Texte Libre
La seule ambition de ce blog est de partager mon intérêt pour tous les sujets qui me tiennent à coeur.
Vous pourrez y trouver des articles de fond et de référence sur le lesbianisme, l'homosexualité et le féminisme, ainsi que quelques articles récents sur l'actualité LGBT.
Certaines rubriques sont consacrées aux arts sapphiques, qu'il s'agisse de peinture, de photographie, de littérature ou de poésie; cependant je présenterai également les oeuvres d'artistes qui n'ont pas de rapport avec cette thématique mais dont j'apprécie le talent.
Les albums qui sont dédiés à une artiste en particulier seront créés avec l'autorisation et la collaboration de cette artiste.
Je vous invite à me faire part de vos suggestions ou commentaires à l'adresse suivante : sappho4444@hotmail.com
Les actus de Têtu :
La seule ambition de ce blog était de faire circuler l'information, de créer du lien, sans but lucratif, ou autre. Cela ne peut cependant se faire sans l'accord des diverses parties.
Je ne suis pas aujourd'hui en mesure d'écrire à chaque auteur pour lui demander une permission de reproduction et les contentieux de copyright sont devenus trop réguliers pour pouvoir être gérables. Dans le respect de cette éthique des auteures féministes précédemment publiées et qui souhaitent préserver l'intégrité de leurs écrits ou de leurs sites internet, ce blog ne peut plus être le relai qu'il était.
A voir plus tard quelle forme aura dorénavant ce blog. ;-)
L'étreinte marine
Une voix sous-marine enfle l'inflexion
De ta bouche et la mer est glauque tout entière
De rouler ta chair pâle en son remous profond.
Et la queue enroulée à ta stature altière
Fait rouer sa splendeur au ciel plein de couchant,
Et, parmi les varechs où tu fais ta litière,
Moi qui passe le long des eaux, j'ouïs ton chant
Toujours, et, sans te voir jamais, je te suppose
Dans ton hybride grâce et ton geste alléchant.
Je sais l'eau qui ruisselle à ta nudité rose,
Visqueuse et te salant journellement ta chair
Où une flore étrange et vivante est éclose ;
Tes dix doigts dont chacun pèse du chaton clair
Que vint y incruster l'algue ou le coquillage
Et ta tête coiffée au hasard de la mer;
La blanche bave dont bouillonne ton sillage,
L'astérie à ton front et tes flancs gras d'oursins
Et la perle que prit ton oreille au passage;
Et comment est plaquée en rond entre tes seins
La méduse ou le poulpe aux grêles tentacules,
Et tes colliers d'écume humides et succincts.
Je te sais, ô sirène occulte qui circules
Dans le flux et le relux que hante mon loisir
Triste et grave, les soirs, parmi les crépuscules,
Jumelle de mon âme austère et sans plaisir,
Sirène de ma mer natale et quotidienne,
O sirène de mon perpétuel désir !
O chevelure ! Ô hanche enflée avec la mienne,
Seins arrondis avec mes seins au va-et-vient
De la mer, ô fards clairs, ô toi, chair neustrienne !
Quand pourrais-je sentir ton cœur contre le mien
Battre sous ta poitrine humide de marée
Et fermer mon manteau lourd sur ton corps païen,
Pour t'avoir nue ainsi qu'une aiguille effarée
A moi, dans le frisson mouillé des goëmons,
Et posséder enfin ta bouche désirée ?
Ou quel soir, descendue en silence des monts
Et des forêts vers toi, dans tes bras maritimes
Viendras-tu m'emporter pour, d'avals en amonts,
Balancer notre étreinte au remous des abîmes ?...
La sirène du poème est une amante idéalisée.
Poème de Lucie Delarue-Mardrus
Encre et pastel sur papier de Marie-Lydie Joffre





