agressions que subissent les femmes dans l'espace public restent un tabou. Ces actes se sont multipliés ces derniers mois, comme en témoignent les nombreuses plaintes déposées en région parisienne. Des associations tirent le signal d'alarme.

Insultes, regards lourds de sous-entendus, main baladeuse dans les transports en commun, harcèlement par un exhibitionniste, agressions physiques... En France, au moins une femme sur cinq a subi un « acte de violence dans l'espace public. Malheureusement, la prise en compte de ces actes reste problématique.
En France, on a du retard dans ce domaine », relève Maryse Jaspard, sociologue-démographe responsable de l'Enquête nationale sur les violences faites aux femmes en France (Enveff). Publiée en 2001*, cette étude reste plus que jamais d'actualité. Cette violence ne cesse de s'accroître, comme en témoigne l'enquête du « Parisien ». Il n'existe en effet aucune statistique officielle. Les crimes et délits recensés par le ministère de l'Intérieur ne distinguent pas le sexe de la victime. Il est donc impossible, par exemple, de savoir combien de femmes ont subi un vol avec violence. Quant aux autres atteintes, comme les insultes sexistes ou le fait d'être suivie par un homme dans la rue, elles échappent à tout recensement. D'où un profond malaise face à un phénomène bien réel. « On ignore presque tout des violences vécues par l'ensemble des femmes », déplore une militante des Droits de la femme. L'enquête Enveff a le mérite de s'intéresser à ces violences dans l'espace public, c'est-à-dire en dehors du cadre conjugal, familial et du monde du travail.

Les Franciliennes sont les plus exposées


Quelles sont-elles ? D'après l'enquête, sur une période d'un an, les femmes ont confié avoir été victimes d'insultes (13,2 %), suivies dans leurs déplacements (5,2 %), d'avoir subi la vue d'exhibitionnistes ou été importunées sexuellement (4,8 %). Les agressions physiques et sexuelles sont citées plus rarement. « Nous avons malgré tout connaissance d'un nombre élevé d'agressions sexuelles commises sur la voie publique à Paris », relève un magistrat. Autre constat, les jeunes femmes (moins de 25 ans) sont de loin les premières victimes dans l'espace public. Le plus souvent, elles sont agressées par des inconnus du sexe opposé. Enfin, l'insécurité varie selon l'environnement géographique. 8,3 % des femmes ont été la cible d'insultes dans les communes rurales, contre 22 % en Ile-de-France. Les Franciliennes apparaissent particulièrement exposées. 20 % d'entre elles sont touchées par les insultes, contre 13 % des femmes en France. Ces violences du quotidien dans l'espace public, Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences faites aux femmes, implanté en Seine-Saint-Denis, les baptise, pour les plus courantes, « les incivilités du sexisme ». « Nombre de jeunes filles, de tous les milieux sociaux, s'en plaignent ouvertement. Ce qui les choque le plus, c'est la passivité des adultes », constate-t-elle. L'observatoire lancera prochainement une enquête sur ce phénomène auprès de 2 000 adolescentes âgées de 15 à 20 ans et scolarisées dans les établissements du département.

*Commandée et financée par le secrétariat d'Etat aux Droits des femmes, cette enquête nationale a été réalisée auprès de 6 970 femmes âgées de 20 à 59 ans.
Geoffroy Tomasovitch et Pascale Egré

Source : http://www.leparisien.fr/home/info/faitjour/article.htm?articleid=241132051
Mis en ligne le 09/09/04

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Samedi 11 septembre 2004 6 11 09 2004 17:00

Les viols de femmes et fillettes se poursuivent au Soudan
Par ATS ©2004 Europolitica 


Dès l'âge de 7 ans, les fillettes sont soumises
à des viols en réunion par les miliciens du
nord musulman.

NAIROBI - Le viol des femmes et le harcèlement des civils se poursuivent au Darfour, a affirmé à Nairobi Dennis McNamara.

L'émissaire de l'ONU a dressé ce constat alors que le délai accordé à Khartoum pour régler la crise dans la région arrive à terme.

«Il existe une crise au niveau de la protection (des civils) au Darfour aujourd'hui». Les populations déplacées restent soumises à des pressions constantes, parfois à du harcèlement de la part des autorités au Darfour pour qu'elles retournent dans leurs villages d'origine malgré l'insécurité».

M. McNamara a souligné que les déplacés étaient «traumatisés», citant des violences sexuelles et des viols de femmes et de fillettes, dès l'âge de 7 ans. «La plupart des viols sont des viols en réunion, généralement perpétrés par des membres de milices» a-t-il martelé.

Interrogé sur l'action de Khartoum, le responsable de l'ONU a estimé que le Soudan ne faisait «pas assez» pour protéger les civils au Darfour. Quelque 30 000 personnes ont déjà été tuées et 1,4 millions déplacées.

Le constat dressé par M. McNamara a précédé de quelques heures l'expiration du délai accordé le 30 juillet dernier par le Conseil de sécurité au Soudan pour désarmer les milices arabes et régler la crise humanitaire au Darfour.

Des pourparlers entre belligérants devaient reprendre à Abuja. Ces discussions au Nigeria ont lieu sous l'égide de l'Union africaine (UA). La semaine dernière, l'UA était parvenue à réunir les parties autour d'une table de négociations, mais les entretiens n'ont rien donné à ce jour, chaque camp accusant l'autre de violations du cessez-le-feu signé le 9 avril.

Source : http://www.europolitica.org/7,article,rp200409,09,0000x0000p0005.htm
Mis en ligne le 09/09/04

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Mardi 14 septembre 2004 2 14 09 2004 17:00

Festival de films documentaires féministes

Du 24 au 26 septembre 2004
Centre culturel Jean Vilar, Arcueil (94)


Pour sa deuxième année consécutive, le festival « Femmes en Résistances » se propose d'explorer les luttes des femmes dans le domaine « économique ». Le capitalisme a des conséquences non moins dramatiques pour les femmes que la guerre, thème qui fut exploré lors de la première édition du festival.

On n'en finirait pas d'égrener les maux que la croissance capitaliste fait subir à l'environnement et aux populations, particulièrement aux femmes. En première ligne face à ces agressions, les femmes sont aussi les premières à construire des actions de résistance au capitalisme.

Simples aménagements destinés à faire supporter et donc durer plus longtemps le système, ou bien sources de véritables alternatives, les résistances des femmes sur tous les continents seront évoquées et questionnées lors de cette deuxième édition.

Cette année encore, le festival proposera des films documentaires, des débats, des expositions, un espace librairie et un espace de rencontre (cafétéria, forum d'informations).

Femmes en résistances… au capitalisme !

Thématique de la deuxième édition du festival de films documentaires féministes d'Arcueil

Pour sa deuxième année consécutive, le festival " Femmes en résistances " se propose d'explorer les luttes des femmes dans le domaine " économique ". Le capitalisme a des conséquences non moins dramatiques pour les femmes que la guerre, thème qui fut exploré lors de la première édition du festival. La guerre et la violence envers les femmes font d'ailleurs partie de l'arsenal des moyens du capitalisme pour s'imposer comme système économique unique à l'ensemble de la planète. Cependant, cet arsenal est multiple. Le mythe du développement par rattrapage qu'évoque Maria Mies (1999) (1) fait aussi partie de cet arsenal : il est " basé sur une compréhension évolutionniste et linéaire de l'histoire, certains ont déjà atteint le sommet de l'évolution, dont les hommes en général et en particulier les hommes blancs, les pays industrialisés, les citadins. Les "autres" - les femmes, les gens de couleurs, les pays "sous-développés", les paysans - atteindront aussi ce sommet avec un peu plus d'efforts, d'éducation de "développement" ". Le mythe, aujourd'hui, a du plomb dans l'aile… on n'en finirait pas d'égrener les maux que la croissance capitaliste fait subir à l'environnement et aux populations, particulièrement les femmes. En première ligne face à ces agressions, les femmes sont aussi les premières à construire des actions de résistance au capitalisme. Simples aménagements destinés à faire supporter et donc durer plus longtemps le système, ou bien sources de véritables alternatives, les résistances des femmes sur tous les continents seront évoquées et questionnées au travers d'une quinzaine de films documentaires.

La croissance capitaliste et ses dégâts

La croissance capitaliste est fondée sur le modèle de la productivité, dont le progrès technologique est censé constituer le moteur : " En dehors de la productivité, qui créée le revenu, qui structure la distribution des revenus dans toutes les économies nationales, point de salut ! " (Verlaeten, 1993 ) (2). Loin du mythe du développement par rattrapage, on constate cependant que ce système ne peut satisfaire que les intérêts d'une minorité, dont l'enrichissement et la consommation expansive n'existent qu'aux dépends de l'appauvrissement de pans entiers de la population, du pillage des ressources naturelles et de graves dégradations de l'environnement. Tout, dans ce monde, est susceptible d'appropriation pour exploitation par le détenteur de capital, qu'une idéologie libérale puissante veille à ne pas entraver dans sa course aux profits. En témoigne - pour ne prendre qu'un exemple - la volonté du GATT " d'étendre la propriété intellectuelle aux espèces vivantes, animales et végétales, génétiquement manipulées avec royalties à la clé pour les grandes firmes détentrices des brevets " (Bertrand, 1993) (3) .

Ce modèle de croissance est celui des pays du Nord ; il est imposé aux pays du Sud par de puissantes structures, dites internationales (Banque Mondiale, FMI) bien qu'elles ne servent que les intérêts des pays les plus industrialisés. Ce mouvement peut alors être aisément comparé à une " néo-colonisation " (Fatouma-Diaroumeye, 1993) (4) face à laquelle les pays du Sud ont aujourd'hui engagé la résistance. Mais des voix critiques de plus en plus nombreuses se font également entendre au Nord. Si l'on s'interroge aujourd'hui sur ce modèle, c'est parce que ses conséquences dramatiques se font de plus en plus visibles à l'échelle de la planète toute entière, y compris dans les pays " développés " : catastrophes industrielles, pollution des villes, chômage croissant, instabilité sociale,…. Comme si les risques et les coûts de la croissance capitaliste ne pouvaient plus être entièrement dissimulés en étant externalisés sur des populations et des environnements lointains.

Les femmes, premières victimes du capitalisme

Dire que les femmes sont les premières victimes car elles sont les plus fragiles ou les plus démunies cacherait un biais majeur : le capitalisme véhicule des valeurs, des modes de pensée et des comportements d'action masculins, dont les femmes sont exclues ou s'excluent d'elles-mêmes. La compétitivité ? L'individualisme ? La concurrence ? Le pouvoir ? La marchandisation ? La loi du plus fort ? L'argent ? Le visible ?... Les femmes ne sont-elles pas adaptées à ces logiques ? Les refusent-elles du fait d'autres croyances plus humaines, plus sociales ? Eprouvent-elles seulement un manque d'intérêt pour ces guerres nouvelles ou bien la société les forment-elles à se tenir en dehors de ses enjeux ? Quoiqu'il en soit, c'est un constat : au Nord, comme au Sud, les femmes souffrent particulièrement des maux du capitalisme. On n'évoquera ici que deux situations nationales, à l'image de toutes les autres à la surface de la planète

En France, alors qu'elles ont toujours travaillé et que leur place s'affirme sur le marché du travail, les inégalités persistent entre elles et les hommes. En octobre 2003, le taux de chômage des femmes âgées entre 25 et 49 ans s'établissait à 10 ,5% contre 7,5% pour celui de leurs homologues masculins (5), en sachant que le taux d'activité des femmes conjointes se réduit fortement avec le nombre d'enfants (6). Quand elles sont en emploi, elles sont davantage touchées par la précarité du marché du travail : contrats à durée déterminée, contrats aidés et surtout travail à temps partiel… un tiers des emplois occupés par les femmes sont à temps partiel, temps partiel contraint ou choisi… pour articuler vie familiale et vie professionnelle… la leur et celle des membres de leur famille. Concentrées dans un nombre très restreint de professions, encore souvent des emplois d'assistance ou dans le prolongement de l'activité familiale et domestique, elles sont aussi moins présentes dans les professions prestigieuses et de pouvoir, bloquées dans leur ascension professionnelle par un invisible mais solide plafond de verre et ceci malgré le fait qu'elles soient de plus en plus diplômées. Les inégalités salariales stagnent : en moyenne les femmes gagnent encore 20% de moins que les hommes ; résultat de l'ensemble des inégalités sur le marché du travail mais aussi de phénomènes discriminatoires…

Aux philippines (7), les " plans d'ajustements structurels " mis en place par le FMI et la Banque Mondiale conduisent le pays à consacrer la majeure partie de son budget national au remboursement de la dette. Les sommes qui peuvent être consacrées aux services tels que l'éducation ou la santé s'en trouvent considérablement réduites, ce qui touche au premier chef les femmes et leurs enfants. Dans certaines zones rurales, les familles d'agriculteurs, de moins en moins aidées par le gouvernement et contraintes d'acheter des insecticides et des engrais importés ont coutume d'envoyer leurs filles " servir " leur propriétaire afin de rembourser les dettes contractées auprès de lui. Au niveau national, les femmes sont encore " les instruments de la dette ", dans la mesure où elle constituent le gros des bataillons de travailleurs émigrés vers l'Europe, le Moyen-Orient ou encore le Japon afin de gagner durement les dollars nécessaires au remboursement.

Les femmes au cœur du système et pourtant invisibles

Pour Vandana Shiva (1999) (8) la décennie de la Femme des Nations-Unies - basée sur le postulat qu'une amélioration de la position économique des femmes conduirait à la diffusion du processus de développement - s'est achevée sur un constat amer : " le sous-développement croissant des femmes n'est pas du à une "participation" insuffisante et inadéquate dans le "développement", mais plutôt à leur participation forcée mais asymétrique dont elles supportent les coûts tout en étant exclues des bénéfices ". Car si les femmes sont les premières touchées par les inégalités générées par le capitalisme, elles sont aussi au cœur du système, celles qui permettent son fonctionnement au Sud comme au Nord. Ici, les femmes sont les gardiennes des sphères de l'assistance, actives du social, piliers du familial, intendantes des actions revendicatives… elles sont celles qui mettent de l'huile dans les rouages, qui soignent les exclus et rendent plus doux et acceptable ce qui ne l'est pourtant pas. Bénévoles actives et dévouées dans les associations de réinsertion et de formation des exclus du système, mères de famille alliant les sphères de l'éducation, du travail et du privé de tous les membres et dictant les règles de marketing en tout genre sous le masque de la célèbre " ménagère de moins de 50 ans ". Soutien actif préparant le café et les sandwiches des mouvements de protestation des hommes. Secrétaire d'association, secrétaire de délégation syndicale… celles qui prennent les notes, se lancent dans les procédures, préparent les réunions... Celles qui réfléchissent sans rien dire tous les jours aux solutions simples pour améliorer le bien-être de leurs proches au quotidien, dans l'ombre, dans toutes ces petites choses si vitales qu'on les oublie.

Là bas, les femmes sont aussi les piliers de la société. Elles constituent la majeure partie de la main d'œuvre agricole ; elles sont souvent chargées des cultures vivrières, de la gestion des ressources essentielles telles que l'eau ou le bois ; leur activité commerciale est essentielle… sans parler évidemment de leur rôle dans l'éducation des enfants, l'entretien, la protection et le soin de tous les membres de la communauté… " Néanmoins, dans la coopération française, les spécialistes de la production agricole, les responsables des programmes éducatifs, comme les démographes, réussissent trop souvent le tour de force d'être experts dans leurs domaines sans y avoir vu les femmes " (Duriez, 1993) (9).

Comme le souligne ATTAC (2003) (10), " la Banque mondiale ne s'y est pas trompée, qui leur prête une grande attention puisque les femmes constituent une "variable" qui aide à encaisser les ajustements structurels… ".

Les femmes sont donc partout, à la fois dans le système et juste à côté, cherchant à le rendre plus proche de leurs convictions. Simplement, personne ne les voit, elles sont invisibles, leur travail est invisible, qu'il soit agricole, industriel, marchand, domestique, familial, associatif ou syndical… elles sont à la fois présentes et invisibles. Une chose est sûre : tout changement de système ne pourra que passer par les femmes…

Les femmes entrent en résistance au capitalisme

Invisibles… enfin pas vraiment et pas toutes. Pas vraiment car tout dépend des yeux qui regardent, des valeurs soutenues par ceux qui inspectent, par ceux qui jugent de l'action. Et pas toutes, car certaines utilisent les valeurs du système pour se faire entendre, pour oser, pour agir ouvertement, sur le devant de la scène, elles se coalisent comme les infirmières aux conditions de travail déplorables, ou les ouvrières licenciées. Elles militent au sein des syndicats et autres organisations, créent des comités, et luttent pour l'égalité ; elles affrontent le capitalisme pour redistribuer les ressources plus justement et revendiquer leurs droits. Plusieurs des films présentés rendront compte de ces actions de résistance des femmes face à l'exploitation du travail humain, qui ont existé depuis les débuts du capitalisme industriel.

Cependant, au-delà de leur légitimité évidente, ces luttes que les femmes mènent pour leur droits dans les pays industrialisés posent une question : de quels droits parle-t-on ? Aujourd'hui, plusieurs gouvernements disent engager des actions de promotion des femmes (négociation collective sur le thème de l'égalité professionnelle, projet d'un crédit d'impôt famille afin d'inciter les entreprises à l'articulation travail/famille, encouragement de la parité politique ; etc.). Pour Maria Mies (1999) " tous ces efforts et ces initiatives au niveau politique équivalent à une stratégie de rattrapage des hommes par les femmes (…) qui signifie que les hommes en général et les hommes blancs dans des conditions d'influence, sont considérés comme le modèle auquel les femmes doivent aspirer ". Il s'agirait alors pour les femmes des sociétés d'abondances de s'approprier " une part du butin de l'homme blanc ". N'y a-t-il pas d'autres voies à explorer pour les femmes ?

Clara Flenley (1993) (11) remarque que " au Sud, les femmes sont productrices de l'alimentation, au Nord ce sont les femmes qui font les achats, les choix. Nous pouvons ainsi très fortement influencer les schémas de production et de consommation ". Quelques films, à l'instar du réputé " Ouvrières du monde " de Marie-France Collard, tentent d'ouvrir ces voies ardues de la solidarité féministe internationale. Afin de mieux appréhender ce qui est d'ordinaire caché aux yeux des consommateurs/trices du Nord, la programmation fera une large place aux expériences menées dans les pays du Sud. Là-bas aussi, les initiatives et les énergies conjuguées des femmes foisonnent pour tenter d'atténuer les maux causés par le capitalisme mondial. Quand les femmes prennent en main la lutte contre l'exode rural en créant des activités respectant l'environnement au Brésil (12) ou quand elles se battent contre la déforestation et la disparition de l'eau potable dans l'Etat du Gujarat en Inde (13), ces femmes ne font-elles que palier les dégâts les plus flagrants du régime économique et politique actuel, ou bien défrichent-elles de nouveaux espaces de participation citoyenne ?

Le festival cherchera ainsi à poser quelques pistes de réflexion sur la place et les rôles qu'occupent les femmes face à l'ensemble des maux causés par le capitalisme. Ne font-elles que mener des actions d'aménagement du capitalisme pour le rendre plus humain ou bien bâtissent-elles les contours d'un véritable système alternatif, qui ne serait plus basé sur la division, la domination et l'exploitation de la nature et des personnes?

Anne Labit, Sociologue
Séverine Lemière, Economiste
Membres de l'association Résistances de Femmes

1 - Mies Maria, " Le mythe du développement par rattrapage " in Maria Mies et Vandana Shiva, Ecoféminisme, Edition l'Harmattan, 1999.
2 - Verlaeten Marie-Paule, " Les maux de la croissance ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, Femmes et Changements, Festival de Créteil, 1993.
3 - Bertrand Agnès, " La "cocacolonisation" et pourquoi il faut refuser le GATT ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
4 - Fatoumata-Diaroumeye Agnès, " Femmes d'Afrique et développement durable pour demain", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
5 - Données CVS - Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité.
6 - Données INSEE, enquête Emploi.
7 - On s'appuie ici sur l'exposé de Tessita Oliveiros, " Dette et programmes d'ajustement structurel aux Philippines, in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
8 - Shiva Vanadana, " L'appauvrissement de l'environnement, des femmes et des enfants ", in Maria Mies et Vandana Shiva, Ecoféminisme, Edition l'Harmattan, 1999.
9 - Duriez Françoise, " Femmes et développement : quelle problématique adopter ? ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
10 - Attac, Quand les femmes se heurtent à la mondialisation, Editions Mille et une nuits, 2003.
11 - Flenley Clara, " Les actions du Women's Environmental Network ", in La croissance, quelques "maux" que je sais d'elle, op. cit.
12 - Mao na massa (La main à la pâte) de Marcia Meireles et M. Angelica Lemos, Brésil, 1992, couleur, vidéo 17'.
13 - We can solve it (Nous avons la solution) de Nafissa Barot et Raju Barot, Inde, 1988, couleur vidéo 22'.

Source : http://www.resistancesdefemmes.org/

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Samedi 18 septembre 2004 6 18 09 2004 17:00

 

L'Asie, un continent en mal de filles

Avortements sélectifs, infanticides: le taux de garçons peut atteindre 130 pour 100 filles en Inde, en Chine et en Corée du Sud.
Par Marie KOCK

On les appelle les missing women -«les disparues». Le terme, inventé par l'économiste indien, prix Nobel en 1998, Amartya Sen, désigne ces filles et ces femmes qui ne sont jamais nées. A cause des avortements sélectifs ou des infanticides. Par désir et tradition d'avoir un garçon. Rien qu'en Inde, elles seraient 40 millions, selon l'Unicef. Le numéro de septembre de Population et Société revient sur ce phénomène avec une étude sur l'avortement sélectif des filles en Asie. Illégal et souvent tu, il est difficile de trouver des chiffres pour démontrer l'ampleur du phénomène. Son auteur, Gilles Pison, rédacteur en chef de la revue et chercheur à l'Institut national d'études démographiques (Ined), s'est donc basé sur l'augmentation anormale de la proportion de naissances masculines en Asie, «l'indicateur le plus solide» selon lui de ces pratiques.

Echographies. Il naît normalement 105 garçons pour 100 filles. Mais depuis les années 80, dans certains pays d'Asie orientale, la proportion de garçons est bien supérieure. Elle était par exemple de 117 garçons pour 100 filles en Chine en 2000. De 110 garçons pour 100 filles en Corée du Sud à la même époque, avec plusieurs pics autour de 115 dans les années 1990-1995. Ces deux pays ont en commun d'être des sociétés fortement patrilinéaires (les propriétés et les droits s'y héritent de père en fils) et de connaître une baisse rapide de la fécondité. Alors que les femmes avaient en moyenne 6 enfants au début des années 60 (avec 98 % de chances d'avoir au moins un garçon), elles en ont moins de deux aujourd'hui (avec seulement 75 % de probabilités d'avoir un fils).

Dans ces conditions, les couples laissent de moins en moins de place à la nature et cherchent de plus en plus à déterminer le sexe de leur enfant. Ce qui est possible, depuis les années 80, avec une simple échographie plus facile et moins coûteuse que l'amniocentèse. Cela permet d'avorter si le résultat n'est pas celui escompté. La méthode ne garantit pas la naissance d'un garçon, mais elle semble avoir réduit les infanticides de petites filles en permettant de ne pas avoir de filles non désirées.

«Revalorisation». La proportion de garçons augmente surtout après une première naissance (pour laquelle on s'en remet encore à la nature). En Corée du Sud il y avait en 1990, 117 garçons pour 100 filles à la deuxième naissance mais 190 garçons pour 100 filles à la troisième. Les mesures prises depuis lors, comme l'interdiction de déterminer le sexe pendant la grossesse ou les campagnes de «revalorisation» des filles, ont réduit cet écart. Mais la conviction, fortement ancrée, même chez les femmes, fait que le taux reste malgré tout anormalement élevé en 2000, avec 140 naissances masculines pour 100 féminines au troisième enfant. A l'inverse, s'il y a eu deux garçons avant, la famille désirant une fille est également prête à avorter des foetus masculins.

Célibataires. Pour conclure son étude, Gilles Pison, rappelle que, même si le phénomène est géographiquement limité, «il a une dimension planétaire en raison du poids démographique» de la Chine et de l'Inde, qui «regroupent 38 % de la population mondiale et le tiers des naissances». Plusieurs générations sont déjà nées avec une surreprésentation de garçons. Une partie d'entre eux se retrouveront sans partenaires à l'heure de faire des enfants : «La croissance démographique pourrait ralentir plus vite qu'annoncé, et le vieillissement y être plus rapide.»

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=239531
Mis en ligne le 18/09/04

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Jeudi 23 septembre 2004 4 23 09 2004 17:00



Le Sénat rechigne à ouvrir ses portes aux femmes


PARIS -- Un brin machos, les sénateurs? Si l'hémicycle de la Haute assemblée s'est féminisé grâce à la loi sur la parité du 6 juin 2000, au point de compter un nombre record de 34 élues dans ses rangs, les femmes sont les grandes perdantes de la réforme du régime électoral des sénateurs adoptée en juillet 2003.
Depuis le renouvellement partiel du Sénat de septembre 2001, on compte 34 femmes sur 321 sénateurs (soit 10,6%), contre 20 auparavant. C'est la plus forte proportion de sénatrices depuis le début de la Ve République. La loi sur la parité du 6 juin 2000, qui s'appliquait pour la première fois aux sénatoriales de 2001, est à l'origine de cette percée.
Seulement voilà: les candidates aux sénatoriales de dimanche pourraient bien faire les frais de la loi du 30 juillet 2003. Cette réforme du gouvernement Raffarin a modifié la façon dont les sénateurs sont élus, qui mêle scrutin majoritaire dans les zones peu peuplées et scrutin proportionnel ailleurs.
Or, alors qu'elle est mathématiquement plus favorable à la parité, la part de la proportionnelle a été réduite. But affiché: assurer une représentation plus équilibrée des zones rurales et des grandes villes. Si on prend les résultats des sénatoriales de 2001, on observe que 20 femmes ont été élues sur 74 sénateurs désignés à la proportionnelle, soit 27%. En revanche, deux femmes seulement ont été élues sur 28 sénateurs désignés au scrutin majoritaire, soit 7%.
Malgré un mode de scrutin moins favorable, la parité pourrait toutefois continuer à progresser. Suite à la loi du 30 juillet 2003, l'effectif des sénateurs va en effet passer de 321 à 331. AP

Source : http://permanent.nouvelobs.com/politique/20040923.FAP1665.html?1446
Mis en ligne le 23/09/04

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Mercredi 29 septembre 2004 3 29 09 2004 17:00



Intégrer les griots dans la lutte contre l’excision

L’Afrique francophone s’appuie sur les communicateurs traditionnels pour combattre la pratique


Le Forum des communicateurs traditionnels d’Afrique de l’Ouest sur les violences faites aux femmes au nom de la tradition s’est ouvert, lundi, à Ouagadougou (Burkina Faso). Le principal objectif de cette rencontre d’une semaine est surtout d’impliquer les griots de dix pays d’Afrique francophone dans la lutte contre l’excision. Fadia Nassif, responsable des projets femme et développement à l’Agence de la Francophonie, qui organise l’événement, revient sur cette initiative.

De notre envoyée spéciale

Des griots pour lutter contre l’excision et aux violences faites aux femmes africaines. Le Forum des communicateurs traditionnels d’Afrique de l’Ouest sur les violences faites aux femmes au nom de la tradition a ouvert ses portes, lundi, à Ouagadougou (Burkina Faso), avec la participation de quelque 200 personnes. Jusqu’à dimanche, Les équipes-pays de dix Etats francophones [*], composées de dix griots, trois journalistes de radios rurales, deux à trois représentantes d’organisations non gouvernementales et un représentant du ministère chargé de la promotion des femmes, vont passer en revue, au travers d’ateliers en français et en langues nationales, une série de maux qui frappe la femme africaine. Ainsi, elles aborderont le droit des femmes, la non-scolarisation des filles et le sida. De même que des traditions jugées néfastes, comme les mariages forcés et précoces, le gavage (obligation pour les filles d’avaler de grosses quantité de nourriture afin de forcer leur développement physique en vue d’un mariage précoce), le lévirat (obligation pour une femme veuve d’épouser le frère de son mari décédé) et l’excision. L’excision est d’ailleurs au centre des premiers ateliers de cette rencontre organisée par l’Agence de la Francophonie dans le cadre du Xe Sommet de la Francophonie à Ouagadougou. L’objectif est de mettre en place une stratégie permettant aux griots, acteurs essentiels des moments clés de la vie, de participer à l’éradication de cette pratique. Fadia Nassif, responsable des projets femme et développement à l’Agence de la Francophonie, explique quelles sont les attentes du projet.

Afrik.com : Comment est née l’idée d’impliquer les griots dans la lutte contre l’excision ?

Fadia Nassif : La Francophonie travaille sur l’excision depuis la Conférence des femmes de la Francophonie, qui s’est déroulée au Luxembourg en 2000. Lors de cette rencontre, les ministres présents ont recommandé qu’en matière de santé et de développement, les efforts de la communauté francophone ciblent les pratiques traditionnelles néfastes, et particulièrement les mutilations génitales féminines (MGF). Les activités de l’Agence de la Francophonie dans ce domaine se rapportent surtout à l’organisation de campagnes d’informations et de sensibilisation sur les MGF avec pour cible principale les populations des zones rurales qui ont généralement un accès malaisé à l’information. Soit parce qu’elles ne savent pas lire, soit parce qu’elles n’ont pas de radio. C’est dans ce contexte que nous avons décidé d’organiser des campagnes nationales d’information et de sensibilisation sur l’excision au Mali et en Guinée, associant les journalistes des radios rurales et les communicateurs traditionnels, ou griots. La synergie établie entre ces deux groupes s’avérant prometteuse, nous avons décidé, en outre, afin de renforcer l’implication des griots, d’organiser un atelier national des communicateurs traditionnels de Guinée. C’est lors de cet atelier, tenu à Kankan fin 2003, qu’est née l’idée de ce présent forum d’envergure sous-régionale.

Afrik.com : Pourquoi l’Agence a-t-elle ciblé les communicateurs traditionnels ?

Fadia Nassif : Nous avons trouvé que c’était une bonne idée de les intégrer à la lutte contre l’excision parce qu’ils sont présents lors de tous les plus grands événements de la vie sociale (les baptêmes, mariages, décès,...). Gardiens de la tradition et maîtres de la parole, ils maîtrisent l’art de la persuasion et du plaidoyer et leurs avis sur les questions relatives à la tradition sont écoutés.

Afrik.com : Quels objectifs espérez-vous atteindre au terme de cette rencontre ?

Fadia Nassif : Nous voulons convaincre les griots d’œuvrer pour l’abandon de certaines pratiques traditionnelles qui se sont avérées néfastes. Si nous arrivons à emporter leur adhésion, nous espérons qu’ils relayeront les résultats des discussions et débats du forum dans leur pays respectif et qu’ils s’impliqueront dans les campagnes nationales pour l’abandon des pratiques traditionnelles néfastes (PTN) et la promotion des droits des femmes. Nous leur faisons confiance pour trouver les mots qu’il faut pour faire passer le message. Si le partenariat avec les radios fonctionne, les griots pourront s’exprimer sur les ondes gratuitement. De cette manière, il n’y aura pas de barrière financière. Nous réfléchissons à l’opportunité de mettre en place un réseau sous-régional des communicateurs traditionnels et modernes pour lutter contre les PTN pour les femmes. Parallèlement, des plans d’actions nationaux seront élaborés au terme de ces échanges.

Afrik.com : Une aide financière est-elle prévue pour aider les griots dans leur démarche ?

Fadia Nassif : Pour le moment, nous en sommes au stade des « on aimerait ». Après les discussions, nous verrons dans quelle mesure nous pouvons apporter une aide.

Afrik.com : Les griots présents sont-ils tous acquis à votre cause ?

Fadia Nassif : Les interrogations de certains laissent paraître qu’ils ne sont pas tous convaincus que l’islam ne préconise pas cette pratique. C’est à nous de leur démontrer les conséquences néfastes de l’excision. Certains sortiront convaincus qu’il faut l’abandonner, d’autres le seront à moitié. Une chose est sûre l’éradication des PTN constitue un véritable défi.

Afrik.com : Un défi que vous pensez pouvoir relever ?

Fadia Nassif : Nous avons eu des retours positifs de l’expérience malienne, mais je ne me fais pas beaucoup d’illusions. Nous commençons des campagnes d’informations sur une pratique qui dure depuis des millénaires. Nous avons besoin de plusieurs années de travail intensif pour avoir des résultats palpables. Toutefois, si le message finit par arriver dans les zones les plus reculées, ce sera déjà une victoire. Car plus personne ne pourra dire qu’il ne savait pas que les conséquences de l’excision sont graves.

Afrik.com : L’excision est extrêmement médiatisée, ce qui n’est pas le cas du gavage ou du lévirat. Pourquoi ne pas avoir mis plus l’accent sur ces pratiques ?

Fadia Nassif : Auparavant, nous nous focalisions sur l’excision. C’est la première fois que nous élargissons le débat aux autres formes de violences. Elles sont donc prévues au programme mais seront moins développées car certaines, comme le gavage, ne sont pas présentes dans tous les pays qui sont réunis pour le Forum. Il se pratique surtout en Mauritanie, au Niger et dans une partie du Mali. En revanche, l’excision concerne toutes les ethnies et pays africains francophones qui sont présents. Alors pour ces quatre jours de travaux (le reste de la semaine est dédié à des ateliers de production pour les journalistes des radios locales, ndlr), nous avons décidé de rester concentrés sur un nombre de thèmes réduits pour les approfondir et obtenir le maximum d’adhésions.

Afrik.com : Dans certains pays, comme le Sénégal, les imams sont associés à la lutte contre l’excision. Envisagez vous de travailler avec eux ?

Fadia Nassif : Nous avons à ce Forum un imam du Burkina Faso et un autre du Mali. Ils interviennent en tant que personnes ressources pour démontrer que l’islam n’a jamais demandé que les filles ou les femmes soient excisées.

Source : http://www.afrik.com/article7670.html
Mis en ligne le 29/09/04

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Mardi 5 octobre 2004 2 05 10 2004 00:00



Mange pour plaire aux hommes !

Le gavage en Mauritanie et au Mali


Le gavage est surtout répandu en Mauritanie, au Niger et dans le Nord du Mali. Cette pratique consiste à faire consommer une quantité très importante d’aliments riches aux fillettes pour forcer leur développement physique et permettre un mariage précoce. Alors qu’elle tend légèrement à reculer pour les enfants, l’« auto-gavage », qui consiste à ingérer volontairement des médicaments pour animaux pour grossir, prend de l’ampleur chez les femmes noires, soucieuses d’attirer le regard des hommes.

Plus tu grossiras, plus tôt tu te marieras. Le gavage est une pratique très répandue en Mauritanie, au Niger et dans le Nord du Mali. Elle vise des filles, en majorité âgées de cinq à dix ans (période faste de croissance), obligées de manger des quantités gargantuesques de nourriture. L’idée est de forcer le développement physique de la fillette pour qu’elle soit aussi ronde qu’une femme mature, qu’elle plaise aux hommes et soit donc bonne à marier. Cette tradition reste vivace, bien qu’elle tende à régresser dans certains endroits des pays concernés. En revanche, l’« auto-gavage » se répand. Cette nouvelle forme de séduction consiste à créer des formes généreuses artificielles en consommant des médicaments destinés à favoriser la croissance des bovins.

Au cœur du gavage, il y a l’orgueil. Cette pratique est en effet l’apanage des familles aisées, seules à pouvoir débourser les sommes nécessaires et pour qui gaver leurs filles est un signe extérieur de richesse. Plus la fille est grosse et plus les gens considèrent que sa famille est opulente. Mais cette tradition se maintient surtout pour une raison purement économique. « Les filles ne vont pas l’école. Alors plutôt que de les entretenir alors qu’elles ne rapporteront pas d’argent à leurs familles, ces dernières préfèrent les marier rapidement pour qu’elles vivent chez la belle famille au plus tôt », explique Khalidou Fall, communicateur traditionnel maure. Et parce que les hommes aiment les femmes avec des courbes bien rondes, les filles sont gavées. Souvent par les grands-mères ou des gaveuses lors d’un séjour en vacances organisé par la mère, à l’insu du père. C’est une affaire des femmes.

Menotter pour faire manger

« On leur met des menottes en bois au niveau des tibias. Devant elles, de grandes calebasses d’eau ou de lait sont disposées. Elles doivent tout boire. Et sitôt le récipient vidé il est à nouveau rempli et ainsi de suite. Si la jeune fille sent qu’elle va vomir, on appuie sur les menottes, ce qui est très douloureux, on la pince ou on la frappe. Si elle vomit tout de même, on rapporte encore de quoi boire encore et encore. Dans l’ancien temps, si on récupérait le vomi, on le lui redonnait parce que le lait était rare », poursuit celui que tout le monde nomme Kals.

L’objectif est d’agrandir l’estomac pour que la fille puisse manger de très grandes quantités de nourriture. « On lui donne pendant une semaine du pain dans du lait, des dattes, du thô (pâte à base de céréale) ou encore du riz avec quelques morceaux de viande de mouton, mais sans sauce. Il y a peu de sel et pas d’huile, car la graisse du mouton est plus riche que celle vendue dans les marchés. Ce n’est pas très bon, mais si on leur donne une marmite à finir, elles doivent en venir à bout », souligne Kals. Dans le Nord du Mali, « on tue un mouton tous les jours et on en fait une soupe que la fillette doit manger. On lui donne aussi de la bouillie de mil et du lait. Elle mange toute la journée, parfois toutes les deux heures, elle se repose et reprend », explique Kadidia Aoudou Sidibé, présidente de l’Association malienne pour le suivi et l’orientation des pratiques traditionnelles (AMSOPT).

« A 12 ans, elle en fait 40 »

Avec tant de nourriture riche en glucides, la fillette devient très vite méconnaissable. « A 12 ans, certaines en font 40 », commente Kals. « Certaines sont tellement grosses qu’elles ne peuvent même plus se lever pour aller aux toilettes. On leur apporte tout sur place pour qu’elles fassent leurs besoins », précise Kadidia Aoudou Sidibé. Quasiment invalides, mais physiquement rondes comme des femmes, elles sont mariées.

Parce que leurs estomacs sont habitués à recevoir de grosses quantités de nourriture, elles mangent toujours énormément une fois mariées, alors que plus rien ne les y oblige. Et elles ne perdent pas de poids car bien souvent elles restent au foyer et ont des domestiques, que certains appellent même esclaves, qui se chargent de toutes les charges quotidiennes. Leurs maris sont prêts à payer de grosses sommes pour que leur femme reste inactive et donc ronde à souhait.

Ces filles-femmes obèses risquent donc de sérieux problèmes cardio-vasculaires, d’hypertension et de diabète. Ce n’est rien face au regard des gens. Alors certaines essaient de maigrir. Avec peine. « De six heures du matin à six heures du soir, on voit des femmes obèses voilées qui font le tout du stade olympique de Nouakchott pour transpirer et perdre du poids. Elles sont très complexées car on constate que ce n’est que lorsque les gens ont le dos tourné qu’elles essaient de courir », commente Kals.

Timide recul

Plusieurs facteurs contribuent au léger recul de la pratique en Mauritanie. Le Président mauritanien a demandé aux femmes, qui restaient très largement à la maison, de se lever et de participer à l’économie du pays. Les filles sont de plus en plus scolarisées et un certain nombre de femmes travaillent, ce qui impose une corpulence qui leur permet de se mouvoir. Avec l’accès facilité à l’éducation les filles, conscientes des risques de la pratique, appliquent moins le gavage en devenant mères.

Par ailleurs, « dans les grandes villes, les hommes des nouvelles générations recherchent moins des femmes avec beaucoup de formes. Certains Maures menacent même les filles d’aller voir des Peuls si les femmes maures ne maigrissent pas », explique Amadou Ndiaye, communicateur traditionnel mauritanien. « On voit aussi que les nouvelles générations de femmes noires du pays sont influencées par la mode européenne et ont tendance à faire des régimes. Et certains hommes dépensent moins pour leurs femmes pour pouvoir partir à la Mecque ou encore voyager », ajoute Kals.

Avaler des médicaments pour animaux

Mais ces cas sont encore minoritaires et la pratique se poursuit dans la majeure partie du pays, par tradition, mais aussi parce que la majorité des hommes ne se lassent pas des femmes fortes. C’est ce critère esthétique qui a amené les femmes a développé ce que Kadidia Aoudou Sibibé appelle l’« auto-gavage ». « Certaines femmes prennent des médicaments utilisés pour le développement de la masse corporelle des animaux. Avec cela, elles ne grossissent pas , mais gonflent véritablement. Elles en prennent pour plaire, mais aussi pour ne pas être soupçonnées d’avoir le sida, car c’est ce que l’on dit en voyant une femme trop mince », explique la présidente de l’AMSOPT.

Un phénomène que connaît aussi la partie de la Mauritanie qui fait frontière avec le Sénégal. « Ce sont surtout les Noirs qui utilisent ces produits chimiques. Des Sénégalaises laoubés en vendent dans le marché du cinquième arrondissement de Nouakchott pour une somme dérisoire : 100 ouguiyas (0,33 euros) », explique Kals. Une pratique très dangereuse qui laisse cette question en suspens : jusqu’où une femme est-elle prête à aller pour plaire à un homme ?

Cet article a été réalisé lors du Forum des communicateurs traditionnels d’Afrique de l’Ouest sur les violences faites aux femmes au nom de la tradition qui s’est déroulé à Ouagadougou (Burkina Faso) du 27 septembre au 3 octobre derniers

Source : http://www.afrik.com/article7688.html
Mis en ligne le 05/10/04

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Vendredi 8 octobre 2004 5 08 10 2004 00:00

Le Nobel de la paix attribué à Wangari Maathai

En décembre 2002, Wangari Maathai, âgée de 64 ans, a été élue au Parlement kényan en tant que membre des Verts lors des premières élections libres du pays depuis des décennies.
Le prix Nobel de la paix 2004 a été attribué, vendredi 8 octobre, à la militante écologiste kényane Wangari Maathai, première femme africaine à recevoir la récompense plus que centenaire, a annoncé le comité Nobel norvégien.

"Le comité Nobel norvégien a décidé d'attribuer le prix Nobel de la paix 2004 à Wangari Maathai pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix", a fait valoir le comité Nobel dans ses attendus. En ajoutant, "Wangari Maathai sera la première femme africaine à être honorée par le prix Nobel de la paix. Elle sera également la première personnalité africaine de la vaste région comprise entre l'Afrique du Sud et l'Egypte à recevoir le prix. Elle représente un exemple et une source d'inspiration pour tous ceux qui en Afrique luttent pour le développement durable, la démocratie et la paix".

Mme Maathai a affirmé vendredi que la défense de l'environnement et la promotion de la paix étaient étroitement liées. La cause écologique "est un aspect important de la paix parce que, lorsque les ressources se raréfient, nous nous battons pour nous les approprier", a-t-elle déclaré à la radio-télévision publique norvégienne NRK. "Nous plantons les graines de la paix, maintenant et pour le futur", a-t-elle ajouté.

"ELLE PENSE AU NIVEAU MONDIAL ET AGIT AU NIVEAU LOCAL"

Emprisonnée, harcelée et calomniée par le régime autoritaire de Daniel arap Moi (président de 1978 à 2002), Wangari Maathai, a fondé en 1977 le Mouvement de la ceinture verte (Green Belt Movement), principal projet de plantation d'arbres en Afrique qui vise à promouvoir la biodiversité, tout en créant des emplois pour les femmes et en valorisant leur image dans la société.

Grâce à son action contre la déforestation, facteur de sécheresse et de pauvreté pour les populations locales, plus de 30 millions d'arbres ont été plantés au Kenya et des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup de femmes, travaillent dans les pépinières du mouvement. Mais, malgré ses efforts, le problème demeure aigu : les forêts recouvrent aujourd'hui 1,7 % de la superficie totale de son pays alors que l'Onu recommande un minimum de 10 %.

"Son approche holistique du développement durable embrasse la démocratie, les droits de l'Homme en général et les droits des femmes en particulier", a souligné le comité Nobel. "Elle pense au niveau mondial et agit sur le plan local", a-t-il ajouté.

En décembre 2002, Wangari Maathai, âgée de 64 ans, a été élue au Parlement kényan en tant que membre des Verts lors des premières élections libres du pays depuis des décennies. En janvier 2003, elle a été nommée ministre adjointe à l'environnement, aux ressources naturelles et à la faune sauvage. Elle a reçu récemment des mains du président Mwai Kibaki le titre honorifique d' "Elder of the Burning Spear" (Sage à la lance brûlante) pour services rendus à la nation.

Dans son communiqué, le comité norvégien précise que "grâce à l'éducation, le planning familial, la nutrition et la lutte anti-corruption, le Mouvement de la ceinture verte a ouvert la voie au développement par la base. Nous pensons que (Wangari) Maathai est une voie forte parlant au nom des meilleures forces en Afrique pour la promotion de la paix et des conditions de vie décentes sur ce continent".

Le prix - une médaille d'or, un diplôme et un chèque de 1,1 million d'euros - lui sera remis en mains propres le 10 décembre, jour anniversaire de la mort de son fondateur, l'inventeur suédois de la dynamite et philanthrope Alfred Nobel. L'an dernier, le prix avait déjà consacré la première femme musulmane de son histoire, en revenant à la militante iranienne des droits de l'Homme Shirin Ebadi.

Lemonde.fr, avec AFP

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3210,36-382176,0.html
Mis en ligne le 08/10/04

Par Misfit - Publié dans : Féminisme
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Lundi 11 octobre 2004 1 11 10 2004 17:00

La reconnaissance des agressions dont sont victimes les femmes comme violence sociale, et non plus comme actes individuels déviants, est une condition de la prévention.

Appeler la violence sexiste par son nom

Par Laurence ROSSIGNOL


Dans les agressions racistes, antisémites ou homophobes, la première justice qui est rendue aux victimes et au groupe auquel elles appartiennent consiste à nommer ce qu'elles ont subi et à désigner ainsi, au-delà d'elles-mêmes, la dimension collective de l'acte.

En caractérisant, par un nom qui lui est propre, un acte de violence, nous édictons une règle morale qui exprime les valeurs communes et partagées d'une société. Ainsi se trace la frontière entre les actes qui relèvent de comportements individuels déviants et ceux qui portent atteinte aux fondements moraux de la société humaine que nous formons. Ainsi se partagent les violences entre celles qui ressortent de la chronique des cours d'assises et celles qui méritent indignation collective et incrimination pénale spécifique.

De ce point de vue, dans un contexte global de multiplication des violences, celles infligées aux femmes ont bien des difficultés à conquérir le droit d'être nommées et identifiées pour ce qu'elles sont : des violences sexistes. L'actualité a pourtant été cruelle et édifiante au cours des derniers mois. Assassinats de jeunes femmes ayant croisé la route d'un serial killer, meurtres par leur conjoint ou leur ex-conjoint d'une quarantaine de femmes au cours de l'été ! Ni le nombre, ni la répétition n'ont suffi à susciter une compréhension de la somme de ces faits divers comme une atteinte à la bonne santé de notre société.

Quand le tueur en série Michel Fourniret déclare : «Je me levais le matin et je partais à la chasse aux vierges», on en déduit qu'il s'agit d'un dangereux psychopathe. Imaginons la même phrase dans laquelle on remplacerait vierge par Arabe, juif ou pédé, la conclusion serait-elle la même ?

Il est troublant de constater la différence d'approche entre les violences racistes, antisémites ou homophobes d'une part et les violences sexistes d'autre part. Pour les premières, l'attention se porte sur les victimes, le sens qu'il faut donner à ce qu'elles ont subi et la solidarité collective qu'il faut exprimer à elles ou à leurs pairs. C'est la victime, la cible de l'agression, qui est le révélateur de la dynamique sociale de l'acte.

Dans les violences contre des femmes, celles qui sont suffisamment cruelles et graves pour qu'on en parle, c'est, a contrario, l'assassin qui est objet de curiosité. On observe sa petite enfance, sa mère (!), on évoque sa passagère fragilité psychologique. Ce qui est mis en évidence, ce n'est pas la dynamique sociale de l'acte, car elle est ignorée, mais les motivations profondes et les actions du tueur.

Quand il s'agit d'un tueur en série, la somme des horreurs découvertes sur son compte est presque rassurante : il s'agit d'un monstre, une anomalie de l'humanité. Ses actes nous interrogent sur les mystères de la folie mais ne s'inscrivent que dans l'étude et le traitement des comportements individuels déviants.

Lorsqu'un ancien rugbyman assassine sa compagne, on connaît son taux d'alcoolémie, on sait tout de son comportement avant, pendant et après le meurtre et on rappelle même le nombre de ses sélections en équipe de France. Mais de la victime, on cite juste le prénom. Elle ne sort pas de son anonymat.

La persistance de la notion de crime passionnel, malgré son parfum très XIXe siècle, mérite d'être évoquée. Elle constitue une preuve supplémentaire du refus de nommer la violence sexiste. Le crime passionnel est sémantiquement asexué mais les victimes en sont des femmes. Les principales motivations des hommes coupables sont le refus de la rupture et la jalousie, c'est-à-dire l'exercice du droit de propriété sur leur femme. Les principales motivations des femmes coupables sont la légitime défense et la protection des enfants face à un mari violent ou incestueux. Bien que ces statistiques soient connues, le crime passionnel conserve toujours sa place dans l'imagerie d'Epinal des faits divers et contribue à cantonner de nombreux meurtres de femmes dans la sphère privée des relations interpersonnelles.

A la différence de l'antisémitisme, du racisme ou de l'homophobie, la violence sexiste n'est jamais située sur le terrain de l'atteinte aux valeurs républicaines et des idéologies à combattre. Les victimes ne sont jamais identifiées comme étant la cible d'une violence sociale mais sont renvoyées à leur propre relation avec l'auteur des violences ou à la provocation de leur présence au mauvais endroit au mauvais moment. Ce qu'elles ont vécu ne concerne qu'elles-mêmes mais ne porte pas atteinte à la sécurité collective. Jamais les violences contre les femmes ne sont expliquées comme une conséquence de la domination masculine. Jamais il n'est dit que cette domination n'est pas plus acceptable que les autres formes de domination ou de discrimination.

Il ne s'agit pas d'opposer dans un esprit jaloux, racisme, antisémitisme ou homophobie et sexisme, mais de profiter des nouvelles prises de conscience pour les partager. L'enjeu de nommer la violence sexiste n'est pas qu'idéologique, c'est la condition de la prévention. Les victimes en ont besoin pour se libérer de la culpabilité et de l'isolement qui les exposent à la répétition des violences jusqu'à la mort. Comme sur la route, il y a des vies à sauver ! Le nombre des tués sur la route a diminué lorsqu'on a substitué aux mots d'accidents de voiture, le concept de violence routière. Le changement de vocabulaire a été déterminant pour passer de la fatalité à la prévention. Accomplir une mutation équivalente en dénommant violences sexistes, les violences conjugales, les crimes passionnels et les meurtres en série serait un premier signe de notre détermination collective à les prévenir et à protéger celles qui en sont ou pourraient en être, un jour, victimes.

Laurence ROSSIGNOL responsable du Parti socialiste chargée des droits des femmes et vice-présidente de la région Picardie.

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=245107
Mis en ligne le 11/10/04

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