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PrÉSentation

  • : Lez/zone
  • : Lez Zone est un espace dédié à la culture et aux arts sapphiques, au féminisme. Vous y trouverez également quelques actualités. Poèmes illustrés, peinture, photographie, artistes invitées.
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Textes illustrés

Lucie Aubrac :

Résister 

Rose Ausländer :

Dans le rien

Découvrir un chant

La chambre m'abrite

Ne le sais

Quand je partirai

Tu es là encore

Anne Archet :
Convulsive

Union nucléaire

Nicole Barrière :

Femmes en parallèle

Marie Bataille :

Nuit

Le silence te creuse

Germaine Beaulieu :

Dans l'attente

Elle s'interroge

Il n'y a plus de sens

Rien du noir

Tu tiens bon le désir

Jannick Belleau :

Adios Amiga

Jovette-Alice Bernier :

C'est alors que l'on sait

J'abdique tout

Louky Bersianik :

La Splendeur

Le testament de la folle alliée

Le visage

Maladie d'amour

Huguette Bertrand :

Alpamayo

Blondes nuits ensoleillées

Enchevêtré aux impossibles

Je ne suis que le vent

J'ai cette gourmandise

Les visages du temps

Quand le cri du corps

Sous la caresse des mots

Sur la pointe des doigts

Sur l'écran brûlant...

Claudine Bohi :

L'humilité...

France Bonneau :

Si j'étais immigrante

Nicole Brossard :

Aujourd'hui je sais

Ma continent

Ne touchons pas...

Sa surface

Sous la langue

Françoise Bujold :

Quand la perdrix...

Mélanie Cantin :

Innocent amour

Diane Cardinal :

Je m'assois sur ton nombril

Je m'infiltre sous ta peau

Tu murmures

Patrizia Cavalli :

De moi...

Natalie Clifford Barney :

Etre libre

Anne Collignon :

Ils étaient cinq

Cristie Cyane :

Laisse-toi aller

On veut pas d'ça ici !

Polaroïd

Rainbow

Un baiser sur ses seins

Louise Cotnoir :

Il faudrait le poème

Le sexe marqué...

Maison à louer

Christine Davi :

Elle dit non

Lucie Delarue-Mardrus :
Baiser 
L'étreinte marine
Refus

Si tu viens

Denise Desautels :

Les chuchotements et la caresse 
L'espoir ?

Tout ce bleu

Une histoire de beauté

Chahdortt Djavann :

L'Iran d'aujourd'hui

Hélène Dorion :

Tu avances une main...

Tu viendras...

J'adviens...

Emily Dickinson :

Douter de Moi !

Elle s'éleva...

Il a Sanglé ma vie

Il s'exerce sur votre Ame

Pour Toi

Eve Ensler :

Le clitoris...

Mon vagin, mon village

Procès en sorcellerie

Rosanna Fiocchetto :

La fureur...

Jacqueline Francoeur :

Sérénité

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Cathy Garcia :

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Claire Gérard :

Sensualité

Benoîte Groult :

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Patricia Guenot :

Abolir la spirale...

Avenir Féminin

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Colette Haddad :

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Anne Hébert :

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Nuit

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Savoir - plutôt que penser

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Le corps subversif

Luci-Louve Mathieu :
Femme

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Lettres

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Désir obscur...

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Nudité

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2 mai 2006 2 02 /05 /mai /2006 06:55

RÉALISATIONS


La littérature


L’auteure trentenaire d’un livre paru aux éditions gaies et lesbiennes (Aurore Dorval, La louve, 1999) dit avoir éprouvé son premier choc littéraire à la lecture des… Femmes damnées de Baudelaire ! Ainsi une adolescente lesbienne des années 80 a eu le même premier contact avec l’évocation écrite de ses amours qu’une adolescente lesbienne des années 60, à savoir un auteur masculin du XIXe siècle ! Qu’en est-il d’une adolescente lesbienne des années 2000 ? A-t-elle à son programme de français des auteures contemporaines qui parlent d’elle ? non, bien sûr (10). Pendant combien de temps encore l’adolescente lesbienne qui se cherche dans les livres sera-t-elle renvoyée à Baudelaire ou, pire, à Montherlant par son professeur de français (anecdote authentique) !?

Quoi qu’il en soit, elle peut maintenant trouver facilement des livres dont elle est l’héroïne, édités soit par les maisons d’édition lesbiennes (huit francophones (11)), soit par les maisons d’édition straight qui ont entamé, depuis 1995 environ, un léger flirt avec le lectorat lesbien – notamment dans le domaine du policier. Mais il faut encore avoir de la chance et de bons yeux pour les dénicher quand on n’y connaît rien puisque les librairies straight n’ont pas de rayon femmes ni de rayon lesbiens (et gais) dignes de ce nom.


Heureusement, il existe maintenant sept librairies spécialisées (12) (qui vendent également accessoires et DVD). Certaines proposent aussi un espace de mini-restauration, ce qui fait d’elles des lieux de rencontres, voire de réunion, occasions de visibilité lesbienne pour les lesbiennes. Certaines de ces librairies possèdent leur site internet où l’on peut acheter en ligne. Enfin, celles qui cherchent des livres anciens ou épuisés peuvent s’adresser à la librairie par correspondance Les Amazones, tenue par Chantal Bigot, l’érudition faite libraire et dont le catalogue est un modèle du genre (13).


Par ailleurs, certaines associations se spécialisent dans la diffusion d’œuvres littéraires et théoriques lesbiennes. À Toulouse, par exemple, Folles saisons (2001) propose tous les jeudis une bibliothèque de prêt « à thématique homosexuelle ». Enfin, de nombreux sites lesbiens (14) permettent de se tenir au courant des dernières parutions.



Les associations et groupes


Avant la décennie 1990, une lesbienne française des années 70 et 80 disposait pour rencontrer d’autres lesbiennes soit – si elle était féministe – des lieux du mouvement des femmes, soit – si elle ne l’était pas – de quelques rares bars et boîtes, mixtes le plus souvent (et ça n’a guère changé). À partir des années 1990, les associations, relayées par Lesbia Magazine, ont élargi l’horizon lesbien, contribuant, à donner aux lesbiennes françaises force et légitimité ainsi que l’opportunité d’œuvrer collectivement en tant que citoyennes comme en tant que lesbiennes, tout en se socialisant « lesbien », en découvrant/construisant leur culture et en se constituant un réseau de connaissances et d’amies. (Comme le dit l’humoriste Shelly Roberts dans ses Roberts’ Rules of Lesbian Living : « Votre gynéco n’a pas à être lesbienne. Mais ça aide. Votre avocate n’a pas à être lesbienne. Mais ça aide. Votre amante, cependant, doit être lesbienne. C’est obligatoire. » – Aïe ! Pardon Fannie, chère bie de mon cœur…)
Selon les associations, l’accent est mis sur la convivialité (repas, balades, fêtes, loisirs, sports), la culture et l’expression lesbiennes (débats, cinéma, vidéo, littérature, théâtre, musique, photos, arts plastiques), ou les actions à caractère politique ou identitaire (actions contre la lesbophobie, le racisme, la misogynie, l’extrême droite, pour la visibilité, la solidarité avec les femmes agressées, lesbiennes ou non, participation à la Marche mondiale des femmes, à la journée internationale contre l’homophobie, à la commémoration de la journée de la déportation – la liste n’est pas exhaustive). Une mention spéciale au CEL (Marseille) qui assure depuis cinq ans une écoute téléphonique en direction des lesbiennes, initiative unique en France, et a produit un travail conséquent sur le thème de la santé lesbienne.

 
Certaines associations diffusent le journal de leurs activités auprès de leurs adhérentes et des autres associations : Clap Info (Cineffable, association organisatrice du festival Quand les lesbiennes se font du cinéma, Paris) – Lesbroufe ( Les Voies d’Elles, Grenoble) – La Lune (La Lune, Strasbourg) – Contes de fées (Femmes entre elles, Rennes). Certaines ont leur site ou sont hébergées (15) : les archives lesbiennes, Paris – Bagdam Espace lesbien, Toulouse – Le CEL, Marseille – Cineffable, Paris – CQFD/Fierté lesbienne, Paris – Lesbi-Art (réseau national) – Les Voies d’Elles, Grenoble – La Barbare, Montreuil, Les Bénines d’apie, Paris…


Par ailleurs, il existe un peu partout des groupes informels autour d’un projet, comme “ Le Placard brûle ” à Toulouse (BD lesbiennes – lolagouine@yahoo.fr) dont le caractère éphémère rend difficile le recensement.


Mais en 2006, un constat s’impose : la grande vague collective lesbienne en France issue de l’expérience féministe n’est plus. Depuis 1999, de nombreuses associations ont soit fermé leurs portes, soit restreint ou réorienté leurs activités. Ce qui a pour conséquences une raréfaction des lieux d’accueil et de socialisation pour les nouvelles arrivantes et la perte de la mémoire et de la transmission de la culture lesbienne – les lieux pérennes sont irremplaçables pour la transmission car ils permettent des échanges in vivo et au long cours, notamment intergénérationnels.


Les années 1990 ont été les années lesbiennes féministes, les années 2000 sont les années LGBT (lesbiennes, gays, bi, transsexuels) identitaires, avec l’apparition d’un vaste tissu associatif où la mixité relève de l’impératif catégorique. L’extraordinaire fécondité de la non-mixité rendue possible par le mouvement des femmes, antidote de la misogynie et outil magnifique pour construire, entre autres, le genre lesbien, ne fait pas partie de l’histoire, de la mémoire, de la vie de la plupart des lesbiennes, militantes ou non, des nouvelles générations. Beaucoup viennent de l’expérience gay identitaire, de la lutte contre le sida, de la mouvance queer. Voilà qui est bien plus valorisant, médiatisé et branché que le féminisme ou le lesbianisme politique. Femme et lesbienne are not beautiful… Le grand mouvement actuel où elles peuvent se socialiser est le mouvement LGBT, dominé qu’on le veuille ou non par des problématiques, des valeurs, des jeux, des intérêts masculins : Gay is dominant. Le préprogramme des universités d’été euroméditerranéennes des homosexualités 2005 à Marseille est révélateur à cet égard : sont prévus, entre autres, un « cycle visibilité lesbienne », un «cycle visibilité trans », un « cycle malentendantEs » ; point de « cycle gay » et pour cause : Gay is dominant et il a ses minorités… Le concept de lesbophobie a bien du mal à s’imposer (16), « l’épithète qualificatif lesbienne a même disparu, désormais réduit à cette initiale, à cette seule et muette majuscule : L. Soit le 1/4 de portion du fameux sigle fédératif (pour fédérer quoi au juste ?) et abusivement consensuel » (17). Les lesbiennes ou « l’éternel retour… à l’invisibilité » (18).


Les lesbiennes de la génération MLF se sont noyées/invisibilisées un temps dans les problématiques hétérosexuelles (contraception-avortement…), les lesbiennes inscrites dans le mouvement identitaire ou dans « le tous-genres » ne se noient-elles pas dans des problématiques qui ne sont pas les leurs ? À elles de voir. À chacune son roman d’apprentissage. Quoi qu’il en soit, saluons la combativité des militant/e/s LGBT qui sont sur tous les fronts : culturel avec l’organisation de festivals de films un peu partout en France, politique avec le bras de fer qui les oppose au pouvoir actuel sur l’égalité des droits, et des actions/réactions nationales comme la campagne pour faire annuler la tournée de concerts, prévue en juin 2005, d’une star homophobe du reggae, Capleton. Tout ce travail ne peut qu’avoir – du moins momentanément – des retombées positives sur le rapport de forces hétéro/homo.


Les associations « d’intérêt général »


Les lesbiennes francophones ont la chance d’avoir depuis 1988 un festival international de films de réalisatrices non mixte, le premier du genre dans le monde (19) : « Quand les lesbiennes se font du cinéma » est organisé à Paris entièrement bénévolement par l’association Cineffable. 1 700 festivalières, 7 000 entrées, 58 films de 19 pays, 23 réalisatrices présentes, l’édition 2004, la 16e, a reçu pour la première fois une subvention de la mairie de Paris (15 000 euros). L’édition 2005 (du 28 octobre au 1er novembre) a offert comme toujours – outre les projections – débats, exposition des plasticiennes, informations venues de partout, stands, fête, et la très précieuse cafétéria. Cineffable organise également « tous les ans et ce depuis neuf ans, à l’occasion de la Fierté lesbienne, bi, trans & gaie, son Best Of Mixte (le BOM) ouvert à tout public. Le BOM n’est pas seulement une occasion de voir ou revoir avec ses ami-es des productions lesbiennes rares, c’est aussi une démarche de visibilité. »


CQFD/Fierté lesbienne, créée en 1997, organise tous les ans les manifestations de la Fierté lesbienne, au mois de juin à Paris, à l’occasion de la marche des fiertés LGBT. Se sont ainsi succédé au fil des années : forum des associations, cinéma, concert, espace artiste, débats, projection vidéo, grande fête, char des lesbiennes... En 2005, la banderole Fierté lesbienne était comme toujours dans la marche du 25 juin à Paris et CQFD donnait rendez-vous aux lesbiennes et à leurs amies pour une très grande fête. « Venir à la fête, c’est aussi un acte militant de solidarité : depuis plusieurs années, CQFD/Fierté lesbienne s’investit contre la lesbophobie par le soutien financier (grâce aux entrées de la fête) des actions en justice contre les violences lesbophobes. À ce jour, cinq procès ont pu être financés, à raison de 1 000 euros par procès (prise en charge des frais d’avocate) et nous avons la capacité d’en financer beaucoup plus grâce aux excédents de la fête annuelle. »


Le troisième volet des activités de CQFD/Fierté lesbienne est la mise en place d’un réseau lesbien européen. La première rencontre a eu lieu à Marseille le 28 mai 2005 à l’occasion de la rencontre européenne de la marche mondiale des femmes.


Bagdam Espace lesbien, créée en 1988 sous le nom de Bagdam Cafée, poursuit depuis la fermeture du café, le 1er janvier 1999, sa vocation de lieu culturel et politique de visibilité lesbienne non mixte. Outre ses activités régionales (rencontres-débats, programmation de films, cycle d’études « À l’école des lesbiennes »), Bagdam organise depuis 2000 un colloque bisannuel international d’études lesbiennes qui réunit à Toulouse des chercheuses et militantes du monde entier dans et hors institution. La publication des actes du colloque dans sa revue Espace lesbien assure la diffusion de la pensée lesbienne, « pour être sûres de ne pas laisser sans mémoire notre passé, sans paroles notre présent, sans références notre futur ». Le prochain et 5e colloque se tiendra du 14 au 17 avril 2006. Son thème : Tout sur l’amour.


Lesbi-Art (l’art des lesbiennes, les lesbiennes de l’art), créé en 2003, est un réseau d’artistes et de créatrices lesbiennes. Ce projet est aujourd’hui en cours de réalisation en partenariat avec la Coordination lesbienne en France. Son objectif est double : politique (assurer une meilleure visibilité lesbienne) et pratique. Le réseau regroupe artistes, techniciennes du spectacle, organisatrices de manifestations, lieux de diffusion, théoriciennes et chercheuses…, et toutes celles qui souhaitent s’investir dans les différents domaines culturels dans une perspective féministe. « En résumé, Lesbi-Art est une plate-forme de compétences pour renforcer notre efficacité et notre visibilité, tant sur le plan artistique que politique. De tels réseaux sont actifs depuis longtemps à l’étranger. »


La Coordination lesbienne en France (CLF) (20), union d’une vingtaine d’associations et de lesbiennes individuelles, créée en 1997, œuvre pour la visibilité des lesbiennes à la fois dans les mouvements LGBT en étant présente dans les marches des fiertés et à l’inter-LGBT et dans le mouvement féministe avec la Marche mondiale des femmes ou les organisations féministes nationales. L’une des premières actions de la Coordination fut de demander et d’obtenir une entrevue avec Geneviève Fraisse, alors déléguée interministérielle aux droits des femmes (mars 1998) : « Une coordination lesbienne nationale reçue – donc reconnue – dans les murs du pouvoir de la République d’un des pays les plus machistes d’Europe ! Impensable il y a quelques années ! [ ... ] En nous recevant, cette République s’engage officiellement sur le chemin de la reconnaissance de notre double citoyenneté de femmes et lesbiennes » (Nicole Sirejean, membre de la délégation). Depuis, la Coordination est régulièrement sollicitée par les instances politiques de droite comme de gauche : dernier trimestre 2004 : audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale à propos du projet de loi pour pénaliser les propos discriminatoires sexistes et homophobes ; audition par le groupe Droits des femmes de l’Assemblée nationale sur le même sujet ; séance de travail avec le groupe parlementaire du parti communiste toujours sur le même sujet. La CLF est intervenue aux FSE de Florence (nov. 2002) et de Paris (nov. 2003). En chantier actuellement, entre autres : l’élaboration d’une loi cadre contre les violences faites aux femmes pour y faire inscrire la lesbophobie (travail dans le cadre d’une commission du Collectif national pour les droits des femmes), la réalisation d’une brochure d’information sur les lesbiennes avec Anne Hidalgo de la mairie de Paris, la construction d’un réseau lesbien international (prise en charge par l’association CQFD), l’élaboration d’une liste d’ouvrages concernant les lesbiennes à l’intention des bibliothèques et médiathèques de France. Toutes ces actions et bien d’autres sont portées par une poignée de valeureuses qui courent de réunions en manifestations, poursuivies par des montagnes de mails ! Par ailleurs, après deux ans d’interruption, la rencontre de printemps de la CLF – réunissant 200 à 300 lesbiennes, aura lieu de nouveau en 2007 pour ses 10 années d’existence. En projet pour 2007 : un festival lesbien et féministe en partenariat avec le réseau Lesbi-Art.


Commerce et militantisme


À partir du milieu des années 90, un certain nombre d’entreprises commerciales voient le jour, je pense par exemple à Diabolo, SARL de diffusion par correspondance de livres, de vidéo et de CD. La motivation de Delphine Tyr, sa créatrice (elle n’avait pas trente ans), était de « défricher une terre vierge pour aider à la promotion de la culture lesbienne (car il n’y a pas de culture sans réseau de diffusion de cette culture) ». Créée en 1994, Diabolo a fermé ses portes en 2002, un vrai dommage pour les lesbiennes francophones : Delphine Tyr était sans doute la meilleure spécialiste de littérature lesbienne contemporaine. Partie vers d’autres activités, elle nous laisse, sous le titre Diablesses, un catalogue quasi exhaustif de tous les ouvrages lesbiens disponibles jusqu’en 1999.


En général, on peut dire que la plupart des activités commerciales en direction des lesbiennes ont peu ou prou un caractère militant. Il faut rendre hommage ici à Marian Lens, créatrice, de la librairie Artémys (1985-2001) à Bruxelles, qui fut la plus importante librairie lesbienne francophone d’Europe. Ses motivations : « Créer un groupe de pression lesbien, désir de changer le monde avec des valeurs lesbiennes. Promouvoir tout ce qui est réalisé par des lesbiennes et des femmes (indépendantes, non soumises à la classe des hommes). Créer une librairie qui soit un lieu de diffusion, de créations et d’échanges d’idées, dans une volonté de changement de société. »


Je n’étonnerai personne en disant que Marian Lens ne vivait pas de la vente des livres ; elle s’en tirait – chichement – grâce à la carterie, secteur qu’elle avait si bien développé qu’Artémys était devenue l’une des carteries les plus importantes de Belgique. Quant à Delphine Tyr, elle tirait carrément le diable par la queue. En France, comme en Belgique, les services et commerces en direction d’une clientèle lesbienne sont héroïques : trop de lesbiennes ne pensent pas lesbien, donc ne dépensent pas lesbien. Ce qui, souvent, entraîne la mort des entreprises, et de toute façon freine leur expansion et l’ambition de leurs créatrices. Il faut une exceptionnelle pugnacité pour maintenir son rêve. Geneviève Pastre a cette pugnacité. Créée en 1989, sa maison d’édition propose ses titres sur internet depuis 1999 (21). Un grand bravo également à Corinne D[.ndlr]– cofondatrice de Atprod (1989), cocréatrice, entre autres, avec Nadia E[.ndlr], du dykeGuide lesbien (22), du Réseau lesbien, service de rencontre du dykeGuide, et de la dyke boutique – qui fut la première à créer un site internet (français) réservé aux lesbiennes (1997), lequel est aujourd’hui un véritable point de rencontres et d’information. « Mon bilan est très positif. […] J’ai l’impression, sans avoir eu pour objectif de militer, d’avoir apporté des choses à la communauté lesbienne, non seulement la possibilité de se rencontrer (ce qui n’est encore aujourd’hui pas toujours simple) mais aussi la possibilité de connaître les lieux lesbiens qui leur sont destinés. Le dykeGuide permet en outre aux lieux et associations de se faire connaître. Il a donc une vraie vocation militante. De plus, toute initiative de ma part pour agrandir l’activité de mon entreprise est un acte militant dans le sens où j’ai à traiter avec des fournisseurs parfois pas franchement "gay-friendly" et que je le fais la tête haute. La seule ombre au tableau est la difficulté de faire du commercial dans et pour le milieu lesbien. Peu d’entreprises survivent, les lesbiennes semblent réclamer et vouloir tout un tas d’articles ou produits qui leur soient destinés, mais ne semblent pas avoir une réelle démarche de "consommons lesbien" ! Il devient donc extrêmement difficile de maintenir les entreprises purement lesbiennes, le "marché" lesbien se retrouve bien souvent être une branche du marché gay, tenu par des gays ! Malheureusement, trop souvent la qualité n’est pas au rendez-vous, d’abord parce que les hommes d’affaires gays ne se sont jamais véritablement intéressés au marché lesbien et ensuite parce qu’ils ne le connaissent pas. » (23)


La presse


Depuis 2003, la doyenne Lesbia Magazine (fondée en 1982 !) n’est plus le seul journal en direction des lesbiennes francophones, qui peuvent désormais trouver en kiosque et dans certaines librairies spécialisées de l’hexagone, de Belgique et de Suisse trois nouveaux titres bimestriels (dont les ours sont mixtes mais où la présence lesbienne est plutôt paritaire) : La Dixième Muse, « le mag’ des filles qui aiment les filles »; Oxydo magazine, « culture art société tribus » ; Love Pirates, « magazine d’expression et de culture lesbienne, trans et gay » (parution suspendue depuis juin 2005) – et comme toujours, selon l’idéologie plus ou moins progressiste des kiosquaires, on les trouve soit dans le rayon porno, soit dans le rayon presse spécialisée femme ou homme… Mentionnons enfin Têtu, « le magazine des gays et des lesbiennes » où l’existence lesbienne occupe un strapontin et qui a commis la maladresse – au bas mot – d’intenter un procès (qu’il a perdu) à la sociologue Marie-Hélène Bourcier qui avait dénoncé l’hégémonie de la presse gay au détriment des lesbiennes dans une interview accordée au magazine suisse 360°. Ceci dit, on trouve dans Têtu, notamment dans l’agenda, informations et articles qui sont toujours bons à lire.


Le cinéma


« L’explosion de la production d’images lesbiennes a eu lieu dans les années 90 dans les pays anglo-saxons, avec une écrasante prédominance des productions américaines. Pourquoi ? Parce que ce sont là-bas des lesbiennes qui financent les films lesbiens, des lesbiennes qui filment les lesbiennes, des lesbiennes qui éditent les vidéos lesbiennes et des lesbiennes qui diffusent le tout… » (Delphine Tyr).
Le fonds francophone ou traduit est beaucoup plus maigre, la production annuelle beaucoup moins importante que dans le domaine de l’écrit. De plus, la plupart des films lesbiens ne sont projetés nulle part, faute de distributeurs. La visibilité des images lesbiennes est donc fort réduite en France. De 1995 à 1999, les Françaises qui n’avaient pas la possibilité de se rendre au festival Quand les lesbiennes se font du cinéma pouvaient voir en salle un long métrage de fiction par an réalisé par une lesbienne : 1995, Go Fish, Rose Troche, USA - 1996, When night is falling, Patricia Rozema, Canada - 1997, L’incroyable histoire vraie de deux filles amoureuses, Maria Maggenti, USA - 1998, Fire, Deepa Mehta, Canada - 1999, High Art, Lisa Cholodenko, USA. Depuis le début des années 2000, il semble que les distributeurs français qui diffusaient en salle des longs métrages de fiction réalisés par des lesbiennes se font encore plus rares, ce qui a pour conséquence que nous n’avons plus « notre » film par an. Le relais est maintenant pris par les DVD, ce qui permet aux associations d’organiser des projections soit dans leurs locaux, soit en partenariat avec des salles de cinéma de leur ville (c’est le cas, par exemple, des associations La Luna loca et Bagdam Espace lesbien, à Toulouse). Ainsi avons-nous pu voir Chutney Popcorn (Nisha Ganatra, USA, 1999), Better than Chocolate (Anne Wheeler, USA, 1999), Sex Révélations (If These Walls Could Talk, Jane Anderson, Martha Coolidge, Anne Heche, USA, 2000). La multiplication des festivals de films LGBT un peu partout en France permet également de voir des images et problématiques lesbiennes, même si parfois les lesbiennes restent sur leur faim, réduites qu’elles sont au fameux « L quart de portion » évoqué plus haut.


Toujours du côté de la production d’images, regrettons la disparition de la TGTL (Très Grande Télévision lesbienne – 1995-2001), association de quelques passionnées de vidéo et qui produisaient, réalisaient et diffusaient des documentaires, et chaque semestre le journal vidéo des actualités lesbiennes, nationales et internationales. Leurs archives sont un trésor de mémoire lesbienne.


La chanson


En France, pas de chanteuses lesbiennes « officielles » déplaçant des milliers de fans comme le fit KD Lang aux États-Unis… Peu d’auteures-compositrices-interprètes lesbiennes françaises chantent lesbien : le jeu consiste donc à glaner ça et là quelques chansons plus ou moins explicites au répertoire des Belladonna 9 ch, Véronique Pestel, Catherine Fontaine, Juliette, les Femmouze T. Pour des raisons qui leur appartiennent, Mouron et Zaniboni ne chantent pas leurs amours. Quant à Catherine Lara, elle ne chante plus lesbien depuis longtemps... Seule Anne Demortain, apparue en 1996, chantait 100 % lesbien. Mais elle a pris d’autres chemins depuis. Connaissez-vous Sphinx de nuit, de la regrettée Colette Magny ? Une merveille…

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commentaires

A
Je ne peux pas expliquer ce qu'il s'est passé entre 99 et 2002, car je n'ai pas les chiffres en main. Mais c'est intéressant de constater que le PS a fait des projets de lois en fin des années 90/début 2000 qui ont été votés et appliqués par l'UMP en 2002. On ne peut donc que constater la continuité entre ces deux gouvernements.
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A
"Mais en 2006, un constat s’impose : la grande vague collective lesbienne en France issue de l’expérience féministe n’est plus. Depuis 1999, de nombreuses associations ont soit fermé leurs portes, soit restreint ou réorienté leurs activités."<br /> <br /> N'est-ce pas dû à un certain gouvernement passé au pouvoir en 2002, et qui a réduit drastiquement les subventions aux association, poussant ainsi nombre d'entre elles (et pas seulement les association lesbiennes, d'ailleurs) à mettre la clé sous la porte ? Les associations sont souvent porteuses de progrès social (pas toutes cependant, par exemple les association masculinistes ne le sont pas). En coupant les subventions aux associations, le gouvernement coupe les moyens de défense des personnes. Il peut alors manoeuvrer plus facilement sans avoir à craindre de levées de bouclier.<br /> <br /> On peut aussi rappeler que les prudhom ont leur subventions réduites aussi. Lorsqu'on sait que les prudhom sont le recours des salarié-es exploité-es et sont garants de la défense du code du travail, on comprend alors mieux la démarche globale du gouvernement. <br /> On peut aussi ranger dans la même démarche abjecte la destruction programmée par le gouvernement des radios associatives au profit des radios commerciales ( http://radiosendanger.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=21&Itemid=47 )... Nous sommes sous un gouvernement qui multiplie ses offensives à l'encontre de tout ce qui est progressiste (et donc aussi contre les assos lesbiennes).
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