Texte Libre
La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les sujets qui me tiennent à coeur.
Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.
Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.
Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette artiste.
Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante : sappho4444@hotmail.com
Les actus de Têtu :
La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.
Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus être le relai qu'il était.
A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)
Un gros plan de la main en arrêt sur
une rive provisoire : un vague continent
pourrait se mettre à bouger, articuler,
dériver. On interprèterait ce rapprochement
légitime : une fausse note
(un enfantillage quand on touche, et qu’il
ne faut pas ; une femme suce son pouce gauche,
et il ne faut pas ; elle s’absente dans un geste
désert qui lui fait perdre le sens de la rive ;
elle est de marbre blanc, réduite à l’état
de lignes et de formes, portrait de femme
à la main, sans attente hors d’atteinte
et il ne faut pas),
*
Ce qui entraînerait la rupture ; ce qui,
subitement, détruirait l’équilibre
(je ne suis là pour personne ni pour
moi-même, dépaysée, un peu floue dans l’oubli
d’un corps que l’inertie de la main tient
éloigné de l’irruption ou de la répétition
de la chute. Moment essentiel où je ne suis
que surface étonnante, odorante, sans
rien en moi qui résiste à l’aplanissement
de la figure vertigineuse de ces lieux
dans lesquels il m’arrive si souvent d’être piégée
parce qu’une
*
simple vague sur le vernis de la surface,
un effleurement un peu gauche, et
le seul mot qui me vient
est le mot : déchirure.
[…]

Denise Desautels, Mémoires parallèles, choix de poèmes, choix et présentation de Paul Chamberland, Éditions du Noroît, 2004, p. 80
Photographie : Doug Beasley





